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MOLLER PLESSET
"the pertubation theory"
(Perte et Fracas records)
Deuxième album pour ce combo discret de Rennes, et avant même de parler de musique, force est de constater que ce nouvel album est encore présenté d'une bien belle manière. Comme pour "Rather Drunk Than Quantum", leur premier disque, c'est le dessinateur eM qui est responsable du graphisme et de la BD livrée avec le disque. L'ensemble est superbe. Pour ce qui est de Moller Plesset, ces grands défenseurs d'une noise claire et complexe reviennent avec toujours autant de déviance. Jamais un groupe n'aura tant titillé le "Placebo" de Condense, sans pour autant en être une copie. Moller Plesset reste bien plus cérébral que Condense — le groupe gagnerait d'ailleurs à plus d'assise par moment — mais on y retrouve une même complicité entre ces guitares au son clair, une même tension, et quand le chant s'énerve un peu, une même rage désespérée. Le groupe s'en tire à merveille. Ne cherchez pas de la mélodie facile et de l'accroche évidente, on vient ici pour se laisser enivrer par les notes de guitares et leurs boucles indomptables, on vient ici pour se perdre et oublier les conventions, on vient ici pour explorer ou retrouver des chemins débroussaillé par certains aïeux américains. Et pourtant, les rennais gardent une énergie bien directe qui leur évite l'abstrait excessif des formations plus expérimentales. Il n'y a que le chant parfois trop monolithique qui aurait tendance à me décevoir, mais très franchement, les rennais viennent de pondre un deuxième album à la hauteur de nos espérances. Et la présence de Laetitia Sheriff sur "purple rape" ou Isa Valenti (de 13th Hole) sur "Megavix" ne fait que me confirmer. Ces demoiselles n'apportent en réalité guère plus d'émotions à ce disque, mais la noise qui s'en dégage n'en a définitivement pas besoin. Un disque sous forme de tableau sombre et torturé qui s'écoute et se regarde avec un grand plaisir.
[mg]

••• Voir aussi : Condense (époque "Placebo"), US Mapple

 

A DAY IN BLACK AND WHITE
"my heroes have always killed cowboys"
(Level Plane)
Du noir. Du blanc. Un album à deux tendances et un schéma prévisible. A chaque fois, ça commence tout calme et tout penaud. Des notes fragiles. Et ça finit presque systématiquement en une volée de bois vert. Pas chaotique mais explosif. Du genre… il faut que ça parte ! Pourtant et c'est bien là un des défauts de ce cinq titres, ces derniers ont souvent du mal à partir. Alors les intros traînent et tournent en rond. On se dit que c'est facile et qu'on aimerait leur brailler 'hop hop hop hop' pour que ça avance. Mais bien sûr, configuration emo oblige, tout est dans l'échafaudage, le crescendo, la montée au tire-fesses parfois poussif. Cependant cet album est plaisant. Il jette les bases d'un truc qui avec plus de maturité et d'audace devrait avoir fière allure. Encore faudra-t-il s'affranchir des influences trop évidentes (City of Caterpillar, Envy) et de l'esprit d'un Godspeed You Black Emperor qui décidément n'arrête pas de faire des émules ; ça va vraiment finir pas être lassant. Signalons que c'est Kurt Ballou (la tête pensante des furieux de Converge) qui a enregistré tout ça. La batterie a étonnamment un mauvais rendu, mais le son de l'ensemble dégage un côté brut de live surprenant. En marge de la confrérie dischordienne, Washington DC continue de faire éclore des boutons prometteurs. Après 1905, A Day In Black And White devrait faire pas mal parler de lui. A écouter en bonus le split 45 avec Golden Birds sorti dernièrement sur Paranoid Records. Le groupe prévoit sinon la sortie d'un premier album cet été. A suivre… (chRisA)

••• Voir aussi : City of Caterpillar, Envy, GYBE!, Mihai Edrich

 

www.seanews.fr.st

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SEANEWS
"s/t"

