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THE
EX
"Singles.Period. (the vinyl years 1980-1990)"
(Ex Records)
Parce que vous n'habitiez pas en Hollande. Parce que votre mère
ne vous filait pas assez d'argent de poche ou bien parce que le thriller
de Bambi constituait la base de vos rations musicales de l'époque
que sais-je...vous êtes passés à côté
de ces singles devenus aujourd'hui collectors et qui sont aussi à
l'origine de la fabuleuse histoire de The Ex. A la demande des fans frustrés
d'être incapables de mettre la main sur ces vingt trois titres,
le combo hollandais ressort ses pamphlets musicaux parfum 100% punk rouge
et noir. Séance de rattrapage d'une teneur exceptionnelle. Valeur
de documentaire, The Ex livre et explique. Pochettes, paroles, biographie,
lines up, photos etc... rien n'est laissé au hasard, à l'oubli.
Tout y a sa place pour découvrir un pan de dix années d'un
militantisme nerveux qui est encore des plus justes et des plus crédibles.
Intéressant de voir l'évolution musicale d'une formation
en perpétuelle mutation. D'un punk basique et brut (aux influences
parfois reggae) en 1980, les hollandais sont passés à des
compositions plus travaillées. L'expérimentation déjà
en ligne de mire. Sous l'impulsion d'un Terrie et sa guitare magique,
les morceaux sont devenus noisy, denses et tordus. Comme toujours, l'audace
et l'inventivité comme leitmotivs. Les mots de GW Sok sont plein
de force et sans ambiguité. Verbalement et musicalement, le groupe
fait preuve d'une détermination incroyable. Impossible de mettre
un titre plus en avant que les autres car tout est excellent dans cette
compilation. D'une grande richesse sonore et politique, elle vient brillamment
documenter un dixième de l'oeuvre d'un groupe qui incarne mieux
que n'importe qui l'esprit punk à sa source. Un groupe irréprochable
et irremplaçable. Une nouvelle production indispensable.
(chRisA)
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Voir aussi : Dog Faced Hermans |
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EXPERIENCE
"positive karaoke with a gun"
(boxson)
Je n'ai jamais vraiment suivi le parcours de Diabologum, pas plus celui
de Experience aujourd'hui. Je n'ai jamais été très
fan des reprises non plus, et pourtant, ce Positive Karaoke (+DVD)
me touche, et ce n'est pas uniquement pour la présence du "Positive"
dans le nom ! Le principe est simple : reprendre à leur compte
15 titres qui accompagnent de près ou de loin l'histoire du groupe.
En résumer, reprendre celui-ci parce que c'est un classique du
camion pendant leur tournée, ou celui-là parce que le gars
est mort pendant l'enregistrement de leur disque. J'aime bien le concept.
Mais là où le groupe marque des points, c'est dans le choix
des reprises. Les toulousains partagent pas mal de coups de cœur
avec Positive Rage, et montre par la même occasion une agréable
ouverture d'esprit. C'est ainsi qu'on retrouve, passé dans la moulinette
E.X.P., Public Enemy, Q and not U, Pussy Galore+Kool Keith, Costes, P.I.L.,
Shellac, Moonshake, NTM, Soul Coughing, Ol Dirty Bastard, etc. avouez
que cela aurait fait une belle compilation. Pour en revenir à la
prestation d'Experience, si je ne suis pas un amateur de leurs propres
compositions mixant musique noisy (souvent assez réussie) et chant
rap (qui me touche moins), il faut admettre que les gars savent habilement
jouer les caméléons ! Si certaines reprises jouent les troubles
fêtes par rapport à l'original (Bonnie Prince Billy en français
par exemple), l'ensemble reste souvent proche de ce qu'on en connaît.
La ressemblance vocale en est même troublante sur les reprises de
Shellac et NTM (deux très bonne adaptations - celle du NTM se prêtant
parfaitement à un emballage rock). On retiendra aussi la reprise
de Soul Coughing (dont je ne connais malheureusement pas l'originale),
celle de Q and not U (même si les breakbeats electro ajoutés
prennent plus la tête qu'autre chose), celle de la B.O. du film
Dodeskaden de Kurosawa, et la tubesque reprise de "this
is not a love song" de PIL. Au final on a rarement envie de zapper.
