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McLUSKY
"the difference between me and you is that I'm not on fire"
(13 titres - Too Pure)
'Do Dallas', leur précédent album avait défini les
contours : musique impulsive, directe et fougeuse ; en gros tout le contraire
d'un punk rock aseptisé. Avec cette troisième production,
le trio s'applique à en remettre une couche, histoire d'enfoncer
le clou dans nos petites têtes de pioches. Plus sombres, plus noisy,
plus capricieux et indomptables que jamais, les gallois incarnent un esprit
mi-revenchard et mi-conquérant très plaisant. A sa manière,
le groupe honore ses dieux. Il ironise comme les Dead Kennedys. Il minimalise
son concept musical rigoureux comme Shellac. Il refait naître parfois
des sons très amphetamine reptiliens. Il caresse quelques mélodies
brillantes style Pixies et Pavement. Ça crache, ça sussure,
ça gueule, ça explose, ça raconte des histoires incompréhensibles,
ça fait danser dans tous les sens… McLusKy, c'est un vertige,
un tourbillon avec en plus un son signé Albini qui lui va comme
un gant. Le groupe se fout bien de sonner moderne pour faire plus tendance
(on apprecie tout de meme les trompettes sur 'forget about him, i'm mint')
ou encore de révolutionner quoi que ce soit. Il se fait plaisir
avec les ingrédients de base… et la recette est plus qu'efficace.
Dans la catégorie 'wild rock', McLusky se place juste à
côté de nos Bananas At The Audience… tiens d'ailleurs
je verrai bien ces deux groupes tourner ensemble…
[chRisA]
Voir aussi: Pixies, Shellac
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PROBOT
"s/t"
(southern lord - 11 titres)
Dernier projet de Dave Grohl, Probot est le petit joujou du batteur le
plus convoité du rock business… Projet avec lequel le leader
des Foo Fighters a décidé de revisiter ses premiers amours,
soit le metal ! Mais attention, si le visuel plaira aux plus chevelus
d'entre vous, ce disque revient surtout sur un metal old school, parfois
plus stoner que metal, voire sur certains titres carrément hardcore.
Tant mieux. Du coup, si on se prend au jeu, cet album devient bandant
comme il se doit. Pour le concept, Dave Grohl fait quasi-toute la musique,
aidé par Matt Sweeney de Chavez et Zwan, puis demande à
un chanteur de son choix d'ajouter sa personnalité. On retrouve
ainsi Cronos de Venom, Max Cavalera (Sepultura), Lemmy (Motorhead), Lee
Dorian (Napalm Death), Snake (Voivod), Mike Dean (Corrosion of Confirmity),
etc. Certains risquent de saliver. De mon côté, ce disque
me réconcilie avec le metal car il explore sa version la plus rock,
la moins superficielle… celle d'origine. Red War avec Max Cavalera
rappelle le meilleur de Chaos AD, tandis que Shake Your Blood, grand moment
du disque, est, avec Lemmy au chant, un pur délice de rock dur
à la Motorhead. Le titre avec Mike Dean est plus punk-hardcore.
Idem pour le titre avec Kurt Brecht, qui sonne comme un titre hardcore
avec petite influence metal, plutôt que le contraire. En gros, Dave
grohl, cet ancien Scream, faut-il le rappeler, survole le style avec bon
goût, sans jamais tomber dans l'inutile superficialité du
courant actuel. Tout au long du disque, la limite entre hardcore, punk,
hardrock et rock dur est très difficile à installer, comme
durant les années 80, et c'est ce qui rend ce disque intéressant
à mes yeux. Old School jusqu'au bout des ongles ! Même le
titre avec Lee Dorian (Napalm Death), très sombre, peut être
écouter par un hardcoreux. La prestation de Wino (The Obsessed/Spirit
Caravan), qui me touche moins, mélange son hardrock à un
stoner bien heavy, tout comme le titre avec Eric Wagner. Pour les amateurs
de Voivod, le titre avec Snake n'est qu'une réminiscence d'un vieux
morceau de Voivod… et ça fait bizarrement penser aux Smashing
Pumpkins ! Enfin, la prestation de King Diamond rappellera sans doute
de bons souvenirs à certains, mais la présence du guitariste
de Soundgarden (et de ses solos) sur ce dernier morceau me déplaît
toujours autant… Reste un superbe pot pourri du rock dur des années
80, allant du heavy au hardcore dans une logique imparable. On préfèrera
toujours les originaux, mais Dave grohl réussi à n'en garder
que le meilleur (ou presque), ce qui apporte une utilité au disque.
Ce disque mérite tout votre intérêt, au moins pour
le fun, mais sans doute pour beaucoup plus…
[mg]
Voir
aussi : Motorhead, Sepultura (Chaos AD), Voivod, etc.
