FOLKLORDS Tome 1 (Kindt/Smith)

COMICS. 18 ans qu’ Ansel attendait ça. La cérémonie au cours de laquelle les adolescents vont chacun annoncer la quête qu’ils ont choisi d’accomplir pour grandir. Si certains, comme Archer, un elfe, n’ont toujours pas d’idées, lui sait depuis longtemps. Il veut trouver cet autre monde qu’il voit en rêve, la nuit ou parfois en visions, éveillé. Un monde où il y a des bâtiments hauts comme des montagnes, des bateaux qui volent dans le ciel et où les gens s’habillent comme lui, avec une veste et une cravate. Alors il va aller trouver les maîtres-peuples, car eux doivent savoir comment le rejoindre, ce monde. Mais lors de la cérémonie, juste avant que ce ne soit le tour d’Ansel, Archer passe et vole son idée de quête. Alors, la guilde des bibliothécaires, chargée de protéger le village, intervient. Elle met brutalement Archer aux arrêts et déclare l’annulation des quêtes pour cette année, rappelant que la recherche des maîtres-peuples ou de tout autre récit fictif est interdit. Bien sûr, Ansel va passer outre cette interdiction passible d’exécution…

Une quête, des gnomes, un elfe, une forêt enchantée, un frère et une sœur qui s’appellent Hanz et Greta et vivent dans une maison en bonbons : s’il y a autant d’éléments qui font référence aux contes, c’est tout simplement parce que la nouvelle série de Matt Kindt se déroule dans les contes. Mieux, que Folklords joue avec leurs codes. Car son personnage principal, Ansel, sent bien qu’il doit y avoir autre chose que son village, que le monde ne peut se résumer à cela. Mais ce qu’il va découvrir dépasse ce qu’il pouvait imaginer et va remettre en cause tout ce qu’il connaissait jusque là. Difficile d’en dire davantage sans totalement gâcher le plaisir de la lecture mais sachez simplement que Matt Kindt fait une nouvelle fois (comme dans MGMT, par exemple) preuve d’inventivité avec Folklords puisqu’il y joue avec les notions de personnage, de quête, de créateur, de réalité et de fiction. Un récit étonnant que Matt Smith met en images avec efficacité même si on attendait peut-être davantage de personnalité pour un récit qui entend sortir, comme son héros Ansel d’ailleurs, des sentiers battus. C’est le seul petit bémol de ce premier tome fort intrigant !

(Série, 144 pages pour ce tome 1 – Delcourt)

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