Je n'ai personnellement du mal qu'avec la chanson française de
Mendelson et la version traduite de Bonnie Prince Billy. Les titres les
plus proches du style Experience restant les reprises de Gil Scott-Heron
("la révolution ne sera pas télévisée"
qui est d'ailleurs le single) et celle de Costes. Pas les meilleures à
mon goût.
Par ailleurs, le disque est proposé avec un DVD retraçant
leurs tournées… les images sont souvent d'une qualité
sans prétention, mais il est toujours marrant de suivre le groupe
en France, en Espagne, ou à Moscou. On passe du petit bar sans
lights aux grandes scènes des festivals. On retrouve beaucoup de
titres live que les amateurs du groupe devraient apprécier. Personnellement,
je me suis plus intéressé aux parties backstage, malheureusement
moins nombreuses…
Au final, ce CD+DVD pourra toucher autant les fans que ceux, comme moi,
qui ne suivent pas le groupe.
[mg]
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PLAYING
ENEMY
"I was your city"
(Hawthorne Street)
Depuis "Cesarean", on connaissait la musique du trio: malsaine
et torturée. Dans un bel exercice de style, ce nouvel album en
remet une couche. Si "Jade", le premier titre, nous rassure
sur le fait que Demian Johnston, la pointe centrale du trident, n'est
pas Nick Drake, Leonard Cohen et autre John Lennon, il laisse aussi exploser
une expressivité convaincante et jouissive. De celle dont usait
un Today Is The Day à ses débuts ou un bon Botch. Ces ex-
Kiss It Goodbye et Rorsharsh manipulent un math-hardcore noise avec les
mains de ceux qui ont le cœur rempli de fiel. Phobies, désillusions,
frustrations, relations humaines vénéneuses etc. nourrissent
le fond et la forme d'une machine techniquement impressionnante et musicalement
très efficace. Saluons la performance de Shane Mehling à
la basse et d'Andrew Gormley à la batterie. Les morceaux sont subtilement
articulés, logiquement noirs et parfois surprenants comme les excellents
"the end of something", "a thousand victories" ou
l'acoustique "Capricorn". Conséquence de l'exigence musicale
et des méfaits d'une théorie de groupe, ils peuvent aussi,
sur la durée, se révéler prise de chou ("angels
in a trailer" et "and the engine"). Tordu et rageur, "I
was your city" n'est pas à mettre à fond chaque matin
de votre vie au risque de devenir un autre Demian...mais peut-être
que nous le sommes tous déjà un peu. Cet album était
très attendu des fans. Il est beau. Bien produit par Matt Bayles.
Bref pas de quoi être déçu. Vous aimerez avoir mal
à la tête.
(chRisA)
A noter
la présence de Chris Negrete, le chanteur de Radiation 4, sur un
morceau. Et puis Playing Enemy vient de sortir un split 45t (500 ex) avec
Pelican sur Hawthorne Street...bonne chance pour le trouver.
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Voir aussi : Craw, Dazzling Killmen, Today is The Day
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GONE
BALD
"Soul vacation in rehab clinic"
(interstellar records)
Ces croates exilés à Amsterdam suite à la guerre
dans leur pays reviennent avec une formation légèrement
différente. Un membre originel et deux hollandais à ses
côtés. Musicalement, Gone Bald nous livre ici un album (sorti
il y a quelques temps maintenant) sombre et dissonant, dans la grande
lignée des groupes noise barrés : guitare saturé,
cassures de rythmes répétées, structures complexes,
ambiances dérangeantes, et j'en passe… Le trio ne parlera
donc pas à toutes les oreilles, d'autant plus qu'il n'est pas du
style à rouler des mécaniques en offrant des tubes imparables.
Sans pour autant être d'une complexité folle, les morceaux
demandent une certaine attention, l'auditeur ne devra pas hésiter
à gratter un peu pour découvrir le talent de ce groupe.
Mais celui qui sait attendre assistera à de jolies joutes musicales
pour au final découvrir l'odeur d'un Oxbow, d'un Slint ("The
smell of a Woman…"), ou d'un Heliogabale énervé.
Comme quoi. Un univers parfois pesant et difficile d'accès qui
réserve pourtant de biens bonnes surprises aux oreilles averties.
