contact : dreyband@hotmail.com

DREY "Crowd drawings"
(Antimatière – 4 titres)
Ce EP 4 titres débute par un "planche à voile" impressionnant. Boucle de basse en avant, insistante, répétitive avec ce qu'il faut de groove pour inviter à la danse ; la guitare est discrète, tendance jazzy, posant quelques notes pour relever la boucle tandis que la batterie soutient le swing finement, relançant la machine après ces breaks typiques du post-rock. Le mot est lâché. Si la démarche rappelle leurs prédécesseurs de Chicago, Shellac pour la basse ou Tortoise pour la guitare, l'entrée en matière reste tout à fait convaincante. Sur la suite, plus introspective, vient s'ajouter une voix monocorde… l'ambiance devient plus pesante, puis se tend. La musique de Rey raconte son histoire, avec peu de mots ; les ambiances s'enchaînent avec son intrigue et ses rebondissements, ses monologues sombres et ses crimes passionnés. "Eight Wheels" travaille la tension, plus brute. Un très bon début vient se perdre dans une recherche plus atmosphérique, dans laquelle la tension reste omniprésente. Le dernier titre confirme le talent de ce trio strasbourgeois, et son penchant pour une noise sombre et maladive qui n'hésite pas à s'aérer, prendre son temps, inventer ou exploser dans de bruyants dérapages. On regrettera juste un sérieux trop présent et que le chant ne sorte jamais de son registre monocorde, ce qui risquerait, sur la longueur d'un album, de devenir ennuyeux. En attendant, ce "Crowd Drawings" réussi son pari en proposant, au travers de quatre titres homogènes au son maîtrisé, une musique sombre et intense qui s'écoute comme on regarde un bon film noir. Jolie découverte.
[mg]

>> Voir aussi : Shellac, Tortoise, Deity Guns

 

contact : theapolloprogram@doityourself.com

THE APOLLO PROGRAM "s/t"
(autoproduction – 4 titres)
Derrière sa belle pochette argentée, ce programme Apollo, parmi lequel on retrouve un ex-Bimbo, nous propose une jolie croisière dans l'espace émotionnel. Guitares claires, voix sur le fil, pluies de météorites explosives, depuis quelque temps, les ingrédients proposés par ce groupe de Caen n'ont plus rien de novateurs (surtout depuis que les Allemands sont passés par là), et pourtant, ce programme Apollo a de quoi retenir notre attention. Car, au moment où le terme "emo" ne veut véritablement plus rien dire, cette démo s'inscrit dans une logique de disques post-hardcore, tendus et émotifs, dans lesquels le mal-être et la rage ont autant leur place que l'accalmie et la douceur. Si les quatre titres restent classiques, ils ne tombent pas pour autant dans les excès typiques de ce style. Le groupe arrive même à pondre quelques petites mélodies qui font d'un refrain qu'il rentre à vie dans la tête de l'auditeur (comme sur "Karoshi" qui finit parfaitement le CD et qu'on aurait bien vu sur le premier disque de Robocop Kraus). Du coup, ce premier essai, malgré un son pas toujours très puissant, donne bien envie de voir le groupe passer à l'étape supérieure, et remettre un peu d'ordre dans cette scène française embryonnaire.
[mg]

>> Voir aussi : Robocop Kraus, Loisirs, Soave, Maggat, Myra Lee…

 

