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EAGLES
OF DEATH METAL "Peace love death metal"
(AntAcidAudio)
Avec un tel nom, ce duo ne pouvait pas être mauvais ! Surtout avec
une pochette rose et cyan ! Impossible ! À peine la galette
enfournée dans le lecteur, on sait qu'on avait raison de faire
confiance à ce groupe étrange et frais. Il faut avouer,
autant le lâcher dès le début de la chronique, qu'on
retrouve Mr Josh Home (Queen of the StoneAge) à la batterie…
Les Eagles of Death Metal, contrairement à ce que leur nom pourrait
laisser entendre, jouent une musique bubblegum et glitter, aux mélodies
délicieuses, à la disto légèrement crado,
et à la séduction inévitable ! On a l'impression
que ces deux-là pondent du tube comme s'ils s'allumaient une cigarette…
Le phono a joué sans cesse des vieux disques garage 60s, quelques
Beach Boys, quelques précurseurs hardrock glitter des 70s, les
morceaux rock des Beatles, et un ou deux disques de country bien américaine
; Josh Home s'est armé d'une cuillère et d'un couteau, a
lancé un petit rythme sur son assiette ; Jesse Hughes a fini sa
cigarette puis a empoigné sa guitare… On sent que l'histoire
de ces petites chansons aurait pu commencer ainsi. Au final, ce pourrait
aussi être une version garage et minimaliste des Queens Of The Stoneage…
une sorte de réponse aussi binaire que grandiose aux célèbres
Whites Stripes ? N'allons pas chercher trop loin, c'est avant tout quelques
bons riffs rock bien sentis et des mélodies de voix succulentes
; sans doute deux copains qui poussent la chansonnette sans se prendre
la tête, et le résultat, à l'exception de trois passages
un peu mièvres et faciles, est une belle réussite, sans
prétention mais toujours efficace pour refiler la pêche.
[mg]
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Voir aussi : Sparks, Beatles
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THIS
SIDE OF JORDAN "Set the record straight"
(autoproduction)
Projet parallèle de Philippe Thiphaine, guitariste d'Héliogabale,
This Side of Jordan sort ici un album surprenant, déstabilisant
mais parfaitement ficelé. Dès le premier titre, on est pris
par une angoisse certaine et pesante qui aurait, étrangement, plutôt
tendance à aiguiser notre curiosité qu'à nous faire
fuir. Sorte d'electronica froid et personnel soutenu par le chant tout
à fait à propos d'Eugène du groupe US Oxbow…
C'est très oppressant mais foncièrement réussi. Avec
la suite, le rythme devient plus marqué même si l'atmosphère
est toujours étouffante, austère et très urbaine…
Puis le ciel se dégage un peu avec le troisième et quatrième
titre, et l'arrivée de Sasha, chanteuse d'Heliogabale, qui rapproche
le projet à celui du travail de Björk… Le mélange
parfait entre musique pointue et ouverture dansante, minimalisme austère
et chant mélodique… Très franchement, avec des titres
comme "inside production" ou "electric love", la petite
Islandaise n'a qu'à bien se tenir ! Même si on a du mal à
faire la différence avec Björk, ce qui embêtera ceux
qui ne jurent que par l'originalité absolue d'un artiste, le duo
Sasha et Philippe fait des merveilles dignes du meilleur de la célèbre
petite brune ! On sera aussi sous le charme du travail d'Alexandra, charmante
inconnue, qui pose une note d'humour et de légèreté
sur le tube dance-floor/electro-clash qui clôt l'album ("la
piste neuve"). Bref, un album pointu, créatif et sans concession,
mais qui s'adresse sans doute à un public averti. Les novices risquent
quant à eux d'étouffer sous trop d'austérité,
malgré les respirations que fournissent les chants féminins…
C'est notre seul reproche, mais c'est lié au style…
[mg]
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CALL
ME LORETTA "Crosswind"
(Dead Bees)
Après un 45t et un maxi qui nous avait mis la puce à l'oreille,
Call Me Loretta revient avec un premier album à la hauteur de certaines
attentes. Parti enregistré chez Stephan Krieger, au studio Amanita,
le groupe toulousain dévoile ici toute sa subtilité et son
talent. La recette reste simple et efficace, comme autrefois : chant féminin
sensuel mais froid, posé sur une variation de nappes de guitares
noisy et d'arpèges pop. Toujours cette nuance à deux couleurs,
le noir et le blanc, comme en témoigne le graphisme des pochettes
qui s'impose maintenant comme l'image définitive du groupe. Ce
qui touche dans Call Me Loretta, c'est ce savoir-faire, cette facilité
à proposer une musique froide et posée qui véhicule
pourtant beaucoup d'émotion, et contrairement à autrefois,
le groupe ne laisse plus transparaître d'erreurs techniques, ce
qui rend cet album bien plus imposant. Le seul regret que je garde après
son écoute est le manque d'originalité qui s'en dégage.
