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OCRE
/ ETHYLEEN LEIDING
"Twin powers II"
(partycul system)
Après Supersoft [14-18] et Andy's Car Crash qui se partageaient
le premier volume de la série Twin Powers lancée par le
label Partycul System, c'est au tour de Ocre et d'Ethyleen Leiding de
se prêter au jeu. On avait découvert le rock angulaire et
instrumental de Ocre avec leur démo déjà très
impressionnante, et c'est avec un grand plaisir que nous les retrouvons
ici, enregistrés par la main experte de Lou Flanagan (rroselicoeur).
Basse / batterie répétitif, son dense, guitare incisive…
l'armada d'Angers est bien de retour. Terrible rock noise martelé
avec passion, la musique d'Ocre alterne tension coupante et groove implacable
avec une règle immuable : la répétition quasi maniaque.
D'entrée, le groupe impose son basse / batterie, stable comme du
Shellac (parfois la référence est trop évidente),
pour laisser aller la guitare à quelques envolées noise
du plus bel effet (Il hluster). Puis le groupe chasse l'odeur de caoutchouc
brûlé laissée par un démarrage en trombe avec
un "Stehn" plus ondulant… C'est ainsi que le trio installera
son univers entre postrock chaloupé et mathrock explosif. 7 titres
qui nous prouvent encore une fois tout le talent de ce groupe d'Angers.
Indispensable malgré l'absence de chant ! Puis l'ambiance change,
le vent se lève pour chasser les derniers sursauts rock…
Lou Flanagan aka Ethyleen Leiding impose une ambiance plus abstraite avec
un titre introductif très planant coupant radicalement avec l'univers
des précédents. Mené par une guitare pleine d'écho,
l'homme crée un monde paisible où vous ne croiserez pas
âmes qui vivent. On retrouve bien le spectre de David Lynch, mais
ne vous y fiez guère, ce n'est qu'un mirage. Le monde d'Ethyleen
Leiding est évolutif ; l'introduction contemplative laisse place
à un enchaînement déstabilisant : folk (Asphalte
et conifères), rock (le dansant "Rock this way"), puis
à nouveau, nous tombons dans le contemplatif étrange, puis
le postrock (sublime "keep dry"). L'homme n'est pas du style
à se laisser cerner… Expérimentations, recherches,
repos, réveil… l'homme ouvre juste une fenêtre sur
son être, loin des facilités… Et si l'ensemble n'est
pas toujours évident, la démarche est plus qu'admirable.
[mg]
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HOT
SNAKES
"audit in progress"
(Swami)
Saviez-vous, jeunes gens cultivés, que, en ces temps d'éradication
ou de dégénéréscence animales, le Hot Snake
est une espèce en voie de perdition ? Perché sur les
monts de San Diego ou vivant près de ses étendues désertiques,
le bel invertébré sort rarement de sa tanière. Pourtant
tous les deux ans à peu près, le Hot Snake se révèle
à nous. Paré de ses plus belles couleurs, écailles
luisantes et réfléchissantes, il fascine de par son regard
franc et ses crocs bien plus acérés que ceux de tous les
lions de la Terre. Unique en son genre, il se déplace à
la vitesse d'un cheval au galop et frappe ses victimes de son venin ravageur.
Attention ! Celui-ci crée un tel état de dépendance
qu'il peut en être mortel ! Des chercheurs ont en effet eu
la chance de l'analyser. Ils ont constaté que ce fluide était
saturé en punkonoisoïdes gras. Une fois administré,
il provoque sur sa proie des secousses incontrôlables surtout au
niveau des jambes. Certaines personnes agressées ont déclaré
avoir ressenti comme une vague de frissons chaleureux et intenses. Bizarre
de la part d'un animal à sang froid ! En cela ça rapprocherait
peut-être le Hot Snake du Jehu, autre reptile légendaire
de Californie. Une autre particularité du Hot Snake, c'est sa langue.
De type Froberg, à savoir pointue et vicieuse, elle est, et ce
qu'elle soit caressante ou fouettante, chargée d'émotions
envoûtantes. C'est un animal agité qui serait de plus en
plus sur le qui-vive. Ne pensez donc pas à l'apprivoiser. Contentez-vous
de l'approcher. Laissez-vous charmer et faites-vous avaler comme un rat
vivant. Vous verrez ainsi ce que le Hot Snake cache vraiment au fond de
ses entrailles.
[chRisA]
Véritable
tuerie ! Troisième album, un poil plus posé et réfléchi
que les précédents, mais toujours cette énergie démoniaque
et cette voix qui nous rappelle combien Drive like Jehu nous manque…
Indispensable !
