www.jealousrecords.com

BULLET UNION
"ruin's domino"

(jealous records)
Découvert en première partie de Hoover à Londres, ce groupe anglais nous avait infligé une sacrée baffe. Nous attendions donc avec impatience la sortie de ce premier album. C'est aujourd'hui chose faite (depuis quelques mois), et je peux vous certifier que mon attrait pour ce groupe n'a pas désempli. Abrasive, urgente, tendue et émotive, la musique de Bullet Union a tout pour nous faire craquer. Une boule d'énergie incroyable qui ne manque pourtant pas de prendre mille et un virages. Peu de groupes avait réussi à combiner des riffs si étranges, une sensibilité exacerbée et une fougue aussi puissante. Car si ces londoniens foncent droit devant, sans se retourner, avec l'urgence du punk, ils ne tombent pas pour autant dans la simplicité et le linéaire. Le choix d'un son quasi-clair pour les guitares n'en est qu'une preuve, Bullet Union ouvre des portes, et refuse de copier ses prédécesseurs. Ils ne révolutionnent pas le genre, mais posent dès ce premier album leur marque de fabrique : riffs de guitares inimitables (en son clair), énergie punk destructive, et voix braillée. Du coup, sans chercher à leur ressembler, ils rejoignent ceux qui ont dû les marquer, de Hot Snakes aux premiers Unwound… de Rites of Spring à Drive Like Jehu (jusque dans la pochette en noir et blanc)… excusez du peu, mais les références méritent le respect, et ne sont pas jetées ici par hasard. Alors c'est vrai que le son de cet album déçoit un peu par rapport à leur prestation scénique, mais peu importe, nous sommes bien en face d'un phénomène qui n'arrive pas souvent dans la décennie, alors nous n'allons pas bouder notre joie. Un grand cru.
[mg]

••• voir aussi : Hot Snakes, Unwound, Drive Like Jehu

 

aghostino.free.fr

AGHOSTINO
"s/t"

(2 titres - autoproduit)
Nouveaux venus dans le paysage français, Aghostino montre pourtant une certaine agilité dans la noise mélodique… cette noise assez typique des années 90, avec cette touche très rock héritée des années hardcore ; cette musique qui navigue entre deux eaux, sans jamais vraiment choisir… D'un côté, le besoin perceptible de rendre le son rêche, de pousser la saturation, de sortir des clichés trop rock, et de l'autre, un souci de mélodie indéniable pour ne pas trop perdre l'auditeur, ne jamais aller trop loin… Cet équilibre est bien difficile à tenir, et il arrive qu'on décroche sur le deuxième titre, mais ces anciens Beeswax, Capseed et Drain Pump Booster s'en tirent au final plutôt bien. Ces deux titres de présentation ne laissent pas un souvenir impérissable, mais montrent certaines possibilités… On sent des goûts excellents, même s'il manque parfois un peu de contenu. Je veux dire par là que les plans sont souvent bons, mais qu'il manque parfois la partie vraiment convaincante, l'émotion ressentie, le vécu… Enfin, rien d'alarmant à cela, surtout vu les capacités démontrées ici. Cet enregistrement a le mérite d'aiguiser notre curiosité. Nous attendons donc impatiemment la suite…
[mg]

••• voir aussi : Shellac, Portobello Bones, Girls vs Boys, Chokebore

 

www.revok.org

REVOK
"program medics and cathode clinics"

(autoproduction)
Après un premier jet prometteur mais dispersé, Revok aiguise son tir et ne laisse dorénavant planer aucun doute quant à son identité. Ces membres de Brume Retina (ex-Gameness), Belle Epoque ou Goo Goo Blown ont revêtu leurs habits les plus sombres, abandonnant toutes éclaircies néfastes. Alors que leur premier EP cherchait sa voie, passant d'une noise syncopée à un screamo hardcore moins inspiré, ce "Program Medics and Cathode Clinics" se recentre et dévoile une identité forte et cohérente. Une identité sombre à en faire peur, sans espoir, compacte, oppressante… Nous voilà donc partis pour 21 minutes d'un cauchemar conscient, angoissant, mais attirant ; la sensation étrangement ambiguë que l'on ressent lorsqu'on regarde son premier film d'horreur. Et pourtant, derrière ses cris malsains et ses murs de guitares, Revok semble garder une approche fine qui les rapproche définitivement de groupes comme Neurosis ou des premiers Today Is The Day. Joli coup…
[mg]

