site : www.fiftyfourfortyorfight.com

CAESURA "more specific less pacific"
(54°40' or fight! – 15 titres)
Encore inconnu en France il y a peu, le label 54°40' or Fight! semble s'attaquer à la France avec un catalogue particulièrement excitant, principalement orienté vers le math-rock, le post-rock ou l'indie-noise. Parmi les excellents groupes proposés par le label, Caesura nous rappelle le bonheur que peut engendrer une guitare saturée inventive dans des chansons bruyantes et émotives ! Après une longue étape marquée par le post-rock, de plus en plus de groupes semblent revenir vers une approche plus brute, et nettement plus rock. C'est sans doute le cas de Caesura, qui nous plonge dans les années 90, avec un bonheur non dissimulé. Le groupe utilise la finesse des bons groupes math-rock, voire post-rock dans tous les passages calmes, mais garde toujours une main sur le rock. Chaque chanson déverse son lot de tension maladive, d'énergie dépressive. La voix s'expose comme un Alex Dunham, à l'époque de Hoover, tandis que la guitare s'échappe dans des contrées plus noise. La basse apporte une touche plus groove tandis que la batterie ramène le tout à un rock nerveux et maniaque. "Enter Fluorescence" montre leur proximité avec un groupe comme Prohibition, principalement au niveau de la basse, mais l'énergie y reste bien plus dévergondée, à l'instar de Jesus Lizard. "Crashandelier" est une petite merveille qui rappelle autant le meilleur de Sonic Youth que celui de Hoover (l'influence me semble particulièrement visible pour n'être qu'une coïncidence). "Gesture" nous montre un aspect plus posé, joliment indie-pop, avec une musique tout de même très travaillée. Bref, si cet album peut s'avérer trop oppressant sur toute une longueur, il n'en reste pas moins une excellente découverte comme peu savent en faire depuis la fin des années 90. Bravo.
[mg]

>> Voir aussi : Hoover, Unwound, Crownhate Ruin, Roadside Monument, Prohibition, Jesus Lizard, Native Nod, The Lapse

 

>> 90's are back

 

site : www.dischord.com

EL GUAPO "fake french"
(Dischord – 12 titres)
Après un premier album, "super/system" qui était venu prendre à revers tous les amateurs du label Dischord avec une electro-pop 80's loin de ce que nous avait habitué le label, le trio d'El Guapo récidive avec ce second album tout aussi géantissime que le premier ! Reprenant la recette des meilleurs titres du précédent album, claviers eighties, mélodies pop, ambiances new-wave dansantes, et ce travail vocal sublime (qui tient à lui seul 80% de l'album), le groupe nous pond là un album digne de ce que nous pouvions attendre d'eux : tubesque et sublime ! Comment résister aux mélodies vocales de "Just Don't Know" (sans aucun doute l'un des tube de cet album) ou de "Space Tourist" ? Elles vous rentrent dans le crâne pour ne plus jamais vous quitter ! Un délice qui mélange simplicité pop et boucles avant-gardistes, principes électroniques allemands et fraîcheur américaine, dérision et recherche artistique. Mais attention, le groupe ne s'enferme pas dans un style unique, et peut s'évader en utilisant des sons d'accordéon ("I don't Care"), ou de guitares pleine de reverb ("Hawks", qui me laisse cependant plus perplexe). Il suffit d'écouter le "Hollywood Crew" qui clôt l'album sur cette superbe ambiance seventies pour comprendre jusqu'où peut aller ce groupe, avec toujours beaucoup de talent et de bon goût. Bref, je ne sais pas ce que nous devons comprendre par ce "fake french" qui donne son nom à l'album, mais quoi qu'il puisse en être, je suis tellement sous le charme de leur musique que je ne pourrais rien leur reprocher. L'un des disques qui tournent le plus dans ma platine en ce moment, c'est vous dire.
[mg]

>> Voir aussi : Kraftwerk, New Order

>> Vive les Américains !!!

 

CITY OF CATERPILLAR "s/t"
(Level Plane - 7 titres)
Chenille deviendra papillon. Dans l'optique d'amener sa musique vers une métamorphose constante, City of Caterpillar a bien choisi son nom. Entre fureur chaotique et calme mélancolique, ce quatuor américain propose un pont très intéressant entre l'emocore de Yage et le lyrisme atmosphérique de Godspeed You Black Emperor. Sans avoir recours à l'acoustique, excepté sur 'Fucking Hero', le groupe délivre des compos très bien articulées autour de montées intenses et de passages touchants. Autant d'étapes transitoires pour faire briller ses ailes au soleil de son énergie. Désireux de casser des schémas, inventifs pour élargir leurs horizons, City Of Caterpillar propose des morceaux riches aux nymphes toutes aussi belles les une que les autres. Si la lignée musicale des labels comme Ebullition et Constellation ont une résonance particulière à vos oreilles, cet album est pour vous. Enthousiasmant.
[chRisA]

>> Voir aussi : Yage, Godspeed You Black Emperor

>> M ême pas peur !

