METAL HURLANT Numéro 1 : Le futur, c’est déjà demain

C’est l’un des événements de cette rentrée BD ! La renaissance du mythique magazine Métal Hurlant (dont le dernier numéro, le 133, est paru en juillet 1987, même si les Humanoïdes Associés avaient déjà tenté de le ressusciter de 2002 à 2006) sous l’impulsion de Fabrice Giger, patron des Humanos et de Vincent Bernière, journaliste et éditeur de bandes dessinées (il dirige notamment la collection Outsiders chez Delcourt). Sous la forme d’un gros mook de presque 300 pages. Et un programme plus que copieux !

Avec, pour commencer, des interviews (de Bilal mais aussi des romanciers Damasio et William Gibson ou encore de l’architecte Eric de Broche des Combes) et des articles de fond (sur les œuvres d’art numériques, notre habitat en 2025, le cinéma d’anticipation ou sur les innovations sur le point d’entrer dans nos vies) tournant autour du thème -le near future ou anticipation proche, en français- de ce premier numéro. Et, ensuite, plus de 200 pages de bandes dessinées ! Des histoires courtes de 6 à 12 pages signées par des auteurs de science-fiction déjà reconnus, voire célèbres, comme Mathieu Bablet, Ugo Bienvenu, Merwan, Vehlmann (qui a ici collaboré avec Alfred), Bendis (dont le récit a été mis en images par Jacob Edgar) ou Jerry Frissen (rejoint au dessin par Lonergan) mais aussi, et c’est un choix éditorial à saluer, des auteurs moins connus, dont certains (comme Adam Sillard ou Pierre Colleu) publient même ici leur premier récit. L’anticipation est abordée sous des angles très différents et les récits, vraiment variés, peuvent être drôles, touchants, dérangeants, flippants ou encore désenchantés. Du coup, chacun y trouvera son bonheur. De notre côté, on a été un peu déçus (une fois n’est pas coutume…) par le récit de Vehlmann et Alfred ou celui de Berliac (War Games, qui imagine les jeux vidéo prendre de plus en plus d’importance dans le monde réel) mais on a beaucoup aimé l’ironique H.O.P. de Bienvenu et Premiers de cordée, une parabole, toujours aussi bien dessinée, en forme de signal d’alerte coup de poing de Bablet. Notre préféré ? Difficile de choisir mais c’est probablement Pet Play, une enquête policière dans laquelle une nouvelle application, Good Boy, qui permet de communiquer avec un animal après avoir implanté une puce électronique dans son cerveau, joue un rôle central. Un récit drôle et étonnant à la fois dans lequel les argentins Agrimbau et Varela remettent l’Homme à sa place…Mordant à souhait ! A moins que ce ne soit La Vie quotidienne, dans lequel Fraction (qui a travaillé sur Iron man ou les X-Men) et Khaled imaginent comment l’intelligence artificielle peut résoudre certains problèmes de la vie de couple…

Le numéro 2, un numéro vintage celui-là, sortira dans 3 mois et proposera donc du matériel ancien (signé Moebius, bien sûr, Dionnet, Gal, Arno ou encore Caza…) dont « certaines raretés introuvables depuis plus de 40 ans », nous annonce-t-on pour nous faire saliver, autour d’une même thématique : Nous sommes les monstres ! Le rendez-vous est pris !

(Mook, 290 pages – Vagator productions)

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