[mg]
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voir aussi : Drive Like Jehu, Rocket from the Crypt
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THESE
ARMS ARE SNAKES
"The Lion Sleeps When Its Antelope Go Home"
(jade tree)
Vous regrettez de ne plus avoir de nouvelles de Milemarker ? Pourquoi
alors ne pas jeter une oreille à ce premier véritable album
de These Arms Are Snakes… Mais attention, que les choses soient
bien claires : vous n'y trouverez pas un clône sans âme. Non,
car si TAAS a bel et bien des points communs avec Milemarker, notamment
un penchant pour bousculer les certitudes musicales, ce quatuor américain
(avec des ex-Botch et ex-Kill Sadie) n'en reste pas moins singulier et
original. A part son incroyable nom, ce qui est appréciable chez
ce groupe, c'est son désir de se libérer des carcans, sa
volonté de tracer son propre chemin. Voilà comment on peut
expliquer ce mélange de synthés, de sensibilité hardcore,
d'engagement punk, de guitares tranchantes et agressives. Si la base est
résolument rock, un rock qui lorgne du côté du hardcore
et qui est emmené par des guitares, le groupe ne ferme aucune porte.
Avec These Arms Are Snakes, il n'y a pas un mais des possibles : rythmique
drum'n bass ici, synthé en intro là, plans que l'on aurait
qualifié d'émo jadis ailleurs et même pourquoi pas
un orgue à la Black Heart Procession en interlude. Tout cela pourrait
paraître artificiel et pourtant cela forme un tableau à la
fois intense, homogène et surprenant. A découvrir.
[sullivan]
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voir aussi : Milemarker, From Ashes Rise, Fugazi
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ROBOTS
IN DISGUISE
"Get Ride"
(recall)
Alors qu'on se faisait toujours refuser l'entrée des boîtes
de nuit avec nos coupes iroquoises, notre look de jeunes voyous et notre
réputation de branleurs punk, ce sont les filles de la bande qui
ont réussi à séduire le videur pour entrer. Elles
avaient pourtant la même allure d'épouvantail, et la même
révolte sauvage en elles, mais leur bonne humeur et leur ouverture
d'esprit leur ont permis d'accéder aux pistes de danse. Parmi elles,
Le Tigre, Cobra Killer, Chick On Speed puis ces deux nouvelles anglaises
qui se faisaient appeler Robots In Disguise. Les Robots ont de suite adoré
l'ambiance dansante des boîtes de nuit, et, étrangement,
malgré les ceintures cloutées qu'elles portaient, les jeunes
étudiants à la mode les ont acceptées. Comme leurs
amies de Le Tigre, elles ont mélanger leur révolte punk
aux boules à facettes de leurs nouveaux amis. Nous étions
outrés, et pourtant, leur nouveau style était détonnant
! Bon, c'est vrai, ce n'était plus très nouveau (le premier
Le Tigre datant de 99)… Mais on s'est tous mis à les suivre,
à danser comme elles, à scander leurs slogans… Comme
j'avais été amoureux de Le Tigre, je tombais sous le charme
des Robots (même si leur charisme était moins fort, que je
leur préférais Cobra Killer, et que le style commençait
à tourner en rond !), et ce malgré leur dérapage
parfois moyennement contrôlés (leur tube "the Djs Got
a Gun" oublie un peu trop la révolte pour tomber dans la house
dance un peu creuse - ce qui leur apporte, ceci-dit, encore plus de succès
auprès des gens à la mode !)… Mais j'adorais
la voix haut-perchée de l'une d'elle (à la Kathleen Hanna)
et la fureur de leurs influences (la reprise des Kinks "You really
got me"). Alors tant pis si elles oubliaient un peu trop souvent
leur guitare électrique et leurs racines punk (le très moyen
"la nuit" en français), et qu'aujourd'hui, leur style
devient vraiment trop répandu, tant pis, quand elles restent sauvages
("Girl", "She's a colour scientist"…) on leur
pardonne tout.
[mg]
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Voir aussi : Le Tigre, Cobra Killer, Chick On Speed, Electrocute
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KRUGER
"cattle truck"
(Ronald Reagan Records)
C'est marrant comme la sonorité du nom du combo suisse nous met
déjà sur la piste… La tête de mort jaune en
pochette et des titres comme 'las vegas is a piece of shit' et 'motorfuck'
enfoncent encore un peu plus le clou dans une orbite ma foi peu profonde.