(Sanjam)
Après une démo et un split 45t prometteur aux côtés de Unlogistic, le groupe parisien rejoint donc l'écurie Sanjam et passe enfin l'épreuve difficile du premier album. Fort d'une bonne expérience live, l'emo-punk du quatuor a gagné en confiance sans perdre la force juvénile qui l'anime. Du coup, cet album arrive à point nommé pour montrer le talent du groupe à composer de la mélodie tubesque à mi-chemin entre culture punk et dérives noisy. Impossible de ne pas sentir l'écoute répétée de Fugazi, mais Seanews développe sa voie, notamment grâce à l'utilisation de deux chants complémentaires qui restent à mon avis l'une des grandes qualités du groupe. Parfois mélodique, parfois plus émotionnels, les vocaux transforment chaque essai en rengaine à chantonner sous la douche ! J'ai beau connaître la recette, je succombe à chaque fois. Malheureusement, cet atout peut se retourner à leur désavantage, car certaines longueurs instrumentales, plus noisy, deviennent, en contraste avec les parties chantées, plus plates. Problème facilement évitable avec un bon exercice de nettoyage, ou du moins de raccourcissement. Seanews est un groupe à tubes, et c'est ainsi. Le quatuor n'est jamais aussi bon que quand il envoie ses petites bombes de punk émotionnelles, remplies de mélodies imparables et de finesses post-punk. Sa petite touche noisy lui va à ravir aussi ; comme je le disais, seules les parties de jambes en l'air instrumentales peuvent parfois manquer d'épices. C'est ainsi que des titres légèrement trop longs, comme White Line Limit, perdent en éclat là où le One Man Army d'ouverture ou Soundtrack excellent. Ces gars ont du talent quand ils font simple et efficace, comme sur la première partie du disque, et je ne comprends pas pourquoi ils s'évertuent parfois à vouloir traîner en longueur et introduire tant de parties dans leurs morceaux. Leur mélange d'influences diverses leur laisse déjà tant de terrain pour s'amuser… comme avec ces petites touches folk-punk qu'on voit éclore ici ou là, ou ce petit clin d'œil electro offert par certains membres d'Unlogistic sur Answering Pills. Au final, ce premier album dévoilent tout ce qu'on aime chez ces parisiens : la bonne humeur, l'énergie, la mélodie et son quota réglementaire de libération émotionnelle ; et ce n'est pas quelques boutons d'éternels adolescents et quelques faux pas de production qui nous gâcherons notre plaisir. Avec cet album éponyme, Seanews continue de tracer son chemin avec sincérité et conviction, et c'est pour cela qu'on les aime.
[mg]

••• Voir aussi : Fugazi, Three Penny Opera, Hot Water Music

 

INNOCENT X
"fugues"

(Bleu electric)
Après un premier album imparfait mais plein de promesses, Innocent X revient avec "Fugues". Et y creuse le même sillon (post-rock, pour faire simple). Quasiment avec les mêmes instruments. Section rythmique aux influences jazzy, arpèges de guitares, passages noisy, atmosphères très cinématographiques à la croisée des chemins de Ulan Bator, Slint et Labradford. Pourtant, "Fugues" a une ampleur que lui aurait envié son prédécesseur. Une alchimie évidente. Comme si le groupe avait trouvé le juste équilibre en s'autorisant, paradoxalement, à être plus libre. Comme si leur musique s'était affranchie de tout académisme. Les morceaux, et "Nord" est sur ce point révélateur, ne se contentent plus d'esquisser rapidement une ou deuxidées intéressantes mais vont, au contraire, au bout des choses. Quitte à durer huit ou neuf minutes. Ou à introduire un chant parlé, très décalé et second degré sur "Comédie" ou "Valade Martial". Cette liberté ouvre pratiquement à l'infini le champ des possibles de leur musique et la rend totalement imprévisible. Finalement, ces neuf morceaux (à part peut-être "Aux marches du palais", reprise d'une chanson traditionnelle qui ouvre l'album) sont autant de paysages sonores créés avec habileté et maîtrise. Et beaucoup de nuances, de subtilité naissent dans le jeu des instruments et des effets. Ils donnent même la fausse impression d'être improvisés tant ils paraissent naturels, fluides. Un album très réussi qui dégage, par moments, une réelle poésie, une vraie beauté.
[sullivan]

••• voir aussi : Ulan Bator, Labradford, Slint

 

MEMBRANE
"utility of useless things"

