contact : www.freedimension.cz

WAAWE "all fabulous things turn out to happen"
(Free dimension / noiseworks – 11 titres)
Depuis que j'ai découvert ce groupe de Tabor, République Tchèque, je me pose toujours la même question : comment se fait-il que Waawe reste dans l'anonymat le plus désespérant dans notre pays ? Parti d'une noise quasi-slintienne en 1994, évoluant petit à petit vers des subtilités proche de la dernière vague des groupes Dischord ("Timestorm was the Signal"), pour arriver aujourd'hui à un album riche de toutes ses années d'expérience, Waawe a toujours sorti des productions de très haute qualité. Serait-ce son origine tchèque qui l'empêche de percer ici ? Peu importe, depuis le temps, le groupe sait à quoi s'en tenir. Et cela ne les empêche pas de sortir, une nouvelle fois, un album incroyablement touchant. On retrouve toujours cette noise maîtrisée, ce rock oblique digne des grandes formations, mais le groupe refuse de tourner en rond. Chaque production se veut être une nouvelle aventure. Sur "All fabulous things…", les Tchèque accentuent leur aspect pop et leurs recherches psychédéliques ou jazzy, sans pour autant tomber dans l'expérience élitiste et inaccessible. Waawe reste un groupe noise, mais le groupe sait s'ouvrir à d'autres influences, rendant sa musique plus riche et plus touchante. La démarche nous rappelle les heures de gloire du label Prohibited, ou certaines productions Dischord. Waawe imagine la rencontre de Fugazi et de Pink Floyd ? Impossible à décrire sans perdre une dimension, cet album est un bijou à la limite du faux, une pierre précieuse que ces défauts rendent magnifique. Un album à vous mettre la chaire de poule, tout silmplement.
[mg]

>> Voir aussi : June of 44 (dernière époque), Fugazi (dernière époque), Soeza, Smart Went Crazy

 

SHIPPING NEWS "three-four"
(Quarterstick – 14 titres)
À l'origine, Shipping News se lance dans le projet original de sortir trois 45t, un par membre, sur lesquels chacun des musiciens composerait ses propres titres sans l'aide des autres. Les trois 45t, sortis aux Etats-Unis en édition limitée, étant épuisés, le groupe décide de les réunir sur un CD et de continuer l'expérience en ajoutant pour l'occasion quelques nouveaux titres, toujours sur le même concept de la composition solo. Vous l'aurez compris, "Three-Four" n'est pas vraiment un nouvel album de Shipping News. Et, comme souvent dans ce genre de cas, les membres séparés ne composent pas d'aussi bonnes chansons qu'en commun. Ici, c'est plutôt notre curiosité qui nous incite à décortiquer ce disque. Car ce genre d'exercice permet de percevoir un peu plus la sensibilité de chaque membre, sans le masque du groupe. Au final, les recherches des trois garçons ne sont pas si éloignées… Ces 14 titres permettent surtout à leur créateurs de se lâcher un peu, d'expérimenter de nouvelles choses. Et, à ce jeu, c'est Jason Noble qui offre le plus de morceaux, souvent longs et répétitifs, mais diversifiés et originaux. Malheureusement, j'en attendais plus de lui et, en général, ses titres ont tendance à se perdre. Reste tout de même de bons titres comme l'excellent et plus classique "the Architect in Hell", l'electro-pop quelque peu monotone de "Paper Lantern" et le touchant "Non-Volant" qui laisse ressortir la sensibilité de ce membre des Rachel's. Tout aussi surprenant, Jeff Mueller déçoit lui aussi. Quand on connaît son passé (Rodan, June of 44), on peut s'attendre à mieux. L'homme semble s'attacher à la ballade lymphatique quelque peu ennuyeuse. On retrouve tout de même "diamond lined star…" qui laisse présager d'une excellente chanson et l'instrumental de clôture, "Everglade" qui fonctionne bien). En réalité, c'est sans doute le batteur qui s'en sort le mieux avec des titres plus bruts, plus simples, et obligatoirement mieux rythmés ("Haunted on foot", "Cock-a-doodle-doo", "Wax Museum"). On pouvait s'y attendre, ce disque n'est pas exceptionnel, malgré trois ou quatre excellents titres, mais reste indispensable pour tous les fans du groupe qui toucheront ici un petit secret de fabrication assez craquant.
[mg]

>> Voir aussi : Shipping News, June Of 44

 

BLUEBOB - David LYNCH and John NEFF
(Soulitude Records - 12titres)

