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RYE
COALITION "Jersey Girls"
(Tiger style 7 titres)
Il y a quelques années déjà, Shellac se vantaient
d'être de grands fans d'AC/DC
Aujourd'hui, c'est Rye Coalition,
qu'on avait déjà soupçonné d'écouter
quelques standards hard-rock des 70's, qui nous dévoile son grand
amour pour la bande à Bon Scott ! En effet, ce nouveau 7 titres
démarre sur les chapeaux de roues avec un tube qui rappelle aussi
bien la folie de Jesus Lizard, que les envolées vocales d'AC/DC
! Et quel résultat ! De la sauvagerie rock à l'état
brut, de la lourdeur poisseuse, de la démence, sans oublier la
rigidité malsaine des plus grandes formations noise rock, j'ai
autoproclamé Shellac et Jesus Lizard. La suite voit disparaître
l'aspect exagérément heavy du premier titre pour ne garder
que le meilleur. Rye Coalition tient plus que jamais son rôle de
cousin germain de Jesus Lizard. On baigne en pleine sauvagerie noise.
Le mélange est presque idéal. Le groupe arrive à
être libre et furieux tout en gardant tout le génie et la
subtilité de la dissonance. C'est l'esprit des premiers groupes
hard-rock (dont le nom du morceau "ZZ Topless" n'en est qu'un
exemple flagrant) qui se retrouve condensé ici dans des compositions
noise aux rythmiques basse/batterie rigoureuses, le tout survolé
par des guitares imaginatives et démoniaques ! Peu de groupes avaient
réussi à marier l'énergie brute du rock sale et la
complexité implacable de la noise. Rye Coalition rejoint à
jamais ses quelques prédécesseurs, et ils sont si peu nombreux
que nous n'en demanderont pas plus.
[mg]
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Voir aussi : Jesus Lizard, Shellac, AC/DC

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HIGHWAY TO HELL !!
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THE
ANGELS OF LIGHT "Everything is good here / Please come home"
(Young God Rds 11 titres)
Après deux albums studios et un live, l'ex-Swans Michael Gira continue
ses aventures solos avec l'arrivée de ce troisième album
au nom plus qu'attirant "Everything is good here / Please come home".
C'est donc avec un certain plaisir que nous entrons dans la demeure étrange
de l'artiste. Et l'homme, entouré d'un grand nombre d'amis musiciens,
n'a toujours pas trouvé la paix intérieure. Si Michael Gira
se concentre avec The Angels Of Light sur la musique acoustique, c'est
avec une énergie sombre et une originalité surprenante qu'il
le fait. Ne croyez pas pouvoir vous reposer à l'écoute de
cet album. Pas si loin d'une folk urbaine à la Nick Cave and The
Bad Seeds, les compositions de The Angels Of Light dérangent sans
repousser, attire comme un interdit à dépasser. Contrairement
à son titre, tout n'est pas bon sur cet album ; on regrettera par
exemple certaines longueurs et quelques approximations qui auraient pu
donner plus, mais, en général, les ballades bancales et
obscures de cet album touchent celui qui se laisse aller. Pas de réel
coup de génie ici, ni de tubes irrésistibles ; au contraire,
Michael Gira et ses invités séduisent par une spontanéité
parfois déstabilisante, par des émotions brutes et sans
retenues, des mélodies simples et répétitives (parfois
exagérément, c'est vrai)
Plus que jamais, l'idée
d'entrer dans le monde de l'artiste est valable ici. Malgré la
diversité des instruments utilisés, et le passé du
bonhomme, The Angels of Light ne combat pas ses confrères sur le
même terrain. Nick Cave sait mieux que lui composer des ballades
angoissantes et Black Heart Procession reste plus touchant
Pour
vraiment comprendre cet album, il faut entrer dans le monde de l'ex-Swans,
se laisser aller à ses délires même les plus dissonants,
ou les plus répétitifs
entrer dans ses compositions.
Alors cet album devient un petit bijou, typiquement New-Yorkais. Un disque
qui accompagnera merveilleusement vos soirées dans votre appartement
mal rangé.
[mg]
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Voir aussi : Nick Cave and the Bad Seeds, Black Heart Procession

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Tient, au dos de la pochette, on voit un CD de Godspeed !
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NATSAT
"Amber"
(démo 3 titres)
Après de nombreux changements de personnels, quelle surprise de
retrouver, 3 ans après leur dernière production ("Fade
vynil"), les tourangeaux de Natsat. Parti d'une noise emo il y a
maintenant 5 ans (1998), le groupe, recomposé autour de Sylvain
Jegorel (le seul de la formation originale), Pol Vézard, et Renaud
Challes, présente son nouveau visage à travers 3 titres
longs et sinueux. Natsat évoluait dans une noise de plus en plus
étirée, et c'est assez logiquement que nous les retrouvons
aujourd'hui du côté des groupes à tendance post-rock.
