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CONGER ! CONGER ! IV

ALBUM Depuis son premier album sorti il y a plus de 10 ans, ce groupe marseillais trace un chemin qui lui est propre, avec une force de caractère, et une aura qui m’aura toujours touché. Aussi discret que talentueux, le groupe enchaîne les albums sans jamais se laisser enfermer dans une case restrictive. Mélangeant les influences noise, post-punk ou indie, Conger ! Conger ! avance au fil de ses envies… et cela lui va ravir.

Avec ce nouvel album, sobrement intitulé IV, le gang passe de trio a quatuor, avec l’arrivée d’un second batteur (qui serait semble-t-il déjà reparti à la sortie du disque). Le son s’étoffe, et les mélodies tubesques prennent de l’importance. Le grandiose « The River » (« Fortress » et « Upside World » sont pas mal non plus) se placera facilement en maître du genre, faisant la nique aux Editors et autres têtes de gondoles influencées par Joy Division. Mais si les marseillais maîtrisent de plus en plus l’art de la chanson qui vous reste dans le crâne, n’y voyez aucune facilité pour autant. Les influences noisy s’immiscent toujours ici ou là (même si je me serais bien passé des beuglements caverneux du pourtant excellent « Blackgate »), et place la beauté post-punk de ce disque dans une démarche introspective et une maturité toute à leur honneur. On pensera aussi à toute une vague de groupes post-hardcore des Etats-Unis, devenue plus mélodique, comme Jawbox (voire Fugazi), ou certains disques de Ceremony, dont la démarche semble parfois similaire.

Encore une fois avec ce nouvel opus, le combo marseillais montre qu’il sait prendre son temps, laisser redescendre la pression pour toucher quelque chose de plus personnel, de plus sombre, avant de redresser le propos avec des titres plus punk et nerveux comme « Ghost » ou le très noise « Wait and Sit » qui devraient ravir les amateurs des années 90.

En variant les humeurs, l’album n’en devient que plus riche, avec ses moments violents, et ses respirations, merveilleusement touchantes. Du grand art pour sûr. Et ce n’est pas le final blues « I am a Clown », guitare acoustique et voix grave qui nous captive, qui nous dira le contraire. Classe.

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