email : monsieur.kaugumi@gmail.com

disque disponible pour 10 euros
auprès du label

V/A : Monsieur Kaugumi volume 01
"Saturday night holocaust"

(Monsieur Kaugumi)
Le principe de compilation est toujours délicat à aborder pour l'auditeur, et très franchement, en tant que tel, je dois bien avouer ne pas en être très friand… à quelque exception près ; citons la Virus 100 sortie par Alternative Tentacles (reprises des DK par Napalm Death, Nomeansno, Les Thugs, etc.), "Let them eat jellybean" toujours chez Alternative Tentacles (avec Black Flag, Bad Brains, DK, Circle Jerks, etc.) ou encore les compiles sixties Nuggets et Peebles. Pourtant, l'objet permet souvent la découverte, et c'est son principal atout. En France, on se souviendra notamment des compilations "La Pluie et le Beau Temps" sorties dans les années 90… grâce, entre autres, à des rencontres inédites entre les groupes (faite spécialement pour la compilation), l'objet prenait une véritable valeur. Malheureusement, plus de nouvelles après deux volumes que je vous conseille chaleureusement. Quand soudain, un certain Mr Kaugumi se présente à nous avec cette même dérision du succès et de l'argent. Et oui, derrière Monsieur Kaugumi se cache la même tête pensante que pour la série "La Pluie et le Beau Temps" (gage de qualité s'il en est un). Nous voilà ravis ! Et plus qu'avant encore, l'équipe se veut à la pointe de la tendance. Jetez vos The Face, et autres The Wire magazine, ce premier volume de la compilation remet ces vieux branchés au rang d'has-been ! Mr Kaugumi réuni, au risque de s'y perdre, la crème de l'electronica rigolo barré, du hip-hop déviant façon Anticon, de la noise abracadabrante, du punk folklorique, du rock dépressifs, j'en passe et des plus fous… Une chose les réunis : ils font quasi tous mal au crâne (!), mais créent sans complexe, avec une spontanéité débridée. Quelques noms : DJ Broken Window, Themselves, Old Time Relijun, My Robot Friend, cLouddead, Lightning Bolt, DJ Rupture, VMW, Why?, Numbers, Th Ex (même eux), Miss Goulash, Herman Düne (et oui, eux aussi !), Pulseprogramming, Programme, etc. Bref, du plus connu au plus obscur, du plus barré au plus pop, du tout machine électronique (beaucoup) au total folk acoustique (un peu), du plus hype au plus tendance, Monsieur Kaugumi vient à nouveau de frapper fort, avec une compilation difficile à écouter d'un trait (du moins la première moitié, la seconde étant plus posée) - à moins d'avoir deux cachets d'aspirine à ses côtés - mais particulièrement charismatique. Après, je ne vois pas trop comment ils veulent toucher un public "n'écoutant pas forcément ces musiques là" (un de leur but), car même pour les initiés, on est tout de même dans le pas facile d'accès (en dehors des trois ou quatre derniers titres) ! Ceci dit, c'est éclectique, personnel, rigolo, et il y a de sacrément bons groupes et d'excellentes surprises, donc tant pis pour les inédits (impossible d'avoir tous les albums de toutes manières) et pour les quelques groupes qui n'ont pas trop leur place ici… Bravo Mr Kaugumi, et même si nous n'aurions pas toujours fait les mêmes choix musicaux, je vous aime quand même !
[mg]

PS : merci pour le référencement dans le livret.

 

www.acuterecords.com

THE PREFECTS
"amateur wankers"

(Acute Records/Chronowax)
Jouant des épaules avec Wire, Joy Division, The Slits et les Clash, The Prefects auraient pu marquer à leur façon l'histoire du post-punk dès la fin des années 70. Conditionnel oblige puisque le quatuor, dans l'urgence de l'époque, se dissout rapidement. Certains, sur les cendres encore chaudes d'un cadavre trop vite calciné, formeront alors les Nightingales mais ça, c'est encore une autre histoire. Histoire pour l'Histoire, Acute Records revient, avec cette première réédition format cd, sur une aventure musicale digne d'intérêt. Celle de quatre anglais de Birmingham nourris au punk sauce briques rouges. Piqués aux épingles à nourrice enragées, des titres comme 'Faults', 'Escort Girls ou bien le live '625 Lines' libèrent une musique brute et directe qui n'est pas sans faire penser aux premières heures du punk de Washington DC. Cependant on sent très vite la formation encline à sortir du cadre pour proposer des morceaux plus 'arty', plus expérimentaux comme 'Going Through The Motions' et 'Total Luck' avec la présence d'un piano ou d'un sax furtif. Les anglais n'hésitent pas à casser les rythmes et à sortir des guitares au tranchant bizarre. Aussi 'Bristol Road Leads To Dachau' et ses dix minutes hypnotiques nous plongent dans une jam acide et noisy relevée par un harmonia en perdition. 'VD', le morceau préféré de John Peel (rip) scelle cette virée sonique qui nous fait surtout entendre ce que le punk devait, doit et devrait être. Une musique honnête, libre, inventive et bricolée pour un art où la perfection ne se mesure qu'à la valeur de ses instincts. Les Prefects peuvent être fiers d'avoir apporté leur pierre à l'édifice et on remercie Acute pour nous avoir aussi bien rafraîchit la mémoire. Le passé n'est pas que poussière.
(chRisA)