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UNEVEN
"U"
(sushi prod - 11 titres)
Après un mini cd déjà prometteur mais manquant encore
d'un peu d'assise, Uneven sort aujourd'hui son premier album autoproduit,
et le moins que l'on puisse dire c'est que l'évolution est impressionnante
! Le distributeur de baffes est mis en service ! Déjà, désolé
mais c'est ce qui saute au visage dès les premières secondes,
la production est impressionnante ! Pour ceux qui aiment les disque gonflés
aux hormones, Uneven montre qu'un groupe autoproduit peut se payer le
luxe d'un son énorme, signé A. Gaillet (aussi responsable
de Blankass, Wampas, etc.), qu'on aurait plus l'habitude d'entendre sur
les grosses productions US ! Ce n'est pas obligatoirement le genre de
production que je préfère, mais il faut avouer que cela
s'adapte parfaitement aux tubes en série que nous pond le groupe
! Du sur-mesure auquel il est difficile de résister si on est sensible
à une pop aux grosses guitares à situer quelque part dans
une lignée Muse, Placebo et Baby Chaos pour ceux qui s'en souviennent.
En clair, des mélodies super efficaces, des chants qui jouent entre
vocaux pop ultra-mélodiques (Arnaud) et hurlements plus "hardcore"
(Jérémie), des guitares énormes qui n'hésitent
pas à flirter avec le metal de temps à autres, un basse-batterie
stable, solide et entraînant qui apporte une assise incroyable aux
morceaux, et la petite touche qui fait que tous les morceaux vous rentrent
dans le crâne dès la première écoute ! Alors
c'est vrai qu'il ne faut pas être allergiques à une certaine
approche très radio (attention tout de même à ne pas
dépasser certaines limites), mais c'est ce qui rend leur musique
si efficace. Et les spécialistes retrouveront, avec une joie non
dissimulée et sans grande difficulté l'esprit des géniaux
Thugs (et autres Skippies) sur certaines guitares, ainsi qu'une touche
Helmet sur certains riffs, ce qui ne peut qu'ajouter la touche manquante
à ce disque. Notons par ailleurs la participation de Natasha de
Kïmmo sur le sublime "wish not to see you" qui ne tardera
pas à vous mettre des frissons dans le dos, ainsi que Luke de Full
Screen sur le très rock'n'roll "Wanna Be With You" (esprit
Rocket from The Crypt)… Deux morceaux qu'on retiendra particulièrement.
mention spéciale à la chanteuse qui clôture l'album.
Impressionnant.
[mg]
Voir
aussi : Baby Chaos, Placebo, Muse, Les Thugs, Skippies
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DECAHEDRON
"Disconnection_Imminent"
(11 titres - Lovitt)
The Black Sea est devenu Decahedron. Derrière cette nouvelle (et
moins gracieuse) forme géometrique, trois hommes expérimentes:
Shelby Cinca, Jason Hamacher (tous les deux ex-Frodus) et Joe Lally (Fugazi).
Si leur précédent Ep n'avait vraiment pas fait de vague,
ce premier vrai jet affirme un peu plus et un peu mieux l'identité
d'un groupe désireux d'écrire avant tout de bonnes chansons
et de mener son engagement artistique dans une reflexion collective. La
palette sonore est riche. Avec ses influences seventies ('Delete false
culture'), une approche punk rock revendicative ('no carrier', 'not these
homes'), ses sonorités plus modernes (l'instrumental indus de 'module
1'), l'album développe une amplitude intéressante. Ce 11
titres offre aussi beaucoup de morceaux lents, atmospheriques bien sentis
('pay no mind', 'every city is a prison', 'at the corner') sur lesquels
on peut non seulement apprécier les magnifiques lignes de basse
de Joe Lally mais aussi son chant (?) désormais caractéristique ;
faisant indéniablement penser à son travail avec Fugazi.
Dans toutes ces bonnes intentions et ses réalisations, l'album
pêche néanmoins par l'inégalite de certains morceaux.
'Not these homes' et 'Lt Col questions himself' paraissent baclés
et manquent cruellement de consistance. A mes oreilles, le son de batterie
est vraiment mauvais. Quant aux 13 minutes de la partie vidéo du
cd, elles sont ennuyeuses, pompeuses et presque ridicules. Bref il y a
des raisons de se réjouir mais aussi d'être deçu à
l'écoute de cet album. C'est un peu l'histoire du verre à
moitié vide ou à moitié plein si vous voyez ce que
je veux dire.
[chRisA]
Voir aussi: Frodus, Fugazi et Refused
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KLAVISKAV
BURNING PROJECT "onebrainto…?"
(autoproduction - 3 titres)
Duo basse-batterie bien déjanté, le Klaviskav Burning project
se place exactement entre les défunts Belly Button, référence
du style, et nos parisiens de Gordz (première époque). De
la folie à l'état pure, des compositions sans queue ni tête
qui s'étendent parfois sur plus de 8 minutes, de la bonne humeur
et de l'auto-dérision, parfois même un peu d'ambiance, beaucoup
d'énergie… bref, un mal de crâne assuré en fin
de parcours mais sourire aux lèvres offert durant, au moins, la
première moitié du disque… Bon, maintenant, c'est
vrai que ce qui devrait être surprenant et osé ne l'est plus
vraiment vu le nombre de groupes passés par là durant les
années 90, mais on s'en fout, de temps en temps, et à petite
dose, c'est toujours marrant.
[mg]
Voir
aussi : Belly Button, Gordz, Gatechien
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