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DREY
"Crowd drawings"
(Antimatière 4 titres)
Ce EP 4 titres débute par un "planche à voile"
impressionnant. Boucle de basse en avant, insistante, répétitive
avec ce qu'il faut de groove pour inviter à la danse ; la guitare
est discrète, tendance jazzy, posant quelques notes pour relever
la boucle tandis que la batterie soutient le swing finement, relançant
la machine après ces breaks typiques du post-rock. Le mot est lâché.
Si la démarche rappelle leurs prédécesseurs de Chicago,
Shellac pour la basse ou Tortoise pour la guitare, l'entrée en
matière reste tout à fait convaincante. Sur la suite, plus
introspective, vient s'ajouter une voix monocorde
l'ambiance devient
plus pesante, puis se tend. La musique de Rey raconte son histoire, avec
peu de mots ; les ambiances s'enchaînent avec son intrigue et ses
rebondissements, ses monologues sombres et ses crimes passionnés.
"Eight Wheels" travaille la tension, plus brute. Un très
bon début vient se perdre dans une recherche plus atmosphérique,
dans laquelle la tension reste omniprésente. Le dernier titre confirme
le talent de ce trio strasbourgeois, et son penchant pour une noise sombre
et maladive qui n'hésite pas à s'aérer, prendre son
temps, inventer ou exploser dans de bruyants dérapages. On regrettera
juste un sérieux trop présent et que le chant ne sorte jamais
de son registre monocorde, ce qui risquerait, sur la longueur d'un album,
de devenir ennuyeux. En attendant, ce "Crowd Drawings" réussi
son pari en proposant, au travers de quatre titres homogènes au
son maîtrisé, une musique sombre et intense qui s'écoute
comme on regarde un bon film noir. Jolie découverte.
[mg]
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Voir aussi : Shellac, Tortoise, Deity Guns
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THE
APOLLO PROGRAM "s/t"
(autoproduction 4 titres)
Derrière sa belle pochette argentée, ce programme Apollo,
parmi lequel on retrouve un ex-Bimbo, nous propose une jolie croisière
dans l'espace émotionnel. Guitares claires, voix sur le fil, pluies
de météorites explosives, depuis quelque temps, les ingrédients
proposés par ce groupe de Caen n'ont plus rien de novateurs (surtout
depuis que les Allemands sont passés par là), et pourtant,
ce programme Apollo a de quoi retenir notre attention. Car, au moment
où le terme "emo" ne veut véritablement plus rien
dire, cette démo s'inscrit dans une logique de disques post-hardcore,
tendus et émotifs, dans lesquels le mal-être et la rage ont
autant leur place que l'accalmie et la douceur. Si les quatre titres restent
classiques, ils ne tombent pas pour autant dans les excès typiques
de ce style. Le groupe arrive même à pondre quelques petites
mélodies qui font d'un refrain qu'il rentre à vie dans la
tête de l'auditeur (comme sur "Karoshi" qui finit parfaitement
le CD et qu'on aurait bien vu sur le premier disque de Robocop Kraus).
Du coup, ce premier essai, malgré un son pas toujours très
puissant, donne bien envie de voir le groupe passer à l'étape
supérieure, et remettre un peu d'ordre dans cette scène
française embryonnaire.
[mg]
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Voir aussi : Robocop Kraus, Loisirs, Soave, Maggat, Myra Lee
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SUPERSOFT
[14-18] / ANDY'S CAR CRASH "twin powers"
(Partycul System / Some produkt 4 titres)
Voici donc les premiers jumeaux de la nouvelle série Twin Powers
que lance le label Partycul System. Après un début particulièrement
free et déstabilisant, nous sommes heureux de retrouver la mélancolie
de Supersoft [14-18], projet aléatoire réunissant entre
autres des membres de Rroselicur et de TV La Sun Or, et responsable
d'un très beau premier mini chez Partycul System. Après
un premier titre totalement free donc, le groupe nous offre deux morceaux
exquis, construisant les ambiances comme un court-métrage angoissant.
