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TIM
"the room"
(les disques du hangar 221 13 titres)
Quelle surprise de retrouver ce groupe que beaucoup d'entre nous avait
enterré suite à l'absence prolongée de nouvelles.
Le trio qui s'entoure pour l'occasion d'une section cuivre de deux musiciens
jazz, aura mis le temps (5 ans après "Rapture", leur
dernier maxi officiel) pour sortir ce premier album, mais le résultat
mérite d'avoir attendu. Tim revient très fort, avec un disque
parfaitement mis en boîte, un son superbe et des compositions particulièrement
travaillées. On se croirait revenu aux grandes heures de Prohibited
Records chez qui Tim n'aurait pas fait pâle figure à l'époque.
Ce mélange délicat entre noise rampante et arrangement jazz
(surtout sur les quelques titres où apparaissent les cuivres) fonctionne
merveilleusement. Les trompette et saxo du titre d'ouverture sont superbes.
Mais le trio s'en sort tout aussi bien sans cuivre. Avec ce premier album,
le trio devient l'un des derniers représentants d'une noise calme
et intellectuelle, le mot est lâché, et, contrairement aux
a priori, le résultat est bluffant, sans prise de tête. La
voix, monocorde, se marie bien aux ambiances, et possède la qualité
de ne pas en faire trop pour ne pas devenir trop répétitive.
Attention tout de même aux titres en français qui, même
s'ils sont cachés par un vocodeur, n'apportent à mon avis
pas grand-chose de plus
De son côté, la guitare sonne
joliment, cristalline à souhait. Mais chaque instrument possède
son espace et le développe. Le travail sur le son est impressionnant.
L'approche musicale est définitivement pensée et travaillée,
mais la musique n'en devient pas pour autant ennuyeuse. C'est un joli
tour de passe-passe, un pari osé et réussi. On retrouve
un peu du Prohibition de la fin, mais en plus stable, plus sombre, et
plus oppressant. Et contrairement à ce que pourraient encore croire
certains, cela fonctionne parfaitement. Bravo !
[mg]
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Voir aussi : Prohibition, June of 44, Unwound, Purr, Patton
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THE
PAPER CHASE "What Big Teeth You Have"
(Southern rds 3 titres)
Suite à leur album "Hide the Kitchen Knives", the pAper
chAse reviennent avec ce ep 3 titres sur lequel nous ne retrouvons qu'une
composition originale du groupe, les deux autres titres étant des
reprises. Cet étrange comme ce groupe rend oppressant son rock
! Mélange de plans répétitifs, guitares dissonantes,
piano malsain, la musique de ces ricains met mal à l'aise, tapant
là où ça fait mal avec plaisir. Si les ambiances
du premier morceau rappellent étrangement le blues oppressant d'un
Jesus Lizard, les envolées vocales du refrain sont, elles, proches
d'un titre d'At The Drive In (la comparaison s'arrête là)
! Mais ce qui marque chez The pAper chAse, en dehors de cette guitare
noise, c'est cette rythmique implacable et urbaine assénée
par le duo basse/batterie. Un matraquage en règle. On retient aussi
l'utilisation de samples et d'un piano d'une manière assez énigmatique
et sombre, ce qui apporte une originalité au groupe
Originalité
qu'on ne peut que contempler quand le quatuor s'amuse à reprendre
Brel ou Pink Floyd ! La chanson de Brel devient un "My Death"
sombre sur les pas d'un Nick Cave and the Bad Seeds version noise ! Bel
exercice de style. Même approche glauque pour le titre de Roger
Watters, peut-être légèrement moins convaincant mais
tout aussi transformé ! L'ambiance développée est
proche de celle d'un film d'horreur
Ces gars-là ont vraiment
un problème
Le genre à arracher les ailes des mouches
avant de les relâcher ! Mais ils le font si bien qu'on ne peut que
contempler. Intense. Notons par ailleurs la présence sur le CD
d'un clip superbement réalisé.
[mg]
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Voir aussi : Jesus Lizard, Jacks, Les Savy Fav, Nick Cave and the Bad
Seeds
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MIHAI
EDRISCH "l'un sans l'autre"
(9 titres - Alchimia)
Les voix distordues en intro se sont à peine évaporées
que le groupe attaque pied au plancher. Secousses épileptiques.
Giclées vocales. Élans chaotiques mais contrôlés.
Puissance imparable pour un début tonitruant qui ne peut laisser
de marbre. La fine fleur de la scène screamo-emocore comme référence
évidente, les quatre lyonnais ne se contentent pas d'imiter, ils
impressionnent avec un excellent "et pourtant" qui a tout du
morceau parfait. Compacts, énergiques, écorchés et
saisissants, les morceaux s'enchaînent avec une crédibilité
qui fait plaisir à entendre. Mihai Edrisch sait faire respirer
ses compositions avec des parties instrumentales intéressantes.