[mg]
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Voir aussi : Oxbow, Slint, Jesus Lizard, Condense, Heliogabale
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MIHAI
EDRISCH
"un jour sans lendemain"
(Alchimia)
On retrouve le groupe là où nous l'avions momentanément
quitté. Sur les bases d'une musique profonde et intense. "Un
jour sans lendemain" bénéficie donc moins de l'effet
de surprise occasionné par "l'un sans l'autre", leur
premier cri. A nouveau enregistré par Santi Garcia, l'homme incontournable
des productions B-Core, l'album possède un meilleur son avec surtout
un chant bien mieux mis en valeur. De "naître" à
"mourir", il se compose de neuf titres et autres instrumentaux.
Neuf étapes essentielles d'un parcours de vie, d'une destinée
funeste qui laisse plus de souffrances que de joies. Alors emo oui ! Parce
qu'il ne peut en être autrement. Screamo ? Pas vraiment. Si Johan
pousse sa voix, son chant en français ne verse pas non plus dans
le cri primaire. D'une grande unité dans la réalisation,
dans leurs objectifs, l'ensemble est compact. Les titres font corps. Entre
force et fragilité à fleur de notes, "naître",
"marcher" ou "souffrir" sont des moments forts et
bourrés d'émotions. Il faut dire que la guitare aigüe
de Rémi arrive constamment à se frayer un chemin pour nous
déclencher des frissons insoupçonnables. Les soubresauts
et accès de folie contrôlés répondent aux instants
de répit. L'expérience de la vie. Des sentiments. Le calme
n'est qu'apparent. D'un blanc pur et vierge qu'un rouge sang vient perturber.
Comme en témoignent le graphisme et la conception d'un cover art
très soigné et épuré qui pourrait à
lui seul mieux parler du contenu que mes mots. Un groupe attachant et
méritant. Un album à la hauteur des meilleurs.
(chRisA)
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Voir aussi : Amanda Woodward, Daïtro, Envy, City of Caterpillar
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CUSTOMERS
"Rip It Up - the first four months"
(rejuvenation - suburban loser - small
budget prod)
Back to Basic comme on dit. Ou quand quatre activistes parisiens ressortent
leurs vieux vinyles hardcore de Minor Threat, Angry Samoans et autres
S.O.A. et décident de renouer avec quelques vieux démons.
Ligne droite, mélodie rapide, absence de disto, morceaux d'une
minute (8 morceaux en 8 minutes), énergie eighties, etc. Une chose
est sûre, Customers ne répond à aucune mode actuelle,
et on l'en remercie. Les influences sont centrées sur le hardcore
américain du début des années 80, rien de plus. Du
coup, malgré (ou grâce à) une totale attitude de perdants
dont ils sont très fiers, et des morceaux enregistrés à
l'arrache dans le local de répétition, cette petite démo
apporte un joli coup de frais auquel on s'étonne d'adhérer.
On s'y croirait vraiment, imperfections comprises. On se serait bien passer
du vol qualifié des riffs de Lyle Preslar (Minor Threat) sur "Clear
Minds" (l'intro mérite un procès), et sur le break
de "Sky turning Grey", mais bon, vu le style, et la volonté
affichée de ne pas se prendre au sérieux, on ne dira rien.
C'est agréable, parfois, de revenir aux racines d'un genre qui
les a malheureusement bien oubliées depuis… Et si Customers
n'est pas Minor Threat, on ne peut nier que quatre mois après leur
formations, les parisiens arrivent sans aucune prétention si ce
n'est celle de s'amuser, à relancer un style abandonné depuis
longtemps, et ce avec brio. Et rien que pour le plaisir de quelques souvenirs
vinyliques partagés, on vous conseille de jeter une oreille sur
cette démo… A écouter en lisant Rad Party !
[mg]
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Voir aussi : Minor Threat, Angry Samoans, S.O.A., Heb Frueman
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30
SECONDS TO MARS
"A Beautiful Lie"
(virgin records)
Dés les premières notes de "Attack", ça
sent le single en puissance : un rock gorgé d'émotions,
une mélodie imparable, une production passe partout. On sait qu'il
faut rester sur nos gardes car ces gimmicks, on les connait, pour les
avoir déjà entendus chez les toujours excellents Jimmy Eat
World ou chez Favez et leur superbe "Gentlemen, start your engines".