contact : www.partyculsystem.fr.st

SUPERSOFT [14-18] / ANDY'S CAR CRASH "twin powers"
(Partycul System / Some produkt – 4 titres)
Voici donc les premiers jumeaux de la nouvelle série Twin Powers que lance le label Partycul System. Après un début particulièrement free et déstabilisant, nous sommes heureux de retrouver la mélancolie de Supersoft [14-18], projet aléatoire réunissant entre autres des membres de Rroselicœur et de TV La Sun Or, et responsable d'un très beau premier mini chez Partycul System. Après un premier titre totalement free donc, le groupe nous offre deux morceaux exquis, construisant les ambiances comme un court-métrage angoissant. Si l'éclaircie ne daigne jamais apparaître, l'auditeur n'est jamais laissé à l'abandon et on s'étonne de s'acclimater particulièrement bien à cette musique pourtant si déprimante. Les compositions s'étendent sans jamais se redire, tissant une toile sombre mais belle. Et ce n'est pas l'apparition du chant féminin de Miss Moon sur "Valley Del Sor" qui nous fera oublier cette sensation de solitude mélancolique. Bien au contraire. Supersoft [14-18] continue de nous émouvoir, sans se répéter, nous ne pouvons que les féliciter.
Jumeau pour l'occasion, Andy's Car Crash couche, à son tour, sur disque, une longue "composition d'improvisations successives", comme ils le disent. Et là, quelle surprise. Je n'avais pas un souvenir impérissable de leur album sorti chez Pandemonium, mais la prestation que le groupe propose ici m'a complètement convaincu ! Des boucles de piano introductives aux samples de dialogues, tout est parfaitement orchestré. Un équilibre idéal qui place ce "schistes" comme meilleure production du groupe. Andy's Car Crash se place dorénavant plus près d'un Philippe Glass bidouilleur que d'un Autechre indomptable. Malheureusement, si le disque est indispensable, le groupe a décidé depuis d'arrêter ses activités… Et devient une référence à titre, malheureusement, posthume.
[mg]

 

contact : www.sallyforthrecords.com

THE SPIRIT THAT GUIDES US "the sand, the barrier"
(sally forth rds – 11 titres)
Une pochette sobre et réussie, un début à la Slint ma foi fort attirant… tout me laisse présager un bon album (sorti, certes, il y a quelques temps, excusez-nous encore). C'était sans compter la voix, qui, si on peut s'y faire sur la longueur, surprend d'abord par son approche particulièrement new-wave des choses. Peu importe, une fois cette originalité surmontée, vous pouvez entrer dans ce disque tout à fait convenable. Écoutez par exemple le son clair de la guitare (Tape from ooty, The Sand, the Barrier ou Agnès par exemple), le monsieur devrait me donner ses réglages ! Alors, c'est vrai que cet album possède son lot de rock/new-wave à la limite du raisonnable, mais ce n'est pas une raison pour oublier toutes les qualités qui existent dans cet album ! Les guitares sont particulièrement réussies, la seconde voix hurlée, même si elle devient souvent répétitive, montre une approche plus extrême qu'il n'y paraît, et même le chant principal peut arriver à flirter avec un indie-rock tout à fait appréciable. Au final, les instrumentaux le prouvent, "the sand, the barrier" est un bon album tendance emo-machin-chose dont le chant risque juste d'en surprendre quelques uns…
[mg]

 

contact : nervous.breakdown@ifrance.com

NERVOUS BREAKDOWN "on the moon again…"
(up & down – 7 titres)
Un début poppy, un son imposant et joliment produit, malgré son nom, ce groupe n'est pas du style à vous prendre à revers en vous agressant le tympan. L'approche est même très, voire trop, college rock. Pas d'accrocs, belles mélodies, grosses disto bien ronde pour les refrains, jolie voix (parfois, on pense à une version pop du chanteur d'Epileptic)… Pas de surprise donc. On navigue en pleine power pop parfaitement adaptée aux majors et aux radios. Les cartes sont posées. À partir du moment où vous acceptez le jeu, ce CD possède tout ce qu'il faut pour ravir l'auditeur. Les compos sont joliment ficelées, parfaitement exécutées, il y a ce qu'il faut d'énergie, pas de soubresaut, bref, le groupe est prêt à partir à la conquête du grand public. Et comme pour Nada Surf ou The Cure qu'ils citent, cela n'empêche pas certains spécialistes d'apprécier (ils citent aussi Sonic Youth, mais, là, je ne vois pas le rapport avec leur musique). De la power pop, de la vraie, idéale pour les radios qui ne veulent pas surprendre leurs auditeurs, tout en leur faisant écouter autre chose.
[mg]

>> Voir aussi : Epileptic (du début)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
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