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SLEATER-KINNEY
"the woods"
(Sub Pop)
"Quand je joue quelque chose qui sonne comme un truc que j'ai déjà
fait, j'ai l'impression que j'ai besoin de m'arrêter et d'adopter
une approche différente". En relisant, dans le Punk Planet
de juin 2004, les propos de Carrie Brownstein, alors dans l'écriture
de ce qui allait devenir "the woods", ces mots ont eu une vraie
résonance pour cette chronique. Plus de dix ans après leur
tout premier album, le trio d'Olympia affiche une de ces formes ! Une
signature sur Sub Pop (après des années passées dans
le giron de Kill Rock Stars). Dave Fridmann (The Flaming Lips, Mercury
Rev, Low...) aux manettes. Des structures de chanson comme jamais. Des
guitares juteuses en veux-tu en voilà. Il ne s'agit pas d'une révolution,
mais d'une évolution qui fleure bon la grande classe. Comme un
parcours à la Sonic Youth et Fugazi. "The fox" ouvre
sur un rock abrasif et agréablement bancal. Le son est énorme.
Dès lors, la production n'en finira plus de se révéler
ambitieuse et intelligente. La grosse surprise vient des guitares. Sons
vintage voire garage, un grain 70's et des influences psyché à
la Grateful Dead, Hendrix ou Led Zep. Ca se barre dans des breaks aux
solos époustouflants ou alors dans un jam improvisé de quatre
à cinq minutes ("let's call it love"). Les guitares sont
volubiles et croustillantes. Les S-K se lâchent, mais contrôlent
avec talent. A grands coups de mélodies et de vocaux émouvants,
"jumpers" et "entertain" nous rappellent les bases
de leur succès. "Steep air", "night light"
temporisent et calment en beauté. Le folky "modern girl"
joue une carte un peu plus pastorale avec son harmonica ensoleillé.
Cet album sent la qualité à plein nez. L'inspiration. Le
refus de la facilité. Il met en avant des filles totalement en
confiance dans leur jeu superbement complémentaire. Aucune fausse
note pour ce septième album qui devrait faire date tellement c'est
une réussite. L'édition limitée, avec son cd vidéo,
vous permettra de voir quatre morceaux en rodage joués dans des
clubs de Portland. Qu'on se le dise, ces trois filles sont vraiment des
drôles de dames. Quand je pense qu'elles ont failli se séparer
il y a cinq ans…
(chRisA)
•••
Voir aussi : Quix*o*tic, Team Dreasch, Slant 6
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GUAPO
"Black Oni"
(Ipecac)
Guapo n'a jamais été du genre simple à suivre, mais
avec ce sixième album, le groupe part encore plus loin qu'à
son habitude ! Et si certains plaçaient le groupe comme référence
dans l'univers noise à tendance expérimentale, il faudra
dorénavant ajouter l'étiquette progressif à ce groupe.
Car derrière une pochette aussi noire qu'impénétrable,
le groupe se laisse pousser les cheveux et oublie toute notion de chanson
ou d'énergie rock. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard de les retrouver
chez Ipecac tant on sent la même approche ténébreuse
et brumeuse qu'un Fantomas. Les amateurs devraient y retrouver de la graine
de génie tant le sujet semble maîtrisé, mais il faut
avouer qu'on a du mal à les suivre ; sans doute une histoire d'entraînement,
ou de goût. Pourtant, on se laisserait bien prendre au jeu du Fender
Rhodes quasi-psychédélique, au charme de ces quelques détours
post-rock, ou même de ces longueurs jazz-rock, mais à la
longue, on nage tout de même dans un brouillard hallucinogène
que beaucoup pensaient enterré avec les années 70…
Avis aux amateurs.
[mg]
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disque
disponible
sur notre vpc
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SINCABEZA
"s/t"
(soundklass recordings)
Après la démo 4 titres sortie il y a deux ans, Sincabeza
se frotte à l'épreuve du premier album. Avec visiblement
la volonté de proposer quelque chose d'équilibré,
qui renvoie une image la plus fidèle possible du groupe et de ses
différentes aspirations. Il y a d'abord ce goût pour les
changements de rythme et la répétition de certaines séquences
hérité d'un Shellac ou du math-rock de Don Caballero. Mais
il y a aussi ce penchant pour l'émotion et les jolis arpèges
de guitare croisés sur les premiers albums de Karate ou chez The
Van Pelt et leur émo-pop. Sans oublier ces haussements de ton ponctuels
et ces montées en tension noise qui déboulent de temps à
autres. Ni ces passages plus calmes qui rappellent le passé post-rock
de Philippe, le guitariste, au sein de Nuer, qui viennent complèter
le tout. Notre trio parvient à intégrer harmonieusement
ces différents éléments pour faire de ces dix titres
un album homogène tout en étant, vous l'avez compris, nuancé.
