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On a enfin vu Sweeping Promises en France, et on est conquis

PRISE RAPIDE + MOLESKINE + SWEEPING PROMISES (Paris, Le Point Ephémère, 20 mai 2024)

Le premier album de Sweeping Promises avait été un de nos grands coups de coeur en 2020. Malheureusement la première tournée européenne qui devait suivre avait été annulée par le groupe, et nous n’avions pas pu voir ce que les américains donnaient sur scène. Avec un deuxième album sous le bras, un poil décevant, le duo (devenu trio pour la scène) nous donnait enfin rendez-vous à Paris, et il était inimaginable de ne pas répondre présent.

Les français de Prise Rapide ouvrent la soirée. Rappelons que cette date était organisée par l’International à l’origine, puis déplacée au Point Ephémère, d’où cette programmation avec trois groupes, ce qui reste peu habituel pour le lieu. Bref, je suis bien content de commencer la soirée avec ces anciens Bitpart (accompagnés par la batteuse de Mary Bell), qui sont déjà sur scène quand j’arrive. Leur indie-punk-garage est parfait pour se mettre dans le bain. Simple, frais, efficace, avec une touche presque grunge à la guitare. Je trouve juste la voix d’Eric trop enterrée sous la réverb (on a du mal à le comprendre, même quand il parle entre les morceaux), contrairement à celle de Julie. C’est dommage, car avec leurs textes en français plutôt bien sentis, on a envie d’entendre les chants. Pas grave, les morceaux chantés par Julie rattrapent la petite frustration. Le concert est cool.

prise rapide

C’est ensuite Moleskine qui prend le relais avec un style assez éloigné. On s’envole du côté de New York au début des années 80, avec un groupe qui semble vouloir jouer des coudes avec Talking Heads (ce petit aspect funk froid), dans un esprit art-rock un poil sérieux. Le premier morceau, avec cette excellente ligne de basse qui tourne, ce chant féminin parlé, et ces nappes de saxo, me donne sérieusement envie d’y croire (malgré le second guitariste qui frappe sur ses bongos). C’est plutôt bon. Et tout au long du set, les basses seront souvent terriblement entrainantes, les placements de chants (entre le guitariste et la bassiste) bien sentis, les guitares assez cool… mais la technicité des musiciens, et leur sérieux, oublient parfois l’efficacité et la générosité pour vraiment m’entrainer. Si les meilleurs moments peuvent me renvoyer à Talking Heads ou plus récemment à Gustaf, on en reste malheureusement encore assez loin, par manque de folie ou de lâcher-prise.
Pour son final, Moleskine invite une amie au chant (texte parlé en français) pour un morceau très répétitif, avant de clore le concert sur un titre beaucoup plus dansant (limite radio), loin des prétentions plus arty du set qui venait de s’écouler. Je suis un peu perdu. Reste de très bons plans et un style peu joué en France. Le groupe a d’ailleurs convaincu pas mal de personnes.

sweeping promises

C’est enfin le moment de découvrir Sweeping Promises sur scène, et nous n’allons pas être déçus. Le duo Lira Mondal et Caufield Schnug vont irradier la scène. Lui en pantin désarticulé, croisement entre Thurston Moore (Sonic Youth) et François L’Homer (Heimat Lost – Tear of a Doll) posé sur ressort, qui n’arrêtera pas de faire des grimaces improbables et prendre des poses magnifiques. Elle en reine Riot Grrrls, faisant la jonction parfaite entre Sleater Kinney et the Gossip, avec une maitrise vocale impressionnante qui ne tardera pas à embarquer toute l’assistance (notons par ailleurs sa maitrise du français qui aidera la communication). 
J’étais curieux de voir comment les titres du dernier album sonnaient en live (il faut dire que la prod de cet album est déroutante), et clairement, les titres du premier et du second album  sont fait du même bois. On retrouve bien la même énergie post-punk, cette basse mise en avant qui tient l’ensemble (quel son), la guitare qui vient titiller, bourdonner autour, et le nouveau batteur qui tient le rythme à merveille. Sans oublier le chant de Lira si impressionnant. Je redécouvre les titres plus récents avec joie.
Le groupe semble content d’être là (il le dira d’ailleurs), s’amuse, et donne sans compter. Caufield traverse la scène de long en large, bouscule le micro de son ampli sans que cela semble trop le perturber, joue avec les clichés du rock, et du punk, comme un enfant pernicieux. C’est un régal à regarder. On semble bien loin de leur précédent groupe (Mini Dresses et son indie-pop).
Derrière ses grosses lunettes, Lira n’est pas avare en grimaces non plus. Si elle reste plus statique derrière son micro, elle irradie de couleurs. Tous les regards se centralisent sur elle, il n’y a aucun doute.
Les titres s’enchainent, et pas un moment du set ne retombera. J’espérais juste que le groupe nous ferait la surprise de jouer leur reprise des Calamités (présente sur la compilation Born Bad), mais non, ce ne sera pas pour ce soir. Pas grave, le trio nous fait tout de même l’honneur de revenir jouer un dernier titre alors que les lumières étaient rallumées (un peu rapidement il faut dire). 

Un concert comme on les aime.

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