Si l'éclaircie ne daigne jamais apparaître, l'auditeur n'est
jamais laissé à l'abandon et on s'étonne de s'acclimater
particulièrement bien à cette musique pourtant si déprimante.
Les compositions s'étendent sans jamais se redire, tissant une
toile sombre mais belle. Et ce n'est pas l'apparition du chant féminin
de Miss Moon sur "Valley Del Sor" qui nous fera oublier cette
sensation de solitude mélancolique. Bien au contraire. Supersoft
[14-18] continue de nous émouvoir, sans se répéter,
nous ne pouvons que les féliciter.
Jumeau pour l'occasion, Andy's Car Crash couche, à son tour, sur
disque, une longue "composition d'improvisations successives",
comme ils le disent. Et là, quelle surprise. Je n'avais pas un
souvenir impérissable de leur album sorti chez Pandemonium, mais
la prestation que le groupe propose ici m'a complètement convaincu
! Des boucles de piano introductives aux samples de dialogues, tout est
parfaitement orchestré. Un équilibre idéal qui place
ce "schistes" comme meilleure production du groupe. Andy's Car
Crash se place dorénavant plus près d'un Philippe Glass
bidouilleur que d'un Autechre indomptable. Malheureusement, si le disque
est indispensable, le groupe a décidé depuis d'arrêter
ses activités
Et devient une référence à
titre, malheureusement, posthume.
[mg]
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THE
SPIRIT THAT GUIDES US "the sand, the barrier"
(sally forth rds 11 titres)
Une pochette sobre et réussie, un début à la Slint
ma foi fort attirant
tout me laisse présager un bon album
(sorti, certes, il y a quelques temps, excusez-nous encore). C'était
sans compter la voix, qui, si on peut s'y faire sur la longueur, surprend
d'abord par son approche particulièrement new-wave des choses.
Peu importe, une fois cette originalité surmontée, vous
pouvez entrer dans ce disque tout à fait convenable. Écoutez
par exemple le son clair de la guitare (Tape from ooty, The Sand, the
Barrier ou Agnès par exemple), le monsieur devrait me donner ses
réglages ! Alors, c'est vrai que cet album possède son lot
de rock/new-wave à la limite du raisonnable, mais ce n'est pas
une raison pour oublier toutes les qualités qui existent dans cet
album ! Les guitares sont particulièrement réussies, la
seconde voix hurlée, même si elle devient souvent répétitive,
montre une approche plus extrême qu'il n'y paraît, et même
le chant principal peut arriver à flirter avec un indie-rock tout
à fait appréciable. Au final, les instrumentaux le prouvent,
"the sand, the barrier" est un bon album tendance emo-machin-chose
dont le chant risque juste d'en surprendre quelques uns
[mg]
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NERVOUS
BREAKDOWN "on the moon again
"
(up & down 7 titres)
Un début poppy, un son imposant et joliment produit, malgré
son nom, ce groupe n'est pas du style à vous prendre à revers
en vous agressant le tympan. L'approche est même très, voire
trop, college rock. Pas d'accrocs, belles mélodies, grosses disto
bien ronde pour les refrains, jolie voix (parfois, on pense à une
version pop du chanteur d'Epileptic)
Pas de surprise donc. On navigue
en pleine power pop parfaitement adaptée aux majors et aux radios.
Les cartes sont posées. À partir du moment où vous
acceptez le jeu, ce CD possède tout ce qu'il faut pour ravir l'auditeur.
Les compos sont joliment ficelées, parfaitement exécutées,
il y a ce qu'il faut d'énergie, pas de soubresaut, bref, le groupe
est prêt à partir à la conquête du grand public.
Et comme pour Nada Surf ou The Cure qu'ils citent, cela n'empêche
pas certains spécialistes d'apprécier (ils citent aussi
Sonic Youth, mais, là, je ne vois pas le rapport avec leur musique).
De la power pop, de la vraie, idéale pour les radios qui ne veulent
pas surprendre leurs auditeurs, tout en leur faisant écouter autre
chose.
[mg]
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Voir aussi : Epileptic (du début)
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