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GANG
OF FOUR
"return the gift"
(V2)
Le gang des quatre étaient tellement cités, repris ou tout
simplement plagiés par les groupes hype actuels, qu'il ne pouvait
y avoir meilleur contexte pour revenir… C'est vrai. De Radio 4 (qui
insistait jusqu'à avoir besoin d'utiliser le même chiffre
dans leur nom) à Franz Ferdinand, on peut dire que les jeunes ont
préparé le terrain. C'est vrai, c'était le moment
de revenir chercher son dû, et par la même occasion remplir
un peu les comptes en banque. Alors, comme d'habitude avec les reformations,
surtout quand elle tombe si bien, nous étions en droit de douter.
D'autant plus quand on connaît un tant soit peu la discographie
du groupe qui après un début de carrière grandiose,
s'est lamentablement évaporé dans les années 80 avec
des titres d'un goût plus que douteux. Et pourtant, quand on voit
la playlist de cet auto-hommage (puisqu'il s'agit de rejouer leur meilleurs
morceaux), on se met à espérer : Damaged Goods, Not Great
Men, Natural's not In It, Anthrax, At home Is A Tourist, et j'en passe…
le groupe s'est bien recentré sur ses débuts, le meilleur
! Et dès les premières notes, on comprends que le Gang n'est
pas revenu par hasard. L'humeur est définitivement rock, voire
punk… post-punk pourrions-nous oser dire puisqu'ils en sont l'un
des principaux édifices. Le génie novateur de "Entertainment!",
leur premier album, revient me hanter. 25 ans après, le groupe
rejoue ses tubes avec la même fougue, la même force, le même
groove. Seul la production et le niveau technique contraste, pour notre
plus grand plaisir, avec le manque de moyen de l'époque. Je suis
bluffé ! Je ne parlerai pas de retour gagnant vu que le groupe
ne s'essaie à rien de neuf, mais je dois avouer que derrière
un concept d'auto-hommage assez déconcertant, le groupe s'en tire
à merveille. 25 ans après, Gang of Four montre encore qu'il
s'agit d'un groupe à part, qui mérite tout le respect que
les jeunes générations lui porte. Pourtant, comme si le
groupe ne se suffisait pas à lui-même, ou peut-être
pour montrer qu'il reste connecter avec les années 2000, ce premier
CD est accompagné d'un album de remixes. Malheureusement, je ne
suis pas un adeptes de ce genre de bidouillages, et malgré quelques
bons noms (Yeah Yeah Yeahs, Hot Hot Heat ou Ladytron), je ne vois pas
trop l'intérêt de ce second CD. L'original me suffit, et
ces remixes ne leur apportent guère plus…
[mg]
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voir aussi : The Clash, Wire, Radio 4, Franz Ferdinand, The Raptures,
Bloc Party
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BED
"New Lines"
(ici, d'ailleurs)
Le titre de ce nouvel album l'indique, les fans de Bed risquent d'être
un brin surpris à l'écoute de ces neuf morceaux. Benoit
Burello a en effet décidé de suivre de nouvelles directions
musicales, plus rocks et bien plus dynamiques qu'auparavant, qui lorgnent
du côté de Pinback, groupe qui a visiblement marqué
notre homme. Ces guitares qui se croisent et s'entrecroisent, cette rythmique
subtile et légère, cela ne trompe pas. Et "Newsprint"
est d'ailleurs là pour faire les présentations et accueillir
l'auditeur dans ce nouvel univers musical. Mais passé ce très
bon premier morceau et l'espoir qu'il avait fait naître, on déchante
malheureusement très vite. Les voix, qui me rappellent parfois
Alan Parson 's Project (c'est dire...), sont fades, la structure très
compacte des morceaux les empêchent de respirer et, plus embêtant
encore, l'émotion est rare.
