SPIDER 2. Wonderland (Bec et Daoust/Raffaele)

BD. Détroit, de nos jours. Au cours d’une intervention, Charlie n’a pas eu le temps de réagir quand un junkie en plein trip de Spider, la nouvelle drogue qui a envahi la ville et commence à faire de gros dégâts, transformant ceux qui en prennent en véritables zombies, s’est jeté sur Brandt, son coéquipier, et l’a défiguré. Son supérieur, le capitaine Wood, la suspend avant d’utiliser son erreur pour l’obliger à infiltrer la toile et se rapprocher de celui qui se fait appeler Anansi (le roi araignée en éthiopien) pour le faire tomber. Charlie n’a d’autre choix que d’accepter même si elle sait qu’elle va jouer un jeu dangereux car il lui faudra prendre de la Spider, particulièrement addictive…

Drogue révolutionnaire (la Spider est en fait une araignée piquée avec un adjuvant mutagène que l’on avale vivante…), junkies qui se transforment petit à petit en monstres à 8 pattes, savant biochimiste fou qui teste ses produits sur des cobayes vivants… : on est en terrain connu avec ce récit de SF horrifique, on est chez Christophe Bec ! Qui n’est finalement jamais aussi efficace que sur des formats plus courts, en 2 ou 3 tomes. Il le démontre une nouvelle fois avec ce récit ramassé et très rythmé qui prend la forme d’une enquête de police qui tourne rapidement au récit d’épouvante. Les scénaristes (Bec a ici travaillé avec Daoust) ne parviennent pas à éviter certains poncifs du genre (l’inspecteur de police désabusé qui ne veut pas de sa jeune collègue, qu’il traite plus bas que terre, avant de se raviser plus tard bien sûr…) mais il est difficile de nier que Spider relève le défi qu’il s’est fixé : nous tenir en haleine jusqu’au bout. En grande partie grâce au travail graphique de l’italien Raffaele, l’un des partenaires attitrés de Bec, qui livre ici, comme à son habitude, un dessin réaliste, froid et inquiétant (il est rehaussé de couleurs appliqués par informatique), idoine pour mettre en images l’univers de Spider.

Divertissant et spectaculaire, voilà un récit qui plaira aux fans de David Cronenberg (notamment de La Mouche) !

(Série en 2 tomes de 58 pages – Soleil)

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