 

contact : helljusticiero@hotmail.com

 

EL JUSTICIERO "que otra cosa puedo dar"
(autoproduction – 5 titres)
Ces justiciers-là ont décidé de remettre de l'ordre dans un style qui prenait la poussière depuis plusieurs siècles, à savoir ce bon vieux punk-hardcore. Mais attention, les membres d'El justiciero n'en sont pas à leur premier coup d'essai, et s'ils reviennent à leur premier amour, ce n'est pas pour rejouer une soupe binaire, macho et dépassée. Le premier titre montre de suite de quel côté se situent les influences du groupe : Dead Kennedys et autres Black Flag en tête de liste. Les origines, mais à la sauce actuelle ! Cela faisait si longtemps que je n'avais pas entendu un groupe s'attaquer à ce style avec intelligence et créativité ! El justiciero n'ont pas la prétention d'être originaux (même si le rythme n'est pas aussi speed que les groupes de l'époque), mais l'humour et le talent aidant, le groupe pose là une démo pleine de fraîcheur qui fera plaisir à tous les aficionados des premières heures du punk américain. Ceux qui aimaient l'ouverture d'esprit et la créativité débridée de ces groupes. D'autant plus quand on sait que le quatuor, composé d'anciens Fisherman, se permet, comme à l'époque, de sortir de toutes limites inutiles, en imprégnant son punk déglingué d'ambiances étranges que n'auraient pas reniées des groupes comme Ed Hall ou Alice Donuts. Saupoudrez le tout d'acrobaties stupides qui montrent un certain sens de la dérision (perdu depuis par tous les groupes du style) et vous vous rapprocherez de l'esprit de ces justiciers. Vivement la suite.
[mg]

>> Voir aussi : Dead Kennedys, Black Flag, Alice Donuts

>> Un justicier dans la ville

 

M83 "DeadCities, RedSeas And LostGhosts"
(12 titres - Gooom disques)
Une bonne claque ! Je me suis vraiment pris une bonne claque à l'écoute de cet album ! Parce qu'on y trouve de la fraicheur, de l'innovation, du risque, de l'émotion....tout ce qui fait qu'on n'a pas l'impression d'avoir déjà entendu ce disque 10 fois auparavant. M83 propose une musique qui est une sorte de croisement entre Godspeed You Black Emperor et… Daft Punk ! Si, si, jene déconne pas ! "DeadCities, RedSeas And LostGhosts" a ces côtés massif, symphonique et parfois lyrique ainsi qu'ambient chers à Godspeed. Sa mélancolie aussi. Ses montées en tension, ses explosions également mais non éxécutés par des guitares mais des synthés et de l'électronique. C'est vraiment surprenant. Il est difficile de mettre en avant tel ou tel morceau car on sent que l'album a été réfléchi comme un ensemble indissociable mais si vous pouvez jeter une oreille aux magnifiques "On A White Lake, Near A Green Mountain" ou "Cyborg", ne vous gênez pas.
[sullivan]

>> Voir aussi : Godspeed, Daft Punk

>> Godspeed meets Daft Punk in Antibes !!!!

 

site : www.batsandmice.com

BATS AND MICE "Believe it mammals"
(lovitt – 12 titres)
Formé par des membres de Rah Brahs, Milemarker, Sleepytime Trio ou 400 Years, Bats and Mice s'oriente vers une musique plus posée, dans laquelle la sensibilité prime sur l'énergie. Dès les premières notes, on sent que le groupe a décidé d'être délicat. Ce premier titre est un bonheur. On sent de suite la proximité avec Pinback. Le travail sur les différentes voix, les petites guitares et ce petit quelque chose qui fait que, vu le passé respectif des deux groupes, leur indie-pop sera toujours différent de l'idée que vous vous faites de la pop. Nous regretterons tout de même que la magie des premiers titres s'amenuise sur la longueur, par manque de renouvellement et de surprise. Certaines chansons manque d'ailleurs cruellement d'intérêt, et un tri plus poussé aurait donné un mini-album tout simplement grandiose. Au lieu de cela, "Belive It Mammals" reste un très bon disque avec des tubes délicats et inspirés (A Safe Bet, Worst Comes to worst, Sliding Scale) et quelques creux moins consistants. Attention tout de même aux amateurs de leurs groupes précédents, Bats and Mice en a fini avec l'énergie tendue et les humeurs violentes. Nous baignons ici, malgré quelques rares guitares distordues faisant monter certains passages, en pleine pop douce, belle et aérée. L'écriture est très loin de celle de Sleepytime Trio ! On se rapprocherait plus de Shudder To Think ou Pinback. Mais si vous vous sentez une âme romantique avec l'arrivée du printemps, vous risquez de prendre un sacré pied à l'écoute de cet album.
[mg]