••• voir aussi : The Fall, The Slits

 

OXBOW
"Serenade in Red"

(ruminance)
Pas étonnant que le label Ruminance ait décidé de ressortir "Serenade in Red" pour redonner une nouvelle vie à ce qui fait figure de monument de la musique barrée. Et je vous garantis que ce ne sont pas que des mots. Il suffit d'écouter cet album pour se rendre compte à quel point le chanteur vit, ressent et j'allais dire souffre ce qu'il chante. Et ce qu'il exprime ,ou plutôt essaie d'exprimer, n'est que douleur, peine, déséquilibre et mal-être. Quant à la musique, elle est tout aussi tourmentée. Cyclothymique pour le moins, voire schizophrène, elle alterne passages très calmes et soubresauts électriques, sérénité fragile et crise d'angoisse, esquisses de mélodies et convulsions noise. Complètement déjantés, les morceaux sont imprévisibles au possible tant l'équilibre psychique du chanteur parait instable. Carrément inclassable, vous l'avez compris. Sans concessions. Sombre. Souvent imité mais rarement égalé. Bref de l'Oxbow dans toute sa splendeur. Eprouvant mais indispensable !
[sullivan]

••• voir aussi : Jesus Lizard, Melvins

 

AGHAST / 1000 TRAVELS OF JAWAHARLAL
"split"

(pure pain sugar - waiting for an angel)
Après une démo qui avait été remarqué dans le milieu hardcore, les Toulousains d'Aghast reviennent chez PurePainSugar/Waiting For An Angel, pour ce qui aurait pu être un nouveau volume de la série "our dreams walking their way". Malheureusement, ici pas de pochette de folie avec poster dépliant, mais peu importe. Aghast débuttent donc ce split et nous livrent quatre titres toujours aussi désespérés, mais avec ce fil mélodique qui les caractérise bien. Je commence malheureusement à être fatigué par tous ces groupes au chant hurlé, très screamo, qu'on voit éclore partout, mais Aghast ont le mérite de leur faire avec brio et de posséder d'excellentes guitares. Les fans du genre ne devraient pas faire la fine bouche. Personnellement, j'accroche plus à leur troisième titre "Medium is the message", quand le rouleau compresseur se fait plus doux, plus fin, avec un chant plus mélodique (comme sur "My friend slododane"). Encore une histoire de goût. Et pourtant, les japonais de 1000 Travels of Jawaharlal, dont on a entendu le plus grand bien, ont beaucoup du mal à suivre le niveau ! Peut-être une histoire de son car leur punk-rock souffre d'un bien mauvais mixe. Dommage. Du coup, on a du mal à rentrer dans ce qui semble être un bon punk-rock, avec des guitares bien aiguisées et quelques breaks emo… et à nouveau, je n'accroche pas sur la voix qui manque vraiment d'assise et de profondeur ! C'est du roquet du début à la fin ! Et c'est pas vraiment juste en plus… encore une fois, c'est dommage, car la musique pourrait donner un bon punk-rock entre traditions old-school et touche plus noisy. Malheureusement le chanteur ne laisse quasiment jamais la voie libre à la guitare qui lui vole tout de même quelques passages excellents sur leur dernier titre.
[mg]

 

NICK CAVE AND THE BAD SEEDS
"Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus"

(mute)
J'ai rarement accroché sur le concept de double album, c'est pourquoi je veux rapidement vous rassurer : cette nouvelle livraison doit davantage être considérée comme deux nouveaux albums de Nick Cave sortant en même temps que comme un double album. Ici, vous ne trouverez donc pas de boursouflures, de redites, de morceaux vite troussés vite bâclés… "Abattoir Blues " et "The Lyre of Orpheus" sont finalement les deux côtés d'une même médaille : l'endroit et l'envers, la lumière et la ténèbre, le calme et la tempête. Car si "Abattoir Blues" est orageux, sensuel et sexy, enlevé, rageur, bref plein de vie et très rock, "The Lyre of Orpheus" est quant à lui plus calme, introspectif, posé et triste, lorgnant davantage vers le folk ou la country (à l'exception notable de "Supernaturally"). Et selon ses humeurs, on ira tantôt vers l'un ou tantôt vers l'autre… Mais si les albums sont aussi inspirés l'un que l'autre, j'ai, pour ma part, un net penchant pour "Abattoir Blues". On sent que les morceaux sont déjà trés bons au départ mais l'apport de ce chœur gospel les mène indéniablement plus haut, plus loin et les rend encore plus beaux.
[sullivan]

••• voir aussi : Birthday Party, Gallon Drunk

 

BLOOD AND TIME
"At the foot of the garden"

