|  | At the Drive-In "relationship Of Command" (Grand Royal cd 11 titres) : Nouvelle coqueluche des fanzines mondiaux, ces Texans d'El Paso semblent avoir enfin trouvé la reconnaissance qu'ils cherchaient. Preuve en est cette signature chez Grand Royal, le label des Beastie Boys, cette distribution mondiale parfaitement assurée, et un carton aux Etats-Unis et en Angleterre. Pour ceux qui ne connaissent toujours pas, ATDI a conquis ses lettres de noblesse grâce à des shows électriques, nombreux et éprouvants, et un post-hardcore émotionnel, complexe et dévastateur. Et pour ce grand retour, tant attendu par les fans, le groupe continue dans sa lancée, en évoluant logiquement, sans réelle surprise. On pense toujours aux débuts de Fugazi (certaines lignes de chant et ce "je-ne-sais-quoi" émo), ou même à l'énergie des Beastie Boys, mais ATDI possèdent une réelle identité qui fait qu'on ne peut les confondre avec aucun autre groupe du style. Un espèce de mélange entre une tradition punk hardcore assez furieuse, une technique complexe (les guitares et le chant), et des recherches rythmiques et sonores originales. Le groupe s'ouvre d'ailleurs de plus en plus, s'essayant à de nombreuses nouveautés, pas toujours du meilleur goût, je vous l'accorde. On reprochera notamment des arrangements légèrement trop soignés, des effets parfois vulgaires, qui, au fur et à mesure des chansons, donnent un arrière-goût presque désagréable, sans trop savoir pourquoi. C'est un fait, on préférait tout de même la production plus directe de In/Casino/Out. Mis à part ces quelques faux pas que beaucoup risquent de ne pas supporter, et qui donnent vraiment l'impression que les texans cherchent à devenir les nouveaux Rage Against The Machine, cet album possède une bonne classe. Cette force qui arrive à donner un album riche, complexe et suffisamment intéressant pour un public pointilleux, sans pour autant oublier de vous maltraiter les tympans et vous faire sauter sur votre lit, comme un imbécile ! Et, pour finir, ATDI possède l'alchimie parfaite pour pondre des tubes à la pelle
Si vous êtes sensibles à leur musique (ce qui ne sera pas le cas de tout le monde, faites attention au phénomène de mode), vous risquez de plonger pour un bout de temps. Émotions et énergie garanties. [mg] >> voir aussi : Fugazi, Beastie Boys, Rage Against the Machine ! |
| | Purr "Open Transport" (Prohibited cd 11 titres) : Tout le monde se souvient du petit phénomène qu'avait créé le premier album de Purr en 1997
Toute la presse spécialisée avait encensé ce "whales lead to the deep sea", comme la réponse française au postrock anglais et américain (Slint, Tortoise et Mogwaï avaient été cités à tout bout de champ). Après une remise en question qui a failli s'avérer fatale pour le groupe, le trio parisien revient au devant de la scène avec un nouvel album pas si surprenant que cela. Certes, la production, confiée à Luke Sutherland (Long Fin Killie) s'est améliorée, et le groupe possède dorénavant une expérience non négligeable, donnant un ensemble plus serein, mais le style posé et envoûtant si apprécié il y a 3 ans est toujours d'actualité. Les rythmiques enchaînant postrock et inspirations jungle ne sont pas si différentes d'antan ; les arpèges de guitare, suivis d'explosions sonores, s'écartent un peu du chemin ouvert par Slint, mais gardent toute leur personnalité et leur classe ; et la basse, même si plus dépouillée que sur le premier album, continue de nous faire rêver par ces rondeurs jazzy plus que merveilleuses. Pas de problème, la sensibilité est restée intacte ; les samples et la trompette sont toujours utilisés avec tact, et augmentent la beauté triste et sombre de cet album. Le seul réel changement provient de cette volonté de s'ouvrir au français. Si l'essai me surprend par sa réussite sur "Squares", qui ne déteint pas avec les morceaux en anglais, l'approche plus osée d'un titre comme "Crash" déstabilise. Au moins cela se veut personnel, mais cette voix très en avant m'agace profondément. Enfin, l'exercice était périlleux, et malgré quelques faux pas désagréables, je dois bien avouer trouver le résultat plus que convaincant, et, au final, loin des platitudes pop commerciales que nous livrent les radios dites "rock". L'album aurait peut-être mérité un peu plus de surprise et de fantaisie, mais, le choix de la continuité permettra au moins à ceux qui avaient aimé le premier album de se jeter sur celui-ci sans hésitation. [mg] >> voir aussi : Slint, Miossec, Long Fin Killie ? |