(basement apes)
On sentait déjà avec leur précédente production que ce groupe commençait à prendre ses marques, mais avec ce six titres, c'est à une place de maître que le groupe s'installe. Renouant avec une tradition noise bulldozer, Membrane, sans innover, se démarque de ses contemporains tant il renoue avec des ingrédients plus utilisés dans les années 90. Le groupe manie à merveille la saturation, les riffs sombres et démoniaques et les rythmiques lourdes à l'extrême. Même quand les Portobello Bones s'y étaient essayés, ils ne maîtrisaient pas si bien ce mur de saturation malsaine. Pas de problème, avec, en sus, une petite "signature" chez Basement Apes Industries et un Serge Morattel derrière les manettes (Knut, Tantrum, Brazen), Membrane vient de passer une étape et part titiller Fudge Tunnel et Unsane. Joli coup.
[mg]

••• Voir aussi : Fudge Tunnel, Unsane, Sleeppers, Portobello Bones, Breach, Tantrum

 

www.walboomers.com

KONONO N°1
"lubuaku"

(Terp)
Premier groupe africain à être chroniqué sur positiverage, Konono n°1 a vu sa notoriété grandir en Europe grâce à leur originalité et surtout à leurs tournées en compagnie de The Ex. Terrie Ex est tellement tombé amoureux de ces congolais qu'il sort aujourd'hui, dans la collection African Series, l'enregistrement de leur tout premier concert dans un club rock européen, le Vera en Hollande. L'ensemble de Kinshasa a de particulier qu'il joue une musique brute gonflée de distorsion. En basant leur son sur trois likembes (pianos à pouces) électriques et de multiples percussions, Konono n°1 propose quelque chose d'assez unique. De leurs instruments, aux micros en passant par les amplis, tout est bricolé main, rafistolé avec des bouts de métal. Mais il faut que ça sonne et le groupe est soucieux d'émettre, vocalement cette fois, aussi des critiques cinglantes sur la situation politique et sociale de son pays. Les chansons sont toutes très longues et répétitives au point de tomber dans une sorte de transe… ou tout bonnement d'arrêter le cd. Elles font toutes la part belle au soliste de likembe, Mingiedi Mawangu, dit Le Président. C'est rythmé mais pas rapide comme je pensais. C'est brut mais pas sauvage comme je l'imaginais. Les morceaux ne sont pas foncièrement mélodiques non plus, d'où au final une déception… toute relative puisque l'identité musicale de la formation offre pas mal de couleurs fraîches et elle repose avant tout sur une grande sincérité d'interprétation.
(chRisA)

 

www.paranoidrecords.net

GOLDEN BIRDS
"carrier"

(Paranoid)
Le couvercle refermé. La touche 'play' enfoncée. Le premier morceau, comme les autres, me surprennent. L'incrédulité ! Deuxième référence sur le jeune label caennais Paranoid, je m'attendais à du brutal, de l'écorché, du gueulard… et là, aux antipodes du punk, de l'emo ou du hardcore, les oiseaux en or se déhanchent dans un indie rock funky minimaliste et bien ficelé. Prolixe, le chanteur, roucoule avec une gueule à ressorts impressionnante (et parfois fatigante). Ses lignes de guitare font un peu penser à celles de Q And Not U, fluides mais en moins bien rythmées. La basse, essentielle, swingue à volonté en trouvant toujours le bon angle pour aborder les breaks ou pour installer le mood. Quant à la batterie de Hrishikesh Hirway, batteur de The One AM Radio, elle est simple et plutôt du genre passe-partout. L'ensemble est au service de compositions agréablement mélodiques et plus fouillées qu'il n'y parait. Car avec cet album des californiens, on a comme un deuxième effet… si vous voyez ce que je veux dire. Il y a comme un truc plaisant là derrière et jusqu'au sixième morceau, ça marche. L'intérêt retombe néanmoins à partir de l'acoustique 'Sioux Falls' et des deux derniers titres. Ou est-ce une certaine linéarité qui finira par épuiser l'auditeur ? En tout cas, la personnalité musicale du trio est peu banale. A l'occasion de leur tournée européenne en compagnie de A Day In Black And White, Paranoid a sorti un split 45t des deux groupes qui complètera un album déjà riche. Si vous aimez les bêbêtes à plumes sortis de leur cage, les Golden Birds sont pour vous.
(chRisA)

