SET FIRE TO FLAMES "telegraphs in negative/mouths trapped in static"
(FatCat - double cd)
Set Fire to Flames, Godspeed You Black Emperor, même combat ? Comme la bande d'Efrim, SFTF vient de Montreal. Le groupe se compose de 13 musiciens qui lorgnent uniquement vers des pièces instrumentales électro-acoustiques assez longues. Même confidentialité autour de la formation. Même typographie sur la jaquette...avouez en tout cas que les similitudes sont troublantes. SFTF développe pourtant une approche beaucoup plus arty et expérimentale ce qui l'éloigne d'un lyrisme qui fait les beaux jours de GYBE. Ce double album propose une collection de matériaux minimalistes proches de l'improvisation...donc...chiants me direz-vous. Eh bien pas du tout. En investissant une vieille grange pendant cinq jours, le collectif a fait ressortir tout ce qu'il avait sur le coeur et dans la tête, l'espace d'un instant, le temps d'un partage et d'une communion. Il en résulte une poésie, une force, une beauté accessibles, toujours présentes en filigrane derrière le craquement d'une porte, le chant d'oiseaux, le souffle d'un bruit indomptable. L'ensemble assez sombre et parfois déconcertant a le mérite de nous offrir un autre angle d'écoute...ce qui est vraiment loin de me déplaire. Au fait pour la petite histoire, certains membres de GYBE jouent dans SFTF… Eh ben voilà c'est plus clair maintenant.
[chRisA]

>> Voir aussi: Godspeed You Black Emperor, The Boxhead Ensemble

>> Godspeed 2, le remake ?

 

site : www.moller-plesset.ht.st

MOLLER PLESSET "Rather Drunk Than Quantum"
(Kfuel rds – 10 titres)
Derrière un packaging dévoilant le mal-être sous sa plus belle forme (dessin de em), nous découvrons une musique tout aussi angoissante, mais tout à fait inspirée. Nouveaux venus dans le paysage noise français, Moller-Plesset sort directement un premier album digne de ce nom (normal quand le groupe à 6 ans d'existance!). Guitares incisives (trois), furie maladive, vocaux malsains, rythmes déstructurés, confusion maîtrisée… Tous les éléments qui ont fait le succès de groupes comme US Mapple se retrouvent dans ce disque. Les amateurs de guitares vont être servis (le groupe se dispensant aisément d'une basse). Mais, si ce disque nous replonge dans un style musical qui a cartonné dans les années 90 puis s'est discrètement évaporé, le quatuor rennais le fait avec beaucoup de classe et de savoir faire. Pas de tâtonnement ici. Le groupe connaît la recette et l'applique à merveille, au risque de tomber dans les mêmes pièges que ses aïeux : le mal de crâne assuré au bout du sixième titre ! Mais peu importe, chaque morceau s'écoute avec bonheur, comme un ensemble, et les aficionados de cette noise complexe seront enchantés de découvrir un groupe français à la hauteur des références d'antan. On regrettera juste un manque de respiration, et une certaine redondance sur la longueur de l'album. En attendant, on n'avait pas vu ça depuis bien longtemps.
[mg]

>> Voir aussi : US Mapple, Condense, Don Caballero

>> À écouter fort, avec un tube d'aspirine

 

contact : kythibong@hotmail.com

ROOM 204 "s/t"
(effervescence / kythibong – 11 titres)
Derrière l'oiseau intrigant de la pochette se cache un duo nantais particulièrement séduisant, qui a réussi le pari difficile de ne pas décevoir l'attente de l'auditeur séduit par leur packaging. Room 204 évolue dans des contrées plus que visitées aujourd'hui, notamment depuis l'explosion de groupes comme Slint, A Minor Forest ou même, et surtout, plus récemment, Billy Mahonie ; mais Pierre-Antoine (batterie) et Aymeric (guitare) le font avec tact, spontanéité et passion, du coup, le résultat prend toute son ampleur. Leur son pourrait être plus étoffé, et certaines facilités trop entendues pourraient s'éclipser, mais leur facilité à sauter du mathrock au postrock sans l'air d'y toucher, de glisser de morceaux calmes et paisibles vers des explosions "in the sky" quasi noise, est troublante. Moins complexes que leurs confrères de Chevreuil (eux aussi guitare/batterie de Nantes), les deux de Room 204 s'imposent, avec cet album, comme un des petits nouveaux du mathrock instrumental avec qui nous devrons compter dorénavant.
[mg]

