EX MODELS
"Zoo psychology"

(Psychotica rds/X Mist)
Qu'on se le dise, ces anciens maîtres du post-punk ne sont pas là pour tomber dans la hype facile ! Laissez tomber la disco des boîtes de nuit pour rocker en manque de paillettes, ces ex-models n'ont pas été enregistrés avec Martin Bisi, qui a entre autre travaillé avec Sonic Youth, Lyndia Lunch, John Zorn ou US Mapple, pour se la jouer colle pelle à tarte ! L'école est bel et bien noise, psychotique et frappée. Un nouvel album, déstructuré à souhait donc, incontrôlable et sans limite… Un post-punk difficile d'accès mais plus créatif que toutes ces répliques de Gang Of Four à la mode ! Bon, maintenant, on vous a dit que l'album était difficile d'accès, alors ne jouez pas vos vierges effarouchées si vous ne comprenez pas tout ! Un disque qui risque d'avoir bien du mal à remplacer Radio 4 sur les radios branchées !!! Tant mieux !
[mg]

 

www.prettygirlsmakegraves.com

PRETTY GIRLS MAKE GRAVES
"good health"

(Matador)
Après la signature du groupe de Seattle sur Matador et la sortie du remarquable 'The New Romance', voici leurs premiers faits d'armes (éparpillés sur Lookout et Dim Mak) mis au grand jour. On peut dire que ces deux labels ont eu le nez creux ! Cette réédition, qui comporte 12 titres et un bonus vidéo est une bonne séance de rattrapage pour constater le talent de ces ex-Murder City Devils, Kill Sadie et Death Wish Kids. Si l'indie rock du groupe s'est dernièrement taillé un costume aux mesures plus ambitieuses, les morceaux ici débordent d'une énergie juvénile mais pas boutonneuse. Hargneuse et mélodique, cette fougue se cristallise autour de guitares réactives et malicieusement mordantes. La deuxième force vient du chant doux et acide d'Andrea Zollo qui par moments peut faire penser à celui de Kathleen Hanna. Titre après titre, l'ombre de At The Drive-In s'allonge mais ne s'étire pas au point d'obscurcir leur inspiration et leur identité sonore. L'ensemble peut paraître assez linéaire et ce même si la basse rebondit bien et les bidouilles electro enrichissent le contenu. Cependant l'urgence se fait entendre et la spontanéité est de mise. Ces débuts sont très loins d'être des 'erreurs' de jeunesse. Ils posent tout simplement les bases d'une aventure musicale qui est d'ores et déjà placée sous le signe constructif d'une évolution excitante. 'The New Romance' en a été la preuve. On attend maintenant la suite en espérant qu'ils vont garder cette bonne santé artistique.
[chRisA]

••• Voir aussi : Bikini Kill, At The drive In, Sleater Kinney, Whirpool, Fugazi

 

www.theex.nl

THE EX
"turn"

(2 cds - Vicious Circle)
Il convient de dire qu'après vingt cinq ans de carrière, dignement fêtés l'année dernière ici et là, The Ex fait en quelque sorte partie du patrimoine rock international. Avec la même détermination musicale et le même engagement artistique, le groupe poursuit son chemin dans une cohérence qui n'est qu'à l'image de son impressionnante inspiration. 'Turn' aurait tort de nous faire croire à un quelconque tournant. The Ex ne fera-t-il pas à jamais du The Ex ? Mais les Hollandais voient tout de même les choses sous l'angle du mouvement perpétuel. Le départ à la basse de Luc Ex et l'arrivée à la contrebasse de Rozemarie a insufflé un beau et bon changement dans l'approche des morceaux et dans le son ; ce nouvel attribut n'étant pas sans nous rappeler les belles heures où, en sixième membre, Tom Cora excellait. Pour célébrer cet anniversaire, le quintet nous livre généreusement deux cds. Quatorze morceaux qui avant d'être gravés ici ont beaucoup mûri sur scène. A l'aise dans un jardin punk rock aux effusions noisy, aux rythmes désarticulés et quasi-tribaux, aux revendications vocales claires, les excellents morceaux sont bien plus nombreux ici que sur 'Dizzy Spells'. 'Listen to the Painters' est un vibrant appel à l'art. 'Getachew', l'instrumental est un bel hommage au saxophoniste éthiopien Getachew Mckurya. 'The Pie' fait l'éloge de la crème qui fouette et nous donne une savante leçon pour devenir un parfait entarteur (M. Noël, si tu nous lis...). 'Theme from Konono' et le riff du groupe africain est totalement enivrant. 'Huriyet', une chanson éritréenne avec la voix de Katerina, est un formidable hymne à la liberté et au respect. 'Sister', 'Henry K', 'In The Event'....j'en passe...et des meilleurs sont tous porteurs d'un élan musical riche en émotions. L'énergie côtoie une grande sensibilité. Le cri se substitue aux murmures. L'artistique bouscule le politique. Les genres musicaux s'articulent et se complètent au nom d'un principe: la liberté dans la création. Ce nouveau chapitre est passionnant car il s'effeuille et se comprend au fil des écoutes. The Ex sera toujours plus qu'un simple groupe de rock. GW Sok vocifère que nous avons besoin de poètes et de peintres. Que les esprits étroits sont des armes de destruction massive. A son niveau, The Ex confirme, intentionnellement ou pas, que la société a aussi besoin de punk rockers.
[chRisA]

