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ASIAN
DUB FOUNDATION "enemy of the enemy"
(Labels 12 titres)
Derrière leurs faux airs de gang indien, la fondation du dub asiatique
fait tout de même, après trois albums imposants, figure de
principal acteur de la scène indo-pakistanaise anglaise. Il faut
dire que leur mélange de ragga, de dub, d'electro, de revendications
contestataires, d'influences indiennes, et d'énergie punk avait
de quoi séduire. Loin des dérapages écurants
des diverses formations dites "fusions", Asian Dub Foundation
a toujours réussi à concocter une musique plus pointue,
qui, tout en restant dansante et accessible, possédait le charisme
des grands groupes. Ce nouvel album se devait, après quelques changements
de personnels (dont, malheureusement, les chanteurs), confirmer tout cela.
Et "Enemy of the enemy" possède tous les ingrédients
pour grossir les rangs de leurs fans. La grosse artillerie est de sortie.
C'en est d'ailleurs déstabilisant. On sent la recherche du tube
à tout prix. Pourquoi pas ? Mais avec son côté rap
plus prononcé, ce nouvel album réussit le pari sans pourtant
vraiment convaincre. Dès le début "Fortress Europe"
lance l'assaut avec guitares saturées et refrains accrocheurs.
On penserait presque à Chumbawamba ! Ça manque un peu de
finesse, mais le tube est là. Dès le troisième titre,
les mauvais garçons offrent leur vision musicale du film La Haine.
Pas inintéressant, mais c'est surtout l'arrivée de "1000
Mirrors" qui sème le trouble. Superbe morceau dub dont la
voix de Sinéad O' Connor, invitée pour l'occasion, ne fait
qu'accentuer la ressemblance avec Massive Attack. Et sur ce coup-là,
ADF prend la place des maîtres, dont le nouvel album "100th
Window" a déçu (la rhétorique est là
aussi très proche. Clin d'il ou provocation ?). La suite
marque moins. "2 Face" s'enfonce clairement dans le rap. C'est
avec "Power to the small massive" que le groupe revient à
ce qu'on connaissait de lui, mais il manque quelque chose. Même
constat pour "Dhol Rinse". Cyberabad relance la machine avec
une mélodie indienne plus colorée, et un chant rythmé.
L'occasion de parler de leur pays d'origine et de casser certaines idées
reçues. Dommage que le titre traîne en longueur. Enfin, le
groupe clôture l'album avec un "Enemy of the Enemy" qui
rappelle certains problèmes liés au 11 septembre, et notamment
la parano qui transforme tout étranger, d'autant plus s'il porte
un turban, en dangereux terroriste. Morceaux à tendance electro
qui, malgré un refrain bien accrocheur, laisse le cardiogramme
un peu plat. Verdict final : deux ou trois gros tubes qui devraient convaincre
le public, mais un album qui manque un peu de force par rapport à
ce qu'on attendait.
[mg]
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Voir aussi : Chumbawamba, Public Enemy, Massive Attack
>>
à offrir à George W. Bush !
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HELLO
GOODBYE "Heart Attack"
(14 titres Racing Junior)
L'Europe du Nord est décidément séduite par les 60's.
Il est vrai qu'à cette époque, elle avait produit, déjà,
de très bons groupes. Le trio suédo-norvégien d'Hello
Goodbye a choisi l'option d'un garage-punk direct et sauvage ponctué
de petits morceaux calmes aux ambiances désertiques. Hello Goodbye
sont résolument minimalistes : une guitare, une batterie, trois
accords, des rythmes binaires et un petit son reverb leur suffisent pour
exprimer ce qu'ils ont à nous dire. Et c'est bien là leur
atout majeur. La simplicité de leurs compositions et de leurs paroles
laisse exploser leur énergie et les voix. Tout d'abord celle de
Liza Lundkvist, surprenante de sauvagerie et de folie. Une voix enfantine
haut perchée et imprévisible. Liza joue de sa voix avec
humour et sait aussi se montrer fragile, fragilité poussée
à la limite du faux. Les quelques interventions de Frod Fivel viennent
calmer le jeu. Sa voix douce et mélancolique se prête bien
aux guitares presque folk. L'ambiance est alors plus proche du Velvet
Underground (Summer Warmth ; I don't let you go). Mais le féminin/masculin
n'oublie pas de se rencontrer, et je dois dire que le contraste est très
réussi. Bref, c'est un vent de liberté que nous souffle
Hello Goodbye, quelque chose de désinvolte et dénué
de tout complexe. Prenons-en de la graine ! Même si cela s'essouffle
un peu sur la toute fin, c'est un album très réussi, et
malgré quelques similitudes à peine perceptibles, Hello
Goodbye ont trouvé leur place dans courant qu'on pourrait croire
éculé.
[Sha]
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Voir aussi : The White Stripes, Velvet Underground, Bad Moon