Il sait aussi y injecter suffisamment d'intensité et d'émotions
pour scotcher l'auditeur. Le son signé Santi Garcia (Standstill,
Aina, E150...) est bon même si la voix manque parfois de relief
et d'impact. Guidé par une écriture chargée de frustrations,
de désillusions et de constats poétiques sombres, le groupe
met à nue une sensibilité qui est en parfaite osmose avec
sa force sonore. J'aime ce qui se dégage de ce cd qui allie esprit
DIY et classe artistique. Excellente surprise ! Pour une première
production
Bravo! Vous savez ce qu'il vous reste à faire.
[chRisA]
>> Voir aussi : Envy,
Yage, Amanda Woodward, City of Caterpillar
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DICKYBIRD
"indéfendable"
(xtt rds / 10 titres)
5 ans après leur dernier maxi ("The fourth"), Dickybird,
fidèle à son style, a décidé d'en mettre plein
la vue. À l'image des lettres dorées de son nom sur la pochette,
d'une élégance rare, le trio du Havre n'a pas fait les choses
à moitié : pochette sobre et sublime, enregistrement à
l'Electrical Audio (Chicago) par Steve Albini, master à Abbey Road
(Londres) par John Loder
Et le moins que l'on puisse dire après
l'écoute de ces dix titres, c'est que les compos en valaient la
peine. Voilà 10 ans que ce groupe nous livre son rock bruyant (premier
maxi en 1994), 10 ans que nous suivons leur évolution, 10 ans que
nous contemplons les humeurs impulsives du trio, 10 ans que nous les voyons
progresser, et aujourd'hui encore, nous sommes sous le charme. Ce troisième
album monte encore la barre de plusieurs crans. Comme en 1997 avec leur
second album ("?"), cet "Indéfendable" restera
sûrement un album marquant dans l'histoire du groupe. Le trio a
toujours réussi à digérer ses influences, mais aujourd'hui,
son style s'affine, s'aiguise et prend de l'ampleur. On retrouve plus
que jamais cette sensibilité provocante qu'ils partagent, entre
autres, avec Shellac : notons par exemple que les morceaux n'ont pas de
nom mais uniquement l'indication de leur durée, notons certains
riffs de guitares aiguisés, certaines coupures rythmique ou cet
amour immodéré pour le rock lourd et gras
et peut-on
évoquer les hurlements poétiques du sixième morceau
? Provocation quasi rituelle contre toute bienséance. Mais aussi
bruyante et radicale soit la musique de Dickybird, elle reste avant tout
un putain de rock bruyant, lourd de préférence, sans chichis
et sans maquillage. La voix de Doris n'est pas là pour séduire
qu'elle hurle ses rancurs ou qu'elle se fasse plus mélodique,
la culture reste foncièrement rock
plutôt Harley que
Piaggio ! Et si certains peuvent être agacé par son timbre
(alors que d'autres ne pourront s'en passer), elle confirme toute la personnalité
des Dickybird
Du talent, de la passion et jamais de demi-mesure
! Bref, un nouvel album irrésistible, mélange hybride entre
Shellac, Jesus lizard, Stooges et L7, qui risque encore une fois d'avoir
du mal à trouver son public malgré une créativité
et une maîtrise rare. À soutenir !
[mg]
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Voir aussi : Jesus lizard, Shellac, L7, Courtney Love
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DESERT
CITY SOUNDTRACK "Funeral Car"
(Deep Elm - 12 titres)
Premier album pour ces américains qui renaissent des cendres d'Edaline,
leur combo précédent. D'emblée, la formation impose
son concept musical articule autour d'un piano inlassable (mais un poil
fatigant) et d'une batterie qui rythme subtilement les envolées
lyriques et mélancoliques. Seulement réchauffées
par une trompette trompeuse, les premières notes de "my hell",
"dying down" et "take me under" font immanquablement
penser a Pinback ; le chant nonchalant de Corey Gray ne pouvant que renforcer
la comparaison. Les curs sont lourds. Les cordes résonnent
dans un espace vide d'espoir. Minutes introspectives. Avec Funeral Car,
le groupe, sans en faire trop, vous immerge dans ses réflexions
sombres et chargées de tristesse. Mais alors que vous vous dites
que les compositions se drapent d'un noir de circonstance voilà
qu'elles se parent aussi d'un rouge rageur avec ses guitares, ses cymbales
et ses voix explosives. Tension insoupçonnable et libératrice
qui donne une coloration emo bien venue pour secouer tout ça et
ne pas tomber dans l'ennui. Dès lors l'album joue sur ces deux
forces pas aussi opposées que ça quand on y pense bien.
Sans la touche de génie d'un Pinback inspiré, DCS livre
une musique profonde qui ne peut laisser insensible. Mais il faudra néanmoins
montrer plus d'audace la prochaine fois car j'ai comme l'impression que
le groupe pourrait vite tourner en rond.
