www.fiftyfourfortyorfight.com

SICBAY "Overreaction Time"
(54°40 or Fight! – 12 titres)
Rien qu'à voir le line-up, on pouvait se douter de l'envergure du groupe. On retrouve en effet dans ce trio de Minneapolis, Nick Sakes (ex-Dazzling Killmen, Colosamite) et Ed Rodriguez (Gorge trio, ex-Colossamite, ex-Iceburn). Mais contrairement à ce que peut laisser penser le passé technique des deux bonshommes, Sicbay joue un rock noisy simple, touchant et efficace. Rien à voir avec Gorge trio par exemple. Il y a bien quelques passages de haute voltige, mais ils se concentrent uniquement sur le rock. Cet album débute sur les chapeaux de roues, rappelant l'époque où les groupes quittaient le hardcore pour une noise plus fine, puis rapidement l'identité réelle de Sicbay se dévoile. Petite ritournelle douce amer, étirement de cordes à vous mettre des frissons dans le dos… C'est bien du côté de Polvo que Sicbay est à ranger. Le pouvoir de la mélodie fragile. Mais Sicbay ne se contente pas de si peu, et, régulièrement, le groupe lâche une petite perle noise-hardcore qui sentirait presque le Black Flag moderne, ou le meilleur de Rollins (sans l'aspect metal). Et dans un cas comme dans l'autre, le groupe s'en tire merveilleusement.
[mg]

>> Voir aussi : Polvo, Pixies, Rollins, Colossamite, Pitchblende, Faraquet

>> Encore un groupe sans bassiste !

 

www.the-pattern.org

THE PATTERN "Real Feelness"
(Wichita – 12 titres)
La mode étant au rock'n'roll sauvage et vintage, nous aurions tord de nous priver d'un bon groupe de plus dans le style. The Pattern nous viennent de Berkeley, USA, et nous livrent un "Real Feelness" dans la plus pure tradition sixties punk. Des guitares aux rythmiques imparables, une voix de petit merdeux tout simplement parfaite, des mélodies à vous faire danser un cul-de-jatte, et l'énergie nécessaire pour faire prendre la sauce version jeans usés et converses. Bref, vous l'avez compris, The Pattern, comme son nom l'indique, fait partie de la grande famille des "The"… Mais contrairement à ce que peuvent prétendre aussi bien les fans que les détracteurs de cette nouvelle mode, tous les "The" ne sont pas à ranger dans le même panier. Et si je vous dit que cette bande là est aussi passée entre les mains du label GSL (GoGoAirheart), et que le disque est produit par Alex Newport (qu'on connaissait plus pour son penchant gros son noise), j'imagine que vous savez de quel côté doit être rangé ce disque. Bref, ce n'est pas une tuerie, mais pour une fois que la mode a du bon !
[mg]

>> Voir aussi : The Hives

>> Kick out the Jam Mother Fucker !

 

PARTY OF ONE "Caught the blast"
(FatCat -12 titres)
"Salut. Je m'appelle Eric Fifteen. Je suis guitariste, chanteur et compositeur du groupe Party Of One. A la basse et au chant voici Terrika et Geoff aux peaux. Nous venons du Minnesota, USA. Qu'avez-vous pensé de notre maquette ?" Le zigue a de l'allure. Sa simplicité et son côté enigmatique me plaisent déjà. Et je lis une certaine impertinence doublée d'un certain sens de l'humour dans son regard. Enregistré sur un 8 pistes conférant une tonalité plutôt lo-fi, Caught the Blast m'avait fait passer une excellente semaine. Pour mon plus grand plaisir, ces 12 titres s'étaient insidieusement glissés dans ma tête. Construites sur une pop rock tantôt électrique, tantôt acoustique, ces chansons brûlent d'une naïveté, d'une personnalité et d'une fraîcheur jouissives. Et que dire de ces volutes parfumées de folk, de soul et de punk ? Un talent au service d'une écriture au vocabulaire peu commun. Comment fait-il sonner des happy songs qui en ont parfaitement la forme sans en avoir le goût ? Le mystère est là. "Asseyez-vous !" répondis-je et j'ajoutai "Personne ne vous connaît mais on va vite rectifier cette erreur. Il le faut !"
[chRisA]

>> Voir aussi: T Rex, Patti Smith, Sebadoh

>> Un parti tout seul, et pourquoi pas un individu à plusieurs ?