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"que le vent souffle dans vos cheveux" (Seeds)
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AMANDA
WOODWARD "Ultramort"
(5 titres)
Déjà remarqué avec un excellent 10 pouces sur Stonehenge,
Amanda Woodward revient nous cracher dans les oreilles avec un beau 5
titres jaune cartonné. La patte des normands est là dans
ces textes désabusés quasi-nihilistes, ce chant aux remontées
existentialistes qui fait tout de suite monter l'adrénaline, dans
ces guitares mélodiquement limpides et furieuses. Chose surprenante
sur 'La perte' et 'L'air du temps', leur emo rock se teinte de reggae
dub qui, certes a le mérite de donner plus de couleurs à
la basse et à la batterie (au son pourtant moyen) mais atténue
aussi l'intensité de leur musique. Amanda propose toujours une
musique qui va droit au cur. Sincère, elle sait émouvoir
tout autant que ses jets d'amertume pure vous font serrer les dents et
les poings. C'est clair tout le monde ne vit pas dans l'insouciance indécente
de Melrose Place. Le seul conseil qu'on puisse donner maintenant à
Amanda c'est de passer moins de temps à se coiffer et à
se maquiller pour nous pondre un album digne de ce nom. 20 minutes, c'est
bien sûr trop court. A venir pour le groupe un trois titres sur
Waiting For An Angel...de quoi à peine sustenter mon féroce
appétit charnel.
[chRisA]
>>
Voir aussi: NineDaysWonder, Yage

>>
mon héroïne de série préférée
!!
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THE
FEUD "language is technology"
(9 titres Insidious Plot Audio)
Avec un premier titre comme ce "n'fite rug", on sait de suite
à qui on a affaire. Originaires de Chicago, The Feud renouent avec
les grands moments du math-rock, dans son sens le plus noble. Tout est
réuni dans ce titre : musique instrumentale, changement de parties
abracadabrantes, envolées magnifiquement post-rock, explosions
de guitares lourdes décomplexées, arpèges ahurissants,
et surtout, marque de fabrique du groupe, un groove monstrueux qui rend
chacun de leur titre plus dansants les uns que les autres. Ne vous y méprenez
pas, The Feud n'ont, contrairement à la plupart des formations
du style, rien d'ennuyeux. Soit le groupe vous retourne avec ses séduisantes
parties calmes, auxquelles il est impossible de résister, soit
le rythme s'emballe et le groove ne mettra pas longtemps à vous
ensorceler. Dans la démarche, on peut se souvenir de Golden, mais
The Feud sont plus subtils, plus doués et moins funky. Il y avait
bien Billy Mahonie, mais la musique de The Feud arrive à être
moins mentale, plus folle. Et je ne parle pas de Don Caballero tant The
Feud se détachent parfaitement de cette complexité assommante.
Un véritable succès qui, s'il demande une certaine attention
d'écoute et peut s'avérer lourd sur la longueur d'un album,
s'impose comme une des révélations du style. Pas un hasard
que leur premier album, "The Feud versus yr Universe" soit épuisé.
[mg]
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Voir aussi : Billy Mahonie, Golden, Trans Am, Paul Newman, Godspeed You
Black Emperor, Don Caballero