(neurot recordings)
Projet parallèle à Neurosis, avec entre autre Scott Kelly (guitariste-chanteur), Blood and Time conserve la noirceur post-apocalyptique typique de Neurosis mais en l'interprétant d'une manière beaucoup plus douce. On navigue dans ce que nous pourrions appeler des chansons, ténébreuses certes, mais loin des explosions de décibels saturés propre à Neurosis. Ici, c'est la voix profonde de Scott Kelly, soutenue par quelques notes de guitare acoustique et une batterie toujours aussi lourde, qui mène cette folk aux histoires toujours terriblement sombres… Les bougres relégueraient presque les chansons de Leonard Cohen au rang des musiques festives ! Les purs amateurs de rock'n'roll risquent de s'ennuyer et pourtant, ce disque, aussi lent soit-il, possède ce qui manque à beaucoup de groupes aujourd'hui : il est habité, il est profond et il véhicule des émotions fortes… et, même si l'ensemble peut manquer de surprise, le résultat est proche de ce qu'on pouvait attendre de membres de Neurosis.
[mg]

••• Voir aussi : Neurosis, Leonard Cohen

 

www.fat-cat.co.uk

STROMBA
"giddy up"

(3 titres - FatCat)
Stromba est de retour et ce après un hiatus de quatre ans. En sept minutes 'Giddy Down' se secoue sur un afro (pas affreux) disco. Basse minimaliste pour déhanchements voluptueux. 'Septic Skank' renifle la grosse dub jamaïcaine à peine coupée. Ecran de fumée pour des effluves apaisantes. Avec sa trompette dansante, 'Giddy Up' conclut sur un titre qui n'aurait absolument pas dépareillé avec le dernier Spaceheads. Ce 3 titres est donc un amuse-bouche avant la sortie imminente de leur premier vrai plat de résistance.. Une sorte d'excitateur de papilles. Indispensable pour soirées club cocktail branchouilles.
(chRisA)

 

MARVIN
"démo 12 volts"

(autoproduction - 3 titres)
Ce trio de Montpellier nous livre un rock sonique simple et sans fioritures qui a le mérite d'aller droit au but et de fonctionner. Une guitare, une batterie et un bien joli Korg MS20 créent un rock instrumental mélangeant énergie noise et mélodies dansantes… Bon, parfois, ça manque un peu de recherches et ce qui est leur force devient vite leur défauts (la simplicité, la répétition) et le serpent aura vite fait de dire d'eux qu'ils manquent d'originalité et d'inspiration. Mais quand les plans prennent, c'est agréable… La démarche me rappelle celle d'Aeroflot de Bordeaux. Je me demande juste si leur musique se suffit en formule instrumentale ? Parfois on manque un peu de légèreté aussi, rendant certains breaks trop lourds, mais pour une démo, il y a des idées qui ne demandent qu'à germer… on verra vers quoi le groupe se dirigera dans l'avenir.
[mg]

••• Voir aussi : Aeroflot

 

AIDAN BAKER
"At The Base Of The Mind Is Coiled A Serpent"

(le cri de la harpe)
Les fans du cri de la harpe savent à quoi s'attendre. Les autres sont prévenus : la démarche est hyper aventureuse, originale et des plus radicales. Cet album (il y a comme quelque chose qui ne va pas là… comme si le terme ne parvenait pas à désigner ce dont je parle, comme s'il était trop réducteur) est composé de cinq longues pistes musicales entièrement instrumentales, fruits du travail de bidouillage, de manipulation, de restructuration d'Aidan Baker à partir d'un matériau de base simple : des sons de guitares. Techniquement, cette sculpture sonore est véritablement impressionnante. Pourtant, quand on n'est pas habitué à ce type d'ambient minimaliste poussé à l'extrême, on se sent un peu démuni, comme si on ne possédait pas les clés de lecture de cette œuvre planante et hypnotique. Et au final, on a du mal à ressentir le plaisir que son auteur a dû éprouver lors de son élaboration.
[sullivan]

••• voir aussi : les autres productions du cri de la harpe

 

STRIKE ANYWHERE
"To Live in Discontent"
(jade tree)
Strike Anywhere profite du succés de son dernier album, "Exit English", pour sortir "To Live in Discontent" qui compile démos, morceaux devenus introuvables et autres surprises. On y retrouve notamment le ep "Chorus of One" sorti en 2000, un morceau issu des sessions d'enregistrement pour "Exit English" et trois reprises. L'une marrante et surprenante d'un morceau de Cock Sparrer et les deux autres, plus révélatrices, de titres de Dag Nasty et Gorilla Biscuits.
Si cette compile s'adresse avant tout, bien entendu, aux fans de base du combo (les autres devraient plutôt commencer par l'album déjà mentionné dans cette chronique), elle nous donne l'occasion de voir l' évolution de ce groupe. Car si dans le genre, "Exit English" faisait preuve d'une certaine originalité et prenait quelque distance avec des gimmicks punks un poil encombrants, ce que le groupe a crée auparavant démontre qu'il était encore très proche de ses influences, comme le prouvent les reprises présentes sur le disque. Mais l'énergie, l'engagement et la conviction étaient déjà là. Sympathique tout de même donc.
[sullivan]

••• voir aussi : Pennywise, Gorilla Biscuits

 

 

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Mathieu Gelezeau & Natasha Herzock
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