BIRDS OF MAYA Valdez

ALBUM. Birds Of Maya a toujours eu pour habitude de laisser les bandes de ses sessions d’enregistrement reposer quelque mois avant de décider si elles valaient la peine de devenir des albums. Bon là celles de Valdez ont juste pris la poussière un peu plus longtemps puisque l’album, leur quatrième en une vingtaine d’années, a été enregistré en 2014, en une nuit… Ce qui s’explique par le fait que les 3 membres du trio ont été pas mal occupés par leurs autres groupes, dont Purling Hiss, dont font partie Mike Polizze et Ben Leaphart. Mais aussi peut-être tout simplement parce que Birds Of Maya n’est pas une priorité. Car à l’écoute de ces 6 morceaux, ce projet a avant tout l’air d’un défouloir. Le moment où les 3 potes se retrouvent dans leur cave, montent le son des amplis au max, sortent leurs nouvelles pédales de distorsion et se font plaisir en jouant la musique qu’ils écoutaient ados : un rock garage noisy et furieux à souhait hérité des Stooges, qui peut aussi faire penser aux premiers Mudhoney (les mecs ne lésinent pas sur la fuzz…), sans arrières pensées et surtout sans se poser de questions. D’ailleurs, à part sur Busted Room, qui fait figure d’exception avec son mid-tempo répétitif et hypnotique, les morceaux obéissent souvent à une règle simple : la section rythmique fonce, pied au plancher, basse parfois virevoltante, offrant avant tout un cadre solide pour que la guitare puisse s’exprimer au gré de ses envies. Et Polizze ne se fait d’ailleurs pas prier, faisant feu de tout bois. Si au début des morceaux, les riffs sont la plupart du temps structurés et posés, la six cordes verse ensuite volontiers dans le solo tourbillonnant et psyché qui n’hésite pas à aller dans les aigus. De purs moments de folie qui sentent bon l’impro et qui sont servis par un son brut de décoffrage idéal.

Il y a peut-être quelques longueurs (High Fly, qui ouvre l’album, dure 8 minutes tandis que Recessinater culmine à plus de 10…) mais le rock « fast and heavy » (presque hard-rock par moments) à haute teneur en énergie de Valdez s’avère bien rafraîchissant tout de même !

(Drag City/Modulor)

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