|  | Cerberus Shoal "crash my moon yacht" (Pandemonium cd 8 titres) Si le terme de post rock signifie quelque chose pour vous, alors ce collectif de huit personnes pourrait sans doute se rapprocher de votre définition. En réalité, Cerberus Shoal propose une musique riche, aérée et variée dans laquelle le public de musique répétitive (Steve Reich) se retrouvera aussi bien que celui, parfois identique, du krautrock (Can). Ici, par l'intermédiaire d'instruments nombreux (congas, trompette, guitare, xylophone, basse, piano, flute, radios, clavier, etc.), le groupe arrive à recréer un univers étrange et pesant, dans lequel chaque émotion prend le temps d'être exprimée. On pense parfois au travail des Canadiens de Godspeed You Black Emperor tant les ambiances prédominent dans la musique de ces deux groupes. Et si la France n'a pas encore découvert ce groupe grandissime, alors que leur renommé aux Etats-Unis n'est plus à démontrer, la sortie de ce disque chez Pandémonium devrait rattraper ce retard. Aussi beau et envoûtant que la superbe pochette dans laquelle ce disque vous est présenté. Merci bien. [mg] >> album disponible sur notre catalogue >> voir aussi : Godspeed You Black Emperor, Steve Reich, Tortoise, Can |
| | Snårk "angström" (tout l'univers cd 13 titres) Tout le monde se souvient du premier album de Snårk qui avait placé Axel Monneau, son créateur discret, en apprenti surdoué de la scène underground electro-bricolo-inventif. La presse spécialisée était unanime : les comparaisons avec Aphex Twin, Steve Reich ou même Lou Barlow s'inscrivaient sur toutes les pages des canards à tendance pop. Aujourd'hui, avec ce sublime Angström (nom insistant sur le changement d'orthographe de Snårk, qui, suite à des problèmes de droits, s'écrit dorénavant avec un petit rond sur le "A", soit un "Angström"), Axel s'ouvre à d'autres horizons. Plus que ça, il plonge entièrement dans une mer d'émotions nettement plus joyeuses qu'autrefois. Certes, techniquement, le multi-instrumentiste est passé du petit huit pistes à un plus confortable 16 pistes, mais c'est l'approche toute entière qui semble avoir changé. Si le disque s'inscrit toujours dans un schéma de musique répétitive (le monsieur ne semble pas avoir oublié ses disques de Steve Reich), le résultat final vous entraîne véritablement vers les pistes de danse survoltées. Comme nous le montre la pochette, l'univers de Snårk se colorise, les émotions se libèrent, et la mélancolie n'a plus qu'à rester au placard. Et ce n'est pas les succulentes voix féminines de ses invitées (Natasha Herzock, Starsailor et Marie D.) qui viendront nous contredire. Définitivement plus accessible (malgré une trame répétitive peut-être trop marquée), le nouveau monde du Parisien est jonché de Chuppa-Choops, de Fraises Tagada, de fleurs en caoutchouc et d'arcs-en-ciel psychédéliques (peut-être l'influence de Pink Floyd que certains pourront déceler dans ce nouvel opus) ; tout cela reste dans un bon goût parfait, largement à la hauteur de ses précédents travaux. La maturité absolue et le tube interplanétaire ne sont plus très loin. [mg] >> album disponible sur notre catalogue >> voir aussi : Pink Floyd, Steve Reich, Console, Aphex Twin |
| | The Kingsbury Manx "s/t" (City Slang cd 12 titres) Voilà ce que la pop pouvait nous proposer de mieux. Avec ce premier album, ce groupe de Caroline du Nord reprend les choses là où certains les avaient laissées depuis plus de vingt ans. Car si le son et les compositions de cet album restent bien en phase avec notre époque, les mélodies, vocales ou instrumentales, rappellent étrangement Simon & Garfunkel (les voix), les premiers Pink Floyd, ou les morceaux pop du Velvet. Et l'affiliation avec ces trois groupes semble évidente (pas besoin d'attendre de lire la bio pour s'en rendre compte). Cependant, The Kingsbury Manx, s'ils n'essaient en rien de révolutionner l'histoire de la musique, ne font nullement figure de groupe has-been ou retro. Pas de formole ici. Leur pop possède la richesse et la poésie des formations d'autrefois mais garde toute la modernité de la scène indie US actuelle. Je pense qu'ils ne devaient pas rougir devant le public d'Elliot Smith (tournée US) ou de Calexico (dernièrement en France). Bref, voilà un groupe comme on les aime, qui s'installe là sans qu'on y prenne garde, et qui, derrière ses airs d'enfant discret et évaporé, nous pond l'un des albums pop les plus réussis de ces derniers mois
Tout simplement beau. [mg] >> voir aussi : Simon and Garfunkel, Pink Floyd, Velvet Underground |