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JELLO
BIAFRA with the MELVINS
"you can't breathe what you can't see"
(Alternative Tentacles)
Vous avez aimé J-Lo avec D.O.A, avec les NoMeansNo ou encore avec
Mojo Nixon ? Eh bien, vous allez vous régaler de l'entendre
pousser la chansonnette accompagné qu'il est du gang du King Buzzo.
Dans son habit de Noam Chomsky version punk et sons mordants, J-Lo s'en
donne à cœur joie. La guerre en Irak, Osama, George W. Bush,
la globalisation, le terrorisme, le pétrole… Voici quelques
uns des sujets abordés par notre pamphlétaire préféré.
Sa voix démoniaque et nasillarde grince, ironise, provoque et crache
toujours avec justesse, talent… parfois avec facilité ('Yuppie
Cadillac'). La langue tranchante comme une machette, Osoma McDonald (c'est
ainsi qu'il s'est baptisé pour l'occasion) se dérouille
dans un execice où il est vraiment passé maître. En
fond sonore, le jeu classique des Melvins. Sans surprise. C'est punk,
c'est heavy rock, c'est puissant et bien fait mais sans plus. On est content
de voir le guitariste de Tool, Adams Jones, venir prêter main forte
à la bande et nous faire apprécier sa patte sur quatre titres
dont le très bon 'Caped Crusader'. D'une qualité irréprochable
(la conception graphique est très soignée), l'ensemble tient
bien sûr la route mais ne fait pas ressortir des morceaux d'anthologie
d'où peut-êre une petite déception. L'ombre des Dead
Kennedys plane. En tout cas, personne ne fera fermer la gueule d'un mec
qui a toujours pris des risques et qui a surtout donné des lettres
de noblesse au punk politique et revendicatif. La pieuvre est belle et
bien vivante.
(chRisA)
••• Voir
aussi : Dead Kennedys, Melvins
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13th
HOLE
"Jack is back"
(limbo discs)
Originaire de Rennes, 13th Hole fait partie de ces groupes discrets, avançant
à son rythme, sans stresse ni exubérance. Du coup, le public,
tout comme les médias, ont tendance à les oublier…
c'est assez logique. Pourtant, armé d'une nouvelle chanteuse d'origine
italienne depuis leur précédent album (à côté
duquel je suis lamentablement passé), le groupe possède
de sacrés atouts dans son sac. Elevé aux sonorités
de la scène indie noise US, le groupe nous livre un rock bruyant
et mélodique, jouant autant sur les dissonances noisy, que les
mélodies brutes d'un rock sale. Le mélange sent bon, même
s'il manque un peu de tubes. Les ingrédients me touchent mais l'auditeur
aura tendance à s'y perdre et à avoir du mal à retenir
quelques refrains, malgré le style qui s'y prête idéalement.
Le chant féminin s' efforce à rapprocher le tout d'une scène
féminine et bruyante qui plaît, menée de main de maître
par des filles telles que PJ Harvey (principale référence
venant à l'esprit), ou les trois oubliées de Babes In Toyland.
Mais ne vous y trompez pas, l'ensemble n'arrondit pas les angles : noise
et dureté rock sont bien au rendez-vous. Bref, encore une fois,
13th Hole nous livre un album digne de leur talent, avec une production
adaptée aux radios (attention parfois à l'excès d'effets)
et à un certain grand public (ouvert au rock dissonant), mais suffisamment
de fougue pour nous plaire (superbe son saturé de guitare - merci
l'ampli Vox) ; malheureusement, si le groupe continue à être
si discret et autant absent des scènes, le public risque à
nouveau de passer à côté. Dommage.
[mg]
•••
Voir aussi : PJ Harvey, Babes In Toyland, Sonic Youth
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M83
"Before The Dawn Heals Us"
(goom disques)
M83 a changé. Du temps a passé bien sûr. Et leur précédent
album a rencontré le succés. Mais aussi et surtout, le binôme
a perdu l'un de ses membres. Anthony Gonzalez se retrouve désormais
seul à la barre du navire spatial M83. Prêt pour de nouveaux
voyages intergalactiques. On avait aimé "Dead Cities, Red
Seas and Lost Ghosts" pour sa détermination à explorer
d'autres voies, son talent pour marier électronique à la
Daft Punk et fulgurances soniques voire noisy à la My Bloody Valentine
ou Mogwaï, sa capacité à émouvoir. Malheureusement,
on ne retrouve ces instants quasi-magiques que par intermittences sur
ce nouvel opus. Trop rarement pour nous emballer. On imagine qu'Anthony
Gonzalez a voulu éviter de se répéter pour se rapprocher
de sa forme parfaite. Il est malheureusement trop démonstratif,
trop outrancier sur "Before The Dawn Heals Us". Trop de production
tue la production et le lyrisme se transforme sur certains morceaux en
grandiloquence. On peut également regretter certains réflexes
pops trop faciles qui frisent la naïveté, voire la mièvrerie.
"Before The Dawn Heals Us" est un album ambitieux qui voudrait
faire cohabiter Pink Floyd, Daft Punk et My Bloody Valentine. Trop peut-être…
[sullivan]
•••
Voir aussi : Pink Floyd, My Bloody Valentine, Daft Punk
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MICROFILM
"a journey to the 75th"
(Rejuvenation / JR Prod / Microfilm)
Après une démo prometteuse, les poitevins de Microfilm reviennent
avec un premier album digne des attentes que certains avaient mis en eux.
