www.medicationsband.com

MEDICATIONS
"Your Favorite People All In One Place"
(Dischord)
Formé sur les cendres de Smart Went Crazy, Faraquet avait ouvert une brèche dans le son Dischord avec une approche très math-rock du DC style. Malheureusement, le groupe n'a pas survécu à son premier album. Alors quel plaisir de retrouver Chad Molter et Devin Ocampo dans Medication (accompagné de Andrew Becker). D'autant plus quand le groupe arrive à nous pondre un album aussi séduisant. Presque accessible pour les non initiés, Medication s'ouvre à une écriture fine et sensible, toujours attentive à la mélodie. Cet endroit dans lequel vous retrouverez tous vos amis favoris est parsemé d'ampli à lampes, ceux qui ronronnent, plutôt que de cracher à tous va ; on y trinque le bon vin plutôt que la bière, et on ne serra pas surpris de retrouver quelques disques pop voire 70's ici ou là. On connaît la culture punk mais on ne joue pas avec les clichés. Medication rejoint le rang des bons élèves, techniquement doués et visuellement présentables, de Shudder To Think à Severin, en passant bien évidemment par Faraquet. Et pourtant, le trio n'ennuie pas, même s'il ne joue pas la carte du tube facile à retenir. Il travaille l'arpège et le son quasi-clair, mais ne rend l'ambiance ni froide ni pesante. Leur indie fait chalouper plutôt que sauter en l'air, mais il n'endort pas. Medications sait garder l'auditeur en haleine, avec un touché tout caractéristique du label Dischord dernière génération. Les montées en puissance sont fines mais bien présentes. On ressent le charisme de leurs précédents groupes. Laissez vous tenter, ne vous arrêtez pas au chant parfois bien étiré, et laissez vous submerger par ce que ces messieurs ont à dire même si cela peu manquer parfois de repères… car si la Vue de la Tour* préconisée par Faraquet possédait un charme certain, cette place où nous retrouvons tous nos amis favoris n'est pas en reste. Fortement séduisante.
[mg]

••• Voir aussi : Faraquet, Shudder To Think, Jawbox, Severin, The Dusters, The Dismemberment Plan, Q and not U

* The View From This Tower, premier et unique album de Faraquet (Dischord)

 

www.dischord.com

LUNGFISH
"Feral Hymns"
(Dischord)
Après l'excellent "Love is Love" produit par Ian MacKaye, les doyens de Washington DC continue leur sempiternelle voyage, en ne faisant attention qu'à eux-mêmes. Car si le groupe a bousculé son histoire, habituellement sans cassure, en s'autorisant quelques concerts hors de Washington DC (une tournée en Angleterre l'année dernière et une apparition au festival espagnol St Feliu cette année), il n'en a pas pour autant révolutionné le concept musical qui les caractérise. Lungfish continue de répéter inlassablement le même schéma, la même chanson, la même mélancolie, le même poème, sans jamais se soucier du qu'en dira-t-on. Si ce "Feral Hymns" revient à des ambiances légèrement plus proches de leurs premiers albums en troquant plus régulièrement leurs arpèges de guitare caractéristiques en accords plus sales, on retrouve bien toute la force de ce quatuor atypique. Le génie du précédent album n'est peut-être pas atteint ici mais c'est pourtant bien un peu de lui que l'auditeur retrouve, derrière cette austérité déstabilisante. Le chant de Daniel Higgs, chanteur charismatique à la barbe imposante, nous envoûte toujours autant, donnant à ces morceaux monotones une émotion troublante. Et pourtant, le chant n'explique pas à lui seul le mystère qui entoure Lungfish ? Comment un groupe peut-il composer inlassablement les mêmes morceaux, creuser indéfiniment dans la même direction, ouvrir inlassablement les mêmes portes sans jamais s'essouffler ? Pire, comment arrive-t-il à nous séduire à chaque sortie, sans aucune déception depuis son premier album sorti en 1991 ? Lungfish est un mystère, loin des modes et des courants musicaux, une référence étrange au sein même de la scène de Washington DC. Lungfish possède la force des solitaires. Pas d'effets d'annonces ni de clichés usés. Trop vieux pour jouer les stars du rock, Lungfish touche par sa simplicité pleine de sens et sa musique quasi-tribale. Le mystère ne donnera toujours pas ses premières clés ici, mais c'est pour cela que nous les aimons, aussi austères soient-ils.
[mg]

