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PASTORIUS GRANT (Mousse)

BD. Big Hand pensait qu’on n’irait pas le chercher dans les montagnes de la réserve des Comanches. Visiblement, il ne connaît pas Pastorius Grant. Le “vieux” a beau être malade, il n’a pas encore dit son dernier mot. Surtout, 5000 dollars de prime, ça ne se refuse pas. Sauf que notre homme n’est pas le seul sur le coup. Les frères Chicanos, Porti et Tavez, sont sur sa piste aussi. Et comme si cela ne suffisait pas, il y a aussi cette gamine, aveugle, qui le suit partout avec son cochon : elle dit avoir besoin de ses services pour venger son père…

Avec le renouveau, ces derniers temps, du western, il faut montrer de la personnalité et de l’inventivité pour sortir du lot si l’on veut se frotter à ce genre. Marion Mousse ne manque ni de l’un ni de l’autre. Avec Pastorius Grant, il brouille avant tout les pistes. “Gentils”, “méchants” sont des termes qui n’ont pas cours dans son récit car l’auteur nous rappelle, en filigrane, qu’à l’époque de la conquête de l’ouest, c’est avant tout sauver sa peau dont il s’agissait. Et ses personnages sont bien plus complexes qu’ils n’y paraissent de prime abord et il faudra d’ailleurs attendre la toute fin de l’histoire (la narration, malicieuse, s’ingénie, bien sûr, à garder le mystère jusqu’au bout…) pour comprendre quels rôles jouent Pastorius, la gamine, les frères Chicanos et l’indien. Car comme dans tout bon western il y a ici des “indiens” que les blancs ont parqués dans une réserve en espérant qu’ils s‘entretuent avec les fusils et la gnôle frelatée qu’ils leur ont laissés…

Si sa narration fait mouche, c’est également visuellement que Pastorius Grant nous prend à contre-pied. Car si ce western crépusculaire est des plus sombre (à l‘image de Pastorius, dont les réflexions désenchantées jalonnent le récit…), il est pourtant mis en images au pinceau et à la peinture dans une explosion de couleurs, très affirmées donc : majoritairement le bleu du ciel, le jaune du soleil, le rouge de la terre ainsi que le rose. Un travail magnifique rappelant le Groupe des 7 canadien (dont Tom Thomson, Carmichael ou MacDonald, qui célébraient la beauté de la nature nord-américaine, étaient les plus célèbres représentants) qui finit de rendre tout à fin singulier ce récit !

(Récit complet, 116 pages – Dargaud)

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