www.monument-masses.com

FROM MONUMENT TO MASSES
"schools of thought contend"
(Dim Mak)
En 2003 sortait l'incroyable "The Impossible Leap in 100 Simple Steps", deuxième album de From Monument To Masses, trio de la Baie de San Francisco. Leur premier opus étant passé quasi inaperçu, c'est avec ce disque sorti chez Dim Mak que le trio montre son savoir faire et impressionne, il faut l'avouer. Derrière une approche militante et arty, le groupe mixe idéalement le post-rock, le math-rock et la noise émotionnelle, le tout avec un groove imparable, véritable marque de fabrique. Bref, FMTM s'impose comme une référence du style. Du coup, c'est avec un intérêt certain que j'attendais la suite… Deux ans après, nous devrons nous contenter de deux nouveaux titres perdus au milieu d'un album de remixes. Dim Mak semble de plus en plus attiré par le doux monde du music business et de ses ficelles racoleuses (remix, graphisme sexy du site, soirée disco, etc.), c'est dommage. Heureusement, c'est bien sur un titre original que le disque démarre. "Deafening" renoue avec le meilleur du trio - même si nous nous attendions à être plus surpris - montrant que le groupe garde toute sa force et son amour pour les guitares noisy. Nous en avions besoin car la suite aurait tendance à nous faire douter. La suite : Treize remixes avec, à la console, peu de collègues du rock noise, mais beaucoup de maître de l'electro, voire du hip-hop. Par ordre d'apparition : Thunderbirds Are Now!, Norr Liva & AM, Automato, Nano Machine, Loquat, Antimc, 65 Days of Static, etc. Le choix est clair : on efface les aspérités, on lisse, on garde les extrémistes pour les soirées plus underground et on avance gentiment dans un monde bourré de bip, de tchac, et de glup. La machine a repris ses droits. Sur la quasi totalité des remixes, la guitare a été mise au placard. Hors de question de sonner rock. C'est dommage car on ne retrouve pas les boucles caractéristiques du groupe, ni ce groove répétitif, et bien entendu pas la moindre trace des explosions noisy qui sentaient bon le Jesus Lizard ou le Fugazi. Certains remixes sont acceptables mais l'ensemble tirant indéfiniment la musique du trio vers le doux et l'aseptisé, on a du mal à rentrer dedans. La version poppy de "comrades & friends" par Loquat en est un bel exemple, même si c'est la seule chanson à ne pas sonner electro. On retrouve bien des éléments d'origine en fond, mais c'est devenu si classique, presque mièvre… Pourtant, la force de FMTM est bien de trouvé l'équilibre, de jouer avec le postrock sans devenir ennuyeux, de frôler le mathrock sans perdre l'émotion, de titiller la noise sans devenir agressif. Ce n'est malheureusement pas ce que nous retrouverons ici. Vous tomberez sur de bons morceaux tendances electronica, mais rien d'exceptionnel. Certains titres demandent invariablement à être zappés (la version dance de Turbotito ou celle de Automato) quand d'autres retiennent plus l'attention (65 Days of Statics, ou les plus proche de l'original Last Defender of the One True Waveform, Thunderbirds are now!, et Amundsen), mais pour ce qui est de notre attente de la suite de "The Impossible Leap in 100 Simple Steps", elle n'est en rien rassasiée. Heureusement, les deux titres studios nous laissent toujours espérer un troisième album plus à la hauteur.
[mg]

 

SUPERCILIOUS
"next time we go sublime"

(monopsone)
Contemplatif ce premier album de Supercilious ? Pas tant que ça en réalité. Si son univers vous englobe bien dans des océans de coton, les rythmiques prennent part au combat, interdisant la neutralité. Avec ce premier album, l'electro-pop de Supercilious développe des ambiances tour à tour sombres ou plus apaisantes. Entre ange et démon, mi-dérangeant mi-reposant. J'apprécie autant les deux volets. La base principale, noire et rampante, rappellera aux plus anciens des sonorités quasi no-wave, voire indus, mais l'ensemble ne s'enlise jamais, avançant sans temps mort (malgré quelques titres moins réussis), et réussissant le tour de force de transformer ces onze ambiances en onze réelles chansons. Le chant féminin qui apparaît ici ou là accentue définitivement l'aspect pop du disque, rapprochant alors des titres comme "give us back to the witches" et "energy has forgotten my arms" vers un Mùm plus urbain. Puis le voile se lève, les parasites s'évapore, et une montée en puissance, certes moins pointue, se fait sentir : "marion spike" et "dust didn't answer" deviennent de véritables singles electro-pop. Au final, le duo qui se cache derrière un nom plein d'humour (traduisez par hautain ou dédaigneux) réussi une belle entrée en matière, sans réel prise de risque, mais avec un savoir faire indéniable que nous apprécions. Et si la prochaine fois, les présomptueux devenaient vraiment sublimes ?
[mg]