| | Samiam "Astray" (Burning Heart - cd 12 titres) Trois années se sont écoulées depuis leur précédent opus "You are freaking me out" déjà sur Burning Heart, et Samiam nous revient plus fort que jamais avec ce magnifique "Astray". En 12 ans d'existence et 7 albums, dont 2 mini, le groupe a su évoluer dans un style personnel alliant les mélodies à l'efficacité harmonique des guitares nerveuses. Certes, ce genre est plus que saturé, mais je ne comprendrai jamais le peu d'intérêt que l'on puisse porter à ce groupe. La voix magnifique de Jason Beebout ce mec est un vrai chanteur (vous voulez comparer avec The promise Ring, qu'on rigole un peu ?) est un atout non négligeable. D'accord la section rythmique fait (en général) le strict minimum ne vous attendez pas à être surpris par des contretemps et breaks incroyables mais ça fait partie du son Samiam. Chez eux, le plus important c'est l'efficacité alliée à la simplicité. Ces mecs-là sont punks, sans artifice ; ils sont vrais (il n'y a d'ailleurs qu'à voir leur non look pour comprendre !). Bref, cet album qui nous présente encore une nouvelle section rythmique (depuis Clumsy, le groupe en change à chaque album), est très varié, on retrouve des morceaux mid-tempo classiques, d'autres plus énervés et plus directs comme "Wisconsin", "Paraffin" et "Bird Bath", tous les trois débordants d'émotions (mon dieu, que c'est beau !). Vous aurez également votre compte en ballades (rappelez-vous le magnifique "Stepson" de "Clumsy") rivalisant aisément avec the Get up kids ou Elliott : "Mud Hill", "Mexico" ou encore l'acoustique "Curbside", ainsi que "Why do we" et son refrain au chant hurlé à s'en exploser les cordes vocales. Bref, Samiam fait, une fois de plus, preuve d'un talent de composition indiscutable ; les fans du groupe adoreront, et les autres devraient poser leurs oreilles dessus pour déguster ces mélodies qui ne les lâcheront plus. [Greg S.] >> voir aussi : Get Up Kids, Elliott, Texas is the Reason |
| | Sitn'Spin "Enjoy the ride" (Headhunter cd 17 titres) Il suffit de voir la pochette pour comprendre que ces filles-là ne sont pas du style à y aller par 4 chemins. Pop sixties, punk et rock'n'roll bouré de mélodies stupides sont à l'honneur. On pense aux plus célèbres girls-bands du style, évidemment, mais, ici, personne n'a dit que l'originalité était recherchée. Au contraire ! Les miss veulent bien intégrer quelques louches de pop, voire une certaine tradition folk/country américaine (Sober), mais, encore une fois, rien ne sert de s'égarer. Rock'n'roll, textes stupides (I like your boyfriend), et sauvagerie contrôlée, les ingrédients classiques sont tous réunis pour nous offrir 17 tubes "ancienne école", plus dansants les uns que les autres ! Irrésistible ! [mg] >> voir aussi : Slant 6, Red Aunts, Marine Research |
| | Velma "cyclique" (Noise Product cd 10 titres) Sorti l'année dernière aux USA, Japon et Australie, ce second album de Velma nous fait l'honneur de sortir en Europe cette année, via le label Suisse Noise Product. Velma, c'est un peu ce cousin germain hors-norme, au look Deschiens décallé, légèrement intellectuel, mal dans sa peau, mais à la créativité débordante
sur scène, le chanteur rappelle étrangement les malaises de Ian Curtis, tandis que certains de ses amis revisitent la scène via des projections Super8 et autres bouts de tissus tendus. Pas de problème, le spectacle mérite d'être vu. Pour ce qui est du disque, l'ingéniosité minimaliste est toujours présente, mais l'ennui gagne peut-être plus facilement. Les boucles répétitives hypnotisent toujours autant, les expérimentations discrètes s'intègrent parfaitement, et les mélodies pop faussement "en dehors" jouent le rôle d'accroche-cur. Le travail mérite d'être félicité comme il se doit. Cependant, nous ne pouvons nier que l'aspect trop conceptuel de leurs recherches fait parfois perdre le réel but de l'opération, ce qui rend certains titres ennuyeux. Mais quand ces artistes réussissent l'association du conceptuel contemporain, des années 80, et de l'electro-pop atmosphérique, le résultat devient alors terriblement envoûtant (55'291), et c'est ce que nous retiendrons de ce disque. À noter, par ailleurs, une partie multimédia pour les possesseurs d'ordinateurs. [mg] >> voir aussi : Tortoise, Joy Division |