Le quatuor semble vouloir sortir du format "chanson" pour travailler
plus à fond les ambiances, prenant le temps d'installer son univers
Un univers qui fait la part belle à la batterie, comme le prouve
le titre d'ouverture, pendant que la basse et la guitare, à la
texture excellente, lâchent ici ou là quelques arpèges
dans une subtilité touchante. Mais si les codes s'éloignent
du rock, le groupe entre de plein fouet dans les conventions post-rock.
Le chant est encore une fois relégué au second plan (uniquement
quelques passages sur le deuxième titre), la guitare n'apparaît
qu'en de rares occasions, le jazz devient envié, et les tympans
sont particulièrement sauvegardés
bref, le Natsat
nouveau accepte toutes les grandes règles établies par le
style. Pourtant, ces trois titres montrent que le groupe possède
un réel talent. Les ambiances sont douces et agréables,
les sonorités bien choisies, les boucles convaincantes. Il ne s'agit
pas de révolutionner, mais d'enmener l'auditeur vers des paysages
envoûtants, peu importe si la démarche a déjà
été utilisée par d'autres. Le piano, sans doute samplé,
de "Aberdeen H" est touchant et finit d'asseoir le groupe dans
son nouveau fauteuil. Natsat devrait arriver à toucher le public
post-rock classique, sauf si celui-ci est déjà parti vers
d'autres horizons
C'est malheureusement le risque. Le titre de fin,
"Phoenix", est particulièrement agréable, malgré
sa couleur évidemment trop proche du TNT de Tortoise. S'il n'était
pas si ressemblant des maîtres du genre, j'aurais sans doute crié
au génie
Bref, ces trois nouveaux titres montre un Natsat
toujours aussi doué, mais qui aurait tout intérêt
à ne pas oublier ses anciens acquis pour réaliser un prochain
disque plus personnel, et peut-être plus vivant, pour devenir définitivement
convaincant.
[mg]
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Voir aussi : Tortoise
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Encore un groupe avec David Pajo ?
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CLOGS
"Lullaby for Sue"
(Brassland 11 titres)
Avec "Lullaby for Sue", on se surprend à imaginer ces
quatre musiciens classiques en successeurs attendus des Rachel's. Le premier
morceau, "No6", excelle dans le domaine. Le violon, la guitare,
les percussions, tout recrée ses ambiances si mélancoliques
et si profondes. Mais rapidement, Clogs s'éloigne de ce chemin
trop doux pour rendre sa musique plus dissonante, plus perturbée.
L'oreille est souvent agressée par des sons stridents. L'approche
est plus expérimentale, mais me touche moins. On perd la force
des belles mélodies, l'émotion du début. Je retrouve
la beauté et la profondeur sur "No4", le cinquième
morceau (!), puis sur le suivant. Le violon se fait moins aigu. C'est
alors un délice. La force d'une formation classique qui fait évoluer
sa musique vers le trouble, le mélancolique et sans doute vers
un soupçon de rock. Puisque ce sont les plus connus à l'heure
actuelle, nous pourrions citer Godspeed You Black Emperor qui évoluent
eux aussi dans ce genre d'atmosphères, mais d'une manière
certainement plus rock et plus bruyante. Quand le chant apparaît
sur "Gentler We", on ressent l'influence baroque et médiévale
; le résultat pourrait rappeler légèrement l'approche
de Dead Can Dance
Vous l'aurez compris, cet album quasi-instrumental
alterne entre deux visions contradictoires : l'une douce, mélancolique
et profonde, qui mérite à elle seule l'écoute de
ce disque, et l'autre, déstabilisante, dissonante et plus déviante
que je trouve moins appropriée, et qui, pour le coup, m'agace assez
vite. Heureusement la balance semble tourner en faveur des titres particulièrement
touchants. Donc album à écouter !
[mg]
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Voir aussi : Rachel's, Godspeed You Black Emperor, Arvo Pärt
>>
Music for Egon Schiele
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PINK
GREASE "All Over You"
(6 titres-horseglue records)
Pink Grease profite de la hype entourant des groupes comme Radio 4 ou
Liars pour se frayer un chemin jusqu'à nous. Et fait tout ce qu'il
peut pour être insaisissable! Leur punk disco renvoie aussi bien
à Liars, The Nation Of Ulysses qu'à la new wave et même
à d'autres choses bien moins avouables
Car si la base est
indéniablement punk (avec des cuivres), le reste dépend
des humeurs et des délires : Pink Grease ne semble se poses aucune
limite, d'autant que le groupe semble apprécier le second degré
(second, c'est un minimum sur certains passages...). En tout cas, c'est
toujours roots au niveau du son, hyper énéergique et frais.
