PEAUX EPAISSES (Le Tendre/Frisenda, d’après le roman de Genefort)

BD. Après 35 ans passés à louer ses services sur les champs de bataille de la galaxie, Lark prend la décision de tout arrêter, notamment parce qu’il ne peut plus supporter la dictature militaire qui l’emploie comme conseiller. Et puis il y a aussi les messages qu’il a reçus. Des appels à l’aide du Clan Nomaral des Peaux épaisses. Une race méprisée qui a dû s’exiler à l’autre bout de la galaxie, sur un astéroïde discret, pour se faire oublier mais sur la tête desquels la Calexo, une puissante multimondiale, a placé un contrat que Roko Greach et sa bande se sont empressés d’accepter pour se faire un paquet d’equors. Il est visiblement temps pour Lark de rentrer à la maison…

Les Humanoïdes Associés et les éditions Critic, spécialisées dans la fantasy et la SF, ont récemment décidé d’unir leurs forces pour adapter en BD des romans du catalogue de Critic. Et après Histoire de la Science-Fiction en bande dessinée (signé Dollo et Morissette-Phan) paru il y a quelques mois, c’est au tour de Peaux Epaisses de voir le jour dans cette nouvelle collection. L’adaptation d’un roman de Laurent Genefort, à qui l’on doit aussi la transposition en BD (le troisième et dernier tome reste à paraître), avec Sentenac aux crayons, de Noô, le roman de Stefan Wul, chez Glénat. Une histoire de scandale (la Colexo a sciemment laissé mourir les 25 millions de colons, souvent rebelles avec leur employeur, qui vivaient sur l’agromonde proche du soleil de Thalan quand celui-ci a explosé) qu’une grosse compagnie multimondiale, qui a des intérêts dans les banques, les assurances ou encore l’agro-alimentaire, essaie d’étouffer à tout prix, en faisant éliminer ses seuls témoins, les Peaux épaisses, qui donnent leur nom au titre de ce récit rondement mené par le duo Le Tendre/Frisenda. Le scénariste de La Quête de l’oiseau du temps livre en effet une narration alerte et le plus souvent fluide. Et aux crayons, Frisenda fait le job. Si son trait, influencé par Moebius comme beaucoup de dessinateurs de SF, manque un peu de personnalité (contrairement à la première de couverture, très réussie, signée Gérald Parel, qui avait aussi signé quelques visuels pour la collection Les Univers de Stefan Wul), il donne par contre vie à l’univers de Genefort avec une certaine inventivité, notamment lorsqu’il s’agit de donner une apparence physique à des races extra-terrestres ou d’imaginer de nouvelles formes de colonies spatiales (on vous recommande celle sur la planète gazeuse Hyllos, dans des méduses géantes…) ou des armes du futur (« la sangsue », aussi flippante que répugnante…). Autant de trouvailles qui nous immergent dans l’histoire tout en la rendant crédible. Un récit qui lance de belle façon cette collaboration entre les éditions Critic et les Humanos.

(Récit complet, 106 pages – Les Humanoïdes Associés/Editions Critic)

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