Car si vous avez fait attention, la recette utilisée par Call Me
Loretta n'est autre que celle véhiculée par les New-Yorkais
de Sonic Youth. Et malheureusement, sur certaines lignes de voix, on croirait
vraiment entendre Kim Gordon (du timbre aux mélodies choisies)…
Certains pourront reconnaître des intonations à la Courtney
Love, mais l'univers, même si volontiers plus rock, est bien à
chercher du côté de la jeunesse Sonic… Et parfois,
l'influence devient vraiment encombrante, tant elle est évidente.
Au final, nous nous retrouvons avec un album vraiment recommandable, mais
nous pouvions attendre plus d'originalité de la part d'un groupe
qui possède tant d'atouts… Sans doute la prochaine fois ?
[mg]
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Voir aussi : Sonic Youth, Hole
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BLACK EYES "Cough"
(Dischord)
Mon dieu ! Il en fallait une ; nous voici sans doute devant la plus grosse
déception de l'année ! Après un premier album aussi
génial qu'extravagant, Black Eyes devenait la nouvelle curiosité
de Washington DC de qui beaucoup attendaient des merveilles. Malheureusement,
la nouvelle détruisit tous les espoirs : le gang de DC se sépara
quelques mois avant la sortie de ce second album. Heureusement, les fans
pouvaient s'en envoyer un petit dernier avant la fin. Malheureusement,
ce dernier coup de poker semble sonner comme un gros coup de bluff ! Les
forcenés retrouveront sûrement ici et là quelques
brides du post-punk explosif et barjot qui nous avait tant retournés,
mais soyons honnêtes, le groupe est vraiment parti en couille…
Quelques secondes d'espoirs pour de longues minutes de bruits sans queue
ni tête. Les fans de bruits seront comblés ! Les bases pour
transformer ce "Cough" en véritable suite grandiose du
premier album sont présentes, mais le groupe a perdu sa cohésion
et n'en finit plus de se perdre dans ce pseudo masque de l'expérimentation
improvisée… Cela n'en est que plus frustrant quand on sait
ce que le groupe, dans une bonne période, aurait pu faire. Il y
a bien de bons passages, avec toujours ces excellentes voix, mais malheureusement,
la sauce ne prend que trop rarement, laissant plus souvent place à
une mixture bruyante et sans saveur, avec ce saxo omniprésent mais
peu inspiré… Mal de crâne assuré à la
fin du disque ! On comprend bien pourquoi le groupe s'est séparé,
mais fallait-il sortir ce dernier album posthume ? Un maxi aurait
été bien suffisant. Dommage.
[mg]
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THE
RUBIKS "s/t"
(autoproduction)
Mon premier sonne comme un bon vieux Black Sabbath, mon second sonne comme
Fugazi, mon troisième se prend pour Green Day (un peu), et mon
quatrième se permet aussi bien de belles divagations post-rock
que des délires de polka ; mon tout n'est autre qu'une excellente
blague, plus sérieuse qu'il n'y paraît, montée par
trois protagonistes de la scène lyonnaise. Et cette blague a un
sacré goût de "reviens-y". The Rubiks, le dream-band
comprenant Nico Poisson (Ned), André Diamant (Duracel/Happy Anger/Plod)
et Seb Radix (Kabu Ki Buddah), vient de nous pondre 5 titres aussi clichés
que personnels, aussi stupides qu'excellents, 5 titres sur lesquels les
trois comparses se lâchent, et ce pour notre plus grand plaisir.