L'apport du chant (nouveau par rapport à la démo) n'y est
d'ailleurs pas étranger. Pas toujours facile d'accès, cette
musique souvent instrumentale a indéniablement de la personnalité.
[sullivan]
•••
voir aussi : Don Caballero, Shellac, Milgram, Karate, Nuer
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QUETZAL
"dead end tracks"
(Interstellar)
Depuis leurs premiers essais, ce groupe flamand a toujours développé
une personnalité étrange. Sans doute particulièrement
sensible à la scène de Washington DC, ou à une certaine
vision de l'émocore, le groupe, s'il joue sur les mêmes contrastes
son clair / explosions noisy, ne ressemble pourtant pas à ses confrères.
Le son et les breaks sont différents. Le chant s'échappe
souvent vers des sonorités plus criarde, accentuant l'aspect métallique
du son… C'est sans doute ce manque de rondeur qui me fait parfois
rester sur ma réserve. Ce disque, comme les précédents,
manque de chaleur et de profondeur. Peut-être est-ce dû au
son ? Pourtant, Quetzal sait jeter ici ou là quelques perles émotionnelles,
souvent subtiles et toujours étrangement maléfiques. Je
ne parle pas de leur ballade acoustique sans grand intérêt,
mais plutôt de leurs montées tendues au point d'en exploser
de l'intérieur. Le groupe possède vraiment de jolis atouts
pour séduire, mais il demande encore quelques efforts à
l'auditeur si ce dernier veut vraiment découvrir ce que cache leurs
chansons… Espérons que cela ne soit qu'une histoire de son
car leur émocore, loin des diverses modes qui sévissent
autour d'eux, ne demande qu'à être découvert.
[mg]
••• Voir
aussi : Yage, Kepone, Fugazi
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ELECTRELANE
"axes"
(Too Pure)
"Axes" ou le retour attendu des quatre filles de Brighton avec
leur arty rock de plus en plus instrumental. Enregistré en prise
directe par Steve Albini comme pour l'excellent "the power out",
ce dernier album œuvre dans le non conventionnel et creuse dans une
veine où l'opaque et le gracieux marchent côte à côte,
se touchant très rarement. Alors ça veut dire que les secrets
de cette production sont difficiles à percer. Qu'on se demande
ce que Verity Susman peut bien raconter derrière son piano ou son
orgue très présents. Les treize titres brouillent constamment
les pistes avec leurs influences krautrock, jazz, classique, free rock
et baroque. Mélodiques, simples mais recherchés, les morceaux
oscillent entre l'équilibré et le bancal sans basculer pour
autant dans l'expérimental. Au hasard, "bells", "if
not now when ?" ou "business or otherwise", le bricolo-noise
façon Erase Errata, sont bons. D'autres chansons comme "atom's
tomb" ou "come back" sont moins intéressantes lorsqu'elles
ne finissent pas par se perdre un peu telles "suitcase" et "gone
darker". Electrelane radicalise à sa façon son discours
et offre un album qui s'enferme parfois dans ses idées alors qu'il
voudrait donner l'impression d'un grand souffle de liberté. Bizarre.
(chRisA)
•••
Voir aussi : Erase Errata, Yo la Tengo, Yann Tiersen
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AERÔFLOT
"que te den"
(odette production)
Sorti il y a quelques mois, ce premier album d'Aeroflot méritait
qu'on s'y intéresse d'un peu plus près. En effet, ces bordelais
nous proposent un rock dansant bourré d'influences sixties et électro-pop
qui le rendent des plus séduisants. Leur univers est sucré
et coloré (sous couvert d'imagerie soviétique), et sent
bon la piste de danse. Oubliez les T-Shirts noirs et autres mines tristes,
avec un tel album, c'est paillettes et pat def de sorties ! C'est vrai
qu'à l'accoutumé, l'indigestion aurait pu venir gâcher
la fête, mais ce n'est heureusement pas le cas. Quelques douleurs
d'estomac se font bien sentir sur la longueur, quand le groupe veut en
faire trop, mais les gammes sixtisantes nous font tout accepter. D'autant
plus quand on sent que certaines influences plus bruyantes effleurent
les doigts des musiciens… On flirte alors avec un excellent post-punk.
Un disque idéal pour animer les boom entre amis. Parfois, on se
passerait bien de certaines rythmiques trop "dance", mais quel
plaisir de pouvoir faire danser les collègues avec autre chose
que du Bloc Party…
[mg]
•••
Voir aussi : B52's, El Guapo, Add'N to X, Devo |
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