PLUNGE (Hill/Immonen)

COMICS. 3 octobre 2020, dans les mers de l’Arctique. Une station reçoit un message de détresse d’un bateau après qu’une vague gigantesque a balayé la région. Un message assez irréel puisqu’il provient du Derleth, un navire océanographique qui a sombré en 1983…Avertie par les responsables de la station, la Rococo International, à qui appartient le bateau, fait appel aux services de Gage Carpenter et ses frères pour aller récupérer la carcasse et ce qu’elle contient encore (la mission du Derleth était la prospection de pétrole mais aussi la collecte de formes de vie rares). Arrivée sur place, l’équipe découvre qu’un membre de l’équipage du Derleth a survécu. Problème : il n’a pas pris une ride en presque 40 ans et les orbites de ses yeux sont vides…

Joe Hill a eu envie de rendre hommage au cinéma d’horreur de son enfance, celui des années 80-90, et à des films comme The Thing (le fait que les frères s’appellent Carpenter n’est, bien sûr, pas une coïncidence !) ou Aliens ainsi qu’à Lovecraft (le nom du bateau, le Derleth, est un indice…). Du coup, il a imaginé l’histoire de Plunge, un récit de science-fiction horrifique (mais non-dénué d’humour) qui voit Lacome (l’émissaire de la Rococo) et l’équipe de Carpenter faire une rencontre assez inattendue : des extra-terrestres ayant l’apparence de vers qui ont besoin d’eux pour quitter la Terre, sur laquelle ils ont été condamnés à vivre après une guerre. Et pour parvenir à leurs fins, ils vont faire en sorte que les humains ne puissent pas refuser de les « aider ».

Un scénario qui a forcément un air de déjà vu puisque c’est une « fan fiction », comme le dit lui-même Joe Hill (dans le dossier bonus proposé à la fin du récit, qui comprend aussi quelques couvertures alternatives particulièrement abouties) mais qui est diablement efficace. Joe Hill sait indéniablement y faire quand il s’agit d’installer une ambiance glauque et oppressante et faire monter la tension crescendo. Et que dire du travail graphique de Stuart Immonen à part qu’il transcende littéralement cette histoire avec ses aplats de noir épais et son trait précis qui souligne parfaitement les émotions des personnages. Du grand Art dans le genre ! Bon ce n’est pas vraiment étonnant quand on sait que Joe Hill n’est autre que le fils d’un certain Stephen King… »Bon sang ne saurait mentir », comme dit le proverbe….

(Intégrale, 168 pages – Urban Comics)

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