Et pourtant, ce premier morceau a déjà fait son oeuvre.
Il a brisé les premières défenses et a ouvert une
brèche pour la suite de l'album. Il est alors trop tard pour résister
à ces jolies guitares, à ces synthés mélancoliques,
à ce chant juste, souvant touchant, à ces mélodies
entêtantes. Et pour tout dire, on ne regrette pas trop ce manque
de vigilance initiale tant "A Beautiful Lie" est inspiré
de bout en bout. Et si on remarque, ici ou là, quelques plans un
peu faciles, le break original qui suit ou un refrain habité nous
les font rapidement oublier. Cet album est un pur moment de grâce.
Qui rappelle même parfois le "Building" de Sense Field,
c'est dire...Ses morceaux et sa production un peu lisse résisteront-ils
à une écoute intensive? L'avenir le dira...
[sullivan]
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Voir aussi : Jimmy Eat World, Favez, Sense Field
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COBRA
KILLER + KAPAJKOS
"Das Mandolinenorchester"
(Monika)
Certains confient leurs compositions à des DJ's renommés
pour en faire souvent des remixes insipides (non je ne donnerai pas de
noms !). D'autres se chargent de faire eux-mêmes le boulot pour
donner un vrai nouveau visage à leur travail. Annika Line Trost
et Gina V. D'Orio (alias les tueuses vénimeuses) font partie de
celles-là. Sur ce nouvel album, elles ont décidé
de s'acoquiner avec Kapajkos, un orchestre allemand de trois mandolines.
La rencontre pouvait paraître improbable et pourtant elle ne manque
pas de piquant. Au placard les beats électroniques, place à
une instrumentation de type folklore traditionnel tendance tzigane. "76/77"
et ses tubes comme "heavy rotation", "LA shaker" ou
"show me your ruler" sont revisités. Toute la bande réussit
à donner ainsi une autre perspective musicale et surtout beaucoup
d'originalité. Ça sonne un peu comme du Scrooge parfois
mais en plus mesuré. Les filles piochent aussi dans leurs autres
productions "the third armpit" et "cobra killer" mais
nous offrent tout de même un inédit succulent "Ist es
Farbig ?" Leurs boucles prennent comme par magie des sonorités
plus exotiques et des senteurs plus parfumées. Plus taillés
pour les fêtes de village, les pieds dans la poussière, que
pour les dancefloors, tous ces titres s'ouvrent sur une musicalité
plus chaude et plus humaine. Comme un retour aux traditions et à
la terre, la métamorphose temporaire des cobras a de quoi charmer
et ce malgré une fin d'album moins réussie. Pari gagné.
Expérience concluante.
(chRisA)
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Voir aussi : Le Tigre, Electrocute, Peaches, Broadcast, Stereolab
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TEMPER
TEMPER
"s/t"
(revelation)
Décidement, le label Revelation n'arrêtera pas de nous étonner.
Si Temper Temper possède bien une culture et un son hardcore, il
est largement brouillé par la new-wave et le post-punk dansant
de ces dernières années… Du coup, le clavier reprend
du terrain, le chant n'hésite pas à en faire trop, et l'auditeur
est sans cesse invité à se diriger vers la piste de danse.
A vrai dire, je n'ai rien contre dans l'absolu, mais Temper Temper ne
sait pas s'arrêter et à tendance à mettre les grandes
assiettes dans les petites… Le groupe mélange tous les succès
alternatifs récents : prenant beaucoup à The Rapture, un
peu à Mars Volta, le tout passé à la moulinette new-wave.
Du coup, malgré de bonnes idées, aussi bien du côté
post-punk que dans leur moment plus musclé, on a tendance à
se sentir mal à l'aise, comme à l'étroit… Parfois,
les digressions me rappellent les mauvais moments de Mars Volta (en moins
fous)… et le résultat est le même : la tête nous
tourne. Serions-nous dans une mauvaise adaptation punk de la "Fièvre
du Samedi Soir", ou devant un bon élève des groupes
précédemment cités ? Si vous voulez mon avis, ça
sent trop la volonté de passer à la radio. Pas convaincu.