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Tous sur la piste de danse !
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.TAPE
"s/t"
(cd-r 13 titres)
Pour sa première sortie, le label Eglantine records frappe fort.
Dissimulé dans une apparente modestie (sortie cd-r), ce premier
disque n'a rien d'un essai. Daniel Romero, l'homme qui se cache derrière
.Tape, développe un univers superbement maîtrisé dans
lequel les rythmiques electronica dépouillées viennent chatouiller
les sonorités abstraites du post-rock. Une musique synthétique
aussi douce que ludique, un bain de mousse rempli de jouets pour enfants,
le tout dans une ambiance bel et bien bucolique. Le son ne souffre d'aucun
complexe, et les compositions, purement électroniques, s'échappent
parfois vers des formats quasi-contemporains. On pense principalement
à Tortoise, sans guitares ni batterie, ou à certaines productions
calmes du label WARP, mais je ne serais pas étonné qu'ils
citent aussi Brian Eno ou Matmos dans leurs références.
Bref, un album particulièrement réussi sur lequel Björk
n'aurait pas refusé de poser sa voix. Seul regret, en 2003, tous
les recoins de cette musique ont déjà été
explorés. Pas de nouveauté donc, mais un bien agréable
résultat particulièrement conseillé aux amateurs
du style.
[mg]
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Voir aussi : Tortoise, Matmos, Brian Eno, Boards of Canada
>>
all is full of love

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NED
"Le choc de l'astronomie populaire"
(sk rds 11 titres)
Avec ce disque, le trio lyonnais vient de prendre tout le monde à
revers, et moi le premier. Les précédentes productions de
NED proposaient une noise assez originale, mais il manquait toujours la
petite chose qui fait qu'on retient une chanson, et le tout était
souvent trop bordélique. NED était un bon groupe parmi d'autres,
sans plus. Mais avec ce " choc de l'astronomie populaire" enregistré
en Allemagne (Hambourg), que de changements ! Je ne sais pas si c'est
le son, l'expérience (le groupe existe depuis 1994) ou une soudaine
révélation christique, mais NED vient de passer dans le
grand bain. Leur noise continue d'innover et d'utiliser l'humour à
tout va, mais cette fois, le tout se fait avec une grande maîtrise
; du coup, chaque titre s'écoute avec bonheur, sans se perdre.
Basse/batterie solide, guitare farfelue, chant de plus en plus classe,
NED vient enfin de proposer un album digne de leur capacité (et
le son n'y est pas pour rien). Bref, c'est toujours hilarant, assez déglingué,
mais les fondations sont suffisamment solides pour tenir tout l'édifice.
Chapeaux bas.
[mg]
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Voir aussi : Sloy, Gordz, Badgewearer
>>
Allo, docteur ?

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BOTCH
"An Anthology of Dead Ends"
(6 titres - Hydra Head/Conspiracy)
En neuf années de service (mais surtout depuis l'incontournable
'We are the Romans'), les américains de Botch auront laissé,
de part leur talent et leur inventivité, une marque importante
dans l'histoire du hardcore metal. En perpétuelle évolution
et progression, le groupe arrive avec ces tous derniers morceaux à
frôler la perfection. Des titres comme 'Japam' et 'Framce' sont
de pépites qui brillent de mille idées. Puissants, ténébreux,
découpés au micron et d'une dynamique énorme, ces
morceaux se logent dans votre crâne comme un parpaing lâché
du troisième étage. En finesse, le jeu des guitares, comme
celui de la rythmique, dévore tout l'espace laissant peu de place
au chant furieux de Dave Verellen. Le choix comme logo du cowboy faisant
du rodéo est en parfaite adéquation avec les soubresauts
que vous endurerez. Même sanglé, le chaotique 'Micaragua',
l'acoustique 'Afghamistam' et l'électronique 'Framce' seront autant
de chocs qui vous désarçonneront. Ne faisant pas les choses
à moitié (même si ça reste un 6 titres), Botch
a enrichi ce cd d'une série de photos et d'une vidéo. Le
groupe nous promet prochainement la sortie d'un DVD témoignant
de leur dernier concert devant 1400 personnes au Showbox Theater de Seattle.
Quand on connaît la force de frappe visuelle qui caractérisait
chacun de leurs concerts titanesques, on peut d'ores et déjà
mettre une poignée d'euros de côté.
[chRisA]
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Voir aussi : Nostromo, Dillinger Escape Plan, Playing Enemy

