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ANNA
OXYGEN "all your faded things"
(cold crush)
S'inscrivant dans une logique electro 80's dansant, cette ancienne membre
de Space Ballerinas, semble bien décidé à ne pas
laisser Peaches, Chick on Speed et Le Tigre rafler toute la mise. Contrairement
à ses collègue, Anna Oxygen ne joue pas spécialement
la carte du minimalisme agressif ; son créneau est plutôt
à situer du côté mélodique avec nappes de clavier
80's à fond les ballons, et tendance disco kitch. Son chant pourrait
même rappeler Siouxie ou Nina Hagen pour cette opulence mélodique
et maniérée. Bien entendu, on n'évitera pas la boîte
à rythme minimaliste typique du style. Bref, une nouvelle venue
dans le style, qui apporte sa patte afin que les filles ne tournent pas
trop vite en rond. Certains trouveront que ça manque un peu de
trash et d'humeur punk (et ce ne sera pas faux), mais en attendant, l'electro
80's de la miss sent bon les paillettes et le mauvais goût des années
80, et c'est ce qu'on aime ! Attention tout de même à l'écœurement.
[mg]
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Voir aussi : Siouxie and the Banshees, Chick on Speed, Le Tigre
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NEW
BLACK "s/t"
(thick records)
Le disque débute sur un plan répétitif basse-batterie
puis apparaît un chant féminin sixtisant aidé d'un
petit clavier 80's… c'est simple mais la sauce prend déjà,
puis les guitares arrivent avec un chant masculin… le son explose
; on retrouve le mélange de force et de mélodies qui avait
rendu si touchant le dernier Drive Blind. Bref, ce premier morceau met
de suite dans l'ambiance. Mais qui sont ces ovnis, capables de pondre
de tels tubes ? Le label parle d'un croisement entre les B52's et Q and
not U ! Pourquoi pas ! Une chose est sûre, leur mélange des
genres, ce léger aspect sixties confronté à une grosse
influence post-punk eighties (voire new-wave) et une approche noise et
pop bien actuelle, fait des merveilles ! Surtout quand l'énergie
est là ; écoutez "Put It To Bed" ou "Last
Wave" et ne me dites pas que vous pouvez résister ! Ce groupe
touche bien à l'ouverture d'un Q and not U, voire d'un Milemarker
plus pop, se rapproche des mélodies irrésistibles d'un Drive
Blind (dernière époque), tandis que les chants féminins
sucrés mais excités à souhait, apportent leur dose
de pop façon B52's (pourquoi pas), Yeah Yeah Yeahs ou Sleater Kinney…
mais avec un aspect plus embrasé qui n'est pas désagréable.
Dommage que tout le disque ne soit pas à la hauteur de leurs tubes,
mais laissons leur le temps car le talent est là. Très bonne
découverte !
[mg]
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Voir aussi : Q and not U, Drive Blind, Milemarker, Yeah Yeah Yeahs, Siouxie,
B52's
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ATOMBOMBPOCKETKNIFE
"lack and pattern"
(File 13)
Il leur aura fallu 3 ans pour donner une suite à l'excellent 'God
save the ABPK'. Et si ce n'est un titre pour une compilation et un split
cd single avec The Candies, on aurait pu croire le groupe disloqué,
évaporé. 3 ans, ça laisse forcément des traçes :
changement de label, de batteur et une approche musicale encore plus complexe.
Dès le départ, cet album laisse vraiment perplexe de par
ses morceaux vrillés ('shards cta' et 'sugar free'), ses ambiances
sombres, sa fin en queue de poisson et sa durée (36 minutes). Très
bizarre ! Les trajectoires alambiquées des guitares, leurs
dérives noisy, leur enchevêtrement et la voix sinueuse de
Justin Sinkovich vous pénètrent et vous mettent quelque
part mal à l'aise. La spontanéité de l'album précédent
n'est plus là et laisse la place à de longs morceaux qui
trouvent une lumière à peine réconfortante. Dans
ces longueurs de tunnel, dans les mailles serrées d'une toîle
étouffante, on appréciera les qualités techniques
d'un groupe plus qu'adroit tout comme cette musicalité unique qui
transpire derrière chaque angle, chaque mot. 'Lack and pattern'
me fait étonnement penser à l'univers obscur d'un Unwound
sur 'leaves turn inside you'. A savoir qu'il exige aussi de l'auditeur
un investissement tout particulier. Troublant mais fascinant.