Le quintet ne joue donc pas vraiment sur l'ambiguïté…
encore que les grosses (outrancières?) influences d'Isis mettent
un peu de finesse dans ce sludgy metal rock peu original. Avec aux manettes
la paire suédoise, Frederik Nordstrom et Peter In De Betou, le
groupe sonne presque tout du long comme du Entombed et perd au final en
personnalité. En développant des morceaux assez longs, le
cd perd vite de l'intérêt et ce n'est pas la reprise facile
de Depeche Mode 'I feel you' qui peut sauver la mise. Même si cet
album n'est pas foncièrement mauvais, force est de reconnaître
que l'inspiration n'est pas l'atout majeur de Kruger. Lausanne peut respirer,
il n'y a toujours pas de raison de mettre le feu au lac. (chRisA)
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Voir aussi : Entombed, Isis, Breach
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RAVI
"designing new circles"
(chimeres/emergences)
Comme ils nous reviennent les petits gars de Caen ! Partis outsiders,
pas loin derrière leurs potes d'Apollo Program et d'Amanda Woodward,
les gars de Ravi s'imposent aujourd'hui sans demander la permission. Déjà
l'artwork de l'album est bien classe ! Ensuite, leur emopunk n'a plus
rien à envier à personne, et pourtant, il y en a du monde
dans cette case. Ça sonne, ça envoie sévère,
ça place de la mélodie, ça se permet même des
guitares bien fines et du piano, ça se permet aussi quelques plans
rock'n'roll, et ça va jusqu'à finir en drum'n'bass (et d'autres
morceaux cachés… peut-être un peu trop d'ailleurs ;
on s'y perd)… bref, ces mecs-là sont, à mon avis,
arrivés là où ils le souhaitaient. Personnellement,
je pense qu'ils gagneraient à sortir de certains schémas
trop mélodiques ou trop speed, surtout aux vues de certaines intros
(les guitares d'intro de "up & ground" sont sublimes) ou
certains breaks qui montrent encore de la réserve. Ensuite, ce
que j'en dis moi, y en a bien qui aiment toujours le skate-core californien,
alors vous savez… Une chose est sûre : question punk/hardcore
avec des émotions et de la mélodie dedans, Ravi nous pond
là un album qui marque, et ce n'était pas gagné d'avance.
Joli coup.
[mg]
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Voir aussi : Apollo Program, Flying Donuts, Hot Water Music
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INTERPOL
"Antics"
(labels)
Ah, la légendaire difficulté du deuxième album…
L'équilibre est effectivement complexe à trouver : d'un
côté, il faut garder ce qui a fait le succés du premier
tout en laissant, d'un autre côté, les choses évoluer
naturellement pour éviter de se répéter… Et
,à ce titre, le côté déconcertant de "Antics"
à la première écoute, était plutôt de
bon augure. C'était un signe que le groupe ne s'était pas
contenté de s'auto-plagier comme il aurait pu avoir la tentation
de le faire. Moins immédiats, ces 10 nouveaux morceaux n'en gardent
pas moins la marque de fabrique du groupe : je veux parler de cette post
new-wave teintée de punk et si mélodique qu'elle a indéniablement
des acquaintances pops. Et cette mélancolie romantique, ce côté
sombre hérité de la cold-wave, cette tristesse, en filigrane.
Mais à l'instar d'un groupe comme Chokebore, c'est véritablement
le chant, beau, touchant et intense, qui transcende ces morceaux, qui
donne toute sa dimension à cette musique. Messieurs dames, Interpol
est en état de grâce. Pourvu que cela dure encore longtemps !
[sullivan]
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voir aussi : Joy Division
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Q
AND NOT U
"power"
(Dischord)
Une Quête pour échapper à toute Uniformité.
Q and not U. Un troisième album pour ne rien faire comme les autres.
Pour ne jamais refaire deux fois la même chose. Pour exprimer une
créativité multiforme et multicouleur. Si 'Different Damage',
leur précédent album, vous avait quelque part désarçonné,
la chute sera encore plus lourde avec 'Power'. Tout commence avec le super
dancefloor spirit de 'wonderful people'. Le groupe plante ses claviers.
Ca swinge dur sur la voix aïgue de Chris Richards. Grosse interrogation.
????. Et déjà on se dit que la traversée de la plage
1 à 13 va être plus que déstabilisante. A coups de
beats ('beautiful beats'), de guitares funky chochotte, de poussées
de flûte, de piano tango ('collect the diamonds'), de maracas, de
vocaux mieleux ou de berçeuses ('district night prayer'), le trio
fait sa révolution. Une sorte de coming out qui nous force tout
de même à apprécier l'énergie, la vivacité
lyrique et le talent de composition de ces trublions. Avec d'autres armes,
les morceaux cartonnent car ils explosent de rythmes et de mélodies.
Les deux nouvelles versions de 'X-polynation' et 'book of flags', déjà
sortis sous la forme d'un deux titres à l'automne dernier, témoignent
du caractère bouillonnant et de l'effervescence artistique générés
par le groupe. Les paroles, très dures à décrypter,
quant à elles, semblent aussi fortes en sens. Enregistré
par Pete Cafarella et Rafael Cohen de El Guapo, Q and not U trouve un
son plus dense qui sied bien à l'atmosphère des morceaux.