••• Voir aussi : Dog Faced Hermans

 

ENABLERS
"end note"

(neurot recording)
A mi-chemin entre l'album d'avant-rock sombre et le disque de spoken words, ce "end notes" ouvre une voie étrange qui a le mérite de correspondre à ses créateurs. En effet, réunis sous le nom d'Enablers, Joe Goldring (guitariste/ingénieur du son, qui a notamment officié dans Swans ou avec le projet solo de Steve Von Till de Neurosis), Yuma Joe Byrnes (batteur de Tarnation), Kevin Thompson (Timco et Nice Strong Arm) et l'écrivain underground Pete Simonelli, se livrent à un bel exercice de style : créer en quelque sorte un roman musicale… Pete raconte donc ses histoires sombres, à la manière des spoken words américains, pendant que ses comparses créent l'univers musical. Autant cela ne m'a pas convaincu sur scène (cela doit être plus captivant pour les anglophones), autant sur disque, la musique propose des passages tellement envoûtant que la monotonie du chant me dérange moins. Il faut entendre ce que le trio peut faire derrière quand il se lâche ! Sombre à tous les instants, la musique flirte avec le post-rock pour laisser libre court à la voix de Pete puis explose dans des fracas noise, comme pour conclure les chapitres… Ces gars-là sont vraiment habités… malheureusement, les morceaux ont tendance à se répéter pour devenir parfois ennuyeux et monotone. Dommage qu'ils n'aient pas juste fait un putain d'album de noise-rock car le résultat aurait été parfait. En échange, nous gardons un bon exercice de style, aux ambiances parfaitement interprétées, mais qui devient parfois soporifique.
[mg]

••• Voir aussi : Swans, June of 44, Neurosis

 

BLOC PARTY
"Silent Alarm"

(Wichita - V2)
Que dire de ce disque qui n'est pas été dit ? Que dire d'un groupe qui se retrouve propulsé à nouveau par toute la presse mainstream comme la nouvelle révélation rock ? Dois-je détruire ce groupe pour bien me différencier de cette presse grand public et montrer mon appartenance à une scène plus pointue, comme je suspecte certains de le faire ? Est-ce mieux que de suivre cette mode passagère qui risque de se retourner contre le groupe dans quelques mois ? En réalité, excusez-moi, mais Bloc Party n'est ni un groupe qui mérite le buzz autour de lui, tant sa recette est évidente et déjà vue, ni ce genre de groupe qu'on jette à la poubelle sans y revenir. On baigne en effet dans un univers balisé ou chaque rue est éclairée de mille feux, un monde créé dans les années 80 par des défricheurs new-wave… Un énième clone de cette époque comme avant lui Franz Ferdinand, Hot Hot Heat ou The Killers. Certes, pas d'originalité ici. En attendant, certains titres fonctionnent parfaitement et répondent idéalement aux attentes des fans du style (quand une autre moitié d'album lorgne vers la soupe). Le groupe met les trois pieds dans le même panier, panier bien en vogue ces jours-ci, mais musicalement, leur rock donne envie de danser comme il se doit, sans se la jouer disco, mais sans prendre de risque. Rien de neuf, rien d'excentrique, et même quelques bonnes merdes au sein de l'album ("Blue light", "So here we are", "Compliments"), mais je ne nierais pas quelques tubes bien calibrés pour jouer leur rôle. Au moins, on sait ce qu'on vient chercher…
[mg]

••• Voir aussi : The Cure, Talk Talk, Gang of Four, The Killers, Franz Ferdinand, The Rapture, Hot Hot Heat

 

 