>> Voir aussi : Shudder To Think, Pinback, le dernier June of 44

>> Tu m'aimes ?

 

 

 

site : www.sabatum.com

RONDELLUS "sabbatum"
(tmc – 12 titres)
Un tribute médiéval à Black Sabbath ! Il fallait oser ! Je trouve l'idée bien marrante, et le pire, c'est que c'est superbement interprété ! Pour vous situer l'affaire, tous les textes sont joliment chantés en latin, alternativement par un homme ou une femme ! Si vous vous sentez des envies mystiques de savoir ce qu'aurait donné Black Sabbath dans une église du moyen âge, ce disque est une aubaine. Les titres repris vont de War Pigs, Junior's Eyes, After Forever, The Wizard à Spiral Architect ou Solitude. On regrettera donc quelques tubes comme Paranoïd. Mais, peu importe, le résultat est si loin de l'idée que l'on peut se faire d'une reprise de Black Sabbath, que le tout tient sans aucun soutien extérieur. Et je le répète, cet album n'est pas une blague, le disque reste dans une pure tradition mystico-médiévale, techniquement et artistiquement maîtrisé ; on se croirait dans Le Nom De La Rose ! Superbe, même si on n'en mène pas large après 53 minutes de chœur en latin !
[mg]

>> Voir aussi : Black Sabbath adapté pour Le Nom De La Rose

>> A rocket from the Crypt ?

 

Joan Of Arc "So Much Staying Alive And Lovelessness"
(11 titres-Jade Tree)
Taxés d'intellos, leurs albums labelisés musique arty, adulés ou incendiés, Joan Of Arc et sa figure de proue Tim Kinsella n'ont jamais laissé indifférents. Il faut dire qu'ils ont décidé de ne rien faire comme les autres ! Et ils le prouvent une nouvelle fois en sortant coup sur coup, en l'espace de 2-3 mois, 2 albums, un peu à l'instar de Radiohead avec "Kid A" et "Amnesiac". "So Much Staying Alive" étant le plus abouti-puisque plus travaillé- des deux. Quand je dis "plus travaillé", je ne suis pas ironique. C'est vrai qu'on pourrait le croire tant Joan Of Arc nous a habitués à des morceaux bricolés avec deux bouts de ficelle et des cymbales. Mais cet album nous montre un Joan Of Arc peut-être plus mature, qui a décidé d'ajouter un cadre à l'émotion habituelle. D'où des morceaux plus structurés, plus homogènes aussi. Les fans qui regretteront l'indie-pop teintée d'émo d'antan pourront toutefois se ruer sur "In Rape Fantasy And Terror Sex We Trust", sur lequel Tim Kinsella et ses acolytes ont invité beaucoup de musiciens de groupes amis pour laisser libre cours à leurs désirs de liberté musicale.
[sullivan]

>> Voir aussi : Cap'n Jazz, Tim Kinsella

 

>> Jeanne d'Arc is staying alive, staying alive

 

Me, Myself And I "The Trace"
(5 titres-autoproduction)
Voici visiblement le premier mini de ce groupe de Tours qui ne fait pas mystère de ses préférences : punk-rock, émo et une touche de pop, tels sont les ingrédients de ces 5 titres qui nous font nous souvenir, béats, des mélodies de Samiam, de l'émotivité de Sixpack ou encore de l'énergie de Knapsack. Me, Myself And I apporte bien sûr sa touche perso, avec notamment des breaks parfois surprenants. Un petit bémol cependant : je trouve que certains morceaux tournent un peu en rond et ont du mal à finir. Beaucoup de bonnes choses quand même sur "The Trace", qui nous laisse imaginer ce que pourra donner un futur album avec du temps et du travail en plus.
[sullivan]

>> Voir aussi : samiam, Sixpack, Second Rate, Knapsack, Texas Is The Reason

>> emocentrique ?

 

 

 

 

 

 

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