KOSMOS (Perna/Bedouel)

BD. 20 juillet 1969. Armstrong et Aldrin ont rencontré quelques difficultés lors de l’approche de la Lune par le module et Armstrong a dû en prendre le contrôle pour trouver un autre site (ils avaient déjà dépassé le repère prévu situé au pied du cratère Maskelyne Y) pour l’alunissage mais tout s’est bien terminé et l’astronaute a pu poser le pied sur la surface de l’astre et prononcer sa célèbre phrase. Mais alors qu’il commence les premiers repérages un peu plus loin, il tombe sur un drapeau, un drapeau soviétique et aperçoit, au loin, un module…

Et si ? Et si Armstrong n’avait pas été le premier Homme à poser le pied sur la Lune ? Et si le premier Homme à le faire avait été une femme, soviétique de surcroit ? C’est ce que Pat Perna et Fabien Bedouel imaginent dans Kosmos ! Un récit uchronique troublant qui fait vaciller nos certitudes ! En tout cas on referme le livre en se disant que cela aurait pu se passer comme le raconte ce documentariste expliquant s’être basé sur des documents trouvés dans les archives du Kremlin, déclassifiées lors de la politique de la Glasnost (« transparence » en russe) de Gorbatchev. Car la guerre spatiale que se livrèrent les Etats-Unis et l’URSS à cette période était avant tout une affaire de propagande. Et pour que cette propagande fonctionne, se poser sur la Lune ne suffisait pas, il fallait pouvoir le prouver avec des images. Images que les américains sont parvenus à fournir au monde entier. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’ils ont été les premiers…En tout cas un doute raisonnable peut subsister. Surtout après la lecture de Kosmos…Dont le scénario, hyper documenté, se montre pour le moins convaincant dans sa description des missions Soyouz qui envoyèrent Tatiana Terechmariova sur la Lune. Caractéristiques techniques, communications avec la base terrienne de Tiouratam au Kazakhstan, incidents de parcours (avec la mort du cosmonaute Khrounov, ce qui obligea le Kremlin à changer ses plans) ou dévouement pour la patrie communiste : tout sonne particulièrement juste ici. Un réalisme que le noir et blanc, techniquement impressionnant, de Bedouel, se charge de restituer visuellement également. D’une beauté hypnotique, il crée l’illusion de la réalité.

Un récit étonnant, qui nous propose de revivre ce célèbre épisode de la conquête spatiale mais en adoptant un point de vue soviétique uchronique tout en réfléchissant sur la capacité de manipulation des images sur les réseaux sociaux à l’heure des fake news. Captivant !

(Récit complet, 160 pages – Delcourt)

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