On retrouve tour à tour l'influence des groupes cités ci-dessus
(Fugazi et Black Sabbath en tête avec une bonne dose de pop en sus),
mais c'est fait avec un tel talent et un tel fun qu'on ne peut qu'accrocher
à l'expérience. Bien entendu, ne vous attendez pas à
l'album de l'année avec le son qui tue et le moindre faux-pas retouché
; ici, on serait plutôt en session live avec trois gars qui prouvent
encore une fois que même dans leur délires les moins sérieux
(mais savent-ils être sérieux ?), les bougres mettent la
raclée à plus d'un ! Franchement, ces cinq tubes mériteraient
bien de connaître un futur en bon et dû forme, avec album,
tournée, lunettes noires et veste à paillettes… Enfin,
c'est vous qui voyez…
[mg]
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Voir aussi : Black Sabbath, Fugazi, Green Day, Ned, Kabu Ki Buddah
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V/A
"This is how i kill my tears"
(Deep Elm)
En marge des Emo Diaries, John Szuch, fondateur du label, édite
une nouvelle compilation vraiment intéressante. Outre le fait qu'elle
soit gratuite et qu'elle dure plus d'une heure quinze, elle donne avant
tout l'opportunité de découvrir les nouveaux poulains de
l'écurie. Sur le principe du 'j'vous offre deux extraits des dernières
productions sorties' (attention il n'y a pas d'inédits), ce recueil
donne une bonne idée de l'univers musical de chaque groupe. A mon
goût Fire Divine, Lock and Key, Desert City Soundtrack, Slowride
et Settlefish prouvent ici qu'ils sont dignes d'intérêt.
Mais les grands vainqueurs (tiens bizarre car ce sont eux qui ouvrent
les hostilités) sont les suédois de Sounds Like Violence.
Avec leur indie rock au tranchant emo et un chanteur très charismatique
mal accordé vocalement, SLV s'impose aux poings et aux larmes.
Une compilation respectable pour un label et des groupes qui le sont tout
autant.
[chRisA]
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WHITE
CIRCLE CRIME CLUB "these are the secret sounds of fear"
(conspiracy records)
Les Belges de White Circle Crime Club m'auraient terriblement impressionné
il y a quelques années à peine. Sans doute venu d'une école
punk-hardcore, le groupe semble vouloir sortir des sentiers battus en
corsant sa musique d'émotions complexes, de lignes torsadées,
de chant plus introspectifs… Difficile de nier l'influence de Fugazi.
Mais WCCC restent plus directs, moins indie. Sur le papier, les mots ont
de quoi faire saliver. À l'écoute, nous n'en sommes pas
si loin, ces quatre titres sont bons et s'inscrivent dans une logique
qui a fait ses preuves ; le seul regret est l'absence du petit plus qui
ferait prendre la sauce, cet élément inexplicable qui rend
un groupe plus touchant, un album inévitable. C'est sans doute
ce petit manque qui rend les morceaux du groupe un peu longs, et l'ensemble
du disque, parfois un peu fatigant. Ceci dit, ne soyons pas mesquins,
ce groupe mérite plus qu'amplement notre intérêt et
nous ne manquerons pas de suivre les avancées de ces outsiders
belges…
[mg]
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Voir aussi : Fugazi, 2Bad, Sonic Youth
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GREGOR
SAMSA "27.36"
(3 titres — own records)
Un groupe qui choisit pour patronyme le nom d'un héros kafkaïen
ne peut pas être foncièrement mauvais. C'est ce que ces trois
morceaux s'ingénient en tout cas à démontrer. Avec
réussite! Car ce post-rock a beaucoup d'atouts à faire valoir.
