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LA CUISINE DES OGRES Trois-fois-morte (Vehlmann/Andreae)

BD. Depuis qu’elle a fugué de la maison de son père boucher, Blanchette, comme l’appellent ses nouveaux amis, a rejoint un groupe d’orphelins qui survivent comme ils peuvent en glanant ici ou là de quoi manger. Un jour, alors qu’elle est partie remplir son seau d’eau, les autres enfants se font prendre au piège par un Ogre. La petite fille appelle bien à l’aide mais elle et le chevalier de Sainte-Ombre qui a accouru à la rescousse sont à leur tour faits prisonniers par Grince-matin qui les emmène à la Dent du chat, le mondes des Ogres…

On a déjà eu l’occasion de le dire à de nombreuse reprises : Fabien Vehlmann est l’un des scénaristes actuels les plus doués. Et ce ne sont pas ses deux dernières créations qui vont nous contredire. L’excellent Le Dieu-Fauve, dessiné par Roger et dont on a déjà parlé dans ces colonnes. Et La Cuisine des Ogres qui vient de paraître chez Rue de Sèvres. Un conte. Qui s’adresse aux enfants (mais pas trop jeunes) et aux adultes. Qui nous propose de découvrir, à la suite de Blanchette, que les Ogres appelleront par la suite Trois-fois-morte (parce qu’elle a survécu alors qu’elle aurait dû mourir trois fois…), un univers singulier : celui des Ogres. Et plus précisément celui de la cuisine des Ogres. Car c’est bien connu : les Ogres mangent souvent et beaucoup. Alors il y a parmi eux des cuisiniers parmi les plus inventifs qui existent, dont Barbaou et Beauregret. Prêts à mélanger les ingrédients les plus étonnants et les plus bizarres (Pommes d’or, serpent de mer, œufs de perdreau de la dernière pluie ou encore, bien sûr, enfants engraissés patiemment…). Mais quand le fils du Minotaure annonce sa venue, c’est le branle-bas de combat car on le sait particulièrement exigeant et brutal (la dernière fois qu’il est venu, il avait tué des serveurs, mécontent…). C’est là, bien sûr, que les êtres qui vivent, comme Trois-fois-morte, dans les sous-sols de ce monde, sur les rives du lac à vaisselle, vont avoir leur mot à dire et prendre leur revanche…

Un conte qui puise son inspiration dans les légendes (celle de Saint-Nicolas sauvant les enfants du boucher), la littérature (ce chevalier de Sainte-Ombre ressemble beaucoup à Don Quichotte…) ou encore dans la mythologie (avec le Minotaure) et qui nous parle d’inceste, de résilience et de renaissance à travers une aventure pleine de surprises, de rebondissements et de personnages aussi étonnants les uns que les autres. Du côté des crayons, Andreae s’est emparé du scénario de Vehlmann avec gourmandise, donnant vie à cet univers incroyable (il faut voir ce lac à vaisselle, avec ses petites mains qui se tuent au travail et le kraken qui y évolue, en roi !) avec talent et inspiration. Très recommandé !

(Récit complet, 82 pages – Rue de Sèvres)

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