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KAMASUTRA De chair et de sang (Menon/Zuccheri)

BD. Le roi Veerbhadra enrage : une troupe de ses soldats est une nouvelle fois tombée dans une embuscade tendue par la reine écarlate, Bhairavi. Mais contrairement aux autres rois des royaumes voisins, la terre d’Anga n’a pas d’autre route que celle qui passe par la forêt de Dvaita pour maintenir son commerce. Son conseiller lui suggère alors de faire appel à des mercenaires pour mettre cette reine hors d’état de nuire. Ce qui pourrait aussi arranger Basvaraj…Prisonnier de Bhairavi, il vient d’être choisi par la générale de la reine pour assouvir son appétit insatiable. Un cadeau empoisonné : tous ses prédécesseurs, des hommes pourtant séduisants et vigoureux, ont échoué à donner du plaisir à Bhairavi et l’ont payé de leur vie…

Sensualité, guerre et vengeance : voilà le triptyque plutôt original autour duquel tourne Kamasutra ! Car à l’opposition sommes toutes classique entre un roi et une armée de bandits qui rançonne marchands et voyageurs et menace, de ce fait, ses intérêts, Sudeep Menon, le scénariste indien, ajoute 2 éléments rafraichissants à son scénario : une reine à la fois sanguinaire (elle est à la tête d’une armée impitoyable capable des pires atrocités) et avide de sexe. Ou plutôt d’amour. Car si elle tue, telle une mante religieuse, ses amants après ses ébats avec eux, c’est surtout par frustration : parce qu’ils ne parviennent pas à lui donner le plaisir qu’elle espère…Et Vatsyayana, philosophe qui a rédigé un livre dans lequel il donne, entre autres, des conseils pour atteindre le plaisir lors de l’acte sexuel. Un homme, fait prisonnier par les soldats de la reine, qui va bien sûr aider Basvaraj à relever le défi de Bhairavi…

Et la narration, fluide et alerte, alterne donc, de façon surprenante, scènes de combat spectaculaires et sanguinaires et passages érotiques (mais pas pornographiques !) entre la reine et Basvaraj ayant lieu dans l’intimité de sa couche. Tout comme Basvaraj, Zuccheri relève le défi de Kamasutra avec brio :  son trait réaliste aussi agréable à regarder que sûr techniquement, se montre à l’aise dans toutes les situations, qu’elles soient spectaculairement violentes ou intimement orgasmiques. Bref, un récit étonnant qui se lit avec grand plaisir d’autant que l’édition proposée par Daniel Maghen est une nouvelle fois magnifique.

(Récit complet, 112 pages – Editions Daniel Maghen)

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