L'avis d'un autre rédacteur
Ne vous fiez pas à la pochette. Il y a peu de chances pour que cet album vous retourne. Il ravira tout au plus les inconditionnels de cette bande de vieux briscards. Dix-sept ans de service et onzième album. Une 'carrière' en forme de continuité. Mode 'repeat' diront certains. Avec l'excellent "love is love" de 2003 et toute une série de concerts au Japon et aux Etats-Unis, le quatuor semblait avoir retrouvé de la vigueur et de son génie. En comparaison, "feral hymns", qui une fois n'est pas coutume n'a pas été enregistré dans les studios Inner Ear, apparaît plus terne. Moins étincelant. "All creation bows" et "time is a weapon of time", les deux premiers titres, s'enlisent un peu et plombent notre enthousiasme. Ensuite viennent les étoiles: le mélodique "wailing like dragons", le furieux et démoniaque "you are the war" et les émouvants "way-out is the way out" et "sweet nucleus". Toutes intercalées par de petites plages instrumentales comme à l'époque de "Necrophones". Lungfish rassure. La poésie de Daniel Higgs et les riffs minimalistes d'Asa Osborne fusionnent toujours. L'une n'irait pas sans les autres. Champ lexical et musical uniques. Univers quasi-mystique aux allures d'alibi philosophique. D'une grande profondeur artistique, le rock des dischordiens ne s'adresse pas à tout le monde. Mais il continue de satisfaire ses adeptes toujours en quête de suprême. Entrez dans le cercle et reprenez en coeur les mots du maître ou restez silencieux à jamais.
[chRisA]

••• Voir aussi : Fugazi

 

PERMANENT FATAL ERROR
"Law Speed"

(ruminance)
Emmené par Olivier Manchion, ex-bassiste d'Ulan Bator, Permanent Fatal Error surprend d'emblée par son attitude jusque-boutiste, son refus de la concession. "Law Speed" a clairement envie d'explorer, de voir jusqu'où on peut aller en jouant sur les rythmes, en croisant boucles de basse, bidouillages électroniques, guitares acoustiques et batterie épileptique. Et de brouiller les cartes. A tel point que certains morceaux sont imbriqués les uns dans les autres et qu'il est difficile de dire quand l'un commence et quand l'autre s'arrête. Cette sorte de folk urbain ouverte se veut hypnotique à force de répétitions pour ensuite mieux surprendre son auditeur par d'inattendues montées en tension qui font alors tendre les morceaux vers une noise délicate ou par une mélodie venue d'on ne sait où. Presque entièrement instrumentale, la musique de Permanent Fatal Error est capable de tout, imprévisible au possible et surtout libre. Pas vraiment facile d'accés, exigeante mais ô combien respectable.
[sullivan]

••• Voir aussi : Ulan Bator, Swans

 

V/A
"Last Exit To Poitiers - Tribute to Seven Hate"