>> Voir aussi : Billy Mahonie, Slint, A Minor Forest, Aerial M

>> Mais où sont passés les bassistes et les chanteurs de Nantes ?

 

THE WHITE STRIPES "elephant"
(XL Recordings - 14 titres)
Du rouge pour la passion, la fougue, la chaleur et le sang. Du blanc pour la pureté, la fraîcheur, le calme et la grâce. Contraste saisissant. Bichromie réussie pour un album qui marie aussi bien le garage rock, le blues, le folk que la pop. Après 'De Stilj' et 'White Blood Cells', deux derniers disques plutôt dépouillés et minimalistes, Jack et Meg White ont mis ici les petits plats dans les grands. 14 titres pour des compositions plus ambitieuses et plus abouties. L'éventail de sonorités et d'atmosphères est plus riche et varié. La production est à la fois plus grasse et plus cristalline. Elephant est passionnant car sa puissance se pèse aux nombreux temps forts qu'il porte. Mais la force du pachyderme réside aussi dans les cordes mêmes de Jack qu'elles soient d'acier ou vocales. Timbre exceptionnel et toucher inspiré. Les morceaux vont à l'essentiel et contiennent ces vertus pop qui en font des pépites instantanées et dont on ne se lasse pas. Une magie de l'instant qui devrait sceller leur talentueuse générosité pour l'éternité. Même si le buzz fait autour de la paire de Detroit vous agace… Ne passez pas à côté des White Stripes.
[chRisA]

>> Voir aussi: Bob Dylan, le blues du Delta du Mississippi, The Beatles, Led Zeppelin

>> Trop classe le look ! Johnny n'a qu'à bien se tenir !

 

site : www.edithsample.com

V/A "tribute to les Thugs"
(Edith Sample – 12 titres)
Un tribute aux Thugs, comment ne pas l'avoir fait plus tôt ? D'autant plus quand l'hommage est rendu par ceux qui leur doivent tant : les autres groupes d'Angers. Et comme un bon tribute se doit d'être original, et qu'une bonne reprise se doit d'être personnelle, quoi de plus sensé que de réunir aussi bien des formations rock, qu'electro ou ska ? Bref, la motivation de cette compilation est plus qu'honorable. Ensuite, le résultat n'est malheureusement pas toujours à la hauteur de nos espérances, mais peu importe… Les amateurs des Sexypop seront heureux de les retrouver ici, propre à eux-mêmes. Du côté de Kwal, on s'en tire moyennement malgré l'efficacité quasi inépuisable d'un titre comme "biking" (on préférait la reprise excellente qu'avaient faite Salaryman). Daria rend "i love you so" trop classique (HC melo pop). Margo joue la carte electro, avec voix féminine, sur "le Hamac". Le résultat est intéressant, même si le style ne m'emballe pas. La Ruda Salska pourrait bien passer à la radio mais leur ska metal m'ennuie (malgré le travail de ré-interprétation original). La reprise de "Suspended Time" par Bell Œil est bien reconnaissable même si le groupe ajoute sa personnalité en en faisant une balade étrange. Pas mal. La Phaze reprend le classique "Allez les Filles" en jungle frénétique. Classique mais efficace. Casper reste très proche du "Flags" original, avec une petite touche plus hardcore… Pas trop de risques. Sub 4 font de "And he kept…" un rock-electro étrange mais trop excentrique (tout en étant trop radiophonique) pour moi. Je ne retrouve pas la magie des Thugs. Idem transforme "strike" en dub electronic sympathique, mais il faut chercher pour retrouver la couleur de l'original. Skeem donne un "Ad Men" bien rock, sans trop de prétention, tandis que Cheese finissent le disque sur un "Happy Birthday" disco à souhait. Je ne reconnais plus du tout les Thugs mais c'est original ! Bref, pas de pépite d'or ici comme il y en avait tant sur le disque Virus 100 (tribute aux Dead Kennedys sorti chez Alternative Tentacles) sur lequel les Thugs, justement, avaient pondu un magnifique "Moon Over Marine". Mais tout le monde n'est pas Les Thugs…
[mg]

