URBAN 5. Schizo Robot (Brunschwig/Ricci)

BD. Les attaques répétées des terroristes d’Enemies of Sodoma ont semé chaos et panique dans la gigantesque cité de loisirs de Monplaisir où les travailleurs de la galaxie toute entière viennent passer les 2 seules semaines de vacances annuelles qu’ils ont. Son créateur et animateur, Springy Fool, est aux abois : non seulement il doit rapidement trouver un moyen de rassurer les 18 millions de vacanciers qui veulent fuir Monplaisir mais en plus l’administration galactique lui a imposé des enquêteurs chargés de faire toute la lumière sur cette affaire qui a déjà fait des milliers de morts. A moins qu’il ne suive, comme d’habitude, les idées d’A.L.I.C.E., son IA, qui pense que Zacchary peut encore l’aider grâce à sa côte de popularité, au plus haut depuis son combat contre le tueur Ebrahimi…

La fin d’une série a toujours quelque chose d’émouvant. Pour ses créateurs d’abord, et a fortiori quand son aventure a commencé il y a longtemps, en l’occurrence en 1983 pour Urban puisque Brunschwig avait alors eu l’idée d’une série inspirée du morceau Sin City d’AC/DC et qui déboucha sur un seul tome (paru en 1999 aux Humanos), dessiné par Roufflet, qui n’eût pas de suite car le projet avait encore besoin de mûrir pour totalement satisfaire son scénariste. Qui le ressortit donc de ses tiroirs en 2009 pour le confier à Roberto Ricci et en faire Urban. Mais aussi pour les lecteurs quand l’univers créé par ses auteurs est aussi marquant et ses personnages aussi attachants que dans cette série. Pourtant, l’histoire est particulièrement sombre puisqu’elle met en scène un monde manipulé par les plus riches qui ne laissent que quelques miettes au reste de la population condamné à se tuer au travail pour survivre et avoir le droit d’aller dépenser son argent lors de ses 2 semaines de vacances à Monplaisir (difficile de ne pas reconnaître Las Vegas et la société capitaliste américaine…), cité gérée par un mégalomane capable de tout pour garder son pouvoir et continuer à contrôler, via les innombrables écrans disséminés un peu partout, ses « invités »…

Un récit d’anticipation très critique envers notre société actuelle et ses travers (téléréalité, manipulation des médias, contrôle de la population par la consommation, violence masculine, notamment sexuelle…) à peine grossis ci pour tirer la sonnette d’alarme. A la narration parfaitement maîtrisée (des flash backs viennent régulièrement éclairer les zones d’ombre de l’intrigue) et superbement dessiné par Ricci dont le travail graphique, très judicieux, s’appuie sur l’ambivalence couleurs chatoyantes et artificielles de Monplaisir et trait sombre de la « vraie » vie.

Une grande série, à la conclusion très réussie, qui mêle soif de pouvoir, vengeance et manipulation !

(Série en 5 tomes, 80 pages pour cet épisode 5 – Futuropolis)

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