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MADEMOISELLE ELSE (Fior)

BD. Jeune fille de bonne famille, Mademoiselle Else passe des vacances insouciantes dans un hôtel de montagne avec sa tante et son cousin Paul. Les journées sont occupées à jouer au tennis ou à espérer attirer l’attention de beaux jeunes hommes, des “filous”, si possible, car ce sont ceux qui l’attirent le plus…Un jour, Else reçoit un télégramme catastrophé de sa mère : son père doit une somme d’argent importante à maître Fiala et elle lui demande de discuter avec monsieur Von Dorsday, un ami de la famille également en vacances à San Martino, afin de le convaincre de leur prêter l’argent au plus vite. Le soir même, Von Dorsday, un homme âgé qui est sous son charme, vient à sa rencontre. Else s’y prend si bien (elle a bien sûr mis sa plus belle robe, celle qui met son décolleté en valeur) que le vicomte accepte. A une condition : pouvoir la contempler nue quelques minutes dans sa chambre…

Originellement paru chez Delcourt, qui lui avait commandé l’adaptation d’un classique de la littérature, Mademoiselle Else est aujourd’hui réédité chez Futuropolis. L’occasion de (re)découvrir cette superbe transposition. Au niveau graphique, Manuele Fior a décidé de s’inspirer du style expressionniste, influencé par l’Art nouveau, des années 20, période à laquelle le roman de Schnitzler est sorti. Une manière qui rappelle, avec talent, les œuvres de Klimt ou Schiele et qui nous plonge avec réalisme dans l’ambiance de cette époque. La narration de Fior n’est pas en reste : il parvient ici à rendre avec inspiration le monologue intérieur torturé d’Else dont le cerveau s’emballe subitement quand elle apprend la demande (Comment peut-on demander à sa fille de se livrer à un vieil homme -car ils savent que Von Dorsday n’acceptera pas de prêter ces 30 000, qui deviennent rapidement 50 000, guldens sans contrepartie- comme cela ?) de ses parents et surtout avale une cinquantaine de gouttes de Véronal, un barbiturique puissant…Et suggère parfaitement la fragilité d’Else avant de mettre en images cette raison qui vacille totalement sous nos yeux. Très belle adaptation !

(Récit complet, 94 pages – Futuropolis)

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