Et c'est vrai qu'après l'écoute de ces 6 titres, on en redemande
!
[sullivan]
>> Voir aussi : The Nation Of Ulysses, Liars
>>
Le nouveau groupe de la chanteuse Pink ?
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TÉLÉFAX
"des courbes de choses invisibles"
(Dora Dorovitch 11 titres)
Projet à la forme incertaine, groupe aux structures variables,
Téléfax s'inscrit dans un cérémonial post-rock
classique, réunissant quelques noms du milieu. En effet, après
avoir débuté comme le projet solo de Franck Valayer en 1999,
on retrouve sur ce nouvel et second album Francisco Esteves (boss du label
Dora Dorovitch, ex-Moan, Expérience, etc.), et des participations
très actives de Thoma Mery (ex-Purr) ou Marielle, la chanteuse
de Playdoh. Le résultat est une nébuleuse electro-post-rock
sans grande nouveauté mais agréable. Les ambiances sont
plus ou moins bonnes ; on regrettera un peu les trop nombreuses baisses
de régime qui font perdre le rythme de cet album, mais certains
titres prennent heureusement toute leur ampleur, donnant ses lettres de
noblesse au projet. "Au large de la Sicile" fait monter la pression,
nous berçant de plus en plus passionnément. La voix en français
sent un peu le rabâcher mais la musique est superbe. On retiendra
aussi "our talk" qui réunit les chant de Thomas et Marielle,
du plus bel effet, mais qui n'arrive pas vraiment à s'envoler définitivement.
C'est un peu le problème de ce disque. Il y a des idées
magnifiques, des mélodies prenantes comme je les aime, mais souvent
il manque un petit quelque chose pour que la composition soit vraiment
réussie. L'aspect lumineux de "rose" est parfait, mais
la chanson n'en profite pas pour vraiment nous transporter. Comme souvent
dans ce genre, le temps s'allonge, la musique devient presque cinématographique,
et la sobriété devient indispensable. Cet album répond
à toutes les règles du genre
Peut-être trop
? C'est vrai que "des courbes de choses invisibles" possède
beaucoup d'aspects très attirants qui peuvent suffire à
en faire un disque convaincant, mais après plusieurs écoutes,
on en demande plus
Les éléments attirants ne suffisent
plus. Quand on arrive à faire de si beaux passages, on est en droit
de demander un peu plus, de vouloir être transporté sans
retenue par les ambiances. Dommage, cet album possède tant de bons
aspects ; il avait la capacité d'être une excellente sortie
traditionnelle à la ligne electro-post-rock, mais reste juste un
bon album, agréable à écouter. C'est déjà
beaucoup, mais on en attendait plus
[mg]
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Voir aussi : Programme, Expérience, Playdoh
>>
Des courbes bien visibles sur la pochette
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P
"Mr Squiggle Plays live in Kalamazoo"
(Bat rds 7 titres)
Derrière un nom bien atypique, les P
(dites P 3 points) nous
proposent une pop indie sur-vitaminée qui mélange comme
le veut la tradition anglo-saxonne, mélodie et énergie.
Après un début qui pourrait rappeler Supergrass, le quatuor
parisien dévoile 3 titres enregistrés lors d'un concert
aux Etats-Unis. Le son n'est pas grandiose, mais laisse percevoir la personnalité
du groupe. On navigue entre Nirvana et les Pixies pour n'en citer que
deux. P
compose des pop songs aux mélodies certes assez classiques
mais qui déstabilisent par un côté bordéliques
et crado plutôt intéressant. Et malgré le style qui
pourrait être accessible et particulièrement cadré,
le groupe s'évertue à détruire toutes les conventions.
Chez eux, les plans s'étirent à n'en plus finir, la répétition
devient une règle, le chant devient un instrument (quasiment toujours
saturé), et ce n'est pas les quelques plans d'electronic qui viennent
ponctuer étrangement les morceaux qui aident à s'y retrouver.
Bref, comme souvent avec ce genre de groupe, le CD reste un peu cacophonique,
avec un son limite pour les parties live, mais le groupe possède
un petit côté touchant. Les idées sont un peu confuses
par moment, et on peut attraper un mal de crâne sur la longueur,
mais les amateurs d'indie US pourront retrouver l'équilibre de
Pavement et l'énergie de Nirvana, ce qui n'est déjà
pas si mal. Reste maintenant à enregistrer quelque chose avec un
meilleur son et un meilleur mixage
[mg]
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Voir aussi : Nirvana, Pavement, Pixies
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Putain, ils ont tous les cheveux longs ! Ils doivent faire du grunge !
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Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions
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Gélézeau & Natasha Herzock
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