>> Aussi appliqué que possible

 

site : www.ipecac.com

THE MELVINS "26 songs"
(Ipecac - 26 titres)
Avec 18 années passées derrière les amplis et une pelletée d'albums dans les soutes de leur van, les Melvins sont ce qu'on peut appeler un groupe mythique. Un de ces monstres increvables comme le monde du rock sait encore très peu en faire. 18 ans que le trio jouit d'une liberté totale pour exprimer leurs envies et leurs délires soniques. Albums excitants ou supercheries commerciales, Les Melvins se sont toujours sentis à l'aise dans l'univers ubuesque qu'est le grand cirque du rock'n'roll. Adoptés sous le grand chapiteau d'Ipecac par Mike Patton en maître-loyal imparable, les Melvins règnent en rois. D'ailleurs, il n'est quasiment pas un semestre sans que le label ne bénisse leurs méfaits. Cette fois-ci, Ipecac a dépoussiéré leur premier album '10 songs' sorti en 1986. Agrémenté de 16 raretés et démos, Ipecac a jugé bon de le baptiser '26 songs'. Si cet album n'est vraiment pas indispensable, il montre en tout cas les débuts d'un groupe déjà envoûté par un heavy rock brut aux antipodes du monde sucré des mélodies. Rythmique de pachyderme, riffs angulaires et voix rêche. Bien sûr, avec le temps, la formule évoluera vers quelque chose de plus expérimental et fou, mais ici tous les ingrédients sont déjà présents pour vous faire cauchemarder. Cette sortie devrait ravir les inconditionnels et les curieux… Pour les autres...
[chRisA]

>> Voir aussi: Black Sabbath (version très épurée et minimaliste), Kyuss (période 'Wretch')

>> Hard-rock is a way of life !

 

HOUSTON SWING ENGINE "the smell of horses"
(Gentlemen Records - 13 titres)
14 heures. Reprise du travail. Une gêne est palpable autant qu'elle se sent. Votre haleine encore chargée du repas de ce midi semble indisposer vos collègues. Difficile à dissimuler même avec une petite gomme mentholée. C'est digestif ! Qu'on se le tienne pour dit : aucune formation ne pourra accoucher d'un autre 'The Shape of Punk to Come' des Refused. Aucun groupe ne pourra arriver à la cheville d'un Kultissime Kyuss ou encore d'un Fu Manchu inspiré (ces derniers semblent d'ailleurs s'être faits plaquer par leur muse). C'est le mariage flagrant de ces musiques que nous proposent les helvètes de Houston Swing Engine avec leur heavy punk rock d'assez bonne facture pourtant. Cependant le cordon ombilical devient vite étouffant quand le chanteur passe son temps à imiter Dennis Lyxzèn ou quand les guitares deviennent maladroitement trop 'joshiennes'. Bon ne chargeons pas la mule car l'énergie est là et les morceaux ne sont pas si mauvais que ça… Mais nous ne sommes pas dupes… Tiens j'ai déjà entendu ça quelque part.
[chRisA]

>> Voir aussi : Refused, Fu Manchu, Kyuss, RATM

>> Le stoner punk façon Canada Dry ?

 

 

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