YANN TIERSEN ET SHANNON WRIGHT
"s/t"
(ici d'ailleurs/vicious circle)
De prime abord, c'est vrai, on a un peu de mal à l'imaginer, cette collaboration entre Yann Tiersen et Shannon Wright. Pour tout dire, on ne voit pas trop bien de quoi ces quelques courtes sessions orchestrées par Fabrice Laureau pourraient accoucher. Mais on sait aussi que Yann Tiersen est quelqu'un d'authentique, que seule la passion guide. De plus, le projet est coproduit par Ici d'ailleurs et Vicious Circle, deux labels indépendants dont la qualité du travail a souvent été louée. Bref, le plus simple était de ne pas en rester là et et de passer rapidement à l'écoute pour dissiper les doutes.
Et dès le début, on sent que quelque chose se passe, que Fabrice Laureau a réussi à créer une alchimie. Car le charme opère. Par la grâce d'un subtil équilibre entre la mélancolie de Yann Tiersen et la fragilité du chant et du jeu de guitare de Shannon Wright. Et ce, quelle que soit la couleur des morceaux. Certains (souvent emmenés par un piano) sont vraiment conformes à ce que l'on peut attendre de Yann Tiersen mais d'autres, et c'est bien plus surprenant, font penser à The Ex, comme l'écorché "While You Sleep" ou même à Godspeed You Black Emperor, quand ils se tendent, à l'instar de "No Mercy For She". Après plusieurs écoutes, cet album à la sensibilité à fleur de peau, s'impose comme une évidence et on en vient à se demander pourquoi personne n'avait pensé à réunir ces deux chats échaudés auparavant pour donner la possibilité à ce folk brut et touchant de voir le jour. Un album vraiment attachant !
[sullivan]

••• Voir aussi : Yann Tiersen, The Ex, GYBE

 

www.morrmusic.com

BENJAMIN GIBBARD et ANDREW KENNY
"home Ep Vol.5"

(Morr Music)
Cette série initiée par le label américain Post-Parlo et qui voit, tout du moins pour le volume 5, une sortie européenne via Morr Music est une bonne idée. Il s'agit de réunir deux songwriters émérites et de leur laisser carte blanche pour qu'ils enregistrent, chacun de leur côté et au coin du feu, quatre titres. Une voix, une guitare sèche, des cordes, des mots pour une formule bien sympathique. Benjamin Gibbard et Andrew Kenny, respectivement chanteurs et compositeurs des groupes Death Cab For Cutie et American Analog Set, sortent des balades agréables à l'écriture aussi subtile que les compositions de John K. Samson des Weakerthans. Il fait tellement bon dans leurs nids douillets que les chansons sont légères et dénuées de mélancolie primaire. On échappe ainsi aux clichés de circonstance et ce n'est pas plus mal même si quelque part on serait en droit d'attendre plus d'émotions. En passant du 'road sweat road' au 'home sweet home', les deux hommes s'offrent une parenthèse tranquille qu'on appréciera chez soi, sur le canapé et avec une bonne tasse de thé.
[chRisA]

 

CELLAR DOOR
"s/t"

(autoproduction)
Enregistrée en août 2003, cette petite démo nous présente une formation d'une délicatesse assez rare. La musique de Cellar Door semble être composée dans la chambre à coucher, au pied du lit, puis jouée dans le salon, au pied du canapé. Principalement basées sur de beaux arpèges de guitares sèches et d'une douce voix féminine, les chansons de ce trio lyonnais, simples et sans fioritures, s'échappent avec délicatesse des enceintes pour créer une agréable sensation de cocooning dans la maison. Et ce n'est pas quelques rares rythmiques electro, vaguement ambient, qui viendront perturber cette impression de simplicité minimale. Mais chez eux, cette simplicité brute est un atout. A mi-chemin entre une folk de fin de soirée et un trip-hop minimal, Cellar Door trouve sa voie, sans éclats. Le trio semble bien se connaître et la voix s'entremêle bien aux guitares. Ici, c'est le frère et l'oncle qui prennent leur guitare pendant que votre cousine improvise quelques voix bien agréables… Il ne manque que la pluie dehors et le feu dans la cheminée pour avoir le tableau idéal. Je reste juste un peu frustré par une petite monotonie qui s'installe rapidement… À écouter la nuit, assis au pied du lit.
[mg]

••• Voir aussi : Beth Gibbons

 

CIRCUIT BREAKER
"Cosmetique"

(autoproduction)
La façon qu'ont ces quatre titres de mélanger trip-hop, électro et parfois noise fait d'emblée penser au "Delight In Disorder" de Shane Cough. La folie en moins. Un certain écletisme en plus, intéressant quand il franchit les frontières du dub, beaucoup moins quand il s'aventure en terrain hip hop ! Cela peut être la marque d'une ouverture d'esprit positive ou la preuve que le groupe se cherche encore. Je penche plutôt pour cette dernière interprétation.
[sullivan]

 

 

 

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