site : www.qandnotu.org

Q AND NOT U "Book of Flag / X-Polynation"
(Dischord – 2 titres)
Ne me demandez pas d'être objectif, Q and not U demeure à mes yeux l'un des groupes les plus intéressants de ces derniers temps. Ses deux premiers albums se sont directement installés dans le haut de la gamme Dischord. Mais si le groupe s'était fortement remis en question après son premier album, ces deux nouveaux titres provoquent moins de surprise. On commence à vraiment reconnaître la patte du trio. Le premier titre est un petit délice bien nerveux que nous aurions tout à fait vu sur leur précédent album. C'est furieux, émotionnel, créatif, mélodique, barré… et le travail de voix est toujours aussi personnel, avec toutes ces petites finesses incroyables ! Le deuxième titre risque tout de même de dérangé les puristes. Si on retrouve bien la touche Q and not U, le groupe part rapidement dans un délire funk un peu étrange… Je suis certain que le titre passera très bien au milieu de l'album à venir mais ici, le délire est difficile à suivre… On navigue en plein post-punk, mais la guitare part vraiment trop loin (esprit funk 80). Enfin, le groupe a de l'humour et il le montre. C'est assez rare pour ne pas s'en plaindre. On se demande juste pourquoi avoir choisi un tel titre pour le 45t annonciateur de l'album ? Les réponses apparaîtront plus claires avec la sortie de leur troisième album que nous attendons avec toujours autant d'impatience.
[mg]

>> Voir aussi : Fugazi

 

DESERT SESSIONS 9 + 10
(14 titres - Ipecac/RekordsRekords)
Josh Homme ne s'arrête jamais ! Non content d'avoir déjà mis en boîte le prochain Queens of The Stone Age et de bientôt sortir l'album de son side-project The Eagles of Death Metal sur son propre label, la grande perche rousse a encore trouvé le moyen de réunir dans un de ses pèlerinages Dean Ween, Alain Johannes, Troy Van Leeuwen, Twiggy Ramirez et PJ Harvey pour gratter quelques cordes sous la chaleur d'un désert plutôt bruyant. Plus qu'un bœuf entre potes, cette nouvelle brochette de musiciens a accouché de morceaux variés mais aboutis. Et malgré une ambiance à la franche rigolade, on sent que chacun y a mis tout son talent et son sérieux. Bien sûr, l'ombre de QOTSA plane au-dessus de quelques titres. La patte de Josh Homme est là, omniprésente et reconnaissable. Les eaux noires dans lesquelles PJ Harvey aime souvent se plonger viennent aussi caresser le sable brûlant de cette terre décidément fertile. De plage en plage, cet album se révèle d'une grande richesse car il expose une volonté de sortir des sentiers battus pour produire une sorte de pop psyché mais toujours agréablement mélodique. L'intérêt réside aussi dans l'essence même de ces sessions. Les morceaux sont quasiment pris sur le vif et contiennent cette chaleur de l'instant présent. Polaroids sonores. Tranches de vies et d'instants éphémères. La création dans l'inspiration du moment. Bref le soleil a beau avoir cogné sur le caillou de ces 'stars', c'est bien vous qui vous choperez une insolation à l'écoute de cet album. Même s'il y a quelques titres un peu faciles, celui-ci est encore un vrai régal.
[chRisA]

>> Voir aussi : Queen of the Stone Age, PJ Harvey

 

site : www.scrapsoftape.tk

SCRAPS OF TAPE "broken note"
(autoproduction – 4 titres)
Scraps of Tape nous viennent de Suède, mais contrairement à ce que le pays nous avait livré dernièrement, ces nordiques ne font ni dans le skate-punk, ni dans le rock'n'roll énergique. Scraps of Tape nous propose un aspect plus sensible de la musique. Une musique qui prend le temps de s'installer, de bercer l'auditeur sans pour autant l'endormir, puis de le pétrifier sous des frissons inévitables. Rares sont les albums autoproduits d'un tel niveau. Les guitares se croisent, ouvrent le dialogue puis s'échappent. Totalement instrumental, la musique de Scraps of Tape renvoie autant à Mogwaï pour cette douceur et ces envolées soniques plus que généreuses, qu'à June of 44 et Slint pour ce mélange aigre-doux de notes claires et de distorsion légère. Mais quand le groupe suit les clichés du genre en offrant des morceaux de 7 à 8 minutes (voire 20 minutes pour le dernier morceau qui voit même apparaître un peu de chant sur les dernières minutes acoustiques), il sait ne pas se perdre dans une musique ennuyeuse et trop mathématique. Pas de grands miracles qui n'est pas été dits ici ou là, mais le dosage est savamment orchestré, et nous ne pouvons que succomber devant tant de délicatesse harmonique. Difficile de croire que ce groupe n'ait pas encore de label pour le suivre tant ces quatre morceaux sont à la hauteur des parrains du style.
[mg]

>> Voir aussi : Mogwaï, Explosion in the Sky, Slint, June of 44, GSYBE!