De la frustration. Voilà, finalement, le sentiment qui prédomine
à l'écoute de ce "New Lines". Tous les ingrédients
étaient réunis pour un très bon album mais Bed n'a
pas su les utiliser avec suffisamment de savoir-faire. N'est pas Pinback
qui veut…
[sullivan]
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voir aussi : Pinback
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DON'T
LOOK BACK
"brighter"
(noise digger)
Découvert avec leur précédent album (drunk in your
arms), Don't Look Back nous avait déjà laissé un
goût agréable en bouche. Venant d'une culture metal, les
garçons maniaient habilement le post-rock instrumental. Aujourd'hui,
le groupe revient, signé chez Noise Digger, le label déjà
responsable des albums de Poney Club et Exson Valdes. Et le moins qu'on
puisse dire c'est qu'ils n'ont rien perdu en chemin. Le premier titre
nous laissera même croire qu'un chant est venu compléter
les morceaux, tirant l'ensemble vers des éléments plus folk
ou plus pop. Mais passé la surprise de la première plage
(le chant revient aussi en fin de disque), on retrouve bien ce qui nous
avait séduit : cette musique instrumentale, ces ambiances poignantes,
ces envolées contrôlées, cette maîtrise. Mais,
deuxième album oblige, le groupe a pris en assurance, et sa musique,
instrumentale, n'ennuie pas. Le groupe se permet même un grand nombre
de parties noisy, guitares en avant. On sent que Don't Look Back s'évertue
à ne pas tomber dans les pièges d'un style auquel il se
défend d'appartenir : le post-rock. Pourtant, malgré quelques
incursions electro anecdotiques et cette capacité à ne pas
s'affaisser dans le soporifique (quelques parties flirtant avec Neurosis
sur "farewell to the bright side"), ce nouvel album répond
à tous les codes du style : ambiances planantes, samples de voix,
montées électriques… Bref, il serait bon d'assumer.
D'autant plus que le pari est réussi et qu'en dehors du fait que
cet album ne révolutionne pas le style (contrairement à
ce qu'on essaie de nous vendre), il a le mérite d'y tenir une place
de choix, dans une version relevée et nerveuse. Alors pourquoi
la bouder ?
[mg]
••• voir
aussi : Microfilm, Mogwaï
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THE
LORDS OF ALTAMONT
"Lords Have Mercy"
(fargo records)
Blousons de cuir, tatouages en tous genres, ceintures cloutés :
ces gars-là sont tombés dedans quand ils étaient
petits… Et même si ce n'est plus vraiment à la mode
(mais est-ce que ça l'a déjà été en
fait ?), les Lords of Altamont n'en démordent pas : ce sera
du rock'n roll ou rien du tout. On n'en attendait pas moins d'anciens
membres des Fuzztones, Cramps ou Bomboras. L'album ? Il tient toutes
ses promesses. Même si l'on n'est pas hyper fan du genre, il est
impossible de ne pas se laisser envahir par cette musique. Je vous le
garantis, il ne vous faudra pas plus de 2-3 morceaux pour taper du pied,
dodeliner de la tête, voire, pour les plus accros, mimer de bons
vieux riffs sur une guitare invisible dans votre salle à manger.
