LA BALEINE BLANCHE DES MERS MORTES (Wellenstein/Boiscommun)

BD. La mer était morte. Les océans avaient disparu. Et avec eux tous les poissons et les animaux marins. Parce que les êtres humains avaient compris trop tard que la pollution et le réchauffement climatique auraient ces conséquences…Bengale erre dans ce monde aride et parvient (on apprendra plus tard comment…) à survivre aux « marées hautes » qui apparaissent à intervalles réguliers et avec elles aux cohortes de fantômes de requins, baleines et autres raies qui prennent les âmes des humains qu’ils rencontrent pour se venger. Quand il tombe sur Chrysaora, qui danse avec les méduses, il est intrigué et décide de la suivre dans un Paris en ruines qui n’est plus que l’ombre d’elle-même…

A l’origine, il y a un roman, Mers Mortes, paru chez Scrinéo, qui a eu un beau succès. Un récit auquel Aurélie Wellenstein est particulièrement attachée. Alors quand Arleston, éditeur chez Drakoo, lui a proposé d’écrire un scénario de BD, elle a eu envie de replonger dans cet univers mais en proposant une histoire inédite, une sorte de préquelle dans lequel on retrouve Bengale, un personnage que les lecteurs de Mers Mortes connaissent bien. Un monde post-apocalyptique triste et froid hanté par les fantômes des animaux que les êtres humains n’ont pas su sauver, et qui reviennent voler l’âme des derniers survivants (qui deviennent ensuite des zombies…) regroupés en clans autour d’exorcistes pour résister aux marées hautes et tenter de s’accrocher à cette Terre devenue invivable.

Un premier scénario qui propose un univers singulier et poétique (l’une des très belles idées : faire jouer de la musique à ce clan des musiciens, qui s’est réfugié à l’Opéra Garnier autour de son chef d’orchestre, pour apaiser le fantôme de la baleine blanche et ainsi récupérer l’âme de ce fils devenu zombie…), peut-être presque trop pour un récit de 56 pages, avec ces fantômes d’animaux, ces marées hautes, ces humains égarés dévoreurs d’âmes ou ces exorcistes et dont le message, écologique, vous l’avez compris, manque tout de même un peu de finesse. Mais le superbe travail graphique de Boiscommun, avec ce trait juste et ces aquarelles très colorées magnifiques nous fait rapidement oublier ces petits défauts !

(Récit complet, 56 pages – Drakoo)

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