Ben Davis "Aided and Abetted"
(12 titres-Lovitt records)
Si Ben Davis est la clé de voûte de cet album, 16 de ses amis musiciens provenant de groupes comme Milemarker ou Engine Down ont contribué à l'enregistrement de cet album en 4 sessions différentes. Et si l'on pouvait craindre un certain manque d'unité de l'ensemble, c'est, au contraire, une belle homogénéité qui s'en dégage : chaque morceau est clairement une pièce s'imbriquant dans le puzzle "Aided and Abetted". Et, surtout, il regorge de tout ce que l'on aime dans la musique. En effet, ce rock mélancolique n'a pas d'inhibitions ! Il accepte de laisser percer sa sensibilité pop quand il le faut, en toute sincérité, sans grossir le trait, tout en nuances. La surprise du premier morceau dissipé, quel plaisir d'entendre ces délicats arpèges de guitare se mêler à ce piano touchant et à ces voix toujours justes dans l'émotion, avant de se faire surprendre par des guitares retrouvées, tranchantes et mêmes parfois agressives.
Proche de la démarche d'un Pinback, "Aided and Abetted" doit s'appréhender comme un tout, avec des moments très forts, et des moments plus calmes, sortes de respirations qui font retomber la tension et permettent d'éviter une trop grande linéarité. Une fort belle découverte, qui propose en prime une plage rom sympathique.
[sullivan]

>> Voir aussi : Pinback

 

• disque disponible sur notre mailorder

CHEVREUIL / ROOM 204 "split"
(Ottonecker / Effervescence – 2 titres)
Avec leur premier album, le duo nantais guitare / batterie Chevreuil m'avait laissé froid. Le groupe dérivait trop vite vers le déstructuré abstrait. Puis le duo est retourné en studio (album Chateauvallon), et surtout, je les ai vus en concert. Le groupe s'est recentré sur des compos plus efficaces, plus lourdes, définitivement plus rock, et l'effet de la quadriphonie (quatre amplis pour la guitare) était terrifiant. Bref, j'étais complètement conquis par le duo. Alors quand le duo invite un deuxième guitariste (Sam C) pour un titre soi-disant basé sur la simplicité et la spontanéité (façon Chevreuil tout de même), deux caractéristiques typiques du rock, je ne peux que m'attendre au meilleur. Et ce "commando" ne déçoit pas. Les guitares se croisent, les notes forment toujours des formules mathématiques difficilement compréhensibles, mais l'énergie et le son est bel et bien de plus en plus rock. Comme chez les maîtres US, le groupe a enfin réussi à mélanger élitisme complexe et sueur hard-rock, seule véritable recette pour faire sonner du rock compliqué. C'est énorme pour tout adepte de math-rock à la Don Caballero ! Sur la face B, les cousins germains nantais, Room 204, composés, eux aussi, d'une guitare et d'une batterie, reviennent après une démo qui laissait présager d'un bon potentiel. "Purmocket" a été enregistré par Peter Deimel, au Black Box, et je peux vous certifier que le son fait la différence ! Le duo s'envole et rattrape le retard qu'il avait pris par rapport à Chevreuil. Là aussi, en à peine plus de 3 minutes, les deux nantais réussissent le pari difficile de faire sonner leur musique instrumentale et complexe comme un véritable morceau rock. Difficile de faire la différence avec Chevreuil. C'est du solide qui donne envie de les voir en concert. Bref, le split indispensable à tout math-rockeux qui se respecte !
[mg]

>> Voir aussi : Don Caballero, Shellac

 

site : www.ur.fr.st

 

UNDERGROUND RAILROAD "Ghost of london"
(autoproduction - 5 titres)
Quel bonheur d'entendre, de la part d'un jeune groupe tout à fait obscur, une démo avec une telle orientation ! En effet, quand tout le monde s'essaie à l'emo hurlé ou à l'electro-clash selon les goûts, ces jeunes gens de banlieue parisienne réveillent le fantôme endormi depuis si longtemps de nos regrettés Drive Blind. Le trio cite Sonic Youth, mais à l'écoute du premier titre et de ses vocalises, nous sommes bien en face d'une sensibilité identique aux débuts des Drive Blind : ce rock noisy, énergique à souhait tout en restant vaguement pop… Il y a même du Nirvana dans la démarche. Alors nous n'en sommes qu'à la démo, et les titres manquent peut-être encore d'un peu de prétention (quoique), mais le style n'en demande guère plus et quand on voit la fougue qui vie dans ces 5 titres, on ne peut qu'encourager ce groupe à suivre sa route et nous refaire vivre les grandes heures du rock noisy à la française ! Comme les Drive Blind le disaient à l'époque, "stop thinking, start fighting" !
[mg]

>> Voir aussi : Drive Blind, Nirvana, Sonic Youth

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions à :
If you want to be reviewed here, send your promotionnal stuff to :

Mathieu Gélézeau & Natasha Herzock
51, rue Paul Vaillant Couturier - 92240 Malakoff - France

positiverage@hotmail.com

<< home
<< reviews