[chRisA]
>> Voir aussi : Pinback,
Thursday
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PEARLENE
"Murder Blues and prayer"
(Dim Mak 12 titres)
Derrière
ce pseudonyme se cache en réalité des Soledad Brothers et
un certain Reuben Glaser. C'est un état de fait, le blues et la
musique sixties sont une seconde nature pour ces musiciens ! Le disque
débute sur une reprise irrésistible de Fred McDowell ; son
"You Done Told Everybody" permet à cet album d'ouvrir
sur les chapeaux de roues. Il restera l'ultime moment du disque. Les compositions
du groupe, un cran en dessous, possèdent tout de même leur
dose de blues sauvage et arrivent à vous garder en haleine jusqu'à
la fin de ces 12 titres. Invitation indéniable à la danse,
les riffs sales de la guitare et la voix légèrement distordue
sont une incitation à se rouler dans la poussière d'un club
enfumé d'un Mississippi devenu foncièrement rock ! Il n'y
a qu'un ou deux titres blues, plus calmes, qui fonctionnent moins, mais
le reste nous les fait vite oublier. Il faut l'avouer, le bon vieux rock
de nos parents, aussi classique soit-il, fonctionne toujours autant
Surtout quand il garde l'énergie libératrice des débuts.
[mg]
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Voir aussi : Soledad Brothers, The Von Bondies, Fred McDowell
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DEVEROVA CHYBA "do stran"
(free dimension 8 titres)
Originaires de République Tchèque, Deverova Chyba ont décidé,
comme leurs confrères de Sabot, de réduire leur formation
à un basse / batterie. Deux basses, une batterie et un peu de chant
pour être précis. Et contrairement à Sabot, le trio
ne s'arrête pas une noise technique et indigeste. On retrouve bien
les boucles typiques des groupes basse/batterie, mais Deverova Chyba se
veut souvent plus furieux, et légèrement moins cérébral.
Le groupe invite même un ami guitariste sur "Heading For".
Très franchement, la différence est minime ! Le trio balance
pendant près d'une demi-heure une noise hypnotique, parfois furieuse
et bien prenante, mais parfois légèrement cacophonique et
saoulante. Reste à voir ce que cette grosse énergie héritée
du punk peut donner sur scène.
[mg]
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Voir aussi : Sabot, Nomeansno
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THE
IMMORTAL LEE COUNTY KILLERS II "Love Unbolls the dark"
(Sweet Nothing 11 titres)
A moitié studio, à moitié live, ce nouveau disque
du duo néo-garage débute sur les chapeaux de roues. Il en
reste des traces de gomme sur le bitume. Superbe reprise d'un hit de Dylan
Thomas qui donne son nom à l'album. Sauvage, direct, mélodique,
difficile de faire mieux. Le duo ne fera d'ailleurs pas mieux. Les 5 autres
titres studios (dont une reprise de John Lee Hooker) sonne joliment, avec
une approche bien plus propre et posée que pour leur album sorti
il y a peu chez Estrus. Le son est plus clean aussi. C'est assez classe,
plus accessible, mais franchement, ce qu'on aime dans ce style, c'est
la sauvagerie rock qu'on ne retrouve que difficilement ailleurs. C'est
ce son destroy et peu produit, et bien sûr les excellentes mélodies.
Le garage se doit d'être sauvage. Alors ce disque est bon, bien
produit, et n'a au final que peu de défauts, mais je préfère
tout de même l'énergie frappée de l'album sorti chez
Estrus, son son plus destroy et son garage punk sans concession. Maintenant,
ces nouveaux titres sonnent vraiment bien et les 5 live (dont un titre
enregistré pour une Peel Session) valent leur pesant d'or. Le son
y est d'ailleurs bien plus approximatif. Parfois, c'est même un
peu limite, ou comment passer d'un excès à un autre ! Du
coup, on perd en force, mais on gagne en spontanéité. Bref,
un bon petit cru néo-garage tout à fait acceptable, mais
qui ne détrône en rien l'album sorti il y a quelques mois
chez Estrus
[mg]
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LIARS
"They Were Wrong, So We Drowned"
(10 titres - Mute)
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce deuxième album de Liars
était fébrilement attendu tant leur premier opus avait surpris
le petit monde du rock. Malheureusement, la montagne a accouché
d'une souris… Après le succés de "They Threw
Us All…" et de la hype autour de la scène punk-funk,
Liars n'a visiblement pas supporté d'être l'une des figures
désignées de ce courant et a opéré une mutation
forcée et visiblement précipitée. Le batteur et le
bassiste sont donc partis et Liars a pratiquement fait table rase de son
passé musical. Beaucoup moins immédiate qu'auparavant, la
musique du groupe se partage désormais entre un ambient parfois
ponctué d'électronique et une no-wave assez chaotique difficile
d'accés. Seuls 2 ou 3 morceaux surnagent du naufrage général
de "They Were Wrong, So We Drowned".
Il est vraiment étonnant et rare de voir un groupe se saborder
de la sorte.
>>
Voir aussi : You Fantastic, les morceaux ambient des Melvins
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>> Mathieu
Gélézeau & Natasha Herzock
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