[mg]
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HIRETSUKAN
"end states"
(Paranoid / G7 Welcoming Committee)
Parcours peu commun pour ce groupe désormais new-yorkais mais originaire
de Washington, D.C. Formé en 1998, dissout en 2002 et de nouveau
sur pied un an plus tard, Hiretsukan sort aujourd'hui son tout premier
album après un cdep ("invasive//exotic") sur G7 Welcoming
Committee. Emmenée par une chanteuse à la voix déchirée,
la formation plonge sa musique dans un bain hardcore screamo acide qui
n'est pas sans évoquer le meilleur de Serene. Sans être original,
ce 10 titres réserve de bons moments libérateurs ("manual
function", "her article", "19 year barrier")
notamment dûs aux lignes inspirées et mélodiques de
l'unique guitare. Honnête dans son approche, dénué
de tout artifice et emprunt d'une tradition hardcore qui l'éloigne
de tout soupçon d'opportunisme, "end states" pèche
par son côté linéaire et par son chant que j'aurai
aimé plus varié et plus sensible. Les mots / maux justifient
sans doute les moyens. A découvrir matériellement et/ou
physiquement lors de leur première tournée européenne
début 2006.
(ChRisA)
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25
"electric synthetized diethylamid…"
(Lo-fi rds)
Encore un disque oublié au fond de la pile… et pourtant,
ce trio marseillais avait de quoi retenir l'attention. En effet, 25 nous
propose un album brut de décoffrage qui arrive à mêler
grosse énergie, larsens bruyants, rythmiques big beat dansantes,
voix saturée, et tradition punk rock ! Le nombre d'ingrédients
a de quoi effrayer mais le trio arrive à en sortir une mixture
bien personnelle qui évite la plupart des pièges du genre.
Par exemple, si le groupe donne envie de danser, c'est qu'il aime traîner
dans les free-parties (tendance drum & bass) et non parce qu'il essaie
de ressembler à Gang of Four ; si le groupe semble si destroy,
ce n'est pas parce que son jeu n'est pas en place mais bien parce qu'ils
ont compris l'énergie d'un Black Flag ; et ce n'est pas l'humour
potache d'un chant qui hésite entre français, espagnol et
anglais qui nous fera oublier que le groupe est bien plus noise que festif
! Bref, 25 trace sa route, salement, sans se soucier des autres, laissant
de vieilles traces de bières séchées sur les canapés
où ils passent, et des acouphène dans les oreilles de leurs
auditeurs… ce n'est pas toujours de la grande voltige (c'est le
moins qu'on puisse dire - certains titres restent un peu limites quand
même), mais un bel exercice de style noise-punk, avec la saturation
comme principale alliée (ce serait y pas du grunge !!!). Pas de
tout repos, mais on est pas là pour ça.
[mg]
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V/A
"Music from the Heart"
(headcore records)
J'ai souvent un sentiment mitigé concernant les compilations. Autant
il faut encourager ce genre d'initiatives, surtout lorsqu'elles sont l'oeuvre
de petits labels, car c'est une bonne façon de faire découvrir
des groupes peu, voire pas connus, autant je sais que je les réécoute
rarement par la suite. Je pense qu'il en sera de même avec "Music
from the Heart", non que cette compilation ne soit pas intéressante
mais parce qu'elle n'est pas très aventurière. Reste que
les aficionados du punk-rock (français surtout) devraient y trouver
de quoi faire puisque rien moins que 23 morceaux sont proposés.
Quand je dis punk-rock, il faut prendre le terme au sens large puisque
cela va du punk-rock à la Pennywise (The Unseen) au ska (Dogged
Skankers) en passant par du hardcore metal chanté en français
(Kobayes). Mais la majorité des morceaux sont, et c'est assez frappant,
très marqués Epitaph. C'est là que l'on se rend compte
de l'influence toujours aussi importante de groupes comme Bad Religion
(un peu), Pennywise ou NoFX (beaucoup). Quelque part, ça fait même
bizarre d'entendre autant de groupes jouant une musique aussi proche.
De cette mêlée surnagent The Unseen et leur punk-rock californien
dynamique et efficace, le ska-punk rigolo de Big D and the Kids Table
et le punk-pop plus émotionnel, façon Get up Kids, de Side
Issue qui propose certainement avec "Airplane" le meilleur morceau
de la galette. Au final, pas de véritable coup de coeur mais cette
compile a le mérite de mettre un coup de projecteur sur une certaine
scène punk-rock française
[sullivan]
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