La recette n'a pas changé : jolis arpèges de guitares, batterie
soutenue mais subtile, basse directe, longues plages entraînantes
et montées noisy. Le quatuor opère toujours dans un post-rock
classique et légèrement plus direct que ces prédécesseurs.
Le label aime parlé d'un "post qui rock"… pourquoi
pas. Puisque le groupe veille à ne pas changer de trajectoire par
rapport à leur démo, nous ne sommes pas surpris de ne toujours
pas entendre de chant. Microfilm utilise à la place des dialogues
de films souvent bien sentis donnant à l'ensemble un aspect intéressant,
même si déjà vus. De toutes manières, Microfilm
n'est pas du genre à chercher la différence ; contrairement
aux autres groupes du style ; c'est justement sa simplicité, son
absence de concept poussé et des morceaux qui filent droit qui
lui donne sa force. L'album s'écoute avec une facilité déconcertante,
et les montées n'en ont que plus d'effets. Le tout est certes bien
scolaire, loin de révolutionner quoi que ce soit, mais ce n'est
pas un défaut ici ; au contraire, c'est ce qui fait que la plupart
des auditeurs pourront passer ce disque plusieurs fois dans la journée
sans en être gavé, en y revenant à nouveau même.
C'est aussi ce qui permet à certains titres de se transformer en
véritable tubes, exercice rare dans le style. Voilà donc
un album bien agréable qui reste l'achat idéale pour ceux
qui voudraient écouter du postrock sans se prendre la tête.
[mg]
•••
Voir aussi : Dianogah, Mogwaï, Explosion in the Sky
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THERAMIN
"we were gladiators"
(Psychotica rds)
L'Italie, et ici plus particulièrement la Sicile, n'arrête
pas de nous sortir de bons groupes de noise rock dissonants comme il est
si rare d'en voir dans nos contrées. A l'instar de leurs amis d'Uzeda
ou de Bellini (invités sur "in my place"), Theramin semblent
se nourrir d'une certaine scène noise US, de Shellac à June
of 44 pour qui ils ont ouvert en Italie. Mais Theramin ne s'arrête
pas à la pâle copie. Même si certaines approches rythmiques
rappellent sans détours celles de Shellac, le groupe possède
une dimension plus noisy et moins rigide qui lui apporte un côté
humain et émotionnel. Quand le chant apparaît, c'est l'ombre
d'Unwound qui revient à notre bon souvenir, et avec lui l'effet
chair de poule à chaque écoute ! On regrettera toutefois
un manque de mélodies ou d'idées accrocheuses dans les chansons,
du coup l'auditeur a tendance à perdre le fil de ce qu'il vient
d'écouter. En attendant, le groupe nous balance des idées
qui ont de quoi rendre rêveur les amateurs du style. Putain, il
ne reste plus qu'à virer Berlusconi et je pars m'installer en Italie
!
[mg]
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Voir aussi : Shellac, Unwound, Uzeda
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THE
LOVED ONES
"s/t"
(jade tree)
Ce qu'il y a de bien avec un label comme Jade Tree, c'est qu'il est tellement
éclectique que l'on ne sait pas du tout à quoi s'attendre
quand un nouveau groupe arrive dans l'écurie. Et le label perpétue
d'ailleurs la tradition en sortant d'abord un 5 titres, histoire de faire
connaître le groupe avant de le lancer dans le grand bain. Ça
avait formidablement marché avec These Arms Are Snakes. Alors quid
de The Loved Ones? Et bien, ça commence avec deux titres de punk-rock
mélodique pas très originaux mais joués avec conviction
et sincérité. Malgré cela, on commence à se
dire que l'on va avoir droit à un énième groupe du
genre. Quand arrive "Massive"! Et là, The Loved Ones
prennent carrément une autre envergure. Tout en restant mélodique
et dynamique, leur musique parvient, sur ce titre, à être
vraiment inspirée. Et touchante. Et l'on se dit qu'en creusant
ce sillon, le groupe pourrait proposer quelque chose de grand dans un
avenir pas si lointain, sur les traces d'un Samiam ou d'un Billy Talent.
Mais est-ce ce sillon que le groupe choisira de creuser ? That is
the question…
[sullivan]
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Voir aussi : Samiam, Knapsack
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LOCK
AND KEY
"no fate"
(Deep Elm)
Merde, ces punk-rockeux nous la jouent Hot Water Music ! Leur musique
est plus binaire et directe mais c'est le chant de Ryan Shanahan qui risque
de rappeler à votre bon souvenir celui de Hot Water Music ! Ce
genre de touche punk prolo un peu crado qui se met à l'émotionnel
! Et le résultat n'est pas si mauvais ; déjà vu mais
pas mauvais. Les chansons coulent toutes seules, avec leurs lots de gros
riffs, et de petites mélodies… et les classiques refrains
hardcore entraînants. Malheureusement, les titres se répètent
et le risque de décrocher est extrêmement fort (même
avec un disque de 22 minutes !), comme pour nous rappeler que malgré
leurs relents emo, on reste tout de même dans le basique. Un album
qui se résume en deux mots : simplicité et efficacité.
Cela devrait plaire à ceux qui veulent bien ouvrir un peu leur
horizon sans pour autant mettre trop d'eau dans leur whisky… Un
bon vieux post-hardcore, comme autrefois, sans chichis ni complaisance,
en somme.
[mg]
••• Voir
aussi : Hot Water Music, Fuel, Small Brown Bike, Jawbreaker
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