(Buzz Off / HB)
Si les Seven Hate n'ont jamais réussi à sortir du microcosme de l'indépendant, ils ont en échange fortement marqué l'histoire française de ce dernier. De leurs débuts aux couleurs Thugsienne (pour lesquels je garde une certaine préférence), le groupe est rapidement devenu la référence d'une certaine vision du hardcore mélodique français, une référence pour un nombre impressionnant de kids, casquette de base-ball vissée sur le crâne et skateboard collé aux pieds (tout du moins dans l'image, car peu continu à se déplacer en skate en réalité). Et pourtant, les Seven Hate ont toujours possédé une chose de plus que les autres, une touche noisy qui rendait leur son unique, leur approche moins basique. Aujourd'hui le groupe a déposé les armes, mais ils sont nombreux à ne pas les avoir oublié, de ceux qui partageaient l'affiche avec eux (Dickybird, Sleeppers, Epileptic, Homeboys, Dead Pop Club) à ceux qu'ils ont influencé (Flying Donuts, Thirty Six Side, The Pookies, etc.)… Et pour l'occasion, tout le monde est là. Les amis, les fans, les autres. Personne ne laissera passer la fête. Beaucoup ne touchent guère au style des maîtres avec des reprises très proches des originales, souvent superbement exécutées (Dead Pop Club, Uncommenfrommars, Lost Cowboy Heroes) et pourtant, quelques parasites revisitent les tubes des savonnettes à leur sauce, offrant une vie nouvelle aux chansons poitevines (electro-trash-punk pour Moustapha Moustache - projet annexe des Unlogistic ici particulièrement proche de… Unlogistic !! -, noise mélodique pour Dickybird, noise lourde pour Enki - avec Fabius des Portobello Bones - et Sleeppers, punk minimaliste pour Rose'n'Roll – avec Karine des Drive Blind – , ballade folk-punk pour Homeboys et Epileptic, noise-hardcore pour Crash Taste, break beat punk pour Unlogistic, etc.). L'équilibre entre les deux choix étant bien établi, les reprises touchant toutes les périodes du groupe et le son bien produit, le disque s'écoute agréablement, sans ennui. C'est une victoire quand on sait le risque de ce genre d'initiative à tomber dans l'inutile et l'ennuyeux. Une chose est sûre, qu'on aime ou pas les Tribute, cette dernière sortie à Poitiers montre l'étendu de l'effet Seven Hate, que cela soit amical ou musical, et démontre une nouvelle fois que la scène française ne se porte pas si mal malgré l'absence de réels nouveaux noms… Et rien que pour ça, on ne peut qu'apporter notre soutien à cette nouvelle production.
[mg]

 

www.hrzfld.com

LAUTER
"a walk will take my mind off Things"

(herzfeld)
Deuxième sortie du label Herzfeld — fusion des labels Antimatière et Vergo —, Lauter dissimule une musique subtile et mélancolique qui semblerait originaire des plaines américaines tant elle prend ses racines dans cette culture. Si l'album joue principalement sur une intimité réconfortante, sorte de folk particulièrement prenante, il n'hésite pas à s'ouvrir sur quelques montées rock surprenantes. Pour les connaisseurs, Lauter n'est autre que le projet du chanteur-guitariste de Drey, dont nous avions déjà dit du bien ici même, accompagné de Fabrice Kieffer. Et comme pour son groupe à tendance post-rock, Boris Kohlmayer arrive à sonner juste là où beaucoup se perdent. Les guitares véhiculent leurs lots d'émotions, les vocaux sont touchants et parfaitement maniés, l'ensemble file avec dextérité. La folk du duo, teinté de mélodies pop, traverse les paysages sans se retourner. Lors de ce road movie à l'américaine, on rencontrera la Procession du Cœur Noir lors d'une nuit étoilée ("Airplane", "What is your Quest"), Hood sur "You don't Have To", avant de s'ouvrir à des horizons plus joyeux, aux côtés de Simon and Garfunkel et Stephen Malkmus ("Queen of the Hut") ou même s'incruster à une party post-punk / new-wave inattendue (Clear off) pour finir autour d'un feu country, banjo en main ("Bewitched") et s'endormir la tête pleins de rêves ("The End of Our Story")… Qui sait, certains auront peut-être la chance de croiser Sonic Youth lors d'un arrêt. Le but n'est pas de vous raconter chaque étape du voyage, mais de vous montrer que le duo arrive à ne pas se répéter, tout en gardant une cohérence quasi-totale. Lauter possède le "parler vrai", celui qui touche sans artifice. Un bien joli voyage au sein de la tête de ces deux comparses… Simple et subtilement envoûtant.
[mg]

••• Voir aussi : Black Heart Procession, Syd Matters, Hood, Don Nino, Calexico, 16Horsepower, Herman Düne

 

VOX VERMILLION
"Standing Still You Move Forward"