 

novalis-impulse.com

TOXIC KISS
"final lift"

(Novalis Impulse)
Séduit par leur précédent EP, je me demandais bien ce qu'il en serait avec ce premier album. En effet, Toxic Kiss mélange les influences dans un rock mélodique mutant, quasi pop, pleins de vibrations sixties déformées et d'énergie punk, mais à la texture particulièrement bubblegum. Avec l'effet de surprise, j'avais succombé à la bonne humeur qui s'en dégageait. Mais qu'en allait-il être sur la longueur d'un album. D'autant plus que la pochette ne laissait présager rien de bon ; ceci dit c'était aussi le cas de la précédente. Une fois le CD enfourné dans la platine, le premier titre, "Sexy Toy", tube en puissance, remet les pendules à l'heure, et les doutes à la poubelle. Toxic Kiss me refont le coup du bubblegum et j'aime ça ! Tient c'est marrant, le groupe parle de "Rock Bubble Gun", pour une fois que je suis d'accord avec un dossier de presse. Mais revenons à cet album : toujours ce mélange de voix masculine et féminine qui me rappelle B52's (c'est un peu trop flagrant sur le pourtant très bon "Toxic Kiss"), toujours cette énergie positive et cette gaieté étrange, et quel plaisir de retrouver cette petite touche vaguement sixties. C'est excellemment bien fait que ce soit dans l'écriture ou dans le son. Leur force réside aussi dans cette ambiguïté qui ferait croire que Toxic Kiss évolue dans une pop maniaque ou un rock mélodieux alors que leurs chansons sont bien plus nerveuses que cela. Ces gens là n'ont pas encore jeté leurs disques punk… Leur approche est juste différente, plus ouverte, et c'est agréable. Presque trop parfait, trop radio (parfois quelques facilités mièvres viennent gâcher la donne), et pourtant remplie de folie contagieuse, Toxic Kiss possède tout pour se faire remarquer… Malheureusement, notre décennie semble trop fermée pour comprendre les références de ce groupe. J'espère me tromper, et que ce soit le grand public ou le milieu indé, j'espère que le groupe trouvera son public.
[mg]

••• Voir aussi : B52's

 

SCHOOLYARD HEROES
"Fantastic Wounds"

(TCG records)
Cet album tient véritablement du miracle. Il mélange tant de choses incongrues et surprenantes que l'on se demande vraiment comment il peut se tenir debout, en équilibre, et fier, en prime. A bien y réfléchir, la musique de Schoolyard Heroes (héros de la cour d'école) n'est que le reflet de tout ce que ce quatuor de 19 ans de moyenne d'âge a ingurgité. Si la section rythmique, solide et imposante, reste généralement sur les sentiers battus du jeu emo-noise, il en va tout autrement pour le reste. En effet, la guitare tire carrément ses influences du heavy metal, solos en moins
je vous rassure (quoique, il y en a quand même un tout petit sur la fin de l'album). On croirait certains riffs sortis d'albums d'Iron Maiden et consorts. Le jeu de Steve Bonnell mélange donc allègrement passages punk-noise et complaintes plus grandiloquentes, voire mélodramatiques. Mais Schoolyard Heroes, c'est surtout une voix, que dis-je, une présence, celle de Ryann Donnelly, qui vit véritablement ce qu'elle chante. Elle est si expressive qu'elle en devient parfois théâtrale. Cette forte personnalité, cette omniprésence en dérangeront certains. Pour ma part, je lui trouve, au contraire, une force et une qualité indéniables. Déjà très mature, sa voix peut passer d'un chant hurlé à des paroles susurrées, en passant par des parties carrément lyriques.
Le tout, on ne sait trop comment, fonctionne à merveille. Par-dessus tout, "Fantastic Wounds" (déjà leur deuxième album) possède une intensité, une volonté de convaincre, certains diront une arrogance, tangibles. Gavés de films d'horreur et de science-fiction, ces morceaux sont une sorte de synthèse de No Doubt, Iron Maiden et At The Drive In. Je sais, c'est dur à imaginer…
[sullivan]