 

www.elliottintransit.com

ELLIOTT "song in the air"
(Revelation – 10 titres)
Après un changement de personnel (nouveau guitariste et nouveau bassiste), les Américains d'Elliott reviennent avec un troisième album chez Revelation. Et comme souvent dans ces moments-là, le groupe a décidé d'évoluer. Si, dans le temps, Elliott était reconnu comme un bon groupe d'indie-rock plus ou moins convaincant, aujourd'hui, le quatuor veut passer à autre chose. Comme le montre la pochette, jolie, mais particulièrement arty, le groupe semble vouloir montrer qu'il a dépassé son adolescence… Sans doute le complexe de beaucoup de groupes rock dès qu'ils dépassent la vingtaine. Du coup, ils ont même demandé de l'aide à Christian Frederickson des grandioses Rachel's pour gérer un quartet de cordes ! Et dès le premier titre, on comprend que la mutation ne sait pas faite sans casse. Le virage ultra-pop d'Elliott déstabilise. Le premier titre donnerait presque la nausée. Chris Higdon (guitare + chant) a certainement trop écouté Radiohead et le résultat, appuyé par les violons, tombe dans les clichés du genre. Sortez les mouchoirs ! Heureusement, l'ensemble est parfaitement joué, et certaines chansons sortent du lot, gagnant le pari qu'elles se sont données. Quand le chant s'évapore, on peut même ressentir le spectre de Mogwaï (l'instrumental "drag like pull" par exemple), mais en général, ce disque manque de passion… tombant trop souvent dans le mielleux ou le surfait. Les titres sont superbes, totalement accessibles aux fans du Radiohead pop, mais peut-être trop. Le groupe n'apporte rien de neuf, et sort un album trop radiophonique. Je n'ai jamais été un grand fan d'Elliott, et je ne dis pas que l'ancienne mouture valait mieux, mais ce "song in the air", dont la traduction en français laisse sourire ("chanson dans l'air…" du temps ?), semble suivre un courant sans en comprendre toutes les finesses… Peut-être juste une histoire d'équilibre qui aurait pu donner un album excellent. Dommage.
[mg]

>> Voir aussi : Radiohead, Mogwaï

 

>> Autant en emporte le vent

 

V/A "Branches and Routes - a FatCat Records compilation"
(FatCat - double cd / 27 titres)
Marchant sur les pas de labels prestigieux comme Warp, Thrill Jockey ou Blast First (entre autres), FatCat peine encore à faire connaitre sa talentueuse écurie d'où naissent pourtant des poulains prometteurs. Ce double album devrait donc aider à ouvrir ses portes sur un univers musical fourmillant de sonorités intéressantes. Plutôt axé vers l'electro qu'il soit ambient, expérimental ou clubby, FatCat prouve ici qu'il chérit aussi le post rock, la noise, la pop et la musique concrète. Vous aurez donc le plaisir de (re)découvrir les très bons titres de David Grubbs, Mum, Set Fire to Flames, Björk mit Funkstorung, Stromba, Sigur Ros, The Dylan Group, Party of One, Giddy Motors, Sylvain Chauveau...ouf. Comme toute compile, il y a forcément à boire et à manger mais vous pouvez être sûr qu'elle ne vous laissera pas sur votre faim d'autant plus qu'il y a une bonne louche d'inédits. N'attendez plus pour faire de vos oreilles deux belles et grandes chatières.
[chRisA]

 

>> Le gros chat fait les yeux doux

 

OPERATOR "Welcome To The Wonderful World"
(Remaë-10 titres)
"I Need Money Bad" : le titre refrain du premier morceau de cet album pourrait bien nous éclairer sur les origines de ce projet dans lequel on retrouve Scott Mc Cloud et Teho Teardo. On avait bien remarqué dans la production de "Freak On Ica" de Girls Against Boys et sur certains morceaux de New Wet Kojak une attirance pour l'électronique mais la base restait bien sûr résolument rock. Alors qu'avec Operator, il s'agit de l'exact contraire : un electronica très écléctique dans un cadre pop-rock avec refrains, durées de 4 minutes et même parfois des guitares. Et ça fonctionne bien ! Et même plus que ça sur 2 ou 3 morceaux dont le sombrement excellent "Früstück". On sent bien sûr la patte de Scott Mc Cloud même si officiellement, il s'est contenté des paroles...assez peu intéressantes d'ailleurs. Mais bon avec cette voix, on peut aisément faire passer des vessies pour des lanternes. Une bonne surprise en tout cas.
[sullivan]

>> Voir aussi : Girls Against Boys, New Wet Kojak, Starfish Pool

>> La version dancefloor de Girls Against Boys ?