(chRisA)
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Voir aussi : Unwound, Thumbnail et Sonic Youth
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LOGAN
"love, said gas"
(Psychotica rds)
Ce groupe italien, tout comme le label Psychotica dont il est la première
production, semble renouer avec la noise classieuse des années
90. Démarrant avec un riff qui les rapprocherait de Shellac, le
groupe va tout au long de ces 10 titres se lancer à corps perdu
dans cette noise oppressante et affûtée. Quel plaisir d'entendre
à nouveau ces sons acérés, cette basse qui joue le
rôle d'un pilier inébranlable, ces chants bruts, cette énergie
tournante et rageuse, bref, cette noise chirurgicale et pourtant encore
tellement rock'n'roll. Condense aussi suivait vaguement ce chemin, même
si avec Logan, c'est bien à Shellac que nous pensons. Mais les
italiens ne se limitent pas à cette noise angulaire, ils l'agrémentent
par moment d'un post-hardcore assez proche des sensibilité Dischordienne,
ce qui n'est pas fait pour nous déplaire. Bref, une excellente
découverte qui aurait peut-être méritée d'avoir
une pochette plus jolie mais qui nous montre que l'Italie ne s'arrête
plus à Uzeda (chef de file) ou Three Second Kiss.
[mg]
••• Voir
aussi : Shellac, Jesus Lizard, Three Second Kiss
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SONIC
YOUTH "sonic nurse"
(Geffen)
C'est le 19ème album ? Le chiffre a de quoi me donner le vertige.
-"Appelez-moi l'infirmière sonique ! Vite !"
Dans une attente de plus de vingt ans, je déambule dans une Daydream
Nation, je roule sur la Death Valley '69, je passe par Murray Street.
Je rencontre des NYC Ghosts et je me dis 'it's a Kool Thing'. D'un blanc
sale, le bruissement de sa blouse me fait mal aux oreilles.
-"Comment vous appelez-vous ?"
Debout, jambes écartées, les poings sur les hanches, elle
est là. Ses yeux sont électriques. Son regard est mélodique.
Son cœur est un livre de mille feuilles que je connais déjà.
Comme une Bible.
-"Sister Evol. Que se passe-t-il?"
-"Rien, rien. Ça va. Ma jeunesse est la votre. Vous êtes
nouvelle dans ce service mais je sais qui vous êtes. Je crois que
je vous ai toujours aimé."
(chRisA)
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DAÏTRO
"des cendres, je me consumme"
(alchimia)
Après la sortie remarquée du Mihai Edrisch, le petit label
lyonnais continue de s'imposer avec ce 7 titres de Daïtro. Avec une
identité visuelle travaillée (dépouillée,
presque naif, lumineux), le groupe, dont le batteur joue aussi dans Mihai
Edrisch, livre une musique intense et rageuse pas si loin d'un Envy, ou
plus près de nous d'Amanda Woodward ou Mihai Edrisch justement.
Comme ces derniers, les lyonnais ont décidé d'utiliser le
français pour leurs textes… Vous savez comme j'ai du mal
avec ce genre de choix ; et pourtant, le choix d'un sous mixage du chant
et l'habitude qu'ont ces chanteurs à hurler sans cesse me permet
de ne pas être déranger par la langue… Il est même
difficile de savoir que les textes sont en français. Tant mieux.
L'important est cette rage sur le fil de rasoir qui se dégage de
ce disque, cette rage juvénile si libératrice. D'un autre
côté, cette énergie pleine de désespoir ne
prend réellement son sens que grâce au maintenant célèbre
contraste avec des passages clairs dignes des meilleurs formations emo…
Pas de problème, le groupe est à l'aise dans les deux domaines.
Reste maintenant à se différencier de toute cette scène,
au demeurant respectable, allant de Amanda Woodward à Yaphet Kotto,
pour vraiment prendre son envol et ne pas disparaître dès
que cette dernière mode sera passée…
[mg]
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voir aussi : Mihai Edrisch, Amanda Woodward, Envy, Jr Ewing, Yaphet Kotto
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OMR
"side effects"
(Uwe)
Après un maxi agréable, le jeune duo français OMR
revient, toujours sur le label techno Uwe, avec un album electro-pop tout
à fait dans l'air du temps. Le couple arrive à créer
un univers simple et délicat dans lequel se développe la
voix angélique de Virginie Krupa… Le résultat, parfaitement
produit par Mario Thaler (The Notwist, Lali Puna, etc.), montre une habileté
et une stabilité accrocheuse. Très proche de la scène
allemande en vogue ces derniers temps — menée par des formations
telles que Lali Puna, the Notwist ou Console — OMR n'hésite
pas, en de rares occasions, à flirter avec des sonorités
plus technoïdes, quittant le registre doux de l'electro-pop pour
se rapprocher vaguement d'une Miss Kittin… Mais, ne nous éloignions
pas, OMR n'est pas un duo d'avant-garde, et marche le plus souvent en
chemin connu, sans trop de prise de risque. Belles mélodies vocales,
jolies ambiances planantes, beats simples et entraînant… Cet
album possède ce qu'il faut pour trouver son public mais attention
tout de même à ne pas tomber dans le trop facile, le trop
lisse ou l'ennuyeux… Une prise de risque plus grande ne serait pas
un luxe… n'en déplaise aux lecteurs des Inrocks !
