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L’OMBRE QUI MARCHE A MES COTES (Barroux)

BD. Le narrateur est perdu. Il ne sait plus si faire ce voyage était une bonne idée. Il est seul, allongé sur le lit de son hôtel, transpirant sous la moustiquaire et il n’arrive pas à dormir. Son frère prend toute la place. Mais il va continuer, sur ses traces. Il traverse Valenca, Boipeba, Salvador, Olinda mais ne voit quasiment rien. Et a tout juste le temps d’échanger quelques mots, avec des touristes français ou des brésiliens qu’il rencontre en chemin. Il n’est pas là pour ça, de toutes façons. Son but, c’est Belém, là où son frère a été retrouvé mort, un coup de cutter à la gorge le long du fleuve Amazonie…Mais pourquoi est-il là exactement ? Il ne sait pas lui-même : voir où son frère est passé, retrouver si des personnes l’ont rencontré ? Peut-être mais avant tout probablement pour repartir du Brésil plus léger et pouvoir avancer de nouveau…

L’Ombre qui marche à mes côtés n’est pas un livre comme les autres…Il raconte en effet un voyage particulier : celui d’un homme sur les traces de son frère assassiné un an auparavant. Un voyage pour comprendre l’incompréhensible : le meurtre de son aîné d’un an sans raison apparente. Et tenter de faire le deuil alors que son assassin n’a pas été retrouvé et que la police brésilienne n’a rien pu leur apprendre sur les circonstances de sa mort. L’hypothèse est qu’il aurait résisté à son agresseur…Mince, trop mince pour que la famille puisse encaisser ce coup du sort. Les parents sont anéantis. Lui veut avancer et entreprend donc ce voyage au Brésil. Où il erre tel un fantôme jusqu’à Belém. S’il n’est pas là pour faire du tourisme, le narrateur veut tout de même voir ce que son frère a vécu, les derniers jours de sa vie, dans ce pays. Les danseurs de Capoeira qui sortent le soir venu, la chaleur moite écrasante, les enfants qui jouent dans les rues, les vendeurs ambulants mais aussi, et surtout, la violence omniprésente (quand il prend le bus pour Fortaleza, un homme lui annonce que la semaine précédente, sur la même ligne, le bus a été arrêté par des bandits qui ont tué le chauffeur et ont obligé les passagers à se déshabiller pour tout leur voler…) qui le ramène, à chaque fois, à la mort et à son frère…

Difficile, et même impossible, de ne pas être troublé par ce récit singulier qui sonne vraiment juste (à mi-chemin de la lecture, on en vient même à espérer que L’Ombre qui marche à mes côtés ne soit pas autobiographique…), grâce à la dignité qui émane de son narrateur et à cette façon qu’il a d’éviter de trop tomber dans le pathos grâce à son dessin jeté et enfantin rehaussé d’aplats de couleurs. Preuve que Barroux a réussi son coup…

(Récit complet, 140 pages – Urban Graphic)

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L’OMBRE QUI MARCHE A MES COTES (Barroux) – Positive Rage