(women records)
Cet album a une belle histoire. Il sort sur le label Women Records, crée par 2 pointures du hip hop US, Murs et Slug, pour accueillir les projets sur lequels ils ont flashé. Sans ces deux rappeurs, ce troisième album de Vox Vermillion ne serait peut-être jamais arrivé jusquà nos oreilles. Et ça aurait été dommage ! Dommage car Vox Vermillion cultive une singularité des plus intéressantes. A tel point que les chroniqueurs vont avoir du mal à la classer, ce qui est toujours bon signe. Pop-folk? Indie-pop? La musique de ce quatuor est du genre insaisissable. Une jolie mélodie au piano, volontiers mélancolique, rejointe par un violoncelle, une rythmique discrète et la jolie voix de Kelsey Crawford qui transcende ces morceaux : voilà pour le canevas général. Qui mute selon les humeurs. "Standing Still You Move Forward" mélange la fragilité d'une Cat Power, la beauté d'une Tara Jane O'Neil avec un je ne sais quoi de Björk et démontre que l'on peut être touchant tout en restant calme. Une jolie surprise.
[sullivan]

••• voir aussi : Cat Power, Tara Jane O'Neil

 

SHANE COUGH
"intraveineuse"

(Enragé Production)
Après un long silence, voilà le retour du quatuor rock-electro breton. Je me souviens encore de leur démo et de leur premier maxi assez prometteurs, pas si loin d'un Atari Teenage Riot mélodique… Puis j'avais vu le groupe sur scène : leur show, rodé à l'américaine, leurs poses de pseudo stars gothiques, leur son gonflé aux hormones, et leur manque d'humanité avait détruit tous mes espoirs. Aujourd'hui "intraveineuse" confirme l'impression d'alors. Ces gens savent y faire. Les riffs sont imparables, le son plus performant que les tubes en rotations sur MTV2, les mélodies attirent le kid comme un aimant… Difficile de faire plus efficace. Leur mélange de rythme électro martials, de grosse guitare, survolé par ce chant féminin radio est aujourd'hui parfaitement maîtrisé. Le groupe est arrivé là où il semblait vouloir aller, aidé en cela par le mixe d'Adam Kviman (Clawfinger, the Rasmus)… Parfait, les radios n'ont plus qu'à succomber à cette noirceur bien contrôlée. Reste qu'à Positive rage, on étouffe sous tant d'apparats. On cherche l'émotion, la finesse, l'ampli usé par le trop grand nombres de concerts, le vécu, l'humain… et on ne le trouve pas. On cherche le groupe indépendant qui sait regarder ailleurs, celui qui n'hésite pas à se mettre en danger, et nous ne trouvons qu'une machine de guerre, parfaite, plus au point que les gros gabarits US… Une machine qui pourrait faire la nique à Garbage ou Clawfinger au lieu de devenir les prochains Kas Product… Atari Teenage Riot n'ont quand à eux plus le droit qu'à quelques discrets clins d'œil. Dommage, nous n'avons pas trouvé ce que nous cherchions, même si on ne peut nier la réussite impressionnante de cet album. Avis aux amateurs.
[mg]

••• Voir aussi : Garbage, Clawfinger, Kas Product, Nine Inch Nails

 

yelho.free.fr

YELHO
"s/t"

(autoproduction)
Si Mont de Marsan n'est pas encore réputé pour son cru noise rock, le quatuor Yelho s'efforce bel et bien de faire changer les a priori. En effet, parti d'une noisy pop à la fin de l'année 2000, le groupe sort aujourd'hui 4 nouveaux titres instrumentaux plus tendus, plus intenses. Aussi discret soit-il, le résultat a de quoi retenir l'attention. Les arpèges se croisent, les notes s'enlacent, comme le veut la tradition venue de Chicago ; Et pourtant, il est difficile de vraiment parler de postrock tant le groupe refuse de se contenter d'ambiances calmes et complexes. Sans cesse Yelho sature ses guitares, explose, rejoignant une énergie noise fort séduisante, comme pouvait le faire Explosion in the Sky à ses débuts. Bref, si le groupe n'invente rien, cette démo, plutôt courte, offre un nouveau visage au quatuor qui semble bien décider à ne pas rester à la traîne. Affaire à suivre.
[mg]

••• Voir aussi : Microfilm, Redneck Manifesto, Explosion In The Sky, From Monument To Masses

 

www.millipederecords.de

V/A
"A tribute to Dischord Records"

