LOGH "The raging sun"
(Bad Taste - 10 titres)
A l'écoute de ce deuxième album, la musique de Logh (qui au passage à rajouter un H à son patronyme) évoque plus le calme blanc des lacs du pays et ses grandes étendues boisées que l'huile de moteur qui alimente les nombreux combos rock suédois. Composé dans le même esprit que 'Every time a bell rings an angel gets his wings' mais enfanté cette fois dans la douleur, 'The Raging Sun' brille de par sa large collection de chansons. Mêlant agréablement et subtilement l'énergie électrique à la rudesse acoustique, les compos s'inscrivent dans une dimension intimiste et poétique très personnelle. L'écho de chaque note de piano caressé par la voix de Mattias Friberg sur 'End Cycle' et 'Lights from sovereign states' suinte d'une solennité touchante et tout aussi forte que l'explosion libératrice de 'The bones of generations'. Chaque morceau dévoile au fur et à mesure sa part de mystère rendant ainsi l'écoute intense et captivante. La liberté de ce groupe se révèle totalement créative au point de tisser une toile aux lignes peu communes. Cet album s'annonçait excitant et prometteur… Logh n'a pas raté son rendez-vous.
[chRisA]

>> Voir aussi: Kristofer Astrom, Sunny Day Real Estate, The Appleseed Cast, Slint

 

 

THESE ARMS ARE SNAKES "This Is Meant To Hurt You"
(Jade Tree-5 titres)
These Arms Are Snakes a tout pour devenir le prochain super groupe indé. En premier lieu, le line up, composé d'ex-membres de Botch et Kill Sadie. Et surtout la musique ! Ce 5 titres suffit amplement pour imaginer ce que ce combo va pouvoir donner dans un avenir proche. Sa première qualité est indéniablement son côté imprévisible. À la première écoute, on a vraiment l'impression que ça peut partir dans tous les sens… Le groupe a visiblement décidé de ne se poser aucune limite. Mais une chose est sûre, c'est qu'il affirme la volonté de jouer du rock, du rock puissant, un peu à l'instar de And You Will Know Us By The Trail Of Dead mais en y insufflant plus d'agressivité. Sans pourtant jamais tomber dans le hardcore chaotique ou brutal. C'est là la grosse différence avec le défunt Botch. La guitare est clairement mise en avant, sans jamais être exubérante. Mais si elle reste sobre, elle permet souvent les montées en tension et est l'instrument privilégié par lequel passent les paroxysmes, de façon parfois surprenante d'ailleurs, comme sur "Run It Through The Dog". Quant au chant, il est varié : il peut être hurlé, susurré ou même parlé… Tout cela fait une musique assez inclassable (certainement post-quelque chose, pourquoi pas post post-hardcore…) qui devrait se rapprocher de la perfection si elle garde cette capacité à surprendre.
[sullivan]

>> Voir aussi : And You Will Know Us By The Trail of Dead

 

 

www.novarecordings.de

A TRILLION BARNACLE LAPSE "the elemental gearbot"
(nova recording – 10 titres)
Après être sorti en CD il y a quelques mois aux Etats-Unis chez Level Plane, le label allemand Nova Recording nous fait l'honneur de presser la version vinyle du premier album de ATBL. Et même si le mastering aurait pu être meilleur, ne boudons pas notre plaisir. ATBL rejoint directement la famille des groupes emo à clavier, aux côtés de Milemarker et Robocop Kraus. Et comme eux, ATBL arrive idéalement à mélanger l'émotion, la tension et le groove. Ne craignez pas une quelconque dérive trop 80's due au clavier, le groupe garde une réelle approche noise-hardcore avec ses guitares déviantes, ses changements de rythmes, ses intonations de voix à la Guy Picciotto, ses sons distordus, et son énergie brute. Certains riffs de guitare rappellent même sur quel label sort le disque, si vous voyez ce que je veux dire (Level Plane et Nova étant habitués à plus de férocité) ! ATBL se permet juste quelques escapades presque electro-punk comme peuvent le faire Milemarker sur certains titres. Très bonne découverte qui ne tardera pas, je l'espère, à se faire une place méritée dans votre discothèque.
[mg]

>> Voir aussi : Milemarker, Robocop Kraus, Fugazi

 

 