Si si… Du bon vieux punk-rock "Buried from the Knees Down"
au plus garage "Project Blue" en passant par le carrément
rock'n roll "Velvet", on ne peut résister à autant
de conviction et d'énergie primaire qui sent bon la sueur et la
bière. Ni à ces ambiances très série Z que
l'on perçoit sur certains morceaux. Ces gars-là vivent leur
musique, ça se sent à plein nez. Sur scène, ça
doit valoir son pesant de cacahuètes. Par contre, il faut aimer
l'orgue farfisa, que le chanteur, Jack "Preacher" Cavalier,
colle à toutes les sauces et… l'odeur du vieux cuir, bien
sûr…
[sullivan]
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voir aussi : The Stooges, MC5, Hellacopter, Rocket from the Crypt
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MARY
POPPERS / CHEVIGNON
"split douze salopards #1"
(sk records)
MARVIN
/ DOPPLER
"split douze salopards #2"
(sk records)
Une fois n'est pas coutume
: il aura fallu attendre que le premier réel album de Mary Poppers
sorte ces jours-ci chez SK pour que je me rende compte que je n'avais
toujours pas chroniqué leur split avec Chevignon ! Lamentable médiocre
que je suis. Je profite donc de l'occasion pour revenir sur cette série
de splits sobrement intitulée "douze salopards" et qui
réunit la fine fleure des groupes tournant autour du label lyonnais
SK records. Le concept est simple : 6 splits, 12 groupes, chacun choisissant
son salopard (qui fera office de pochette)… Pour ce premier volet,
les lyonnais de Mary Poppers ont choisi Madame de Fontenay… Et c'est
à grands coups de noise, guitares acérées et rythmiques
bétonnées que le groupe la maltraite. A l'écoute
du premier morceau, on se dit que ces gars ont dû écouter
Shellac… mais si cela ne doit pas être faux, nous serions
très réducteurs… ces lyonnais sont plus violents,
plus fous, plus sadiques aussi. Des barbares de la saturation… qui
doivent s'en donner à cœur joie en concert, bouton de volume
poussé à 11. De la noise qui cherche autant à déstabiliser
par la recherche que par l'énergie. Ce n'est certes pas de tout
repos, mais pour une première rencontre, on n'oubliera pas de si
tôt leur nom !
Ils partagent ce premier split avec Chevignon, dans lequel officie (ou
officiait, je ne sais plus) Andrew, alias monsieur Duracell (ex-Happy
Anger). On reste dans un univers noise mais très différent.
Un chant en français intriguant (vulgaire, insaisissable et barré…
les paroles sont à lire!) survole une musique alternant passages
calmes et destructions brutales. Prenant autant à un mathrock speed
qu'à un grind intello… Il y a d'excellents moments (et de
superbes guitares) mais une face entière à tendance à
m'agacer… c'est qu'à force, le concept se répète.
Pour le deuxième split
de la série, on retrouve Marvin, que nous avions découvert
à l'époque avec leur démo. Le groupe de Montpellier
a choisi son salopard : Jean-Michel Jarre ! Pas con. Car si le trio
incorpore un orgue MS-10 dans sa musique, il est très loin de plier
aux niaiseries de l'electro bon marché. Marvin balance une noise
convaincante et totalement instrumentale qui pille autant le surf, le
psychédélisme que la noise dure (principale influence tout
de même). Les nappes du MS-10 apporte un bon esprit aux deux longs
titres ; quelque chose que je retrouve chez Trans Am. Pourtant, Marvin
se veut moins 70's que Trans Am. Le duo guitare batterie donne tout ce
qu'il peut pour rendre l'ensemble plus furieux… et cela fonctionne…
Un pas est franchi par rapport à leur démo dans laquelle
on sentait encore quelques lourdeurs. Ici, ça file droit, tout
en restant très noise. Joli coup, même si nous aurions aimé
un titre de plus.
Sur l'autre face, nous n'avons plus besoin de présenter Doppler
qui se permet de choisir l'Abbé Pierre comme salopard… les
lyonnais n'ont plus rien à prouver, et ce n'est pas un bon samaritain
catholique qui leur fera peur. Leur noise se veut moins agressive que
les autres groupes de la série, non pas par manque d'énergie
mais par force et assurance. Doppler possède l'expérience
et n'ont plus besoin de se cacher derrière une quelconque furie.
cet enregistrement renouerai presque avec l'un des mythes de leur ville
: Bastärd. On retrouve cette ambiance sombre, ces boucles prenantes…
mais quand Bastärd retombait dans le postrock indus, Dopller font
cracher leurs guitares… on n'en attendait pas moins d'eux, et c'est
encore avec joie que nous refermons ce magnifique split. L'abbé
Pierre n'a qu'à bien se tenir.
Vivement le troisième volume de cette excellente série.
[mg]
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