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MEANWHILE,
BACK IN COMMUNIST RUSSIA
"my elixir; my poison"
(Trucks Rds 10 titres)
Derrière un nom à coucher dehors, ce groupe originaire d'Oxford
nous livre son premier réel album. La pochette représente
très bien leur musique. Une musique belle et sombre, réussie
mais sans surprise. Sans surprise car leur post-rock travaille les ambiances
en noir et blanc, les mélodies sombres et les douceurs ambiguës,
comme ses prédécesseurs. On a bien le droit à quelques
ajouts electro, mais, là encore, il serait malhonnête d'appeler
cela une surprise. Cependant, ce "my elixir; my poison" se laisse
écouter avec plaisir. Avec leurs montées lentes, et leurs
mélodies prenantes, le groupe arrive à nous bercer et nous
faire accepter leur univers rempli de mystère et de poésie.
Un univers froid, où chaque chanson semble enveloppée par
une couche de neige, transformant chaque angle en arrondi délicat.
Et comme souvent dans le genre, nous retrouvons les dorénavant
classiques montées de décibels, ces montées si jouissives
qui ont rendu célèbres les Écossais de Mogwaï
par exemple. Bref, cet album manque un peu d'accidents et de remises en
jeu osées, mais pour les amateurs de post-rock, voici un groupe
qui saura vous apporter son lot d'émotions fortes. Si cet album
n'a rien de nouveau, Meanwhile
possède tout de même
tous les atouts nécessaires pour vous mettre des frissons dans
le dos, et c'est déjà beaucoup.
[mg]
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Voir aussi : Mogwaï, Arab Strap, Piano Magic
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Back in USSR
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MISS
GOULASH "Haro pacific Chimie Station"
(Ektic 4 titres)
On vous avait déjà parlé de cet extraordinaire collectif
lyonnais lors de la sortie de leur démo. Et nous vous en avions
dit beaucoup de bien. Mais pour ceux qui n'avaient pas suivi, faisons
à nouveau les présentations : Miss Goulash réunit
11 musiciens lyonnais dont quelques membres actifs de Plod, Kabu Ki Buddah,
Bananas at the audience, etc. et s'attelle à mélanger les
influences de chacun pour donner un résultat étrange aussi
festif que complexe. Comme avec leur précédente production,
la trompette, le violon, certaines mélodies de voix et le sens
de la dérision pourront rappeler à certains Emir Kusturica
et son No Smoking Orchestra, tandis que l'intro du premier morceau (dont
le titre "majeur en danger" risque de rappeler des souvenirs
à certains) titillera les amateurs de Plod, mais Miss Goulash reste
difficilement comparable. On retrouve la folie, la maîtrise, l'humour,
la créativité, la technique, et même la sensibilité.
Vous pourriez peut-être imaginer The Ex + Tom Cora sous acide ayant
décidés de jeter les guitares, de troquer leur chanteur
contre un maître du Karaoké asiatique, et de faire une musique
pour un cirque des pays de l'Est !?! Bon, ça ne va pas trop vous
aider ça !!! Disons que ce n'est pas de tout repos, mais je peux
vous certifier que le voyage vaut le coup d'être vécu. Il
n'y a que le dernier titre, sorte d'impro free, qui ne soit pas la hauteur
de mes espérances. Une chose est sûre, si vous êtes
sensible à la créativité débridée des
groupes lyonnais actuels, et que vous n'avez pas peur de sortir des sentiers
battus du rock, alors jetez-vous sur ce 4 titres !