RADIOHEAD "Hail to the thief"
(EMI - 14 titres)
Moins complexe que la formule de NoMeansNo 0+2=1, les cinq d'Oxford entament ce nouvel album avec un 2+2=5 très fugazien dans l'esprit. Les forts en maths se régalent tout en se grattant la tête. Et si l'opération semble beaucoup moins rationnelle pour les nuls comme moi, on se dit qu'elle vient cristalliser toute la spécificité d'un groupe à part dans le milieu pop rock. Car, dans sa quête, Radiohead est à lui seul un défi à la simplicité et à la logique. En transgressant les règles de style, le groupe s'impose avec des compositions faussement extraordinaires mais définitivement magiques. Irrationnel, l'1connu ne peut être identifié, mais sa grâce divine enveloppe chacun de ces 14 titres. Depuis 'Kid A', ces anglais m'épatent littéralement car ils démontrent avec talent et génie qu'on peut encore faire de la musique moderne. Leur vision musicale est toujours plus riche et mystérieuse, toujours plus réactive et explosive. En deux mots : La Classe Ultime. Oui mais ça fait trois mots ça ?! T'inquiète, j'ai la radiohead.
[chRisA]

 

 

vermillon.freeservers.com

VERMILLON "Flattening Mountains and Creating Empires"
(Redwood rds – 4 titres)
Si vous arrivez à dépasser la pochette réalisée par un des maîtres du graphisme du milieu progressif des années 70 (Roger Dean), vous découvrirez un groupe originaire de Seattle aussi déroutant qu'extrême. Avec une moyenne de 10 minutes par morceaux et une totale absence de chant, le quatuor joue à fond la carte du mathrock à tendance progressive. Pas un hasard si l'album a été enregistré par Steve Albini. Gros son heavy, tapis de notes qui s'entremêlent, structures toute en progression, retombée proche de la musique classique (le début de "pachydermus") ou du postrock, logo au goût plus que douteux, tout y est. Un peu comme si Don Caballero était devenu un vrai groupe de rock progressif des seventies ! Du coup, on tombe sur de jolies pépites d'or que les amateurs du style ne pourront renier, mais on ne peut oublier que la démarche même reste particulièrement étouffante. Ceux qui veulent tenter l'aventure savent à quoi s'attendre… De notre côté, on garde une moitié pour les jours de grande faim, mais on ne se sent pas l'appétit suffisant pour s'essayer aux passages vraiment trop progressifs heavy qui gardent le mauvais goût de leurs aïeux.
[mg]

>> Voir aussi : Don Caballero, King Krimson, Sweep The Leg Johnny, Oxes et le rock progressif des 70's

 

 


INTERPOL "The Black ep"
(labels - 6 titres)
Ah… Comment dire ? Bon, c'est vrai que d'un côté, c'est vraiment sympa de retrouver Interpol même si ce n'est que pour un mini. Difficile, en effet, d'oublier que leur "Turn On The Bright Lights" avait été l'un des meilleurs albums de 2002. Impossible de mettre d'un côté de sa mémoire cette musique belle et désespérée, sensible et sombre, qui convoque les fantômes de Ian Curtis et Joy Division. Ceci étant dit, on est quand même très rapidement déçu de voir que sur ces six titres, il n'y a… qu'un seul inédit (qui s'intitule "Specialist") ! Les autres titres sont des black sessions de chez Lenoir, une démo (NYC) ou carrément un single de l'album. Ça fait maigre… tout juste de quoi patienter jusqu'au prochain vrai album en fait. Heureusement les lives ont un bon son et sont sympas.
[sullivan]

>> Voir aussi : Joy Division

 

 

 

www.aerthwaterskycn.de

HOT CROSS "Cryonics"
(earthwatersky connection – 10 titres)
Après s'être fait remarquer par de nombreux fanzines et spécialistes, Hot Cross sortent enfin leur premier album. Un mélange intense de hardcore émotif, de riffs dépressifs, de violence désespérée, de chaos sonores et d'ambiances maladives. On navigue bien dans les eaux du label Level Plane, chez qui le disque sort aux Etats-Unis, mais Hot Cross possède un aspect mélodique qui manque à certains de ses confrères. Les compositions sont furieuses, mais le groupe arrive à garder une certaine aisance qui nous permet de nous y retrouver. Les mid-tempo ne sont pas rares, sans pour autant perdre en intensité. Les vieilles influences digérées de Dischord ne sont peut-être pas totalement oubliées ? Peut-être moins extrême que d'autres groupes du label, mais plus écoutable et définitivement plus proche de nos goûts. Recommandé !
[mg]

 

 

 