••• Voir aussi : Iron Maiden, No Doubt, At The Drive In, The Mars Volta

 

www.settlefish.com

SETTLEFISH
"the plural of the choir"

(Deep Elm)
Mama mia ! L'Italie de nouveau à l'honneur ! Après Edible Woman et Theramin, voilà Settlefish qui nous revient avec un deuxième album romantique à souhait et passionnant au point de l'étreindre, à chaque écoute, du premier jusqu'au dernier morceau. 'The Plural of the Choir' et l'idée d'un album quasi-conceptuel où s'enfile perle après perle. Qui aurait pour fil rouge des émois d'une beauté en noir, rouge et blanc. Les morceaux s'enchaînent à une vitesse folle. Extra-courts ou longs. Embryons musicaux ou compositions abouties, ils empêchent l'auditeur de reprendre son souffle. Et ils évitent à l'album de s'apesantir. Comme un coeur, toujours en mouvement, cet album vit aux rythmes capricieux d'un indie rock pétri de bonnes intentions. De celui qui joue sur les contrastes et sur les contradictions, qui échappe aussi au tape à l'oeil trop facile. On pense souvent à The Appleseed Cast, Les Savy Fav, At The Drive-In et à The Casket Lottery. Si musicalement donc ça assure, les bolognais ne seraient pas ce qu'ils sont sans le lyrisme épatant de leur chanteur, Jonathan Clancy qui a plus d'une corde à son 'instrument' pour insuffler ce qu'il faut et ce au bon moment. Moins nerveux que 'Dance a While, Upset', leur premier essai, ce nouvel album affiche beaucoup de maturité. Il confirme aussi la propension qu'ont ses géniteurs à fouiller, mais sans jamais totalement intellectualiser leur processus de composition. Travaillé, riche, séduisant...un amour à l'italienne. Beaucoup. A la folie. Passionnément.
(chRisA)

••• Voir aussi : Appleseed Cast, At The drive In, Les Savy Fav, The Casket Lottery, Braid

 

www.deckard.info

DECKARD
"Dreams of Dynamite and Divinity"
(autoproduction)
Qui se souvient encore des Écossais de Baby Chaos aujourd'hui ? Peu d'entre vous, pourtant, leur album, sorti en 94 chez East West eu son moment de gloire avec ses grosses guitares et son mur de mélodies. Certes, le groupe jouait aux limites d'une école pop mais avec la hargne d'un groupe noisy. Puis le groupe s'est empêtré dans des problèmes judiciaires avec sa major… jusqu'à aujourd'hui, où, revenu de nulle part, les 3/4 du groupe reviennent sous le nom de Deckard avec un "Dreams of Dynamite and Divinity" autoproduit. Le groupe parisien Uneven leur propose une tournée en France, et voilà la machine reparti. Oublions la pochette qui plaira aux amateurs du style Renaissance (en existe-t-il ?), et plongeons-nous dans les dix titres de cet album : pas de problème, nous retrouvons bien l'écriture des Écossais ; cette voix typique, ces guitares, leur touche power-pop produite mais dynamique… l'ombre de Baby Chaos n'est pas loin. Malheureusement, dix ans après, certaines recettes ont du mal à fonctionner et on sent bien que les membres du groupe se sont assagis, ce qui est rarement une qualité pour un groupe de rock. Alors, quand Deckard n'oublie pas de montrer les dents, de laisser sortir quelques instincts agressifs, le mélange avec les mélodies mièvres et le format radio nous rappelle la force de Baby Chaos. Mais quand le groupe se la joue père de famille, titillant les groupes pop des charts anglais, alors ne transparaît que le mièvre et le fade. L'équilibre est difficile à garder. Deckard reste encore dans ce qui se fait de mieux pour un style contrôlé par les radios rock, mais risque de manquer de cran pour tout une partie du public allergique au son FM. Une chose est sûre, la pin-up tenant un revolver ensanglanté sur la pochette du premier album des Baby Chaos ("Safe Sex Designer Drugs & The Death of Rock'n'Roll", le programme était plus outrancier) a été remplacée par deux anges sur la pochette de Deckard… le graphisme n'aurait-il pas tout dit.

••• Voir aussi : Baby Chaos

 

 

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