[mg]
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Voir aussi : Plod, Emir Kusturica & the No Smoking Orchestra, KKB

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Youh aârhh zeû beist
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PLAYDOH
"fragments"
(peter i'm flying 10 titres)
Quelle surprise de retrouver Playdoh après plus de 3 ans de silence
! Leur premier mini-album sorti en 1999 chez Ultra-Violet, avait convaincu
les amateurs du style. Un post-rock noisy qu'il partageait entre autres
avec Purr
Mais depuis, silence radio. On a bien vu éclore
divers projets, comme Lo recording, Chien ou plus récemment Téléfax,
mais plus de nouvelles de Playdoh. Alors, quelle surprise d'écouter,
aujourd'hui, le premier réel album du groupe. Et le moins qu'on
puisse dire est que Playdoh a profité de ces années pour
changer sa trajectoire. Certes, le groupe aura mis le temps, mais le résultat
est là : nickel, sans bavures, sans aucun doute proche du souhait
de ses créateurs. Une musique hybride entre electro-pop et post-rock,
très belle, très fine. Les guitares sont particulièrement
touchantes. Mais ce qui marque le plus est le virage electro qu'a entrepris
le groupe. On garde bien cette sensibilité entre Blonde Redhead
et Purr, cette touche foncièrement pop, mais les machines ont pris
une place prépondérante dans le mode de composition, rendant
la musique du groupe presque chirurgicale. Le morceau d'ouverture n'est
qu'un exemple de ces influences electro. Du coup, on se met à regretter
un peu les voix d'autrefois, surtout celle de Marielle trop peu présente
ici, et les montées de régimes de leur époque rock.
Cet album est d'une maturité assez imposante, digne d'un groupe
de cette expérience ; la production est travaillée, et les
mélodies possèdent toute la force nécessaire pour
nous toucher, mais je ne cacherai pas une certaine frustration. Cet album
est définitivement bon, mais manque de temps forts
de quelques
titres plus emballés qui donneraient toute leur dimension aux accalmies.
"True", et sa démarche plus "rock" s'y essaie
mais pas suffisamment pour donner de réels repères à
l'auditeur. Idem pour "silent" ou "i run, i swim",
encore trop poli. Trop souvent, les morceaux retombent au lieu de s'envoler
Peut-être que Playdoh a en définitive trop pris son temps.
Aujourd'hui, que cela soit dans l'electro, ou le post-rock, le public
attend plus de folie, plus d'ouverture et moins d'intimisme. Trop de portes
ont été ouvertes ces dernières années dans
le style, et ce "fragments" a beau être d'une très
grande qualité, nous aurions souhaité qu'il dépasse
les erreurs de ses prédécesseurs. Enfin, ne soyons pas mesquins,
cet album possède bien assez de qualités pour nous séduire,
et c'est le plus important. Reste à voir le groupe sur scène
où il s'entoure de Thomas Merry (ex-Purr, guitare) et de Marie
Daubert (vidéo, et aussi responsable de la très réussie
pochette) et où les décibels semblent plus débridés.
[mg]
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Voir aussi : Blonde Redhead, Purr, Superpitcher, Seefeel, Notwist

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Tout se joue à l'âge Playdoh
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THE
BEAR QUARTET "Ny Våg"
(A West Side fabrication 9 titres)
Formé en 1989, ce groupe suédois semble bénéficier
d'une certaine notoriété dans son pays. À l'écoute
de ce huitième album, on se demande comment ce groupe n'est pas
plus reconnu ici ? Les trois premiers titres sont trois tubes en puissances
à qui il ne manque pas grand-chose pour exploser ! Le savoir faire
est bien là, il manque peut-être encore une fois une certaine
originalité, ou peut-être est-ce dû à leur esprit
trop facilement barré ? En tout cas, cet album commence avec un
titre à faire pâlir les amateurs de Strokes et autres rock
New-Yorkais, le second nous remémore le Velvet Underground, puis
la troisième plage se rapproche d'Interpol
Ces Suédois
savent composer du tube, légèrement punk (esprit new-yorkais),
légèrement arty et toujours suffisamment bien travaillé
pour donner envie de le ré-écouter. Bref, nous pourrions
penser à un nouveau venu de la grosse pomme américaine,
mais sans le côté racoleur. Car, passé les trois premiers
titres qui s'inscrivent à jamais dans votre cervelle, le groupe
se laisse aller à une divagation bien plus étrange. Le groupe
oublie l'aspect tube radio (sauf sur le sixième titre, à
la Television) et s'enfonce dans des méandres plus flous. On a
presque l'impression qu'il s'agit d'un autre groupe. C'est très
étrange. L'approche devient presque expérimentale ! Sans
doute est-ce leur côté Sonic Youth qui reprend le dessus.
