LE TUEUR – AFFAIRES D’ETAT Tome 2 (Jacamon/Matz)

BD. Finalement, le boulot du tueur n’a pas vraiment changé : il continue d’éliminer les cibles qu’on lui désigne le plus discrètement et le plus proprement possible…Sauf que maintenant c’est un peu comme s’il bossait pour le service public puisqu’il reçoit ses ordres de la DGSE. Denis n’a pas vraiment l’âme d’un fonctionnaire mais il n’a pas vraiment eu le choix sur ce coup là : c’était ça ou il allait en tôle…Pour sa première mission, il a une couverture de cadre dans une boîte d’import-export du Havre et est chargé, par ailleurs, de semer la zizanie parmi les gangs des cités de la ville pour mettre fin au système de clientélisme et de corruption que le maire y a mis en place. Mais après plusieurs règlements de comptes parmi les caïds du coin, la situation est en train de leur échapper : non seulement ils n’en savent toujours pas plus sur le trafic d’armes de Mathurin mais en plus Marchand, le maire, en politicien démagogue expérimenté qu’il est, est en passe d’être nommé ministre de l’intérieur…

Comment relancer une série qui aurait pu commencer à s’essouffler après 13 tomes parus ? En gardant son personnage principal (on n’a pas dit héros !), un tueur cynique et philosophe à ses heures, une idée géniale de Matz!, mais en le changeant de contexte ! Voilà comment on passe de Le Tueur à Le Tueur – Affaires d’état. Et comment le protagoniste de la série se retrouve à travailler à mi-temps comme cadre et à devoir, le reste du temps, obéir à la DGSE pour démêler un système complètement pourri mis en place dans les cités par le maire pour acheter la paix sociale tout en se faisant réélire. Pour le reste, rien ne bouge : notre gaillard n’a pas changé, exécutant les ordres sans (se) poser de questions et livrant, au passage, ses réflexions complètement désabusées sur l’Homme et son fonctionnement. Et dans Affaires d’état, le moins que l’on puisse dire c’est que ça déménage ! Cette fois, c’est notre système politique et ses élus qui sont la cible de Matz et Jacamon un duo qui ne fait pas dans la dentelle dans ce premier cycle. Corruption, clientélisme, démagogie, mensonge, manipulation : voilà, en gros, par quoi il faut en passer pour être élu aux plus hautes fonctions dans notre démocratie selon notre tueur…

Une vision toujours aussi sombre de l’Homme et de la société mise en images par Jacamon et son dessin, toujours aussi lumineux et éclatant, qui contraste clairement avec le scénario. Le Tueur a réussi sa mue !

(Série, 56 pages pour ce tome 2 – Casterman)

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