[mg]
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voir aussi : Lali Puna, The Notwist, Air, M83
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JUNE
PANIC "Hope you Fail Better"
(Secretly Canadian)
Les aficionados du label Secretly Canadian doivent connaître le
monsieur. Premier artiste signé sur le label il me semble, June
Panic continue de livrer sa folk intime et émotionnelle quelques
années plus tard… Ce nouvel album (sorti il y a quelque temps
maintenant) démarre sur un titre très proche de Black Heart
Procession dans l'esprit, mais dans une version plus claire et moins sombre.
La suite nous donnera raison même si June Panic semble plus élevé
aux sons des disques de Dylan, de Bowie et des Beatles. Son approche est
moins dépouillée. Ce qu'il en ressort une fois digéré
par le personnage est d'une sensibilité touchante. Passant de la
déprime d'un folk noir et sans espoir à la mélodie
pop d'un refrain 60s bien senti, cet album se pose là, sans prétention
mais avec beaucoup de délicatesse et pleins de choses dans son
sac. Cela nous change de beaucoup de productions insipides… Idéal
pour ceux qui trouvaient Black Heart trop sombre et qui cherchaient une
vision plus pop bon enfant et moins pessimiste de cette même angoisse.
[mg]
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Voir aussi : Black Heart Procession, Bob Dylan, David Bowie, Songs Ohia
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MIDLAKE
"bamnan and slivercork"
(Bella Union)
J'attendais la sortie de cet album avec une rare excitation. Ou comment
tomber amoureux d'un groupe qui utilise d'autres recettes pour vous faire
saliver ? Un premier album donc en forme de mise au point. De ces
débuts sur 'milkmaid grand army Ep', la formation de Denton, Texas
a éliminé toutes traces de rock de sa rhétorique
rêveuse. Déstabilisant car ici on se retrouve avec une pop
très personnelle qui échappe avec réussite aux clichés
habituels du genre. C'est mou, moelleux, beau, aérien et magique.
Ca ne donne ni dans le sucré ni dans l'acidulé. On contourne
le lacrimal et le mélancolique pour ne retenir que la douceur mélodique.
Appuyée sur un lit acoustique assez banal, cette dernière
se voit greffée de fines couches d'electronica bien senties mais
parfois kitsch. Le vent de la voix de Tim Smith (véritable tête
pensante du groupe) balaye de manière singulière ces ballades
où se côtoient cuivres, synthés, tambourin, flûte
traversière etc. Les chansons ne sont pas toutes très inspirées
(surtout vers la fin) mais l'ensemble est totalement crédible et
il ne manque surtout pas de charme. Un recueil d'émotions humbles
divinement enregistrées dans leur maison, chez eux. Dû a
une certaine sensibilité artistique, il donne également
à penser que cette formation doit se sentir plus à l'aise
en Europe qu'aux Etats-Unis. Aucun groupe texan n'avait autant sonné
aussi british. Des cowboys gentlemen… ça change un peu des
rockers tatoués en baskets defoncées non ?
[chRisA]
••• Voir aussi :
Grandaddy, Brian Wilson, un poil de Radiohead, de Air, The Divine Comedy
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Radio
4 "Party Crashers"
(city slang)
Décidément, les Radio 4 aiment appâter le chaland.
Après le 7 titres "Electricity", voici ce single 3 titres.
Le but ? Nous mettre l'eau à la bouche pour que l'on se jette
sur l'album comme des morts de faim dès sa sortie en septembre.
Il parait que ça s'appelle du marketing. Bref, si ce que l'on pense
est vrai, c'est-à-dire si les deux nouveaux morceaux de ce single
sont extraits de l'album à venir, ça vaut le coup de patienter
encore un peu (on n'a pas vraiment le choix, vous me direz..). Car Radio
4 enfonce le clou de "Gotham". La production est plus soignée
mais on retrouve ce que l'on aime chez ce groupe : les guitares funky,
la basse groovy, l'énergie et voilà déjà la
tête qui balance...
C'est vrai, en chipotant un peu, on pourra toujours trouver qu'avec sa
rythmique dance, "Party Crashers" est peut-être un peu
facile. Par contre, "Rise Up" fait un sans faute et met les
choses au point aussitôt. Le troisième morceau est un remix
de "Party Crashers" plutôt bon aussi.
[sullivan]
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Voir aussi : Gang of Four, Robocop Kraus |
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