Quand on voit la facilité qu'ils ont à composer des tubes,
c'est étrange de les voir partir dans ce genre de morceaux sans
queue ni tête, parfois trop long et ennuyeux
En même
temps, si cela retire l'homogénéité qui aurait rendu
cet album plus intense, cette diversité étrange rend le
groupe plus touchant. On dirait presque qu'il s'agit d'un album compilation,
avec ses titres, tendance new-yorkaise, parfaits pour les "singles
radio",et ses expérimentations esprit "face B de 45t".
Une chose est sûre, si ces Suédois ne savent pas faire le
tri, ils ont un talent qu'on ne trouve pas partout, et une liberté
touchante. The Bear Quartet possèdent le talent pour écrire
de bonnes chansons pop modernes, et la créativité pour sortir
des sentiers battus, passant d'un tube radio de 3 minutes à une
expérimentation noisy progressive de plus de 10 minutes
Et
si ce n'est pas cette ambiguïté qui a fait le succès
de Sonic Youth, alors, je n'y connais rien.
[mg]
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Voir aussi : Sonic Youth, The Strokes, Brian Eno, Velvet Underground,
Television

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Comment font tous ces Suèdois pour sonner si Américains
?
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THE
LOCUST "Plague Soundscapes"
(Anti-/Epitatph - 23 titres)
Qu'est-ce qui a bien pu motiver Anti-Records à signer un tel groupe
et de surcroît à le ranger sur son catalogue auprès
d'artistes comme Tom Waits et Tricky ? A-t-on à faire à
un vrai phénomène ? La tendance actuelle est-elle aux groupes
extrêmes ? 23 titres en 21 minutes (pas mal mais Agoraphobic Nosebleed
a fait mieux) Les quatre fralés de The Locust tiennent donc la
forme en pratiquant un grind hardcore chaotique ultra-violent mais atypique
dû à ces ajouts électroniques noisy qui, depuis 1995,
font leur originalité et leur renommée dans le milieu underground.
Les morceaux sont exécutés avec la plus grande maîtrise.
Techniquement c'est déroutant et cette cohésion est impressionnante.
L'assaut est frontal, agressif mais souvent répétitif. En
effet, les californiens ne nous laissent que de trop rares occasions (voire
presque pas) pour respirer le temps d'un break. Je reconnais la formule
efficace et parfois attrayante, mais c'est émotionnellement faible.
Si bien qu'à la fin de l'album, on se demande toujours si c'est
de l'art ou de la sauterelle. Sans concession et livré sans insecticide.
[chRisA]
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Voir aussi : Melt Banana, Man is the Bastard
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Noisy Teenage Riot
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IMAGHO
"nocturnes"
(FBWL 10 titres)
J'avais déjà été séduit par son premier
album, "image des mondes flottants", et me voici à nouveau
sous le charme de ce "nocturnes". Ce nouvel album qui sort chez
FBWL, label bien discret ces derniers temps, continue de dévoiler
la sensibilité de Jean-Louis Prades. Principalement axées
autour de la guitare, les dix compositions de ce second album déstabilisent
par leur beauté et leur sérénité. Le temps
semble s'allonger. Les sons de guitares sont sublimes. Les influences
s'ouvrent sur divers horizons, tous plus féeriques les uns que
les autres (avec quelques angoisses nocturnes toutefois). Et si, sur la
fin, les titres s'essoufflent un peu ("via ricanten" me parle
moins), c'est surtout dû à la présence de quelques
merveilles au début du disque. Je pense à "pour une
fois", le second titre et surtout "bienvenue", le quatrième"
qui atteint une beauté rarement égalée. Dommage tout
de même que ce titre ne s'étende pas plus, car il aurait
mérité plus que 2 minutes 40 ! Imagho arrive à créer
un monde fabuleusement poétique autour de la guitare, sans tomber
dans l'élitisme ou l'abstrait, sans en faire trop, ni pas assez.