Au final, même si cet album, en proposant de la mega pop sous intraveineuses
disco, ne correspond pas à ce qu'on pouvait attendre d'une telle
formation, 'Power' n'est pas une erreur de parcours. Sa fonction n'est
pas systématiquement de provoquer mais de fédérer
sous de nouvelles lumières. Q and not U est tout bonnement insolent
et insaisissable. 'Power' a du ressort. Interessant ! [chRisA]
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voir aussi: The Beatles, The Rapture, El Guapo, Prince, Gang of Four
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CALL
ME LIGHTNING
"The trouble We're In"
(revelation)
Tendu comme du hardcore, post-punk comme un groupe à la mode, emo
comme les fous Gazi, et pourtant, malgré toutes ces étiquettes
lourdes à porter, on a envie d'aimer ce trio ! C'est vrai qu'aujourd'hui
tout le monde essaie de mettre la rythmique en avant avec des petits plans
groove, des petites guitares de funk blanc, et cette touche de suiveurs
qui redécouvrent le Gang des Quatre, mais ce serait se mettre le
doigt dans l'œil bien profond de croire que ce trio (dont l'ancien
batteur de Haymarket Riot) se limite à cela. Call Me Lightning
n'ont rien de festif… la guitare passe son temps à vous asticoter
les nerfs et la voix flirte avec la folie sur chaque morceau. Non, leur
rock est bien trop aiguisé, et trop barré, pour se la jouer
funky ! Tant mieux. J'ai même lu quelque part un gars parler de
Jesus lizard, et c'est vrai qu'on peut retrouver des similitudes dans
le chant… Un rock maniaco-dépressif qui connaît la
parade pour paraître groovy, voilà ce que propose Call Me
Lighning, et, si cela ne donne pas grand chose couché sur papier,
sur disque, ça fonctionne vraiment bien. Revelation confirme que
sa traversée du désert est bel et bien finit. Tant mieux.
[mg]
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Voir aussi : Black Eyes, Jesus Lizard
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DIRGE
"and shall the sky descend"
(Blight Records/Overcome-4 titres)
10 ans que le groupe parisien existe. D'un metal industriel, il est passé
progressivement et en fonction des changements de personnel à un
metal lent, lourd, ambiant et sombre. 4 titres pour 79 minutes d'une descente
abyssale coûteuse physiquement et psychologiquement. Par palier
et en respectant les étapes de décompression, ces plongées
mélancoliques et introspectives nous font systématiquement
penser aux californiens de Neurosis, vrais maîtres en matière
de trip psycho-mystique. La ressemblance est tellement flagrante que parfois
elle en est gênante. Rythmiques pesantes, voix hurlées mais
sous mixées, utilisation de samples et de cordes, rien ne manque
pas même ces jets poétiques noirs. La dimension cathartique
de l'ensemble se trouve parfois allégée par des plans à
la Godspeed You Black Emperor! ('the endless'). En étirant ses
morceaux avec habileté, Dirge évite donc de les engluer
dans la répétion ou l'ennui. La crédibilité
du résultat vient aussi du bon travail fait en studio par Ludo
à Lausanne. Si vous tournez au Lexomil ou au Prozac, cet album
vous est déconseillé. Pour les autres, la voie est libre
mais avant de vous lancer, gonflez bien les poumons.
[chRisA]
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voir aussi: Neurosis, Kill The Thrill, Swans
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MILGRAM
"Expensive Record(s)"
(rock'n roll charity hospital)
Cinq ans que je n'avais pas eu de nouvelles des nordistes de Milgram.
Depuis "Vierhundertfunfzieg volt" sorti sur Pandemonium, pour
être précis. 2 albums plus tard, le groupe est méconnaissable.
Oubliée cette noise plutôt lourde à deux basses, fort
sympathique d'ailleurs. Place maintenant à un math-rock instrumental
(c'est un peu la loi du genre), moins sombre (certains morceaux sont même
carrément enjoués) et plus mélodique. Où l'on
retrouve cependant le fil rouge du groupe : l'humour, comme en atteste
le titre, qui doit faire référence au passage du combo chez
Bob Weston pour l'enregistrement de l'album… Ces dix titres font
en tout cas la part belle aux changements de rythmes et aux enchevêtrements
de guitares ouvragées. Un peu comme si Don Caballero ou Shellac
s'étaient acoquinés avec The Lapse ou The Van Pelt le temps
d'un album. Milgram a réussi sa mue.
[sullivan]
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voir aussi : Don Caballero, Shellac, Storm and Stress, The Lapse
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