EVEN (Zidrou/Alexeï)

BD. Dans un futur proche, la communauté européenne a officiellement mis en place une ségrégation. Non pas raciale mais esthétique, avec, d’un côté, les Swiiits, c’est-à-dire des individus beaux, qui ont accès aux meilleurs postes et aux plus beaux logements et de l’autre, les Uglys, les moches, qui vivent comme des parias et servent les Swiiits. Pour protéger la pureté génétique…Les Ugs n’ont, par exemple, pas accès à Even, ce nouveau traitement émotivo-sexuel qui prend la forme d’une entité virtuelle neutre. Un traitement que Fred suit à l’Erospital Montpellier 2 sur les conseils du docteur Sidibé pour ressentir de nouveau du désir. Désir sexuel, bien sûr mais aussi désir de vivre, tout simplement, qui a disparu depuis que sa femme, qui était d’ailleurs l’une des conceptrices de l’Even, s’est suicidée…

Ce thriller dystopique part d’une idée assez géniale : pointer du doigt cette nouvelle dictature qui règne dans les sociétés occidentales depuis assez longtemps maintenant : la dictature de la beauté. Il faut être beau si l’on veut être heureux. Tous les médias le disent et l’affichent, notamment avec ces photos de jeunes filles minces photoshopées mises à la une des magazines féminins. Il faut être bien habillé, avec style. Avoir une apparence physique soignée. Bref, il faut être sans défaut. Et pour cela tous les moyens sont bons : maquillage, implants et même chirurgie esthétique. Une critique bien sentie qui sert de cadre à cette histoire qui nous laisse elle, sur notre faim. Pourtant, Zidrou avait eu une autre idée brillante avec cet hôpital spécialisé dans les problèmes sexuels et ce nouveau programme virtuel, Even, permettant de traiter des problèmes d’érection suite à un deuil ou de violences sexuelles. Pas suffisant hélas pour nous faire atteindre un orgasme de lecture…La faute à la fin, pas vraiment aboutie, assez frustrante. Even n’est pas un mauvais livre, loin de là, et propose même une lecture agréable mais on se dit juste qu’entre les excellentes idées de Zidrou et le dessin moderne d’Alexeï, très en phase avec cette société futuriste, il y avait matière ici à faire beaucoup mieux.

 (Récit complet, 88 pages – Delcourt)

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