(Millipede records)
S'il existe un label cité en exemple, que cela soit dans le hardcore, le punk, l'indie, la noise ou autres, il s'agit bien de Dischord ; Dischord, le label de Washington DC, monté par Ian MacKaye et Jeff Nelson à l'époque des Teen Iddles ; le label qui a sorti les disques de Minor Threat, Void, Dag Nasty, Scream, Rites of Spring, Fugazi, Jawbox, Nation of Ulysses, Hoover, Slant 6, Q and Not U ou Faraquet. Dischord, le label dont j'ai suivi le plus sérieusement l'histoire et l'évolution. Et bien, c'est à des milliers de kilomètres de Washington DC, en Allemagne, que l'idée de sortir un Tribute à ce label est née. Non pas un Tribute à Fugazi ou Minor Threat, ce qui a déjà été vu de si nombreuses fois… non, un clin d'œil au label entier, aux travers de ses différentes sorties. C'est ainsi qu'on retrouve les groupes pré-cités (à l'exception incroyable de Rites of Spring) repris par des confrères — allemands, espagnols, français, américain, etc. —, souvent élevés au son des productions Dischord. Les reprises varient entre versions proches des originales et versions plus retravaillées. Le résultat passe ainsi de la réussites à la reprise plus anecdotique. En bon chauvin, on est heureux de retrouver les Weeping Minds of Silence reprenant Happy Go Licky (à défaut de ne pas voir de reprise de Rites of Spring), ainsi que Flying Donuts reprenant superbement (même si très classiquement) le "We All Fall Down" de Egg Hunt. Joli coup. On retiendra aussi la présence des Robocop Kraus se permettant une reprise 80's en allemand de Minor Threat (résultat mitigé), ou KidsGoFree qui se frotte à Faraquet. Pour ce qui est des découvertes, j'ai été soufflé par la reprise de The National Blue qui donne au "Double edge Knife" de Slant 6 une couleur plus proche des Nation of Ulysses, avec ce mélange de rock sauvage et de divagations à la trompette. La reprise minimaliste de Hoover par Unmono ne me convaint par contre pas vraiment (l'original étant pourtant grandiose). A l'inverse, l'allemand choisi par les Genetiks s'adapte bizarrement très bien aux structures cassées de Circul Lupus. On est aussi heureux d'entendre Nation of Ulysses repris correctement par Anyway (même si la version reste trop proche de l'originale). Dans l'ensemble, j'ai moins accrochés sur les versions poppy de certains groupes et préféré les versions plus classiques. Ajouté à cela un livret avec quelques citations des groupes présents, montrant l'influence du label sur leur vision de la musique, et vous aurez une idée de ce que propose ce Tribute to Dischord. Encore une fois, cela n'a rien du génie atteint par la compilation Virus 100 : Tribute To Dead Kennedys sortie par Alternative Tentacles il y a quelques années, mais les amateurs de reprises et/ou de dischord pourront s'y retrouver.
[mg]

CAFE FLESH
"fast, loud... and stupid"

(furne records)
Avec un tel titre, et une pochette particulièrement laide, nous étions en droit de douter sur le contenu de cette démo. En réalité, derrière un humour déconcertant, le groupe offre une noise bien plus complexe et séduisante qu'il n'y parait. Le chant, malgré de bonnes lignes, peut parfois laisser perplexe (sans doute le timbre et le mixage), mais la musique qui tabasse derrière possède tout de même suffisamment d'atouts pour nous séduire. C'est vrai, l'utilisation d'un saxo peut surprendre (d'autant qu'on s'en passerait aisément), les gros plans rock'n'roll aussi, et ces vieux démons hard-rock pourraient choquer les intellos… En fait, je crois que les gars ont décortiqué les influences de groupes noise comme Jesus Lizard ou Sweep the Leg Johnny… ils ont compris que le rock à santiags pouvait avoir du bon, et ils n'ont pas tord. Bref, on sent que le groupe n'en est qu'à ses débuts, qu'il doit encore chercher un peu, trouver la place du saxo et du chant, et enfin assumer sa musique sans passer par l'humour pré-adolescent, et nous aurons alors un sacré bon groupe que nous nous empresserons d'aller voir sur scène. Avec les plans de guitares merveilleux qu'on peut croiser au long de ces huit titres, j'espère du fond du cœur que tout cela arrivera.
[mg]

••• Voir aussi : Jesus Lizard, Sweep The Leg Johnny, Condense

 

 

 

 

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