••• Voir aussi : Neurosis, Today is The Day

 

NEMLESS
"live"

(YK prod / chanmax rds)
Avec un son irréprochable, ce live posthume étonne tant on pensait ce groupe moins convaincant… je ne suis pas un afficionado du genre et pourtant Nemless arrive à retenir mon attention. Musicalement, on a affaire à un punk hardcore efficace et le plus souvent mélodique. L'alternance de chant grave et aigus selon les titres offre un peu de relief à un style qui en manque souvent. Du coup, quand c'est le chant lead (le grave) qui tient la chanson, on lorgne vraiment du côté des références ricaines, sans pour autant tomber dans le Fat Wreck style… à la rigueur, Nemless pourraient bien offrir le change au Burning Heads, grâce à une approche plus combative et plus hardcore… Les Burning sans le dub et sans Epitaph en quelques sorte… Cela devrait plaire aux amateurs du style qui devaient s'emmerder sévère avec ce que les groupes punk mélo leur proposaient ces derniers temps. Mais pour votre narrateur, la formule, aussi réussie soit-elle s'essouffle vite, très vite. Heureusement, sur certains titres (le deuxième par exemple), plus furieux, avec la voix aiguë en avant, on vient titiller Unlogistic (en beaucoup plus mélo tout de même)… J'aime bien cet aspect du groupe, même s'il semble très anecdotique sur ce live. C'est dommage, cela casserait la monotonie des mélodies, et éviterait de décrocher à la moitié du concert. C'est le problème du groupe qui reste trop mélodique et aurait gagner à devenir plus fou et plus extrême, du moins par moment. Au final, on se retrouve avec un live posthume honorable pour ceux qui cherchaient encore des disques dans le style, mais un maxi m'aurait amplement suffit.
[mg]

••• Voir aussi : Burning Heads, Unlogistic, Adolescents, D.I

 

 

hypos.site.free.fr

HYPOS
"s/t"

(12" - non conforme rec)
Hypos viennent de la région bordelaise et nous sortent ici un bien joli vinyle… Sur la pochette, le graphisme sobre intrigue. A l'intérieur, la musique n'occupe qu'une face, puisque la seconde est gravée main… luxe suprême… Le premier titre retient l'attention avec sa noise hypnotique. Ils citent Sonic Youth et Girls against Boys ; pourtant c'est plus du côté de Deity Guns que j'ai envie de me pencher. Le second titre est plus oppressant, et plus austère. Je ne retrouve pas le côté accrocheur du premier titre, plus rythmé. Puis le troisième me conforte dans ma première impression. Hypos renoue avec la noise de Deity Guns, le groupe mythique qui donna naissance à Bastärd par la suite. Musique sombre, hypnotique, bruyante, urbaine… C'est un gage de qualité même si sur ces trois titres, le groupe n'arrive pas à vraiment sortir son épingle du jeu. On a envie d'aimer ce groupe, mais on ressort de cette expérience sans se souvenir vraiment ce qu'on a écouté. Le choix d'une musique instrumentale demande peut-être plus de trouvailles marquantes pour éviter de se disperser. La démarche est bonne, les influences aussi, mais il manque l'élément fort pour vraiment se démarquer et retenir l'attention. Je suis certain que le groupe peut aller bien plus loin s'il arrive à ouvrir ses morceaux… l'avenir nous le dira.
[mg]

••• voir aussi : Deity Guns, Bastärd, Doppler

 

 

 

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