 

THE CRAMPS "fiends of dope Island"
(Vengeance – 13 titres)
Après 6 ans d'absence, la famille Adams du rock'n'roll revient sur le devant de la scène avec un nouvel album aussi binaire et primaire qu'autrefois. Attention tout de même, ne vous méprenez pas, il n'y a pas de quoi s'emballer non plus. C'est, certes, avec une joie non dissimulée que nous retrouvons la voix inimitable de Lux Interior et la guitare jouissive de Poison Ivy, mais les Cramps de "Human Fly", Les Cramps qui ont construit le mythe du rock'n'roll punk ont bel et bien disparu depuis longtemps. Peut-être depuis le départ de Brian Gregory, la deuxième guitare des premiers albums ? Et l'arrivée du bassiste Chopper Franklin ne fait qu'attiser cette affirmation : si la présence d'une basse dans un tel groupe est particulièrement superflue, le jeu du nouveau venu ne fait qu'ensevelir la sauvagerie de ses compères. Nous n'avions pas besoin d'une basse aussi peu inventive pour apprécier les nouvelles compositions des manitous du rock crado ! Difficile avec ça de se concentrer sur cette guitare succulente ! Car le jeu de Poison Ivy n'a pas changé. Du Blues au vieux Rock'n'Roll, la miss donne toute la couleur des Cramps. Cette nonchalance provocante qui transforme le classicisme de ses riffs en manifeste punk, cette reverb maîtrisée à l'extrême sans pour autant tomber dans le rockabilly réactionnaire, cette classe poisseuse, bref l'esprit des Cramps. Il en va de même pour la voix magique de Lux Interior que tant aimerait reproduire. Les années passent, mais l'homme se lâche toujours autant… Et sa voix tient le coup à merveille. Il y a bien quelques fausses notes (la reprise de "Taboo"), mais l'humour de ses délires fait tout passer. Comment résister à "Elvis Fucking Christ!" ? Lux Interior est le seul crooner punk, oui monsieur ! Le seul à en faire tant sans lasser. Le seul à jouer ses fameux solos rythmiques de voix. Bref, les compositions n'ont pas toujours le génie d'antan mais rien que pour le plaisir d'entendre à nouveau le jeu de guitare de Poison Ivy et la voix de Lux Interior, cet album mérite votre intérêt. Mais ne comptez pas trouver là un remplaçant à "Human Fly".
[mg]

>> Voir aussi : tous ceux qui s'en sont influencés !

>> La famille Adams du rock'n'roll

 

www.dingdawn.com

V/A "sightseeing"
(ding dawn – 10 titres)
Ce qui aurait pu être une excellente compilation electronica, tendance breakbeat soft, ne reste qu'un disque honnête du fait d'une dérive rapide vers des titres trop sirupeux… C'est dommage vu la présence d'excellents spécimens bizarroïdement dansants. On retiendra Microclimat et Audiroom. Les autres ont trop tendance à s'orienter vers des aspects dance pour me séduire (même si Elektriken et Valgum Knees possèdent de bonnes idées). Reste un bien bon moyen de découvrir les petites formations electronic proches du label Ding Dawn. À chacun de faire son choix ensuite.
[mg]

 

>> we are reasonnable people

 

www.tarakingth.fr.st

TARA KING th "sequence 01"
(Mudah peach – 10 titres)
D'entrée, la rythmique de tk-215 montre l'ambiance. Scratch hip-hop à l'appui, et nappes sombres en arrière plan, Tara King Th. officie dans un style prisé à Bristol : le trip-hop. Et, même si je dois avouer avoir un faible plus prononcé pour Emma Peel (on ne se refait pas), le projet qui emprunte son nom à l'héroïne de Chapeau Melon et Bottes de Cuir montre sur ce premier album quelques atouts forts séduisants. Mélancolique à souhait, sans trop de fautes de goûts, les titres s'enchaînent avec facilité, créant un univers sombre mais confortable. Une sorte de confiserie pour adulte sur laquelle nous nous jetons en cas de déprimes. On se laisse bercer, presque heureux d'être triste. On regrettera juste cette touche trop typique du logiciel de montage sur ordinateur, ce manque de vie et cette froideur dans les sons. Avec "Sequence 01", Tara King Th. n'ouvre pas de nouvelles voies, mais reprend les ingrédients qui l'ont marqué, principalement ceux des années 80 et 90. Piquant la mélancolie des pianos de Craig Armstrong ou la force urbaine des rythmiques de Portishead, voire quelques sonorités new-wave, le groupe arrive à pondre un album, certes sans surprise, mais efficace et touchant. Je ne m'étendrai pas sur le hip-hop de "Nature Morte" qui trouve difficilement sa place sur ce disque. À l'inverse, les très radiophoniques "Screwy Girl" et "Ex", qui me donne l'impression d'avoir réuni Suzanne Vega et l'electro down tempo, me prouvent que le groupe ne devrait pas avoir trop de mal à toucher un public aussi large que nombreux. Attention tout de même à ne pas tomber dans la facilité exagérée…
[mg]

>> Voir aussi : Broadcast, Portishead

>> À écouter les soirs de déprimes avec un gros pot de glace

 

 

 

>> Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions à :
>> If you want to be reviewed here, send your promotionnal stuff to :
>>
Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
>> 51, rue Paul Vaillant Couturier - 92240 Malakoff - France

positiverage@hotmail.com

<< home
<< reviews