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L’HORLOGER (Claes)

ROMAN. 2009, Etats-Unis. Philosophe et journaliste, Jacob Dreyfus vient de recevoir le prestigieux prix Pulitzer pour son enquête sur les groupuscules suprématistes américains. Parue dans le New-York Times, elle a permis l’arrestation de plusieurs figures du mouvement comme le fondateur d’Aryan Blood Turner Davidson ou Willard B. King, le sénateur de Géorgie. Dreyfus a pris tous les risques pour cette enquête, infiltrant patiemment Aryan Blood pour finalement arriver jusqu’à ses têtes pensantes mais il est parvenu à ses fins : l’organisation vient d’être dissoute par le sénat américain. Mais le retour de bâton ne tarde pas : notre homme est rapidement la cible de menaces explicites. Il est donc placé sous protection judiciaire mais un commando débarque un jour au Mount Sinaï Hospital de New-York où sa femme travaille : pendant de longues minutes les hommes tirent sur tout ce qui bouge et tuent plus de 30 personnes dont Sarah Dreyfus…Le gouvernement n’a d’autre choix que d’intégrer Jacob et son fils David à son programme de protection de témoins : ils vont quitter les Etats-Unis pour tenter de refaire leur vie, incognito, en France, dans l’arrière-pays niçois. Ils s’appelleront désormais Cyril et Pierre Bussière et seront protégés 24 heures sur 24 par un flic français…Mais 10 ans plus tard, le 31 décembre, le “destin” rattrape Jacob : sa tante, son père et son fils meurent au même moment à des endroits différents…

Et là vous vous dites que pour son premier roman (il est caviste et chroniqueur à la télévision belge), Jérémie Claes a eu là une bien belle idée (avec le spectre de l’élection de Trump…) en plantant l’intrigue de son thriller dans les mouvances de l’extrême-droite américaine, d’Aryan Blood aux complotistes de Qanon. Mais que, bon, ça reste quand même une histoire de vengeance classique, quoi. Sauf que non. Car L’Horloger, récit astucieux, est du genre à réserver quelques surprises en chemin…Comme, vous l’avez compris, de nous lancer sur la (fausse) piste de King et Davidson pour cette vendetta, à 10 années d’intervalle, contre la famille Dreyfus. Ou de nous faire repartir dans les camps d’extermination nazis sur les traces d’Adam, le grand-père de Jacob, mais aussi de Mengele, le docteur psychopathe qui menait ses expériences eugéniques sur des cobayes juifs. Et même d’incorporer un peu de fantastique (en forme d’allégorie de la résilience du peuple juif) pour sa conclusion. Bref, un récit à la mécanique parfaitement huilée, au style enlevé, qui nous mène des Etats-Unis à la Provence, de la Patagonie à la Belgique à la suite d’une brochette de personnages attachants (difficile de ne pas nommer Solane, le flic épicurien…) et, surtout, nous tient en haleine du début à la fin avec son intrigue à double détente.

(Roman, 460 pages – Editions Héloïse d’Ormesson)

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