NE RESTE QUE L’AUBE (Murat)

BD. Fin du XXIe siècle. Les jours, ou plutôt les nuits, passent inlassablement sans que rien ne change pour Jorgen Nyberg. Dans son immense appartement atelier qui domine Stockholm, l’artiste met la dernière main aux peintures qu’il va exposer. Pour tromper l’ennui car si les hommes rêvent d’immortalité, lui la subit depuis qu’un collectionneur d’art de Florence l’a mordu une nuit de juin 1531 pour le vider de son sang et lui « offrir » ainsi l’éternité, une malédiction en fait. Un jour, Niels, un jeune étudiant en art, sollicite un rendez-vous pour parler de son œuvre par l’entremise d’Yris, son auxiliaire virtuelle…

Le temps qui passe inexorablement, la fragilité de la vie, le rêve d’immortalité : des thèmes souvent traités dans les œuvres d’art puisqu’inhérents à notre condition d’être humain mais que Murat revisite ici avec singularité et personnalité. En premier lieu, en choisissant comme protagoniste principal un vampire, plutôt bien placé, pour le coup, pour parler d’éternité, d’immortalité, d’ennui mais aussi de désir et de tentation. Un vampire que l’auteur confronte aux maux de notre société : manipulation de l’information, hyper connexion, dictature des médias sociaux, désir de reconnaissance…Mais surtout en proposant une narration singulière, peu bavarde (beaucoup de cases sont muettes) mais littéraire quand elle l’est, au rythme lent et un travail graphique particulièrement original, très épuré (il l’est de plus en plus depuis Les larmes de l’assassin, récit qui l’a vu prendre cette direction artistique), dans une bichromie marron/noir (surtout) du plus bel effet. Un roman graphique mélancolique et poétique qui marque par sa différence.

(Récit complet, 176 pages – Futuropolis)

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