LE BISTROT D’EMILE (Heitz)

BD. Depuis qu’Emile a repris le café de la Fontaine, tout a changé. Avec son gros rire communicatif (on entend ses « ouaf ! ouaf ! » de loin), il a ramené de la vie dans le bistrot vieillot de Saint-Saturnin. Au point que tout le monde s’y donne désormais rendez-vous pour écouter de la musique, jouer à la belote ou simplement discuter. Du coup, ce sont tous les commerces du quartier qui en profitent. Jusqu’au jour où, 10 ans après, Emile décide de vendre…à une banque ! Drôle d’idée, pourquoi une banque ? Annie, qui tient le salon de coiffure, Tiff’Annie, a son idée sur la question : elle pense qu’il y a une poule là-dessous…

Bruno Heitz n’est pas seulement l’auteur de L’Histoire de France en bande dessinée. Il a aussi publié des polars, déjà chez Gallimard, comme J’ai pas volé Pétain mais presque ou C’est pas du Van Gogh mais ça aurait pu. C’est dans cette veine qu’il revient avec cette nouvelle série dont les différents épisodes autonomes se passeront toujours dans le même village provincial, Saint-Saturnin, et se focaliseront sur certains de ses habitants : le notaire, le cordonnier ou la coiffeuse (ce sera pour le prochain épisode, Tiff’Annie). Avec, pour commencer, Emile le bistrotier. Un bon gars qui rit volontiers avec tous les clients et se montre arrangeant mais qui a ses petits secrets. Par exemple, comment a t-il réussi à racheter l’ancien café de la Fontaine, lui qui n’était que serveur au café de la Plage de Balarin-les-Flots ? Et où se rendait-il invariablement tous les lundis, le jour de son congé, avec sa DS ?

Pour le savoir, il faudra bien sûr lire Le Bistrot d’Emile, récit assez inclassable, entre chronique de mœurs et polar décalé, qui se propose de nous montrer ce que l‘on ne voit pas d’habitude : l’envers du décor, la face cachée de personnes que tout le monde pense connaître à force de les côtoyer tous les jours. A tort bien sûr. Car ceux-ci ne montrent que ce qu’ils veulent bien que l’on voit d’eux. Parce qu’ils ont des choses à cacher ou tout simplement un commerce à faire tourner. L’histoire est simple, tout comme le dessin d’ailleurs, un noir et blanc emmené par un trait direct, sans fioritures mais elle fonctionne bien. Le concept est malin, les personnages hauts en couleurs et la narration bien huilée : un premier épisode bien sympathique.

(Récit complet, 104 pages – Gallimard BD)

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