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CE QUE NOUS SOMMES (Zep)

BD. Avril 2113. Le progrès a permis aux scientifiques de mettre au point un cerveau numérique qui s’implante dans la boîte crânienne des individus et est stocké dans un Data Brain Center. Un cerveau qui a une capacité de 100 milliards de connexions par seconde et permet d’apprendre 12 langues en 3 minutes en chargeant un pack langages ou de mémoriser toutes les connaissances acquises à ce jour en downloadant l’intégrale encyclopédique. C’est ce qu’a pu faire Constant dont les parents font partie des nantis. Car bien sûr ce progrès a un coût, financier et énergétique (le Data Brain Center utilise 95% de l’énergie disponible…), et seule une élite y a accès. Les autres, ceux qui n’ont pas la chance d’être augmentés, vivent à l’extérieur des villes protégées, au-delà du deathring, la barrière électrique, et doivent se débrouiller pour survivre. Des “gens de la forêt”, comme on les appelle, que Constant va bientôt rencontrer, lorsqu’au cours d’une soirée, son cerveau numérique est hacké, le privant subitement de sa mémoire et l’obligeant ensuite à errer pour retrouver le Data Brain Center…

Depuis une dizaine d’années, Zep explore une veine adulte plus réaliste vraiment intéressante avec des récits comme Un bruit étrange et beau ou The End. Avec Ce que nous sommes, il imagine cette fois un récit d’anticipation très crédible où les humains qui en ont les moyens (l’auteur en profite pour pointer du doigt une société à deux vitesses…) peuvent s’augmenter pour faire l’expérience de la vie via leur cerveau numérique. Et vivre l’amour, l’aventure ou la guerre sans risques via des programmes hyper réalistes. Un transhumanisme sur lequel beaucoup de scientifiques ont déjà commencé à plancher (pour préparer le récit, Zep a d’ailleurs rencontré l’un d’eux, qui travaille sur un projet baptisé Blue Brain visant à reproduire un cerveau humain, avec toutes ses connexions neuronales, de manière numérique…). Et qui soulève beaucoup de questions, énergétiques, on en a déjà parlé, mais aussi éthiques et philosophiques. Car ces projets nous poussent à réfléchir à ce qui fait de nous ce que nous sommes, des êtres humains…Zep y répond de fort belle manière dans son nouveau récit, d’un genre singulier : une sorte de thriller d’anticipation poétique. Car aidé d’Hazel Constant va devoir comprendre ce qui lui est arrivé tout en apprenant à vivre vraiment, sans passer par les stimuli de son cerveau numérique. Une expérience intense mais qui n’est, bien entendu, pas sans dangers…Un très beau livre porté par un travail graphique vraiment réussi qui s’appuie sur un trait fin, aussi élégant qu’expressif et une mise en couleur harmonieuse.

(Récit complet, 88 pages – Rue de Sèvres)

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