••• Voir aussi : Mùm, Boards of Canada, Telefon Tel-Aviv

 

www.fiya.org

FIYA
"better days"

(no idea)
Mais quel effet a donc le soleil de Floride sur les groupe de cet état ? Car Fiya qui, avec ce deuxième disque, signe chez No Idea, possède la même hargne que ses comparses de Hot Water Music à leurs débuts. Leur punk rock trace son chemin sans se retourner, avec un minimum de finesses pour ne pas sonner façon Los Angeles ou New-York. Ici, on joue la mélodie comme le faisaient les groupes du label Allied, en plus costaud peut-être. Fiya ne semble pas être là pour prendre du bon temps, et pourtant on est loin du "tout bourrin" monolithique, ou du "tout mélodique" un peu fade. Ici, on sent la chaleur moite du béton (malgré la pochette dévoilant un bel espace vert), la bouteille de whisky et la bonne odeur du fuel… ou de Fuel, ce groupe légendaire du label Allied ! Le décors étant installé, ne nous emballons tout de même pas : ces quatre ricains continuent bien sur leur lancée, suivant les pas des groupes précités, mais n'arrivent pas encore à jouer des coudes avec ces derniers. Les 16 minutes de ce maxi filent encore un peu trop droit. En même temps, en moins de 20 minutes, on a pas le temps de se lasser. Pas sûr que ça tienne dans le temps, mais pour le moment, une petite dose ne fait pas de mal.
[mg]

••• Voir aussi : Hot Water Music, Fuel, Paint It Black

 

www.lookingforjohng.com

LOOKING FOR JOHN G.
"s/t"

(autoproduction)
Après une longue introduction, le trio originaire de Paris entre dans le vif du sujet avec un "happy hunting" noisy à souhait. La voix se veut un peu en rentrait et laisse la place à une guitare bruyante qui tire les morceaux vers une électricité palpable. Et même si le groupe joue avec les ambiances introspectives montrant un certain goût pour le post-rock, leur culture semble au final bien plus énergique et chaotique. L'ensemble manque peut-être parfois de repères accrocheurs (et d'un son moins confus) qui permettrait à ces trois titres de rester plus en mémoire. Pourtant le groupe montre un certain talent dans les parties relevées qui devraient parler aux amateurs du style. C'est en tout cas ce que je retiendrais de cette démo. Dans ces moments, sans être original, le groupe convainc sans avoir à rougir. On regrettera juste une volonté incessante de casser le rythme (rien de "free" pour autant), de trop stopper les envolées, interdisant de vraiment se laisser emporter par les morceaux ; c'est dommage. Question de goûts. Reste trois titres qui laissent présager une suite intéressante.
[mg]

••• Voir aussi : City of caterpillar

 

ilovemary.free.fr

CRUSH ON MARY
"s/t"

(autoproduction)
Avec une telle démo, ce groupe lyonnais s'invite de suite dans le wagon convoité des combos à surveiller. Crush on Mary livre un post-hardcore mêlant la puissance des guitares aux finesses d'un clavier (celui de Carole des Junior Merill), la furie d'un chant masculin souvent poussé à l'ouverture d'un chant féminin moins braillard… ça vous rappelle quelque chose ? En fait, il n'y pas que sur le papier que ce groupe ressemble à Milemarker ! Même si les lyonnais semblent garder quelques connexions avec des musiques plus violentes, et plus linéaires, c'est bien du côté des groupes voulant s'ouvrir vers des rythmes dansants qu'il faut aller chercher : Milemarker aux USA, Robocop Kraus (ou même Monochrome) en Allemagne, Loisirs en France (même si ces derniers s'orientent de plus en plus vers des sonorités musclées)… Et les bougres ne s'en sortent pas trop mal. Pas trop de chichis, pas trop de paillettes, le groupe tient la barre droite et évite les pièges. Sur la longueur, il n'y a que le timbre du chant masculin (pourtant réussi) qui aurait tendance à me faire décrocher… je ne cracherais pas sur quelques respirations musicales non plus… mais je ne m'inquiète pas, je suis sûr que les petites imperfections liées à la démo disparaîtront au premier album venu. On attend donc ça avec impatience !
[mg]

••• Voir aussi : Milemarker, Loisirs, VSS, Monochrome

 

 

 

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