Si les ingrédients sont maintenant connus de tous (ici ou là
tels nappes de synthé, arpèges délicats de guitare
ou rythmique légère et minimaliste feront penser à
Labradford, certaines lentes montées en tension rappelleront Godspeed
et on retrouvera des explosions de guitare à la My Bloody Valentine),
ce collectif sait les utiliser avec harmonie pour en faire quelque chose
de vraiment personnel et sincère et pour repousser un peu plus
loin les limites de ce que nos oreilles connaissent déjà.
Tour à tour atmosphérique, sombre, ouaté, symphonique
ou émouvant, cet album parvient même, par moments, à
effleurer le beau, l'épiphanie. La complicité de ces jolies
voix y est clairement pour quelque chose, mélodies féminines
et masculines qui se croisent, s'entremêlent, s'acoquinent...De
la belle ouvrage.
[sullivan]
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Voir aussi : l'Altra, GYBE, Mogwaï, Jejune (pour les voix), Labradford |
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AERÔFLÔT
"Tsar sistema"
(autoproduction)
Moi qui n'avais pas eu le temps de chroniquer leur pourtant prometteuse
démo, voilà qu'arrive dans ma boîte aux lettres ce
nouveau 8 titres toujours autoproduit… Et, le moins que l'on puisse
dire, c'est que c'est toujours aussi bon ! Avec deux gars des trop méconnus
Summer Factory, un de Calc et l'autre d'Acrimonie, ce groupe bordelais
semble s'être donné pour mission de faire danser les foules
endormies avec un mélange détonant de rock old school et
d'electro. Mais si le groupe joue définitivement avec les sons
synthétiques et les bruits de science-fiction, c'est avant tout
un groupe de rock ; un groupe rock juste un peu plus ouvert que les autres,
plus difficiles à classer aussi… La démarche me rappelle
un peu le dernier Add'n To X, c'est vous dire si c'est du bon ! Une bande
de curieux ferrailleurs qui recyclent avec brio les vieux disques rock
de leur adolescence (de Wall of Voodoo aux B52's en passant par Devo ou
les Residents) pour en faire une musique nouvelle, souvent adaptée
à la piste de danse… En dehors d'un ou deux titres moins
cohérents, ce "Star Sistema" est une très bonne
découverte devant laquelle vous aurez du mal à rester statique.
Vivement la suite…
[mg]
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Voir aussi : Add'N To X, Wall of Voodoo
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27
"let the light in"
(Hydra Head)
Qu'est-ce qui se cache derrière ce numéro impair ?
Le secret reste bien gardé et pourtant la musique de ce trio américain
est très limpide. Sans en faire des tonnes, ce Ep surprend par
son approche très éclectique. Les senteurs africaines sur
'April', l'ambiance piano bar sur 'Try- Part 2', les accents dubs jamaïcains
sur 'Make love not war', la berceuse de 'Night' sont autant de formules
convaincantes pour dépeindre un groupe à l'esprit et au
cœur très ouverts. La tendre et sensuelle voix de Maria Christopher
occupe le devant des chansons et vous aide à fondre en douceur
dans un indie rock chaleureux et touchant. Les mélodies glissent
sous les caresses acoustiques, électroniques ou électriques
et s'emploient à s'installer très rapidement dans un coin
de votre tête. Efficacité garantie pour un résultat
(trop?) simple. En prenant un peu de recul, on regrettera le côté
cul-cul la praline des lyrics. Enfin...fans de Discordant Axis, Keelhaul,
Craw, Harkonen, Pelican, le label de Monsieur Aaron Turner vous invite
à une autre aventure musicale (malgré la présence
de membres d'Isis dans ce groupe, ndlr). Sachez offrir un peu de repos
à vos oreilles… elles le méritent bien non ?
[chRisA]
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voir aussi: Elysian Fields, Low, Portishead
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Pour être chroniqué dans cette rubrique, envoyez vos productions
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>> Mathieu
Gelezeau & Natasha Herzock
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