HONEY FOR PETZI "Angels Camp"
(Gentlemen - 10 titres)
Comme la tradition ne le veut pas, à Lausanne on ne chôme pas. Quelques semaines après la sortie de Nicholson, les Honey for Petzi avaient déjà installé leurs instruments au camp des anges pour signer la bande originale du film d'Emmanuelle Antille. N'ayant pas eu d'invitation pour assister à sa projection lors de la biennale de Venise, il m'est difficile de dire si leur rhétorique vient idéalement agrémenter les images de la réalisatrice. Mais l'ensemble est suffisamment riche et beau pour être sûr qu'elle ne doit pas les trahir. Bien au contraire, il est porteur d'harmonies, d'ambiances savoureuses au pouvoir suggestif indéniable. Le groupe, plutôt habitué à affoler les pacemakers, apparaît ici sous des sonorités plus calmes et des mélodies plus posées. Ce qui ne les empêche pas de parfois (sur 'Flames Fear Future' et 'The Creek') sonner comme un ersatz de Shellac… question de nature. Outre le fait qu'il accompagnera les 3000 copies du livre d'Antille, cet album devrait être tiré à 500 exemplaires. Ce qui est rare est parfois précieux.
[chRisA]

>> Voir aussi : Tortoise, Shellac

 

 

 

www.subpop.com

KINSKI "Airs Above your station"
(Sub Pop – 8 titres)
Si les ambiances créées par Kinski évoquent la mélancolie des formations post-rock ou no-wave (de GSYBE à Sonic Youth), le groupe n'est pas du style à ranger la 6 cordes pour autant. Ses ambiances, le groupe les créent plutôt à partir de grandes nappes de guitares saturées, rendant sa musique intense et bruyante en évitant les méandres soporifiques de certains confrères. Pourtant, Kinski reste peu bavard, toujours sobre : pas de chant, guère d'explosion convulsive ni de break abracadabrant. Le groupe a choisi d'évoluer en noir et blanc, sans à-coup, reprenant un peu le chemin des écossais de Mogwaï, mais en accentuant les montées soniques sans fin aux détriments d'un quelconque aspect pop. Certains parleront de Godspeed You Black Emperor dans une version plus rock. Ils n'auront pas tord, d'autant plus quand les morceaux avoisinent rapidement les 10 minutes ! Mais Kinski sait aussi se lâcher, comme le montre l'explosif "Waves of second Guessing" qui s'envole après une intro très floydienne. Peu importe quelle comparaison vous conviendra. La recette est connue, mais ce déversement linéaire de décibels possède toujours son charme, surtout quand les ambiances créées possèdent tout le nécessaire pour vous transporter. Et quand on imagine l'ampleur que cela peut prendre sur scène, on ne peut qu'attendre leur venue dans nos contrées.
[mg]

>> Voir aussi : Godspeed You Black Emperor, Mogwaï, Sonic Youth

 

 

 

www.uniquerecords.org
contact : baka-yo@wanadoo.fr

BAKA! "s/t"
(unique records – 6 titres)
Baka! est le groupe qui réunit JL Prades (alias Imagho) et F. Lafay (alias Tomek). Après la découverte du deuxième album de Imagho il y a peu, j'étais curieux d'écouter ce qu'était devenu Baka!. Je me souvenais d'une démo qui présentait une noise presque minimaliste. Quelle surprise de découvrir un premier album ambiant basé sur les boucles de guitares triturées et les rythmes obscurs ! Avec ce premier essai, le duo ferait presque passé Hint et Bastärd, deux références qu'il cite, pour des groupes de rock'n'roll ! Ici, le duo triture ses sons jusqu'à en sortir une ambiance sombre et terrifiante. "Morte saison" n'est qu'un exemple d'angoisse sonore que le groupe arrive à créer. On retiendra aussi "head". Heureusement, on connaissait le talent de JL Prades à faire du beau ; du coup, un titre comme "Brune", moins cauchemardesque, nous laisse respirer. On sent principalement la présence d'Imagho sur la guitare de ce titre, malheureusement trop court. Mais cet album n'est pas fait pour se reposer, ni pour s'amuser. Nous sommes en face d'une ode à l'angoisse… dans tout ce qu'il y a de plus terrifiant. Un univers à la psychose, avec des morceaux qui s'étirent, oubliant le temps, et une peur inexplicablement inhérente. Le but est sans problème atteint, même si l'expérience est parfois pesante pour l'auditeur.
[mg]

 

 

   

 

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