TU NE TUERAS POINT (Hondelatte et Tripp/Doisneau)

BD. Les séries de Jean-Louis Tripp, que ce soit Magasin général ou Extases, pour ne citer que les plus récentes, respirent l’humanisme et mettent en avant le côté positif de l’Homme. Mais l’auteur exilé au Québec avait envie, ces derniers temps, d’explorer un autre aspect :  la noirceur de l’âme humaine. C’est Christophe Hondelatte, le célèbre présentateur et journaliste radio, qui lui en a offert la possibilité. En effet, un jour, un ami à lui, journaliste à Europe 1 à qui il avait confié être fan de l’émission Hondelatte raconte (que je ne suis pas mais qui fait apparemment un carton…), lui donne le numéro de Christophe Hondelatte en lui disant qu’il souhaitait lui parler. Il voulait en fait lui demander s’il pensait que son podcast pourrait être adapté en bande dessinée. Le projet Tu ne tueras point venait de naître…

Il fallait ensuite encore sélectionner 10 faits divers et trouver un dessinateur capable de les mettre en scène. Pas une mince affaire car il fallait trouver le trait juste, réaliste mais pas trop pour ne pas verser dans le pathos. Ce qu’a effectivement plutôt bien réussi à faire Cyril Doisneau, que l’on découvre ici, notamment avec sa mise en couleur sobre (il n’a, par exemple, pas forcé sur le rouge du sang), et dont le dessin se veut avant tout lisible. Les 10 faits divers choisis par Tripp ne sont ni spectaculaires (il a évité les affaires de serial killers…) ni sensationnalistes. Car ce qui intéressait vraiment l’auteur, c’était essayer de saisir ce qui pousse parfois un homme (ou une femme) à briser le tabou ultime : tuer un autre homme…Voilà pourquoi sa narration reste le plus neutre possible (même s’il s’autorise un peu d’humour de temps à autres…) et que Tripp revient souvent dans l’épilogue qui clôt chaque affaire sur le passé ou l’enfance de ceux qui sont passés à l’acte. Mais aussi aborder le fonctionnement de la justice et de montrer la subjectivité inévitable qui l’accompagne (un homme, parce qu’il était bien sous tous rapports, policier en retraite sans histoires, n’écopera « que » de 8 ans de prison pour avoir tué un jeune homme accro au shit qui voulait lui voler une tondeuse en lui tirant 2 fois dans le dos…). Le tout est captivant, ce qui prouve que l’adaptation est des plus réussi !

(Recueil d’histoires courtes, 144 pages – Le Lombard)

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