Le travail est à situer à l'opposer des groupes noise. Ici,
on ne déstructure pas, on ne casse pas ; ici, on crée, on
développe, on apaise. Et pour une fois, le résultat ne tombe
pas dans la boucle répétitive et excessive de certains de
ses confrères. Alors, il y a sans doute un ou deux titres qui ne
méritent pas tous ces superlatifs, mais en général,
ce disque mérite notre engouement. Il est évident que certains
ne seront pas concernés par l'orientation d'un tel disque, mais
ce n'est pas tous les jours qu'un album titille la poésie du Meddle
de Pink Floyd
[mg]

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Plus troublant que "autant en emporte le vent"
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OVERMARS
/ FUGUE "Our dreams walking their way 3"
(Waitingforanangel - 7 titres)
Nos rêves continuent leur petit bout de chemin avec le troisième
chapitre qui accueille les lyonnais d'Overmars et les japonais de Fugüe.
Même si ce split cd n'affiche pas une rencontre au sommet (à
l'origine il était prévu un split Amanda Woodward/Ninedayswonder)
il ne manque pas d'intérêt dans la mesure où Overmars
m'a agréablement surpris. Loin de leur tambouille indigeste qui
alimentait leur précédent split (partagé avec Donefor),
les lyonnais ont vraiment ici affiné leur metal sludgecore : très
bon son, compositions aérées et envoûtantes sur lesquelles
plane un clavier astucieux et déterminant. Les titres, tous longs
(autour de 10 minutes), vous enveloppent d'une puissance épique
irréprochable qu'un Aaron Turner (Isis) ne renierait pas. Le groupe
fait preuve désormais de rigueur et donne, à mon avis, davantage
de sens à ses émotions
serait-ce dû à
l'arrivée de Fafa (Iscariote + boss de Waiting for an Angel) à
la basse? Quant au quatuor nippon, ses quatre titres me laissent plutôt
perplexe. Peut-être parce que sa musique assez lente ne semble pas
s'articuler sur des idées porteuses. Souvent poussive et agrémentée
d'un chant bizarre, elle ne procure que peu de frissons
si bien
que j'ai à chaque fois envie d'éteindre mon poste au bout
du deuxième morceau. Mais, à bien y réfléchir,
je reprendrai bien un peu d'Overmars, histoire d'attendre la chapitre
4 de cette série ambitieuse et déjà réussie.
[chRisA]
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Voir aussi : Isis, Neurosis, Keelhaul
>>
Nagasaki nighmare
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MOTION
CITY SOUNDTRACK "I am the movie"
(Epitaph - 14 titres)
On ne va pas vous refaire le coup de l'analyse d'un énième
album d'indie emopop bien dans l'air du temps. D'autant plus qu'avant
de signer sur Epitaph les américains de MCS étaient presque
inconnus. Dans un registre où tout a souvent été
dit, le groupe affiche pourtant sa capacité à pondre de
bons morceaux mélodiques au pouvoir d'accroche indéniable.
Tonique, parfois nerveux et toujours efficacement pop, le quintet déroule
une musique honnête et sans larmes de crocodiles. Très bien
mise en valeur par la production de Ed Rose, elle manque cependant d'originalité.
D'autant plus que l'omniprésence des claviers nous amène
involontairement à penser que Les Get Up Kids ont eu une grande
influence. Le groupe n'arrive pas non plus à sortir d'un format,
d'un schéma de composition propre au style. Ce qui explique ce
sentiment de lassitude au bout du dixième morceau. Sans jouer les
vieux cons, l'ennui d'un tel album vient aussi du fait qu'il s'adresse
davantage à un public boutonneux qu'à un jeune trentenaire
comme moi si vous voyez ce que je veux dire
Logiquement, 'I am the
movie' ne devrait pas passer inaperçu. À retrouver en video
sur MTV, ou lors de l'arrosage du bac d'Adrien
[chRisA]
>> Voir aussi : The Get Up Kids,
Saves the Day, Finch

>>
on échange nos chewing-gum ?
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Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions
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Gélézeau & Natasha Herzock
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