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waouh !!
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ECHOBOY
"Giraffe"
(10 titres - Mute)
Pour être tout à fait franc, j'ai eu bien du mal à
reconnaître Echoboy à la première écoute. Il
faut dire que l'évolution depuis "Volume 2" a été
conséquente : notre homme a visiblement décidé de
s'ouvrir, de se livrer et de s'exprimer par le biais d'un média
un peu moins autiste. Finie donc cette électro-noise sombre, muette
et relativement froide des opus précédents. Désormais,
Echoboy chante! Oh, il n'en oublie pourtant pas ses premières amours
electros, qu'il utilise maintenant surout pour les rythmiques mais il
les fait évoluer pour tendre vers un mélange convaincant
de pop, d'électro et de new wave. Echoboy laisse donc pénétrer
des éléments plus 'faciles' et plus 'abordables' dans sa
musique : structures chanson, refrains pops accrocheurs, voix claire (et
parfois trop sage) que viennent pervertir bruitages électros ou
boucles de synthés. En fait, "Giraffe" nous montre un
echoboy qui se normalise certes mais de façon intelligente car
à part 1 ou 2 petites fautes de goût (le premier morceau,
le refrain de "Good on TV"), la mue est plus qu'intéressante
!
[sullivan]
>>
Voir aussi : Moby
>>
La prochaine tête de Turc d'Eminem ?
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[.MARKBäR]
"Synthetic Anthems"
(4 titres - autoproduction)
Le titre de ce mini annonce clairement la couleur! Vous n'êtes pas
prêts d'entrevoir la moindre trace humaine à l'écoute
de ces morceaux. Ces 4 titres sont autant de mélopées synthétiques
qui développent le plus souvent des thèmes planants. On
pourrait dire que la base de cette musique est un post-rock à la
Tortoise (avec qui Markbär partage le goût du dépouillement
et de la sobriété) poussé plus loin, presque à
l'extrême, couplé à des synthés un peu kitschs
et vieillots à la Vangélis ou à de jolies mélodies
de piano. Le résultat est d'abord surprenant et relaxant (ça
fait presque new age par moments) puis joli et convaincant grâce
au très beau "Zero area" dont le piano nous guide sur
une piste différente, piste que l'on aimerait d'ailleurs voir Markbär
emprunter plus souvent.
[sullivan]
>>
Voir aussi : Tortoise, Labradford, Vangélis
>>
séance de yoga pour tout le monde !
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SINCE
BY MAN "we sing the body electric"
(Revelation 11 titres)
Véritablement, Revelation est revenu aux guitares ! Finit les sensibleries
emo-pop. Since by Man seraient plutôt du genre énervés
prêts à vous sauter à la gorge. Le label parle très
pragmatiquement de "l'intensité de Converge, l'aspect dansant
de Swing Kids et la sensibilité mélodique de Milemarker",
rien que ça ! Et puisqu'ils aiment les références,
nous pourrions aussi parler d'At The Drive In, pour les passages plus
mélodiques, ou Botch pour une certaine approche de l'agressivité.
Pas de problèmes, après trois disques épuisés,
le groupe maîtrise son sujet. C'est très intense, sans doute
un peu trop à mon goût, mais le groupe sait aussi composer
de bons titres plus atmosphériques ("in threes"), qui
permettent sans doute le rapprochement à Milemarker. C'est ce que
je préfère. Le reste alterne passages violents, avec cette
approche très hargneuse, et emo. Heureusement, l'équilibre
est assez bien préservé. Un peu plus screamo ici, plus posé
là, voire presque dansant ici. L'ensemble fonctionne assez bien.
J'ai toujours beaucoup de mal avec cet aspect très metal typique
d'un groupe comme Botch (voix hurlée, grosse disto sur les guitares,
etc.), mais vu que cela se restreint à certains passages, et que
le groupe garde une bonne maîtrise de la mélodie, le disque
garde son intérêt. Chacun y trouvera ce qu'il vient chercher
; reste à savoir s'il ne s'enfuira pas en trouvant par moments
d'autres approches !
[mg]
>
> Voir aussi : Converge, Botch, Milemarker
>>
ça ne va pas plaire à ma maman !
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TINO
"Stalone"
(13 titres - autoproduction)
Tino propose une musique dans l'air du temps, croisement de divers éléments
plus ou moins in : rythmes trip- hop, électro, refrains accrocheurs,
structures pops et un peu de noisy-pop de temps en temps pour réveiller
l'auditeur. C'est bien fait, la qualité est là, on ne peut
pas le nier, mais Tino fait simplement des choix artistiques qui me laissent
froids. Et c'est vrai que j'ai du mal avec ce chant maniéré
qui se veut nonchalant...
[sullivan]
>>
Voir aussi : Miossec, Dominique A, Portishead pour les rythmiques

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y a quoi à la télé ce soir ?
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