C'est bien connu, David Lynch, grand maître du septième art, n'a jamais négligé l'aspect sonore de ses films. A 56 ans, il sort enfin son premier album de la fumée de ses rêves bruts et abstraits. Bluebob est le fruit d'une amitié entre le réalisateur américain et John Neff (ex-Argentina Turner). C'est aussi la rencontre d'un heavy blues pénétrant, d'un factory (comprenez industriel) rock froid et d'influences surf. Le résultat ne provoque pas d'énormes étincelles mais il nous plonge dans des ambiances aux mécanismes implacables où les riffs, affûtés, lourds, voilés et altiers sont légion. La guitare comme matière première, on regrettera néanmoins le choix d'une boîte à rythmes parfois naive et peu chaleureuse (un comble quand on joue du blues). Boulonné par un chant sans grand relief, la mécanique de précision du duo s'étale sur de (trop?) longs morceaux qui ne manquent pas d'un charme troublant mais elle privilégie l'aspect technique à la musicalité même des titres. L'intérêt de ce 12 titres réside, pour moi, dans l'univers sombre et attachant que Lynch s'évertue à peindre sur toîle depuis des décennies. Beaucoup de morceaux me rappellent de belles heures perdues là au pied des Twin Peaks ou sur les chemins sinueux et oniriques de Mulholland Drive. Avec cet album, David Lynch ajoute une touche de plus à son immense palette artistique et confirme tout son talent pour nous plonger dans les méandres de son imagination. Partez à la découverte… (merci à C.Buyse)
[chRisA]

>> Voir aussi : Twin Peaks, Mulholland Drive

 

contact : www.laudanum.fr.st

LAUDANUM "remixed"
(monopsone Ð 9 titres)
Après avoir sorti un premier album, "system:on", encensé par la chronique, Landanum, alias Matthieu Mallon, revient avec sa version remixée. Cependant, afin d'éviter toute ambiguïté opportuniste qu'engendre ce genre de projet, le disque ne sort qu'en version promotionnelle, mais reste disponible uniquement à l'adresse du label pour ceux qui désireraient se le procurer. Que donne cette relecture ? L'album de départ étant déjà particulièrement réussi, l'exercice déjà peu évident n'en est que plus difficile. Le résultat, assez homogène, s'en sort agréablement, même si l'original se veut plus intéressant. Comme souvent avec les remix, les différents artistes choisissent unanimement l'aspect électronique, voire synthétique, quand Laudanum arrivait à mélanger plus subtilement les écoles. Peu importe. Les titres restent toujours entraînants, les idées de base étant suffisamment fortes pour être sauvegardées. Fc*k offre un "afternoon" très proche de l'esprit Laudanum, peut-être même plus que le titre original, plus electronic ! Les londoniens de Saloon apportent une touche très bubblegum au déjà très réussi "Russian Moon" donnant à ce titre et son chant majestueux de faux airs de tube radio. L'allemand Teamforest donne son approche très electronica ambient à "FBW", mais le remix manque un peu de force. Tracy flick se rapproche trop du dancefloor à mon goût. Margo oublie l'aspect pop de "honest" pour enfoncer le titre dans son aspect sombre, tendance electronica, mais du coup en perd le charisme. Wash'O'Matic garde l'aspect presque big beat de "words and ideas" avec moins d'inspiration. Jérôme Minière reprend à son tour "honest", d'une manière plus classique, mais toujours en dessous de l'original. Elt.act déstructure à souhait "words and ideas" avec une version relevée qui s'en sort bien, même si on reste dans le classique. Enfin, Objectile offre une jolie version trip-hop de "symphony for the things…", aussi réussi que l'original. Pour les amateurs de ce genre d'exercices, d'autres essais sont disponibles sur le site de Laudanum.
[mg]

>> Voir aussi : laudanum et tous les artistes participants

 

 

 

 

OVERMARS/DONEFOR "In the arms of octopus"
(split 10 titres)
Ces deux jeunes groupes viennent de Lyon et ont apparemment des membres en commun. Overmars nous sert en trois titres un slow dark metal hurlé avec la présence d'un clavier. Leur musique, parfois brouillonne, s'enlise rapidement dans des ambiances répétitives et schizophrènes. La trame de leur toîle a des mailles trop larges pour qu'on en retienne quelque chose de vraiment intéressant. Donefor fait un peu plus dans le light même si leur hardcore metal est tout aussi agressif. Malgré un bon titre ('lost in the fall of a movement') aux accents woodwardiens, le groupe arrive difficilement à rendre chaque morceau excitant. Un split qui coule plus qu'il ne flotte de par ses atmosphères oppressives et suffocantes.
[chRisA]

 

 

>> Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions à :
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Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
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